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Le petit pêcheur.

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:05:21

Le petit pêcheur

Qui que vous soyez, qu´importe d´où vous venez, quelles que soient vos croyances et votre éducation, sachez vous remettre en cause, comprenez que vous êtes maître de votre vie, avec tout ce que cela implique, participez à l´amour, soyez une personne du monde, et faites ce que votre cœur vous dicte

Il était une fois… Un froid matin.
Mais pour le petit pêcheur, tous les matins étaient froids…
La brume de l’amertume s’étendait un peu partout, ne laissant qu’un épais nuage blanc l’empêchant de voir où il mettait les pieds…

Le petit pêcheur voyageait souvent dans sa barque, bravant l’océan de ses sentiments, et la nuit venue, il monte alors sur la lune et médite…

Le petit pêcheur restait souvent éveillé des nuits entières, son esprit en alerte, comme s’il attendait quelque chose… C’était durant ces nuits qu’il trouvait sa vie vide de sens…
Il rêve qu´entre les coups, et les cris, un jour l´accalmie durera.
En effet, le petit pêcheur vit dans ses rêves, il rêve sa vie, et ne daigne pas se rêveiller... Il se cache dans ses dessins et sa poésie. Dans son monde imaginaire, là où les gens sont tellement vrais, et non gentils ou méchants.
Ce petit pêcheur rêve d´une vie simple, faite d´amour, de paix, de sagesse, d´alimentation mentale, et finit par se demander s´il ne serait pas différent, autiste... Il se sent asocial, mais aime ça étrangement, il regarde les moutons avec envie, eux si innocents, ils broutent leur herbe sans se poser de question, alors qu´elle est incroyablement tendre et verte dans le prés d´à côté, ils ne la regardent que de loin, broutant les restes de leur herbe souillée par leurs propres déjections... Il les envie, lui qui se pose tant de questions, qui doute autant... Et surtout, oui, surtout... Lui qui se sent si seul. Effectivement, il peut aller de champs en champs, mais il est seul, et les moutons, frustrés de leur gazon finissent par se moquer de lui, alors le petit pêcheur s´enferme dans ses rêves, il rêve sa vie... Alors qu´il aimerait tant vivre ses rêves.

De temps en temps malgré tout, il se mêle aux moutons, broute leur mauvaise herbe, et se sent bien. Un instant certes, mais bien tout de même.
Puis il s´en retourne empli d´une rancoeur sans nom envers la traîtrise qu´il a faite à sa foi.
Oui mais seul, qu´il est difficile de résister.
Alors le petit pêcheur a pris de grandes branches de bambou et s´est créé une carapace, pour se protéger des autres, pour éviter qu´on puisse l´atteindre... Sa carapace était munie de pointes acérées, faites d´une répartie cinglante, de sarcasmes acerbes, c´était sa façon de se défendre...

Le petit pêcheur eu déjà l´occasion de rencontrer des êtres différents, une pêcheuse, et peut-être même un ange... Mais il a des bâtons dans les roues...
Maintenant le petit pêcheur se meurt, il se sait mourrant, mais ne fait rien pour se relever, car il désespère de voir ces moutons le regarder sans comprendre.

Son cœur lui disait de partir… Partir, oui mais où? Et puis comment?

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:06:58

Un jour, assis sur un rocher près de l’océan, le petit pêcheur surpris une conversation entre deux moutons. Ils discutaient de l’importance de posséder, car selon eux nous sommes ce que nous possédons…
Le petit pêcheur se coucha sur le rocher, mit ses mains sous sa tête pour faire oreiller et médita sur cette phrase…
Il regarda les nuages et se demanda ce qu’ils possédaient…
"Les nuages possèdent l’eau qui fait la pluie et le tonnerre qui fait le feu… Les nuages sont vie et mort…".
Puis il regarda un arbre…
"Cet arbre… Il possède des fruits qui nourrissent ceux qui les mangent, ils abritent les oiseaux… Les nuages sont vie…".
Il tourna la tête et vit un oiseau.
"Les oiseaux inspirent les plus talentueux poètes, ils sont libres de voler, leurs chants mélodieux ravissent ceux qui les écoutent… Les oiseaux sont poésie et liberté…".
Puis le petit pêcheur leva la tête et pris appui sur ses coudes…
"Et moi, que suis-je? Je n’ai rien de tout ça si ce n’est des doutes, des incertitudes, des questions…"
A l’idée de n’être rien, le petit pêcheur laissa couler une larme…
Il se leva et marcha le long de l’écume jusqu’à sa hutte. Là il sorti sa barque…
"Je possède une barque, se dit-il, suis-je un marin? C’est vrai, je pêche aussi… Mais je n’en fais pas le commerce, je ne fais qu’assurer ma subsistance… Je suis un pêcheur… Mais un pêcheur… Ce n’est rien un pêcheur… Il ne sert à rien…".

Le petit pêcheur pagaya jusqu’au phare.
Parfois, le petit pêcheur tombe amoureux... C´est à chaque fois comme une vague qui déferle en lui, car il se veut entier, et plonge des deux pieds.
Parfois, il rencontre un phare, et en tombe amoureux... Le phare est rassurant, il illumine les ténèbres de sa vie, est stable, il prévient des dangers... Malheureusement un phare ne peut pas le suivre dans ses explorations, dans ses découvertes, un phare reste un phare, tout au plus peut on y attacher une canne à pêche... Il fut un temps ou le petit pêcheur était épris du phare…

-Bonjour mon ami le phare.
-Bonjour petit pêcheur, te laisses-tu dériver aujourd’hui?
-Non, j’avais juste envie de te parler un petit peu… En fait, une question me trotte dans la tête…

Le petit pêcheur avait l’air visiblement anxieux, cela inquiétait le phare…

-Tu n’as pas l’air bien en effet, que t’arrive-t-il?
Le petit pêcheur marqua un temps de pause, lui qui avait l’habitude de se montrer fort pour les autres, de les conseiller, de les guider, maintenant c’est lui qui montrait ses doutes… Et même si le phare ne s’y trompait plus et savait que le petit pêcheur doutait beaucoup, ce dernier redoutait toujours de devoir enlever sa carapace, car il se sentait alors vulnérable, à la merci de l’autre, malgré la confiance qu’il accorde au phare…
Ses yeux rougirent et il prit une grande respiration. C’est alors qu’il défit les sangles qui tenaient sa lourde carapace, et la laissa tomber au sol.

-Si l’on est ce que l’on possède, que suis-je?
-Heu…
-Je ne suis rien!
-Mais non, il ne faut pas dire ça, tu n’es pas rien! Tu m’apportes beaucoup, et tu apportes d’ailleurs beaucoup aux gens autour de toi…
-Ce n’est pas être…

Tous deux restèrent silencieux. Il fallait souvent du temps au phare pour formuler ce qu’il voulait dire, que ses idées soient claires… Mais tout allait tellement vite dans la tête du petit pêcheur, il avait peur que s’il n’agissait pas assez vite, ses idées finiraient par lui échapper. Alors il finit par prendre congé du phare et pagaya pour rejoindre la côte après avoir remis sa carapace. En route il croisa la pêcheuse qui voguait sur sa pirogue. Ils amarrèrent l’une embarcation à l’autre et le petit pêcheur repensa à leur rencontre…

Parfois, il découvre, au fil de ses dérives sur l´océan, une pêcheuse, qui se laisse dériver également... A deux, la dérive n´est que plus grande, et quand l´un voudrait retoucher la terre ferme pour quelques instants, l´autre voudrait continuer... A deux, ils se perdent...

De fil en aiguille, le petit pêcheur pensa à toutes ces personnes dont il tomba amoureux. Par exemple parfois il découvre un mouton différent des autres, il se distingue car il se tient sur ses pattes arrière, il a l´air plus élevé... Alors le petit pêcheur l´emmène sur les plages, lui montre comment pêcher, lui montre les étoiles, lui expliquant que c´est son lieu de refuge... Le mouton est alors subjugué! Lui aussi aimerait devenir un pêcheur! Mais pour se faire, il faut apprendre l´art de la pêche, mettre son cœur sur l´hameçon, savoir fabriquer un filet, supporter la solitude et les railleries des autres moutons... Et c´en est généralement trop, alors il restera à vie un mouton debout, ne se sentant à l´aise nulle part...

Dans tous les cas de figure, la carapace du petit pêcheur se frotte à celle de l´être aimé... Ses sentiments évoluent parfois plus vite que ses piques ne s´adoucissent, ce qui peut faire fuir l´aimé... Pourtant ses paroles ne sont qu´amour, mais filtrées par les piques de cette cuirasse... Il ne demande qu´un peu de compréhension, et du temps... Mais beaucoup ont oubliés d´avoir le temps, ils perdent leur vie à vouloir la gagner... Que les moutons semblent bizarres au petit pêcheur, combien il a à en apprendre...

Le petit pêcheur rêve parfois d´une pêcheuse tenant une lanterne, libre comme la pêcheuse, fiable comme le phare... Parfois il pense à dériver avec une lanterne, mais de grands vents soufflent, et bien vite il la perd... Ces vents de folie qui lui soufflent parfois de se laisser aller, de tout laisser tomber...

C’est alors que la pêcheuse l’interrompit dans ses souvenirs.

-Pêcheur, crois-tu aux coïncidences?
-Non, je préfère me laisser aller à providence, car je crois plutôt aux conséquences...
-En effet, il n´y a pas de coïncidences, que des conséquences...

Ils regardèrent alors tous deux les nuages passer... Le ciel était bleu.

-A quoi penses-tu pêcheur?
-A ma vie... Ce qu´elle est, ce qu´elle n´est pas, ce qu´elle aurait pu être, ce que j´aurai voulu qu´elle soit...
-Moi aussi ça m´arrive d´y penser...

Le petit pêcheur pensa alors à tous ces choix, tous ses choix, ceux qu´il regrettait, ceux qu´il aurait voulu ne pas avoir eu à faire... Et comme tout le monde, il se mentait en disant qu´il ne regrette aucun choix, qu´il préfère retirer le meilleur de chaque chose...

-J´ai découvert de nouvelles plages, pêcheuse...
-Que cela t´apporte-t-il concrètement?
-J´y pêche de nouveaux poissons... Je découvre de nouvelles techniques de pêche...
-De nouvelles techniques? Raconte!
-Je me suis construit un filet qui me permet d´attraper beaucoup plus de poissons à la fois.
-Méfie-toi, tu sais bien que nous, pêcheurs, devons faire attention de ne pas laisser notre barque se faire emporter par les courants marins...
-Oui...
-Se laisser aller aux envies des vagues, puis on ne retrouve plus la rive, on pagaye, on tourne en rond, puis parfois, par chance, on atterrit quelque part... Ce n´est pas ça la liberté… Non, la liberté n´est pas de se laisser aller aux envies des vagues, mais de pagayer pour aller là où on le désire…
-Je sais tout ça... Ensuite on doit refaire connaissance avec les moutons de cette contrée, s´apercevoir que partout la même herbe est souillée, que les moutons aiment se manger la laine dans le dos, pour paraître plus beau que les autres pour le berger...
-Voilà...
-Ce berger, qui a droit de vie et de mort sur ses moutons, qui les emmène d´une pâture à l´autre, toujours aussi pourrie, il leur donne à manger, leur met des barrières, pour leur sécurité dit-il... Alors que l´herbe est si tendre à côté... Mais en fait il fait ça pour profiter de leur laine, les tuer et enfin les manger.
-Exactement…

Des mouettes passèrent dans le ciel… Tous deux rêvèrent alors de liberté.

-Pêcheuse, qu’est-ce que tu es?
-Comment ça?

Cette question paraissait sans queue ni tête pour la pêcheuse.

-Si nous sommes ce que nous possédons, que sommes-nous?

La pêcheuse révisa alors ses possessions… Une pirogue, une guitare…

Le vent du large soufflait à leurs oreilles.

Après un petit temps de réflexion, la pêcheuse repris.

-Nous sommes des pêcheurs… Nous ne suivons pas la masse, nous nous démarquons…
-Quand je vois les ennuis que ça m’apporte, souvent je préfèrerais être un mouton… Ne pas me poser de questions…
-Tu voudrais être un imbécile heureux… Malheureusement à la place tu te poses beaucoup de questions et tu trouves ta vie vide de sens…

Le petit pêcheur ne répondit rien. La pêcheuse le regarda un moment puis se coucha dans sa pirogue en se disant que certaines vérités ne peuvent être comprises que par ceux qui le veulent.

Au bout d’un petit temps, la pêcheuse se rendit compte qu’ils dérivaient tous deux petit à petit vers la côte.

-Tu sais pêcheur, pour vivre il faut de la monnaie…
-L’argent ne fait pas le bonheur… Et il n’y contribue pas non plus.
-Je suis d’accord avec toi, l’argent ne sert qu’à pouvoir vivre en société, et cette société nous apprend que le bonheur passe par l’achat… Mais tant que tu y es, tu en as besoin…
-Pourquoi pas une société qui privilégie la chaleur des relations humaines? L’amour que les gens peuvent se porter? L’entraide? A la place on nous inculque que si nous sommes trop gentil on se fera piétiner…
-Nous ne sommes jamais trop gentil, mais nous pouvons être trop naïf, ça oui… Et l’amour ne fait pas la richesse des gens, c’est pour ça que la société n’en parle pas…
-Au contraire!

Le petit pêcheur se leva et manqua de tomber de sa barque, la pêcheuse comprit alors qu’une idée était en train de se créer dans l’esprit du rêveur.

-Au contraire!! L’amour est une monnaie! Et les gens pourraient dépenser comme bon leur semble puisqu’ils pourraient alors enfin montrer tout l’amour qu’ils ont au fond d’eux-mêmes, cet amour caché derrière la peur de l’autre! On ne ferait même plus attention à l’amour que l’on donnerait aux gens, puisqu’on en recevrait tout autant! Et peut-être que les gens comprendront alors qu’en amour, l’important n’est ni de recevoir ni de donner, mais bien de participer…
-De partager aussi… Mais si par exemple le malheur frappe quelqu’un, et qu’il n’a pas envie de donner d’amour ce jour-là, que se passera-t-il?
-Pas de problème, les gens lui donneront d’autant plus d’amour pour remplir son cœur affamé! Ils n’attendront rien en retour, car ils auront compris que tout acte isolé se répercute dans l’infini, et qu’il nous revient toujours un jour ou l’autre, comme l’écho… Car un est tout, et tout est un. Au plus les gens dépenseraient, au plus ils seraient riches!

Le petit pêcheur faisait de grands mouvements pour exprimer ses idées. A nouveau il faillit tomber de sa barque et remarqua à ce moment précis que leurs deux embarcations, accrochées l’une à l’autre, étaient depuis quelques temps emportées par une vague gigantesque.

-Je m’emporte, je m’emporte, mais je t’emporte aussi… J’aimerais tant vivre dans un monde d’amour et de paix…

La pêcheuse répondit sur un ton ironique.

-Eh bien vas-y, crée-le!

Mais le petit pêcheur ne saisit pas le ton ironique, volontairement, ou parce qu’il était emporté par la vague de ses idées…

-Je ne sais comment m’y prendre…

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:07:44

-Peut-être il y a-t-il d’autres personnes comme toi, qui désirent la même chose… A deux nous pouvons les trouver
-S’extraire d’une société pour en recréer une autre? Je ne sais si c’est une bonne idée… Je pense que nous retomberons immanquablement dans les mêmes travers…
-Pas forcément…
-Non, je préfère essayer de faire bouger les choses à mon niveau… Je vais aller voir le berger, lui pourra sûrement apporter des réponses à mes questions.
-Bonne chance à toi, car juste faire bouger les choses à son niveau est déjà compliqué… Souvent les gens m’énervent tellement…

Le petit pêcheur se pencha vers elle et lui répondit avec le sourire.

-Ne te ferme pas dans ton ouverture.

La pêcheuse réfléchit un peu sur le sens de cette phrase. Voyant ceci le petit pêcheur lui apporta alors quelques éclaircissements

-A force de t’ouvrir l’esprit et de comprendre les choses de l’univers, tu t’aperçois à quel point la masse est fermée, et cela t’énerve. Mais leur parler revient à parler à un enfant, il faut le faire sans énervement, mais avec beaucoup de compassion et d’amour. Quand tu parles à un enfant tu t’agenouilles pour te mettre à son niveau, pour qu’il te comprenne mieux, eh bien tu peux faire la même chose avec ces gens…
-Je comprends, merci! Mais toi n’oublie pas de repenser à ma proposition d’alliance!
-Ne t´en fais pas, j´y penserais! J´espère que le berger m´aidera…
-Oh oui, il le fera, sans aucun doute… Mais le berger aide les moutons, tu n´auras pas besoin de son enseignement…

Le petit pêcheur détacha alors sa barque de la pirogue et pris congé de la pêcheuse. De loin, il lui fit signe de la main et quand la pêcheuse fut trop loin pour entendre murmura "À bientôt ma chère j’espère pouvoir changer quelque chose en toi…"
De son côté, la pêcheuse lui rendit son signe et murmura "À bientôt mon cher, j’espère que quelque chose changera en toi…".

Le petit pêcheur mit pied à terre sur une plage qui lui était inconnue. Il regarda autour de lui. Le sable était chaud sous ses pieds. L’horizon n’était que plaines et forets, mais une montagne se détachait dans sa majesté. Le petit pêcheur fit route vers cette montagne, car de là il pourrait voir les environs et savoir ou se trouvait le berger.

En chemin il croisa un bouc. Le petit pêcheur aime les observer mener ces moutons vers de nouvelles conquêtes. Parfois un autre bouc se présente pour lui ravir sa place... Les deux boucs se font alors face, et c´est à celui qui racontera le plus de promesses aux moutons, à celui qui aura le plus beau pelage, à celui qui aura les plus grandes cornes... Les moutons votent alors pour savoir qui est le meilleur bouc. Une fois le bouc élu, il faut le marquer, pour éviter de le confondre avec un autre, ils se ressemblent tellement, et ils font tous les mêmes promesses. Le petit pêcheur est toujours étonné de la suite des évènements! En effet, ce sont toujours les mêmes boucs qui se présentent, ils font toujours les mêmes promesses qu´ils ne tiendront pas, et font des choses qui n’étaient pas promises. Les moutons sont systématiquement déçus, mais ils ne se révoltent pas, car ils ont le choix, ils doivent voter, et tant qu´ils ont ce pouvoir de décision ils pensent qu´ils sont écoutés et compris. Et ne parlons même pas de ces histoires de fausses cornes qui ont touchées certains boucs… Désireux de mieux comprendre leurs moeurs, le petit pêcheur s´approcha d´un bouc.

-Bonjour bouc.
-Salut pêcheur, ne t´approche pas trop s´il te plait.
-Pourquoi donc?
-Tu es une minorité minoritaire doublé d´un révisionnaire, les gens de ton espèce sont dangereux pour la paix instaurée.
-C´est révisionniste…
-Pas grave, révisionnaire est dans le dictionnaire dorénavant.
-Je veux juste parler... Qu´as-tu contre les minorités?
-Je plais à la majorité, je plais à beaucoup de monde, ils ont confiance en moi, mais il y a toujours des jaloux pour se rassembler et vouloir m´évincer.
-Les idées des minorités ne t´intéressent pas?
-Jamais. S´ils sont minoritaires, c´est qu´ils ont tord.
-N´as-tu jamais pensé que le problème des communauté est que la majorité est souvent plus bête que la moyenne?
-Non.
-Pourquoi ne pas écouter les minorités et créer des lois qui plaisent à tout le monde?
-Parce que c´est impossible pêcheur, ça prendrait trop de temps et puis les gens sont trop différents... Et on s´en fout des minorités.
-Trop de temps? Mais pourquoi y a-t-il tant de lois et de règles? Pourquoi tout cela est-il si compliqué?
-Parce que la vie est compliquée.
-Je la trouve simple moi, ce sont les gens qui la compliquent... Tout est pourtant tellement facile...
-Il n´y a rien que tu ne comprennes pas?
-Oh si bien sûr, des tas! Mais la simplicité est-elle la compréhension de ce qui nous entoure, ou l´acceptation de nos limites?
-Ta conversation m´ennuie pêcheur, et je vais devoir partir avec mon troupeau.
-Où l´emmènes-tu?
-A la guerre, ils en ont besoin.
-Pourquoi?
-Ils ont besoin d´avoir un ennemi commun, sinon ils en désignent un entre eux, l´éliminent, puis en désignent un autre, et ainsi de suite. En plus l’ennemi ainsi désigné est toujours une minorité, donc fais attention à toi.
-Pourquoi?
-Parce que c´est comme ça. Je ne te dis pas au revoir, mais je te dis de te méfier, un jour tu pourrais être l´ennemi.
-Oh, je le suis déjà, mais je n´ai pas peur de toi...
-Ah non?
-Non, j´ai peur pour toi.
-Que veux-tu dire?
-Un jour peut-être, ils se soulèveront contre tes mensonges, et tu deviendras leur cible, tu deviendras le bouc émissaire.
-Ca n´arrivera jamais. Et puis je suis trop puissant.
-Pourtant la violence est la démonstration de l´impuissance… Et puis il ne faut pas prendre l´inné pour avantage et l´acquit pour éternel.

Le bouc parti alors, conduisant les moutons dans une guerre improbable glorifiant la paix et la liberté. Il se retourna vers le petit pêcheur et lui cria:

-Je suis un héro, les peuples ne sont rien sans héros!

Le petit pêcheur regarda alors le bouc qui partait en ricanant, et murmura:

-Je pense plutôt que les héros ne sont rien sans peuple...

Et le petit pêcheur regarda alors les moutons suivre ce bouc. Quand le dernier mouton passa, le petit pêcheur repris sa marche.

Ce faisant il pensait beaucoup à cette question qui l’angoissait… Et rapidement une autre revint. Cette question qui lui revenait sans cesse: Que fais-je ici? Pourquoi je fais ce que je fais, dans quelle direction je vais?

Il arriva finalement au pied de la montagne. Il l’observa avec respect lorsqu’un mouton qui passait par là lui adressa la parole.
-Bonjour voyageur, tu cherches quelque chose?
-Je vais gravir cette montagne pour voir où se trouve le berger.

Le mouton examina le petit pêcheur, puis jeta un œil à cette montagne qu’il connaissait bien.

-Tu veux grimper là-haut? Quelle folie!
-Pourquoi donc?
-Rare sont ceux qui sont revenus de cette montagne. En outre elle est très haute! Le chemin est escarpé, et toi, tu es pieds nus…
-Tout chemin doit commencer par un premier pas.

Déterminé, le petit pêcheur commença à gravir la montagne. La marche était pénible, mais il tenait bon. Après quelques temps de marche à bon rythme, le petit pêcheur aperçu un gîte. Commençant à sentir la fatigue le gagner, il entra. Il y avait dans ce refuge une dizaine de lits, une table avec quelques chaises et un feu au bois. Quelques moutons le dévisageaient. Le petit pêcheur salua l’assemblée et se réchauffa près du feu.

Le feu avait pour lui quelque chose d’hypnotique. Tout le temps en mouvement, pressé de tout dévorer, il voulait toujours aller vers le haut mais restait irrémédiablement bloqué par ce qu’il brûlait… Puis quand il avait fini il s’éteignait et ne restait que les cendres… Le feu lui rappelait les moutons.

Un mouton s’approcha alors du petit pêcheur.

-Tu vas au sommet de la montagne?
-En effet, je veux m’en servir comme mirador pour savoir où se trouve le berger, car j’aimerais lui parler.
-Tu as encore beaucoup de chemin à faire, et tu es déjà fatigué…
-Oui, mais quand je regarde derrière, le chemin que j’ai déjà accomplis, je suis fier de moi, et cela m’incite à continuer.
-Tu es sage, pêcheur. Mais prends garde, au plus tu iras haut dans cette montagne, au plus tu croiseras des gens épris de pouvoir qui essayeront par tous les moyens de t’en faire redescendre.
-Pourquoi donc?
-Parce qu’ils ne partagent pas… La place sur la montagne est limitée.
-Mais si plus de monde y monte, à force de marcher dessus elle s’aplatira légèrement, augmentant ainsi la place…
-Oui, mais alors le pic sera moins haut, et sera moins avantageux.
-Quelle importance, puisqu’ils oeuvrent pour le bien de tous?
-Pêcheur… Œuvrer pour le bien des autres n’est pas leur préoccupation.

Le mouton s’éloigna, laissant le petit pêcheur seul devant le feu.

À ce moment précis un autre mouton arriva et jeta une bûche dans le feu. Le feu crépita, et fit des étincelles, puis il redevint à la normale… "Comme les moutons pensa le petit pêcheur…".

Quand il eut fini de se réchauffer, le petit pêcheur se retourna et scruta les moutons qui discutaient à voix basse autour de la table. Il prit une grande inspiration, comme s’il allait effectuer un extraordinaire effort et ressorti du gîte. Il referma la porte derrière-lui, résolu à arriver au sommet de cette montagne. Il ne savait pourquoi il voulait le faire, mais il sentait qu’il devait. Il regarda autour de lui, et vit quelques moutons vaquer à leurs occupations.

Se sentant de grande mansuétude, le petit pêcheur observa les moutons évoluer du haut de sa vague... Il observa leur communauté, il vit ces moutons frêles qui se faisaient rejeter par les autres, il vit ces boucs, responsables de tout un troupeau qui se faisait la guerre pour contrôler un terrain d´herbe. Il s´approcha d´un mouton qui tremblait de peur, écrasé par les sabots des autres, trop occupés pour faire attention à lui.

-Pourquoi as-tu peur?
-Car je suis moins stable que les autres, je me tiens sur les pattes arrière... Je suis fragile!
-Ta laine t´alourdi, enlève-la, tu tiendras plus facilement
-Oui, mais sans ma laine, je vais attraper froid, je vais m´enrhumer et peut-être mourir!
-Pour effectuer un chemin, il faut marcher, certains chemins sont parsemés de cailloux, il faut alors faire attention de ne pas trébucher, mais c´est un risque à prendre...
-C´est trop de risques pour moi... Pourquoi Dieu me laisse-t-il tout seul?
-Le berger te regarde, il veille sur toi...
-Il n´agit pas, et pourtant, on m´a toujours dis que Dieu est amour
-Eh bien ces gens se trompent, Dieu n´est pas amour, Dieu est l´amour. Et l´amour existe là où on le laisse entrer...
-L´amour fait souffrir!
-Quand tu choisis d´aimer, tu portes un sac, dans ce sac est contenu toutes sortes de lettres d´amour à sortir au bon moment. Mais au fond du sac, se trouvent aussi des pierres... Ces pierres sont lourdes à porter, et puis si un jour notre amour nous déçois, peut-être sortirons-nous une pierre pour en faire usage contre cet amour... Alors autant s´en débarrasser dès le début, c´est sans doute ça la clé.
-Tes paroles sont sages pêcheur, mais tu es un rêveur, tu devrais redescendre sur terre.

Sur ces paroles, le petit pêcheur regarda le frêle mouton repartir parmi les siens et se faire écraser à nouveau. Il se retourna pour poursuivre sa route et vit une scène qu´il ne comprenait pas, un mouton s´est laissé glisser dans une pente qui mène directement dans de la boue, le mouton s´est roulé dedans, puis, au lieu de vouloir partir, accusa les autres moutons de ne pas l´aider à sortir de là... Le petit pêcheur s´approcha alors et lui demanda pourquoi il ne s´en sortait pas tout seul, car il en était capable. Le mouton pataugea encore un peu, puis dit au pêcheur de se mêler de ses affaires. Le petit pêcheur parti, et revint un peu plus tard tenant

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:08:33

une grosse branche, il la tendit au mouton et lui dit de s´y accrocher, pour le sortir de là. Le mouton regarda la branche et lui dit que c´était impossible, la branche était emplie d´échardes... Le mouton reparti alors et revint accompagné d´autres moutons, prêts à l´aider à s´en sortir. Le mouton leur dit alors de le tirer, qu´il fera ce qu´il pourra pour s´en sortir. Les moutons et le pêcheur tirèrent alors de toutes leurs forces, mais le mouton était trop lourd à cause de la boue.

-Débarrasse-toi d´abord de cette boue, sinon nous ne pourrons te hisser.
-Cette boue me tient chaud, je ne veux pas l´enlever
-Mais alors, il nous sera impossible de te sortir de là...
-Alors j´y reste, de toute façon, c´est que vous y avez mis de la mauvaise volonté!

Les moutons venus pour aider se regardèrent, quelques uns plongèrent dans la boue, les autres partirent dégoûtés. A ce moment précis le petit pêcheur remarqua que le berger les observait depuis le début. Le petit pêcheur vint à sa rencontre.
-Pourquoi ne viens-tu pas en aide à ce mouton?

Le berger observa le petit pêcheur…

-Car il est impossible d’aider quelqu’un qui ne veut pas s’en sortir.
-Non, mais au moins lui montrer le chemin…
-Ceci était une épreuve, pêcheur. Certaines épreuves reviennent sans cesse, car il est impossible d’aller plus loin qu’un choix dont on ignore le sens.

Le berger contempla le ciel, et ajouta ceci.

-Le démon dit "laisse-moi t´aider", l´ange dit "je t´aide", Dieu dit "aide-toi toi même" et l´Homme dit "aide-toi à travers les autres".

Soudainement, le petit pêcheur se senti mal à l’aise sans savoir pourquoi. Il releva les yeux pour poser ses questions au berger, mais celui-ci était déjà parti.

Le petit pêcheur se sentait mal. Il prit sa barque, et dans un creux de vague atteint les étoiles. Il se coucha alors sur le rebord de la lune, et contempla le monde... Il aime y rencontrer son ami l´ange, à deux ils peuvent converser sans fin.

-Ami l´ange, pourquoi je ne parviens pas à me mêler aux moutons?
-Pêcheur, tu es fidèle à toi-même en ne l´étant pas. Tu es mouvant comme le vent, instable comme le sable, celui qui veut te saisir pour assouvir son désir, tu lui échappes et ton inconstance alors le frappe.

Le petit pêcheur pris alors congé de l´ange pour réfléchir à ces paroles... Le pêcheur se sait inconstant, mais pourquoi... Il préfère le mouvant des vagues à l´immobilité de la terre ferme, il préfère le rêve modulable au terre à terre...

Il s´en retourna sur la plage, et marchant le long de l´écume il errait, pensant à sa propre condition... Car contrairement aux moutons, quand quelque chose ne va pas le pêcheur se remet en question, au lieu d´accabler ce qui l´entoure... Il s´arrêta alors et demanda aux étoiles pourquoi il est tel qu´il est... Mais les étoiles le fixèrent tristement; que savaient-elles du mouvement, de la mobilité, elles qui restaient fixées sur le voile de la nuit? Elles, tant adulées, tant de poèmes furent écrits à leur nom, car les moutons encensent l´immobilisme, ils encensent ces petites taches lumineuses peintes par le berger sur le voile de la nuit, créées pour guider les âmes en peines selon certains moutons, créées pour les mener malgré eux, selon certains autres... Une rumeur murmure que ce seraient là les yeux du berger pour nous observer, nous dicter notre conduite, savoir quel chemin prendre dans la nuit de la vie.

Mais le petit pêcheur n´en était pas plus avancé sur sa recherche. Il observa alors les moutons comme à l´accoutumée et remarqua comme chacun d´entre eux était statique dans sa mobilité, comment chacun d´entre eux était seul, malgré le troupeau... Et là, il comprit.

Alors qu’il marchait, le ciel s’obscurcit et bientôt la pluie commença sa danse. Le petit pêcheur aime la pluie... Il aime courir sous ces gouttes qui lui font oublier ses tracas, qui effacent le chemin de la veille... Ces gouttes qui sont comme la drogue, qui apaisent un moment, mais si l´on y prend pas garde, nos pas s´égarent et nous nous perdons dans l´océan...

Alors qu’il gouttait à la joie de la pluie, un mouton l’approcha.

-J´aime pas la pluie, il fait gris, c´est triste.
-Je trouve ça beau moi... Et puis, c´est source de vie.
-Ca mouille, c´est désagréable, le soleil est tellement plus gai!
-S´il ne pleuvait plus, la nature ne survivrait pas longtemps... Et nous non plus.
-Qu´à cela ne tienne, on leur donnera à boire!
-Et qui nous donnera à boire, à nous?
-Alors on gardera l´eau pour nous!
-C´est triste ce que tu dis je trouve...
-Et pourquoi?
-Pour éviter les quelques désagréments que la vie offre, tu serais prêt à tuer ceux que tu estimes inférieurs...
-C´est la loi du plus fort, manger ou être mangé!
-Tu te sens en rapport de force avec ton environnement? La pluie et la nature te menacent?
-Pas directement, mais à choisir, je préfère voir leur disparition plutôt que la mienne!
-Alors ton égoïsme va au point de te faire dire qu´il serait mieux de transformer la vie en désert pour les quelques années qui te reste à vivre se fassent au soleil? C´est quand même grâce à eux que tu vis...
-On n´en a pas besoin, on est suffisamment intelligents pour nous débrouiller sans ça!
-Je te souhaite que la nature ne te trouve pas un jour inutile, au cas où elle penserait comme toi... Car la nature est toujours la plus forte...

Le mouton commençait à s´agacer...

-Et toi, pêcheur, de toute façon, pourquoi l´aimes-tu tant, si ce n´est pour retracer sans cesse un chemin?
-En suivant un chemin tracé tu ne fais que suivre ce qui existe déjà...
-Parce que tu crois avoir le choix?
-Ta vie t´appartient, il t´appartient donc de la changer...
-Ma vie je la change, regarde les chemins que nous, les moutons, traçons: ils sont pour la plupart très larges, on peut s´y distinguer!
-Hé bien si cela te contente, alors je suis heureux pour toi.
-De toute façon le temps est ce qu´il est
-Certaines personnes parlent du temps qu´il fait pour éviter de parler du temps qui passe...

Sans s´en rendre compte, tout au long de leur conversation, le mouton et le petit pêcheur se rapprochaient des vagues. Lorsque les pattes du mouton touchèrent l´eau, il prit peur et s´enfuit en marmonnant une vague excuse.

Le petit pêcheur leva les yeux au ciel, la pluie s´arrêtait, et il commençait à apprécier la douceur des rayons du soleil sur son visage.

«Oui j’aime la pluie, mais j’aime aussi le soleil, et l’un sans l’autre ce serait bien monotone…»

Et son ange lui répondit.

-Caresse l´eau, vois comme elle est douce, vois comme elle est tendre, vois comme elle est porteuse de vie... Vois aussi comme elle peut détruire la plus dure des roches en un jet, vois aussi comme elle peut éroder les plus grands terrains, vois aussi comme tu peux te noyer dedans. Il en est de même pour toi petit pêcheur, vogue à sa surface, mais fais attention de ne pas te laisser submerger par une vague.
-J’ai peur de toucher le fond…
-L’important n’est pas de ne pas toucher le fond, mais de ne pas y rester.

Et la nuit tomba peu à peu. Le petit pêcheur s’installa près de l’eau et regarda le soleil se coucher. Lorsque le soleil disparu, le petit pêcheur monta sur la lune afin d´y passer une douce nuit. De là il observa la journée passée qui s´éloignait inexorablement. Alors que ses yeux se fermaient, son ami l´ange vint lui parler. Et même si le petit pêcheur voudrait dormir, l´ange ne cessait de lui dire des choses

-Qu´as-tu fais de ta journée, pêcheur?
-Je me suis promené, j´ai parlé avec des gens
-Qu´as-tu produis?
-Je ne sais pas... Que devrais-je produire?
-Tu ne contribues pas à cette terre, ce qui n´est pas utile à la nature est éliminé.
-Dans ce cas j´apporte une touche de différence, essentielle selon-moi, j´apporte un peu de baume au coeur de ceux que je rencontre... Et je me cherche…
-Est-ce suffisant pour toi?
-Je pense oui... En pensant au bonheur des gens, ils devraient logiquement penser au mien en retour non?
-Rien n´est gratuit, tout est fait dans l´attente d´une réciprocité, toi-même le fait. Et tes ambitions alors, tu n´es plus le numéro un quelque part, il y aura toujours quelqu´un de meilleur que toi dans quelque domaine que ce soit...
-Je… Pendant longtemps je voulais être le numéro un quelque part… Car selon moi cela aurait pu prouver mon utilité dans ce monde… Mais je pense dorénavant qu’être numéro un ne sert à rien, car nous développons tous les talents nécessaires à l’aboutissement de notre vie, nous sommes tous numéro un de notre vie.

L’ange se réjouit de cette réponse.

-Bien pêcheur, dors sereinement, je veille sur toi comme d´habitude...
-Merci ma conscience, je te remercie pour tes doux conseils...

Et le pêcheur s´endort alors.

Ce matin, le petit pêcheur a mit un peu d´humour, de patience, de compréhension, de respect et beaucoup de romantisme au bout de son hameçon, il a l´intention de pêcher l´amour.

Laissant son flotteur flâner au fil de l´eau et du vent, le petit pêcheur imaginait déjà le visage de l´amour... Il le voyait beau et délicat comme un rêve, fort et léger comme un je t´aime murmuré... Perdu dans ses pensées, il fut surpris par une question posée par un mouton qui passait par là.

-Ca mord?
-Merci non.
-Comment ça, merci non?
-Mon hameçon est particulier, il ne pique pas, et pour s´y accrocher, il ne faut pas mordre, mais lui donner la main.
-A quelle profondeur pêches-tu?
-Au plus profond que je puisse accéder.
-Quel en est l´intérêt? Les profondeurs sont noires, silencieuses, froides, ennuyeuses... Et parait-il emplies de monstres terrifiants! Pourquoi descendre si bas?
-Eh bien, la profondeur est utile pour échapper aux ouragans de la vie, car quand le vent se fait tempête, tous les moutons sont terrorisés, certains s´envolent même... Moi je peux me réfugier au fond de l´océan... Et ce fond est bien plus coloré, mouvementé et peuplé que tu pourrais le penser.
-Tu n´as pas tout à fait tord...
-Voudrais-tu y aller avec moi?
-Non, je ne sais pas nager...
-Je peux te l´apprendre si tu le veux.
-J´ai trop de choses à faire, je n´ai pas le temps pour de telles futilités, je gagne ma vie moi.

Le mouton s´en alla d´un pas lourd en maugréant, enfonçant chacune de ses pattes dans le sable, ralentissant d´autant plus sa progression.

Le petit pêcheur se remit alors à rêver... Se demandant ce qu´il pourrait bien dire à l´amour... Un poème lui vint alors.

Je suis un fou qui vogue à la dérive
Je voudrais que tu me suives
Non pas parce que tu adhères à ce que je dis
Mais parce que tu le penses aussi.
Viens avec moi
Là où on ne m´entend pas
Reste avec moi
Sur mon chemin de croix
Je ne sais pas ou je vais
Mais je voudrais t´y retrouver
Si nous suivons le même chemin
Nous ne ferons qu´un...
Je me perds dans le dédale de mes pensées
Sois le fil qui me permet de m´y retrouver
Sois le phare qui m´éclaire dans le noir
Il n´est pas trop tard pour garder espoir
Je me perds dans ma folie
Tu es ma muse, mon effigie.

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:08:57

Mais comme à son habitude, le petit pêcheur s´endormi et ne pu tirer la canne à pêche quand une occasion se présentait à lui.

L´ange lui dit alors:

-Fais de beaux rêves mon ami, cela te rend plus fort de jours en jours.

Mais le petit pêcheur savait que l´amour est le seul rêve qui ne se rêve pas.

Le lendemain matin le berger vint trouver le petit pêcheur, il voulait lui parler, car il pouvait ressentir son mal être.

-Mes étoiles sont utiles, elles servent à s´orienter, suivre les étoiles, c´est suivre la voie du berger, suivre la juste voie qui mènera inexorablement à un bonheur certain.

-Berger, je préfère suivre les étoiles qui m´inspirent, laisser de côté les autres, écouter le souffle du vent pour me guider, me repérer à l´évolution des bancs de poissons... Pour moi, la meilleure voie est de ne pas en avoir, mais de prendre ce qu´il y a de meilleur en chacune d´elles. Ne pas croire quelque chose parce que c´est écrit au firmament des étoiles ou dicté par quelqu´un de célèbre, mais y croire parce que je pense que c’est juste et que mon cœur s’y reconnaît.

-Regarde les moutons, pêcheur, regarde comme ils sont heureux... Ils le sont car on leur dit que faire, et comment. On limite leur vie car ils ont peur de la liberté, ils s´enchaînent dès qu´ils le peuvent... Mariage, travail, troupeau... Briser une chaîne les oblige à en reconstruire une aussitôt de peur de tomber dans une déprime. Les moutons sont heureux quand on leur donne quelque chose.

-Je préfère que le bonheur vienne de moi, attendre quelque chose pour être heureux ne fera que m´empêcher de l´être maintenant.

-Hum... Puisque tu le prends comme ça, pêcheur, tu seras répudié du paradis! On ne vendra pas ta laine, on ne mangera pas ta viande!

Le petit pêcheur ne comprit pas... Il n´a pas de laine, il n´est pas bien gros...

-Ne comprends-tu pas que je récompense les gens pour leurs vertus?
-Les vertus n´ont pas besoin de récompenses, berger, elles en sont à elles seules…
-N´oublie pas qu´en chaque pêcheur il y a un mouton qui sommeille.
-Et toi n´oublie pas qu´en chaque mouton il y a un pêcheur qui sommeille.

Le berger s´en alla surveiller ses moutons, et le petit pêcheur retourna le long de l’océan, ramassant quelques coquillages, témoignage des endroits qu’il a connu. Au bout d´un petit temps le sable pris fin pour laisser place à de la roche. Le petit pêcheur croisa un mouton couvert de bijoux. et engagea la conversation.

-Bonjour, comment vas-tu?
-Très bien, je suis devenu riche!
-Eh bien voilà une bonne nouvelle, tu sembles content
-Toi par contre tu as l´air pauvre, tu dois être malheureux.
-Mes soucis ne viennent pas d´un manque d´argent...
-L´argent contribue au bonheur, pêcheur.
-L´argent ne fait pas le bonheur est la phrase des nantis, mais il y contribue est la phrase des démunis...
-Oui c´est vrai!
-Alors de nous deux je suis le riche et toi le pauvre.

Le mouton réfléchit deux minutes à ce que venait de dire le petit pêcheur, puis eut un rire gêné et parti sans mot dire. Le petit pêcheur continua alors sa route… Il ne savait pas où il allait, mais avait l’intime conviction que ses pas, les épreuves, ses échecs et ses réussites l’emmenaient vers un endroit distinct.

Se préparant à monter dans sa barque, le petit pêcheur vit un mouton en haut d´une falaise, juste au bord... Il recevait des vagues de grande intensité de plein fouet. Le temps pour le petit pêcheur d´arriver jusqu´à lui, un autre mouton était arrivé en haut, ils parlaient à deux, le mouton qui était au bord de la falaise était en pleurs.

-Allons, cesse de pleurer, ça va aller...
-Je suis triste!
-Oui mais bon, ça ne sert à rien d´être triste, il faut essayer d´avancer, sinon on fait du sur place...
-Je m´en fous! J´ai le droit d´être triste!
-D´accord... Mais recule-toi de la falaise, tu vas voir, il y a toujours une solution à tous les problèmes.
-Je n’en vois aucune de solution moi... Que du noir, partout!
-Mais arrête, ça ne sert à rien de t´en faire autant... Regarde, t´as une femme, une maison, un travail, t´as tout pour être heureux!
-Laisse-moi, je ne veux plus te parler!
-Eh bien si c´est comme ça, j´abandonne!

Le mouton se retourna pour s´en aller et remarqua le petit pêcheur qui assistait à la scène depuis le début.

-Pourquoi tu restes planté là toi alors que moi j´essaye de l´aider? T´as rien à lui dire peut-être?
-Non, je n´ai rien à lui dire, par contre j´aimerais l´écouter...
-Bah, n´importe quoi!

Le mouton parti alors. Mais aux paroles du petit pêcheur, le mouton triste lui adressa la parole.

-Je... Personne ne m´écoute...
-Je suis là moi, dis moi ce qui ne va pas...
-J´ai l´impression que je n´existe pas, je suis invisible... J´ai perdu mon emploi depuis quelques temps, et je n´ai même pas envie d´en retrouver un...
-Eh bien, où est le problème? Tu vis selon tes envies...
-Je n´ai plus ma place dans la société, je n´ai donc plus droit à la vie sociale...
-Pourquoi?
-La société est tellement importante que les deux sont liés maintenant...
-Oui c´est vrai, les gens ont tendance à oublier que la société fut créée pour servir l´Homme, et non l´Homme pour la servir...

Le mouton triste jugea la hauteur de la mer... Il recevait toujours des vagues sur le visage...

-Comment vivre pour moi si je dois vivre pour la société?
-Avec un compromis…
-Ma liberté ne souffre de compromis.
-Je pense qu´il faut savoir faire un choix...
-Je n´ai pas trop le choix... J´ai été très peu à l´école, car mon esprit était indomptable par les professeurs, je passais mon temps à dessiner et à regarder par la fenêtre... Quand je lisais un texte que je devais apprendre, ou analyser, mon esprit partait toujours dans de folles aventures, et finalement je perdais plein de temps...
-L´imagination, est l´ennemie des cours...
-L´école sert à nous apprendre à avoir un métier, la famille nous apprend comment nous comporter avec les autres... Mais personne ne nous apprend à nous comporter avec nous-même...
-Si l´école apprenait à être libre et tous égaux, elle serait interdite.
-C´est pour ça que je veux en finir... J´en ai marre de me battre dans le vent, marre de recevoir ses vagues violentes.
-Fais comme tu veux, tu es libre...
-Tu ne me retiens pas?
-C´est ta vie, fais-en ce que tu veux... Je n´ai pas de solution miracle, mais je ne crois pas au fatalisme...
-Je suis libre de ma vie.
-Exactement.
-Je suis maître de ma vie!

Le mouton triste jugea à nouveau la mer, et se recula.

-Je suis libre...
-La liberté est comme la jeunesse, un état d´esprit.
-Oui, mais je n´ai pas ma place dans cette société... Je vais la quitter!

Sans s´en rendre compte, le mouton triste se tenait sur ses pattes arrière.

-Je... Je me sens lourd avec toute cette laine! Débarrassons-nous du superflu! Laissons place à ce qui se cache en dessous!

Il enleva alors sa laine.

-Merci pêcheur!! Grâce à toi je vais enfin commencer à vivre!
-De rien mon ami, fais attention à toi.

Et le nouveau pêcheur parti en courant goûter à la vie.

Le petit pêcheur resta un petit temps sur cette falaise, contemplant l’océan qui lui faisait face dans toute son immensité. Il pouvait voir sa barque qui l’attendait en bas, et quelques mouettes qui passaient.

«Que suis-je ?»

A l’idée qu’il n’avait pas encore de réponse à cette question, le petit pêcheur se mit à pleurer… Le ciel était gris ce jour-là... Le petit pêcheur se sentait seul... Il voudrait tant le réconfort de quelqu´un, la chaleur d´un corps à enlacer...

C’est alors que le mouton couvert de bijoux passait par là. Le mouton le fixa intensément, puis lui parla.

-Pourquoi ne portes-tu pas de la laine?
-J´aimerai que la chaleur vienne des contacts humains, et non plus de possession matérielle...
-Je me sens bien avec ma laine moi, elle me porte chaud! Il vaut mieux d´ailleurs, c´est toute une vie de travail ça...
-Et si un jour elle venait à brûler?
-Elle ne brûlera jamais.
-Et si ça devait arriver?
-Ca n´arrivera pas!
-Imaginons le cas improbable que ta laine brûle, que se passe-t-il?
-Eh bien je suis démuni, voilà, c´est ça que tu voulais entendre?
-A ce moment là, tu ne serais pas heureux d´avoir quelqu´un pour t´apporter du réconfort et de la chaleur?
-Bien sûr que si...
-Ne t´y prends pas quand le feu est déjà bouté, ce sera trop tard...
-Je me passe de tes leçons, pêcheur!

Le mouton s´éloigna, vexé que l´on puisse tenir de tels propos.

Une grande tristesse gagna le petit pêcheur, il se senti soudainement angoissé... Les larmes coulaient le long de ses joues comme si son coeur débordant voulait se débarrasser d´un trop plein d´amertume... Il leva les yeux au ciel et vit les oiseaux voler... Il ne les envia pas, car ses ailes étaient son esprit, toutes les nuits il s´envolait, et même durant la journée, que cela plaise ou non d´ailleurs...

Il pleurait mais était incapable de mettre des mots sur ce qu´il ressentait, à ce moment-là il aurait voulu être de pierre, car il se sentait tellement vulnérable qu´il avait peur de se faire transpercer par l´agressivité des gens... Marchant comme une âme en peine, il s´arrêta quand un regard le toucha, celui d´un mendiant.

-A votre bon coeur monsieur!

Le petit pêcheur le fixa intensément, puis sorti de l´amour de son coeur et l´offrit au mendiant.

-Qu´est-ce que tu veux que je fasse avec ça? C´est pas ça qui va me nourrir
-L´amour apporte la chaleur du coeur, et celle-ci rend la dignité non?
-Donne-moi de l´argent, je retrouverai de la dignité pendant une soirée oui!

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:09:27

Las, le petit pêcheur marcha encore... Il traînait les pieds et gardait la tête baissée...

C´était un jour comme un autre pour le petit pêcheur.

Alors qu´il s´apprêtait à rejoindre l´océan, le petit pêcheur vit un mouton casser sa barque.

-Pourquoi fais-tu ça?
-Parce qu´on en a marre de la voir ta barque!
-Mais pourquoi?
-C´est comme ça, ça ne s´explique pas. C´est comme ta tête, j´en ai marre de la voir!
-Que t´ai-je fait?
-Je ne sais pas encore, mais je vais bien trouver!
-Pourquoi tant d´agressivité?
-T´es un asocial!
-Cela te fait du mal?
-Tu es un voyou!
-Ah bon...
-Tu es... Tu es...
-Différent?
-Oui, précisément! Tu es différent!
-C´est ça qui t´ennuie?
-J´aime pas ce qui est différent.
-Tu as peur?
-Je n´ai jamais peur!
-Qu´est-ce qui te dérange dans le fait que je te sois différent?
-Tu viens manifestement d´ailleurs, tu n´as pas de laine, donc tu n´as rien à faire ici.
-Ce sont les gens qui viennent d´ailleurs qui te dérangent alors?
-Oui.
-Et s´il n´y en avait plus, serais-tu heureux?
-Non, il faudrait virer les vieux moutons miteux!
-Et quoi d´autre?
-Ceux qui écoutent de la musique bizarre!
-Encore?
-Oui, il y en a encore pas mal... Ceux qui ont des pensées subversives, ceux qui n´ont pas de travail, ceux qui pensent qu´ils ont toujours raison...
-Mais tu penses avoir toujours raison, non?
-Heu... Oui, mais moi c´est différent...
-Tu ne penses pas que le racisme n´est pas affaire de race, mais bien de peur? Parce que la notion de racisme existe aussi parmi les moutons d´un même village, parmi les gens d´une même famille...
-Et alors, tu vas me faire la morale peut-être?
-Oh non, je me contente de te poser une question, c´est tout...
-Tu es loin d´être aussi innocent que ton image le laisse supposer! Il faut se méfier de toi, tu es l´eau qui dort!
-Effectivement je peux m´élever sur des vagues de plusieurs dizaines de mètre de hauteur, et celles-ci me permettent de m´abattre sur ceux qui m´ont fait du mal avec force et violence... Mais je ne le fais pas, car avoir la possibilité de faire quelque chose, et refuser de le faire car c´est contraire à nos principes, voilà le début de la liberté et de la sagesse.

De rage, le mouton continua de casser la barque du petit pêcheur.

-Voilà, ça t´apprendra à mettre une vérité à la face des gens qui ne t´ont rien demandé!
-Mieux vaut une cruelle vérité qu´un doux mensonge non?
-Maintenant, tu n´as plus rien!
-Merci.
-Merci?
-Celui qui n´a plus rien à perdre a tout à gagner.

Le mouton s’en alla alors rejoindre ses amis qui l’attendaient un peu plus loin, et le petit pêcheur ramassa les morceaux de sa barque… Et la répara.

Durant son travail, la pêcheuse qui marchait le long de l’océan elle aussi le rejoint. Sans même lui demander ce qu’il lui était arrivé, elle pris quelques planches et l’aida à réparer sa barque.

Sur une barque, loin des rivages, un pêcheur et une pêcheuse dérivent, couchés dans la barque, ils profitent du soleil, côte à côte.

La pêcheuse regardait le ciel d´un bleu azure, et posa une question au petit pêcheur.

-Pourquoi l´univers est-il tel qu´il est, et non différent?
-L´univers est tel que tu l´a décidé...
-Comment ça? Cet univers nous vivons dedans, nous ne l´avons pas choisit...
-Moi je serai plutôt d´avis que cet univers nous l´avons créé d´un commun accord... Penser à quelque chose c´est déjà le créer, penser à l´impossible c´est déjà le créer, car même s´il peut n´être qu´un concept, il existe au moins en nos esprit, comme tout concept...
-Et si notre univers n´était qu´un concept aux allures bien réelles?
-Alors créons un univers magnifique!

Chacun y mit du sien pour que l´univers devienne magnifique. Il rêvèrent de ce que serait l´univers magnifique, et s´endormirent.

Lorsqu’il redescendit de son rêve, le petit pêcheur raccompagna la pêcheuse sur terre, puis reparti sur l’océan.

Alors qu´il voguait loin du rivage, le petit pêcheur assista à un spectacle magnifique, une femme était en train de danser sur l´eau, elle se jouait des vagues, créait des trombes d´eau autour d´elle... Un spectacle enchanteur. Le petit pêcheur s´approcha alors précautionneusement afin de ne pas faire chavirer sa barque à cause des remous créés par la danse de l´être fantasmagorique.

-Bonjour danseuse
-Bonjour petit pêcheur, tu m´as l´air bien encombré avec ta barque...
-Quel est ce prodige?
-Je danse sur l´eau, je n´ai point besoin de radeau. Je la module grâce aux pilules.
-Pilules? Serait-ce un moyen de voler comme les cascades spiritueuses, les fumées ou les notes?
-Mieux, c´est un soleil, la vie est merveille!
-Quels sont les effets?
-Telle une brise murmure son voyage à la peau, je susurre sans la nage, je frôle l´eau.
-Et quand les effets s´arrêtent?
-Pourquoi vouloir parler de la mort du soleil alors qu´il est tellement meilleur de profiter de ses rayons bienfaisants? Il mourra un jour, mais gardons de vue le présent.
-Pourquoi ne retournes-tu pas à terre?
-Parce que mon seul mode de déplacement est la danse, ça dérange les moutons, il n´apprécie pas mes transes, ils en attrapent des boutons...
-Pourquoi ne touches-tu pas l´eau?
-Car quand j´étais petite la violence et la cruauté des gens m´a tenu la tête sous l´eau, maintenant hors de mon enfance je veux la maîtriser, je trouve ça très beau.
-J´ai l´impression que tu ne vis pas, tu planes... Le soleil est modéré, ces pilules seraient plutôt l´explosion de laquelle nous ne sortons pas indemnes, elles causent des dommages, la chaleur est intense, et une fois fini, le froid de la vie te gèle...
-J´aimerai monter dans ta barque petit pêcheur, mais si j´embarque j´aurais peur...
-Peur de quoi?
-De me noyer, puisque je ne danserais plus... La danse me permet de m´élever de ce monde exigu…
-Tu aimes ta vie?
-Tant que je danse je n´y pense pas.

Et la danseuse, de la grâce de ses mouvements s´éloigna, énigmatique et fragile.

Ce spectacle laissait un goût étrange dans le cœur du petit pêcheur, mais il préféra ne plus y penser. Il rejoignit alors la côte, car il avait besoin d’être un peu plus près du sol…

Au détour d´un chemin, le petit pêcheur rencontra un bonhomme de neige. Très froid, il faisait peur aux gens, mais il était en train de fondre lentement parce que son coeur brûlait. Il était de la neige, froide, glissante et envahissante. Il a décidé de s´élever et de prendre forme.

A l´aide de son balai, le bonhomme de neige dessinait de magnifiques fresques dans la neige. Alors que le petit pêcheur était en train de contempler ces oeuvres, une brebis accompagnée de son agneau passait par là. L´agneau voulut voir le dessin, mais la brebis, effrayée par le bonhomme de neige le tira de force et s´en allèrent... En un seul moment il y eut trois personnes tristes, l´agneau, le bonhomme de neige et le petit pêcheur...

Voyant le désarroi du bonhomme de neige, le petit pêcheur s´approcha.

-Je trouve tes dessins magnifiques...
-Des égoïstes... Pff... Et ça, ce n´est encore rien! Parfois ils m´insultent aussi...
-Egoïstes?
-Parfaitement! L´autre jour, une petite fille jouait à me lancer des boules de neige, c´était très drôle... Et chaque fois qu´un adulte passait, elle parvenait à le prendre dans son jeu, finalement il y avait plein de gens qui ne se connaissaient pas mais qui jouaient tous ensemble, c´était un moment magique! Et tout ça grâce à l´innocence d´une petite fille! Puis un vieux mouton passa, et la petite voulut jouer avec lui, mais il la dédaigna tant et si bien que la magie fut rompue... On pouvait lire la tristesse regagner le regard des gens... Et chacun reparti dans la monotonie de sa vie…
-Oh...
-Les égoïstes sont très forts, un tout petit peu d´égoïsme peut suffire à détruire quelque chose de beau.

Le petit pêcheur et le bonhomme de neige observèrent alors un moment de silence, songeurs... Puis le petit pêcheur repris la parole.

-Pourquoi te montres-tu froid?
-Parce que l´amour me fait peur, la haine est plus facile à montrer, on ne doit pas baisser sa garde, sa carapace, au contraire.
-Ton coeur consume cette neige, que tu le veuilles ou non un jour elle fondra, quoi que tu fasses, l´amour ressort toujours.
-Je ne suis pas sûr de ce qu´est l´amour, les gens sont froids avec moi... Peut-on apprendre l´amour à quelqu´un en montrant la haine?
-Laisse-moi te montrer l´amour, devenons amis!

A ces mots, Le bonhomme de neige rougit, et de la neige tomba à cause de la chaleur, et son coeur, rouge intense, était alors visible sous la mince couche de neige restante.

-Je vais perdre mon coeur si ça continue! L´amour est un malheur!
-Garde le peu de neige qu´il te reste pour te protéger des difficultés de la vie, et distribue ton amour à qui veut le recevoir... L´amour ce n´est ni donner ni recevoir, c´est participer.
-Et s´ils n´en veulent pas?
-Les gens ont un miroir en eux qui te renvoie ce que tu leur donnes. Apporte-leur de l´amour, ils te renverront de l´amour, apporte-leur de la haine, ils te renverront de la haine... Certains ont dépassés ce stade et l´amour a pris le dessus, renvoyant cette image quoi qu´il arrive.

Les deux amis se serrèrent la main, et pour le remercier, le bonhomme de neige dessina un grand coeur dans la neige.

Le petit pêcheur hésita un peu, et finalement lui posa une question

-Selon toi, que suis-je?

Le bonhomme de neige vit dans les yeux du petit pêcheur que cette question revêtait une importance toute particulière pour lui, aussi il ne la prit pas à la légère et y réfléchit un petit temps.

-Tu es bon, tu es de ceux qui distribuent l´amour quoi qu´il arrive… Tu es un être de lumière, tu illumines la vie des gens.

Le petit pêcheur fut étonné d´une telle réponse, mais ravis! "Je suis lumière" se répéta-t-il…

Content de cette réponse, le petit pêcheur dansait sur le sable fin de la plage et s´envoyaga à l´aide d´une note. Lorsqu´une musique se joue, parfois une note passe suffisamment près du petit pêcheur pour qu´il puisse s´y accrocher. La note l´emmène alors parmi les nuages, bien au dessus de ce qui le touche habituellement. Le monde semble tellement plus beau d´en haut... Et la musique lui est tellement moins dévastatrice que s´élever en suivant la fumée ou en remontant les cascades spiritueuses. Le petit pêcheur est alors perdu dans ses rêves, mais il lui arrive parfois de voir toute la misère d´en bas et de ne se sentir que plus mal.

Le petit pêcheur fuit ses problèmes, car il a beau vouloir tout affronter, le poisson a besoin de l´ombre du goemon pour pouvoir grandir et devenir fort.

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:10:26

-Bonjour
-Salut.... Qu´est-ce que tu veux?
-Oh rien, je me demandais ce que tu tentais de faire, simplement...
-Comme tu peux le voir, je m´élève.
-Avec une branche?
-Oui, mais cette satanée branche est instable, et fragile en plus, quand je m´appuies dessus elle se romps.

Le petit pêcheur examina alors la branche, et s´aperçu qu´elle était faite de livres, d´amour intéressé et d´hypocrisie...

-Ta branche est de bien curieuse composition je trouve.
-Pardon?? Je lis moi monsieur! J´ai la culture pour moi! Regarde, je lis un livre entier sur l´amour, sa composition, ce qui le fait perdurer, ce qui le crée, sur ce que c´est finalement...
-Lire un livre n´est pas vivre un sentiment...
-Non effectivement, mais bon, c´est déjà mieux que rien... Et puis regarde, je donne de l´argent aux pauvres!
-Pourquoi ne le faire que quand tu es avec des amis? Pourquoi tu attends toujours un remerciement en retour?
-C´est la moindre des choses, je donne quelque chose, j´attends en retour, la gratuité n´existe pas. Et puis regarde, je te parle la, je t´écoute, je suis de bonne composition.
-Entendre quelqu´un en se disant que sa conversation l´ennuie n´avance pas à grand chose, ce n´est pas ça de l´écoute...
-C´est déjà mieux que rien je t´ai dis, laisse-moi maintenant. Ah! Saleté de branche, elle s´est encore brisée!!

Et le petit pêcheur s´éloigna, regardant ce mouton tomber sans cesse.
Le petit pêcheur aime connaître le bonheur des gens. Il aime voir des sourires radieux, des yeux emplis de joie, des coeurs battant pour deux. Il s´enquit souvent de savoir comment vont les autres, et s´intéresse toujours à ce qui fait leur bonheur, même si parfois la notion de bonheur de certaines personnes lui échappe totalement... Au cours d´une promenade, le petit pêcheur vit une brebis triste... Il s´approcha alors de celle-ci.

-Bonjour... Que t´arrive-t-il?
-Bonjour... Je suis malheureuse... La vie est parfois si cruelle...
-Pourquoi es-tu malheureuse?
-Je ne trouve personne à aimer pour le restant de ma vie...
-L´amour ne se cherche pas, il vient à soi, il s´impose qu´on le veuille ou non...
-Je sais ça, mais je ne veux pas n´importe qui non plus... J´ai des critères...

A ce moment précis, le petit pêcheur vit un mouton qui regardait la brebis de loin, l´air également très triste.

-Qui est ce mouton qui te regarde?
-Un prétendant...
-Eh bien, voilà un amoureux!
-Non, il n´a pas de costume chic, ni de carrosse pour la princesse que je suis.
-Ah... Mais si c´est un prétendant, c´est qu´il t´aime, ce n´est pas bien ça?
-Non, si on va en soirée, j´aurai l´air de quoi moi sans carrosse et avec mon compagnon mal habillé??
-Si tu l´aimes, tu sauras passer au dessus de ça non?
-Non. Donc, je ne l´aime pas.
-Quels sont ces critères dont tu me parles?
-Il doit être beau, mais pas hautain, il doit être intelligent mais ne pas faire étalage de sa science, il doit être riche mais être disponible, il doit tout me dire mais savoir rester mystérieux, il doit aimer les enfants, avoir envie d´un garçon et de deux filles, il doit savoir masser comme un dieu, il doit être bricoleur mais avoir des mains très douces, il doit être séduisant mais ne pas charmer les autres brebis, oh et encore beaucoup d´autres choses...
-Et toi, que lui offres-tu en échange?
-Je... Il a le droit de coucher avec moi!
-Bonne chance...
-Et toi, tu vas me dire que tu n´as pas de critères?
-Bien sûr que si... Que cette personne m´aime sincèrement.
-Et c´est tout? Et si elle est moche? Si elle fume? Si elle n´aime pas les animaux? Et si tant d´autres choses?
-Reste près de ton coeur brebis, en l´écoutant et le suivant, tu trouveras la personne qui te convient le mieux, sans avoir à y réfléchir, sans avoir à chercher, cet amour viendra à toi car tu auras suivi les pas tracés par vos deux coeurs avec pour dénouement final une étreinte.

La brebis baissa les yeux... Elle savait que le petit pêcheur avait raison mais ne voulait pas le reconnaître.

-Regarde ce mouton, il n´a pas de costume chic, il n´a pas de carrosse, mais peut-être que l´amour qu´il te donnera sera tellement beau que tu te sentiras la plus belle et n´aura plus besoin de t´habiller chic pour te sentir belle...
-C´est sûrement un rejeté de quelque part...
-Et peut-être est-il ce roi rejeté qui règne dans ton coeur...

Sur ces paroles le petit pêcheur pris congé de la brebis et s´éloigna... Le mouton s´approcha alors et engagea la conversation.

-Bonjour brebis...
-Bonjour mouton
-Je te trouve très charmante!
-Je... Merci, c´est la première fois qu´on me dit ça comme ça...
-Comment est-ce possible?
-On me dit belle, intelligente, mais jamais charmante, et puis je ressens quand un compliment est sincère ou non...
-Charmante... Pour moi c´est plus important que la beauté ou l´intelligence, car ça regroupe cela et tant d´autres choses! Dont notamment quelque chose qui vient du coeur!
-Tu es bien romantique...
-Ce sont les deux étoiles de ton visage qui me font cet effet, leur reflet m´aveugle comme si j´étais amoureux...
-Etoiles?
-Tes yeux...
-Flatteur!
-Que fais-tu ce soir?
-Je vais à une soirée chic
-Que dirais-tu d´échanger l´hypocrisie de cette soirée contre une balade accompagnée d´une ballade?
-Bien sûr, pourquoi pas. Mais tu vas sûrement être déçu, je ne suis pas très romantique...
-Qu´en sais-tu? Le romantisme habite tout cœur de passionné…
-Je n´ai rien d´extraordinaire…
-Je ne cherche pas une extra-terrestre mais une terrestre extra!
-Nous ne sommes pas du même milieu...
-Je préfère un établi en désordre à l´ordre établi!

Le mouton prit alors la main de la brebis, et s´éloignèrent. La brebis se retourna et vis le petit pêcheur qui était resté là pour les regarder. Sans même s´entendre à cause de la distance et du bruit ambiant, ils purent malgré tout communiquer.

-Merci!
-De rien, sois heureuse.

Le petit pêcheur continua sa marche… Il arriva finalement à la lisière d´une forêt. Le petit pêcheur aime se perdre dans la forêt. Il s´y sent à l´aise, il écoute les arbres respirer, il les regarde bouger leurs branches pour créer le vent, il marche silencieusement pour pouvoir observer les animaux les plus farouches. Il s´émerveille de la beauté des plantes, la couleur des fleurs, le croassement des grenouilles, la grâce des biches... Le petit pêcheur sait qu´il fait partie de cette nature, et qu´il doit la servir au mieux, afin qu´elle lui rende de précieux services.

Au cours de l´une de ces perditions sociale, le petit pêcheur tomba en arrêt devant un mouton équipé pour tuer.

-Bonjour mouton, que fais-tu?
-Salut pêcheur, comme tu vois, je chasse.
-Chasse? Ah oui, tu ramènes de la nourriture pour ta famille!
-Oh non, on n´a plus besoin de chasser pour ça de nos jours...
-Pour la peau alors? Afin de vous tenir au chaud l´hiver durant?
-Que nenni mon petit, plus besoin de chasser pour ça de nos jours.
-Pour quoi alors?
-Pour le plaisir!
-Tuer pour le plaisir?? N´y a-t-il pas d´autres plaisirs?

Le petit pêcheur était choqué que l´on puisse ravir une vie pour s´amuser…

-En plus cela me permet de les toucher, de décorer ma maison avec leur tête, et puis bien sûr on peut toujours les manger.
-Mais si tu veux les toucher, pourquoi ne pas t´approcher avec douceur?
-Et puis quoi encore? Quelle perte de temps, en plus après ils s´encourent, et alors nous avons un sentiment de frustration.
-Tu te sens donc impuissant face à ça?
-On peut dire ça oui...

La violence, démonstration de l´impuissance...

-De plus, j´aide la nature.
-Ah bon? Et de quelle manière?
-Je régule les races, quand il y a par exemple trop de renards on en tue sinon ils mangent tout et attrapent des maladies...
-Mais comment faisait la nature avant que les chasseurs ne soient là?
-Eh bien il y avait un équilibre naturel j´imagine... Mais il est rompu de toute façon.
-Pour quelle raison?
-Les grands carnivores ont disparus... Et beaucoup de races d´animaux aussi, dont des animaux très utiles à la survie de la nature telle que nous la connaissons.
-Comment cela se fait-il?
-Les moutons sont les responsables... Des années de chasse à tord et à travers... La pollution aussi... Nous aimons détruire et transformer pour vivre au mieux...
-Au lieu de nous adapter...
-Exact. Le plus faible s´adapte.
-En somme, tu essayes de restaurer un équilibre rompu par des gens comme toi, au lieu de laisser l´équilibre se faire seul…

A ce moment là un tigre passait par là. Il n´avait vu ni le mouton ni le petit pêcheur. Le tigre s´était assit et se lavait le pelage. Il était magnifique. Le mouton leva son arme, le mis en joue, il admirait son futur tableau de chasse. Aujourd´hui, un nouvel animal allait payer pour la bêtise des hommes.

Le mouton murmura

-Toi, tu seras magnifique sur ma cheminée

Il bloqua sa respiration. Il visait la poitrine, afin de le tuer sans faire de trou dans la tête. Procédant ainsi, il n´était pas sûr de le tuer rapidement, mais mieux vaut qu´il agonise plutôt que d´abîmer pareille peau.

Soudain son viseur s´obstrua. Il leva les yeux, le petit pêcheur s´était mis face au canon.

-Tue moi.
-Dégage de là!
-Pourquoi? Tu veux une peau? Tue moi!
-Ta peau est moins belle que celle de ce tigre.
-Sans doute, mais moi je n´ai pas d´enfants à perdre, je ne suis pas utile à la société dans laquelle je vis.

A ce moment précis le mouton remarqua que le tigre était accompagné de trois jeunes.

-Je... Je n´avais pas vu que c´était une femelle qui venait de mettre bas...
-Certaines choses ne peuvent être vues que par ceux qui désirent voir.
-Tu as risqué ta vie pour un animal...
-Ma vie est précieuse... Mais tout autant que la sienne.
-Mais nous sommes plus intelligents!
-Justement, nous avons la chance de nous rendre compte de l´erreur que nous faisons en tuant pour le plaisir, alors profitons-en pour ne pas le faire. Nous ne sommes plus l´enfant qui tue un insecte pour s´amuser, ne se rendant pas compte du mal qu´il fait.
-Pourtant, si tu t´approches de cette femelle, elle te tuera!
-Et avec raison, je suis pour elle un potentiel agresseur pour ses petits, ou en tout cas une proie. Manger ou être mangé. Mais dans la chasse il n´est nullement question de cela.

grosbill7b
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Niveau 10
08 juin 2006 à 18:10:51

-Et si je me fais charger par un animal en colère, que dois-je faire?
-Ecoute la nature, écoute la te parler, te dire où aller. Sois proche de cette mère afin qu´elle guide tes pas en son domaine. Et puis, si tu entres chez elle, il te faut en accepter les risques.

Le mouton regarda son arme, il regarda la tigresse qui jouait avec ses petits.

-Peut-être...

Et s´éloigna.

Le petit pêcheur rattrapa le chasseur, et lui posa une question.

-Que suis-je?

Le chasseur se retourna.

-Un objecteur de conscience.

Et s´en alla.

Le petit pêcheur sorti alors de la forêt et profita des rayons du soleil. Marchant par delà les plaines, scrutant ce qui pourrait lui apprendre quelque chose, le petit pêcheur vit un mouton au comportement bien particulier. En effet celui-ci était en train de s´arracher la laine du dos avec les dents.

-Que fais-tu?
-J´en ai marre!!
-Marre de quoi?
-De tout ça... Toute une vie de labeur... Pour quoi? Je te le demande pêcheur!
-Heu... Je ne sais pas... Justement, j´aimerais comprendre…
-J´ai tant, alors que d´autres ont si peu!
-Si ça te pose problème, partage...
-Le matériel n´est pas important! Je me débarrasse de tout ça, parce que c´est vrai, je ne veux pas rendre jaloux ces gens qui savent vivre sans matériel...
-Si tu estimais vraiment que ce matériel n´est pas important, tu n´aurais pas besoin de t´en débarrasser, car cela ne t´importunerai pas de posséder face aux démunis. Et si ces gens savent réellement vivre sans matériel, ils ne seront pas dérangés par tes possessions. Et finalement, tu partagerais.
-Tiens pêcheur, voici un bout de laine... Regarde, c´est ma femme qui me l´a offert... Enfin, ma femme... Elle m´a quitté...
-Pourquoi?
-Qu´en sais-je? J´ai tout fait pour elle, je lui ai tout donné, j´ai été comme il fallait... Et malgré ça elle m´a quitté... La vie est injuste!
-Juste, injuste... Ceci est une notion bien subjective je trouve. Tu dis que ta femme t´a quitté, que tu n´as rien vu, mais certaines choses ne peuvent être vues que par ceux qui veulent voir.
-Tu insinues quoi par là? Que c´est de ma faute?
-Ta faute, non, mais tu as ta part de responsabilité, oui.
-Comment ça?
-Ce sont tes choix. Tu as choisis de te marier à cette brebis, tu as choisis d´être littéralement à ses pieds, tu as entretenu une relation de dominé avec elle, et elle l´a conclus en beauté en te quittant.
-Allons, c´est ça... Tout est de ma faute, exactement comme disait ma femme...
-Je n´ai pas dis ça... Il n´est pas question de faute, mais de responsabilité…
-Oh non, mais pas besoin de tout me dire tu sais, je devine... J´ai l´habitude! Et mon mal de dos, il est de ma faute sans doute?
-De ta faute, non mais ta responsabilité, oui...
-Tu te répètes pêcheur!
-Tu me poses deux fois la même question, pourquoi répondrais-je différemment?
-Et quelle est cette responsabilité?
-Tu en as visiblement plein le dos, peut-être serait-il bon pour toi d´évacuer un peu ton stress... De te remettre en question...
-Pardon? Faire preuve de faiblesse? Ce que je le fais je le fais en connaissance de cause môssieur! Je n´ai pas de maladie psychosomatique!
-Pourtant je pense que si ce ne sont pas les mots qui te guériront, ce seront alors les maux....
-Oh oui, le symptôme est le substitut d´une idée refoulée, je connais, merci bien! Je ne crois pas en ces inepties! Tu ne tombes jamais malade toi?
-Bien sûr que si, mais au lieu de me dire que je n´y suis pour rien, et me ruer chez un médecin, je me demande sincèrement ce qui ne va pas dans ma vie actuellement, et je tente de régler le problème...
-Tu es un grand dérangé!

Le mouton continua alors à arracher sa laine.

-Je vais donner ça aux pauvres... On les regarde crever sans rien faire, c´est dégueulasse!
-C´est une bonne initiative je trouve.
-Oui, je vais les envoyer dans un autre pays aider les gens en difficulté!
-Pourquoi ne pas aider les gens autour de toi, il y en a sûrement dans le besoin...
-Non, le conteur a dit que dans certains pays il y a des guerres affreuses, les gens meurent de faim et de froid.
-Ici aussi il y a des gens qui meurent de froid et de faim...
-Qu´est-ce qui te dérange? Que j´aide des gens qui habitent un autre pays?
-Non, que tu fasses ça pour pouvoir le raconter après. Et que lorsque le conteur te racontera que ton voisin est en train de mourir de faim et de froid, je me dirais que tu penses aux gens lointains, mais pas à ton propre voisin.
-Pas grave!

Une fois tout arraché, le mouton commença à grelotter.

-Tu t´imagines? Toute une vie de travail acharné se tient devant moi... Regarde cette laine-ci, je l´ai acheté avec mes enfants l´année passée... Je vais la garder, c´est un souvenir précieux... Et ici, regarde, ça me tiendra un peu au chaud pour l´hiver, je n´ai pas envie de mourir... Oh et ça, regarde, ça vaut beaucoup d´argent, je ne peux pas le jeter!

Finalement le mouton s´était pratiquement recouvert de laine.

-Tu sais quoi? Ce n´est pas de ma faute si je suis riche et que les autres sont pauvres, de toute façon me débarrasser de tout ça ne changera rien à la planète...
-Non, mais ça pourrait changer ta vie.
-Ma vie n´est finalement pas si mal... J´ai mon petit confort, mes petites possessions bien acquises... Je suis bien.
-La liberté fait peur, tu as raison, remets tes chaînes.
-Je ne comprends pas...
-Nul ne peut aller plus loin qu´un choix dont on ignore le sens...

Sur ces paroles le mouton pris congé et entra dans un magasin de laine.

Le petit pêcheur se retourna, et revint voir le phare.

-Alors, pêcheur, tu as trouvé ce que tu es?
-Objecteur de conscience, lumière…
-C´est pas mal…

Tous deux restèrent silencieux un petit temps.

-Et moi, que suis-je?
-Eh bien un phare…
-Suis-je un mouton?
-Le mouton a peur de l´océan, car il ne veut se remettre en question, il ne cherche pas de sens à sa vie… Un phare vit au milieu de l´océan, il brave les vagues… Et dans tout phare, il y a un gardien, un pêcheur. Celui-ci regagne la terre de temps en temps, mais la plupart du temps vit dans son phare pour échapper aux colères de l´océan… D´ailleurs, quand je m´adresse à toi, c´est en fait au pêcheur que je m´adresse.

C´est alors que la porte s´ouvrit, et qu´une pêcheuse en sorti…

-Pêcheur… J´ai été ton phare, celle qui t´a guidé dans le manteau de la nuit de ta vie, si je sors et assume mon statut de pêcheuse, que serais-je envers toi?

La pêcheuse sortit alors complètement du phare, et le petit pêcheur remarqua qu´elle tenait une lanterne en main.

-Tu es une pêcheuse à la lanterne…
-Et vis-à-vis de toi?
-Prends ta place dans l´univers en suivant ton cœur, ta place auprès des autres s´inscrira naturellement.

Le petit pêcheur remarqua une île au loin, et pagaya jusqu´à elle. Une fois accosté, un mouton vint à sa rencontre.

-Bonjour mon ami, tu m´as l´air bien mélancolique.
-En effet, je le suis souvent...
-Tu n´es pas seul, il y a beaucoup d´autres personnes dans le cas...
-Je sais oui...
-Entre nous, nous nous comprenons mieux, pourquoi ne pas nous rejoindre?
-Pourquoi pas...
-Viens ce soir à la cité du rêve si tu veux...

Ce soir la lune était rousse. Les nuages étaient parés d´une couleur orangée. Le petit pêcheur arriva devant la cité du rêve. A l´entrée était un panneau contenant un message.

"Ici sois toi-même, personne pour te juger, personne pour te brider".

Quel beau message.

-Bonjour ami pêcheur.
-Bonjour...
-Je vois que tu as décidé de nous joindre, viens, je vais te présenter à nos amis.

L´endroit était magnifique. Une allée centrale bordée d´arbres, des bâtiments aux architectures extraordinaires.

Finalement ils arrivèrent dans une grande salle dans laquelle étaient plusieurs personnes. Des moutons, des pêcheurs, des moutons levés, des danseurs...

Le petit pêcheur fut présenté, et était libre de discuter avec qui cela lui semblait bon. Tous étaient charmants, personne ne jugeait, ils recherchaient tous l´élévation intellectuelle. Etait-ce l´endroit parfait, l´endroit rêvé?

-A quoi sert cet endroit?
-Tous ceux qui le désirent peuvent venir, sans discrimination aucune afin de lier des liens émotionnels intenses.
-La personne qui a créé cet endroit est-elle également en recherche spirituelle?
-Non, notre maître a trouvé la paix intérieure. Il connaît le chemin, et voudrait nous l´apprendre.
-Et si je préfère suivre mon propre chemin?
-Si tu persistes dans l´erreur, si tel est ton choix, personne ne pourra t´en empêcher, c´est ton droit après tout... Mais tu ne graviras pas les échelons de notre société.
-Echelons?
-Représentant ton élévation spirituelle.
-Pourquoi la représenter, dans quel but? Est-ce un concours?
-Nullement, elle sert simplement à ce que les moins élevés puissent demander conseil aux autres…
-On ne peut tout savoir sur tout…
-C´est histoire de simplifier les choses…

Cette phrase lui rappelait le bouc, avec ses lois simplifiées qui faisaient fi des minorités…

-Comment est-elle calculée?
-D´après ta compréhension de certains textes sacrés que nous ne manquerons pas de te soumettre régulièrement.
-L´élévation spirituelle doit obligatoirement passer par votre propre compréhension des choses? Il ne peut en exister d´autre?
-Mais il n´en existe pas d´autre...

Le petit pêcheur doutait un peu... De lui, de ses propres croyances... Et s´il avait toujours vécu dans l´erreur?

-Pêcheur, pour rester parmi nous il faudra nous reverser une partie de ton salaire afin de couvrir nos frais...
-Je pensais que cet endroit acceptait les gens tels qu´ils sont, et non seulement ceux qui ont de

grosbill7b
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Niveau 10
08 juin 2006 à 18:11:26

l´argent... Je ne vous coûterai rien, je me nourrirai par moi-même, vous n´aurez rien à me fournir. Je peux travailler pour vous par contre…
-Désolé mais nous ne pouvons pas l´accepter. Pour faire partie de la cité du rêve et connaître nos plus beaux secrets, il faut montrer de la bonne volonté.
-La seule bonne volonté que je suis prêt à montrer est l´apprentissage de la liberté, et non de dogmes, le partage de mes connaissances et non celui de mon argent... Et comme je vous l´ai dis, je suis prêt à travailler pour vous.
-Alors tu vas devoir partir.

Le petit pêcheur sorti de la cité du rêve, soulagé.

Le petit pêcheur est un grand guerrier. Quand on s´en prend à lui, il se transforme en pierre; à quoi bon insulter une pierre puisqu´elle ne répondra pas? Pourquoi se battre contre une pierre si ce n´est pour s´abîmer les mains? Le petit pêcheur a depuis longtemps compris que le plus grand guerrier est celui qui sait intimider sans rien faire.

Pourtant...

Quand on s´en prend à quelqu´un qu´il aime, le petit pêcheur descend alors de sa barque, il se met en contact direct avec les flots qu´il évite soigneusement en temps normal.

Il va alors au plus profond de la plus profonde des vagues, puis remonte avec elle. Cette vague vengeresse est d´une puissance extraordinaire! Forte de trop de temps de silence et des sanglots des blessés qu´il aime. Cette vague se transforme en trombe d´eau, elle prend la forme d´un bras, celui de la vengeance. La vague s´abat alors avec force et violence sur ceux qui ont fait du mal, plus rien ne saurait l´arrêter, elle est une machine en route dévastant tout sur son passage.

Elle laissera comme marque des larmes sur les joues du petit pêcheur. Et lorsqu´il rejoindra sa barque, il se demandera alors s´il a finalement bien fait.

Les larmes sont comme l´amour, elles empêchent de voir correctement, les pires sont les larmes d´amour qui aveuglent. Et depuis qu´il aime la danseuse, le petit pêcheur ne le sait que trop bien… Car la danse dérange beaucoup de monde. Mais l´amour doit souvent surmonter beaucoup d´obstacles…

-Danseuse, que suis-je?
-Mon éternel amour, tu es le soleil de mes jours.
-Trouves-tu que je sois un objecteur de conscience?
-Tu travailles l´évolution des gens, les failles des moutons béantes.
-Suis-je lumière?
-Mon doux petit pêcheur, tu es tout en chaleur, réchauffant le cœur des mendiants dans le malheur, tu illumines ma vie et celles d´autres, tu es l´hymne à l´envie de suivre l´apôtre
-Crois-tu qu´il serait possible que je réalise la communauté de la lumière?
-Réalise ce qui te semble bon, ton âme est un don, je sais que beaucoup te suivront, vois ou tes pas te mèneront…
-Merci ma danseuse.

Et ils s´enlacèrent durant un temps infini. Le petit pêcheur lui murmura je t´aime à l´oreille, et remonta dans sa barque.

Le cœur du petit pêcheur était remué, et sa barque avait du mal à tenir les vagues. C´est alors qu´il chavira, de corps comme d´esprit. Encore trempé de cette plongée, l´esprit du petit pêcheur l´était tout autant.

C´est en ces moments particuliers qu´il peut faire du mal involontairement, blesser parce qu´il l´est lui-même... Il en vient alors à s´écarter des gens qu´il aime, sa carapace ressortant tellement fort qu´il transperce le coeur de tous ceux tentant de l´approcher pour l´enlacer.

C´est en ces moments particuliers qu´il s´aperçoit à quel point haine ressemble à aime...

Pourtant, il sait le mal qu´il fait au moment où il le fait, il n´a pas l´alibi de l´innocence, mais sa carapace lui colle à la peau...

S´étant disputé avec la danseuse, le petit pêcheur tentait de s´ouvrir à elle, essayant de capter son attention, distraite par l´eau qui prenait des formes insensées...

-Je m´excuse pour tout le mal que j´ai pu te faire ma danseuse...
-Pourquoi es-tu tant à cran mon roi?
-Je suis fatigué... Las de ce fardeau dont je n´arrive à me dépêtrer...
-Toi qui m´aime, tu me montres la haine, tu m´as fait pleurer à force de m´aimer...
-C´est quand je t´ai vu pleurer que j´ai compris que la pluie n´est rien d´autre que les larmes des anges...
-Tu règnes dans mon coeur, daigne me laisser faire ton bonheur.

Le bonheur... Est-ce que le petit pêcheur y était seulement préparé? Avait-on besoin de préparation pour y consentir? Pourquoi devait-il y avoir consentement et non un bonheur imposé?

Les questions se bousculaient dans l´esprit du petit pêcheur... Il s´endormi alors, car la nuit porte conseil, surtout dans les bras de l´être aimé... Et l´amour est comme le temps, il est le meilleur des pansements.

Le petit pêcheur se laissait porter par une note d´amertume. Celle-ci sillonnait les fonds marins, porteuse d´un message de désespoir, ce même sentiment qui occupait l´esprit du petit pêcheur depuis quelques temps.

Qu´il fasse beau, qu´il pleuve, ou quelque soit le temps qu´il faisait, seul le noir de l´abîme qu´il parcourait lui était visible et accessible. Déformées par l´eau, les mains tendues ressemblaient à d´horribles pattes griffues et le faisaient fuir... Quelle ironie...

C´est alors que le petit pêcheur croisa la route d´un mouton rose et d´une brebis bleue. La brebis réconfortait le mouton qui pleurait, chaque larme coulée était une onde de choc dans ces eaux profondes et froides. Le petit pêcheur était désolé d´assister à un tel spectacle, il se sentait soudainement tellement inutile... La brebis l´observa et lui rendit son regard triste.

-Pourquoi pleure-t-il?
-Parce que nous ne répondons pas aux critères de normalité...

Le petit pêcheur s´assit alors à côté du mouton et de la brebis. Le petit pêcheur observa alors les moutons aller et venir... Parfois éloignés, parfois proches, ils étaient tous lointains par le regard et le coeur... Pas un ne s´arrêtait pour partager la souffrance du mouton rose et de la brebis bleue... Même pas un n´osait affronter leur regard, ne concédant qu´à de furtifs regards dévisageant. Un vent glacial flottait entre tous ces moutons... Tous animés par la même quête du bonheur, tous animés par la même peur du partage...

Etait-ce compatible?

Le mouton rose leva alors les yeux.

-Je rêve d´un monde dans lequel les gens ne sont pas prêts à juger sur des préjugés...
Je rêve d´un monde dans lequel la différence laisse indifférent.

Et il pleura encore plus fort... Accompagné par la brebis... Et par le petit pêcheur...

Un jour la tolérance sera plus forte que les préjugés.

Le petit pêcheur les réconforta, puis se leva. Il rejoignit la plage et fit un feu. Il invita alors tous ses amis. La danseuse, la pêcheuse, la pêcheuse du phare, le pêcheur qui voulait se suicider et quelques autres amis. C´est alors qu´il leur exposa une idée qu´il avait depuis quelques jours.

-Mes amis, écoutez-moi! Je crois que je commence à comprendre pourquoi je suis tel que je suis, et où je dois aller.
-Voila qui est heureux…
-Je vais créer la communauté de la lumière!

La pêcheuse se leva.

-Eh bien, depuis le temps que je te parle de t´allier à d´autres…
-Oui, mais certaines choses ne peuvent être comprises qu´après avoir passé certaines épreuves…
-Bien, je suis heureuse que tu l´aies compris… On ne change rien chez les gens, ce sont eux qui changent d´eux-mêmes… Nous ne pouvons que leur montrer le chemin, mais c´est à eux de marcher.
-Juste. Donc que ceux qui se sentent l´envie de changer ne fut-ce que leur vie, et peut-être aider d´autres personnes à changer la leur, je vous propose la réalisation d´un rêve! Créer la cité de la lumière!

Tous restèrent silencieux. Et la pêcheuse repris.

-Bien sûr, ce n´est qu´un rêve, mais un rêve partagé par beaucoup de monde, n´est-ce pas là une réalité?

Tous restèrent à nouveau silencieux. Le petit pêcheur fit le tour de ses amis du regard, et sentit une pointe de découragement dans son coeur… Lorsqu´il allait se rasseoir et déclarer que cela resterait du domaine de la folie, le pêcheur qui voulait se suicider se leva à son tour.

-J´en suis!

La danseuse se leva d´un tour gracieux.

-Je te suivrais partout où tu iras, parce que je t´aime, et que je sais nos vies liées.

Le petit pêcheur était étonné, la danseuse ne parlait plus en rimes, elle parlait avec son âme.

Et tous se levèrent. Le rêve était en route pour sa réalisation.

Discutant pendant toute la nuit de la réalisation de ce projet, la marée monta, et éteignit le feu… "Décidément, le feu est vraiment comme les moutons…" pensa le petit pêcheur.

Fatigués, les amis prirent congé, et le petit pêcheur retourna sur la lune.

Le lendemain, il faisait particulièrement brumeux… Le petit pêcheur était au beau milieu de l´océan, dans sa barque… Il entreprit de ramer. Alors qu´il ramait, le petit pêcheur assista à un spectacle pour le moins étrange.

En effet, un mouton marchait au fond de l´eau, aidé par des semelles en fonte, très lourdes et trimballant tout un tas de choses accrochées derrière-lui...

Se penchant, le petit pêcheur fait signe au mouton.

-Bonjour! Avez-vous besoin d´aide?
-Pardon? Pourquoi aurais-je besoin d´aide?
-Il me semblait que vous étiez en difficulté, mais heureusement je me suis trompé.
-Allons, oui, la vie est difficile, mais rien de grave, rassurez-vous...
-Quelles sont toutes ces choses que vous traînez derrière vous?
-Oh... Ca... Heu... Des choses de mon passé, cela traîne derrière moi, mais rien de grave, rassurez-vous... Cela ne fait que m´entraver de temps en temps dans mes mouvements...
-Et vous ralentir dans votre avancée dans la vie aussi, non?
-Oh non, on s´y habitue vous savez... Bon, c´est vrai que parfois j´aimerais pouvoir m´en débarrasser, mais je ne veux pas oublier...
-Pourquoi oublier? Vous pouvez vivre avec, sans pour autant les traîner comme un poids...
-Oui, ce serait une solution...

Alors le petit pêcheur descendit de sa barque et rejoignit le mouton au fond de l´océan.
Il s´aperçut alors que toutes ces choses étaient accrochées par une chaîne très solide, et que cette chaîne était elle-même accrochée aux bottes en fonte du mouton.
Le petit pêcheur commença a enlever les bottes, mais quand le mouton s´en aperçu, il entra dans une grande colère!

-Mais qui vous autorise??
-Oh excusez-moi, j´ai cru bien faire... J´ai vu que toutes ces choses qui vous entravent sont accrochées à ces bottes...
-Laissez ces bottes là où elles sont!

Le petit pêcheur remonta alors à sa barque, et remarqua ceci:

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:12:18

Avant de vouloir guérir quelqu´un, il faut s´assurer que cette personne désire réellement qu´on lui enlève son mal.

Pagayant, il retourna à la côte… Il s´aperçut qu´il était proche de la falaise là ou un mouton voulait se suicider avant de devenir pêcheur… Alors que le petit pêcheur marchait le long de cette falaise, des moutons le regardaient en rigolant.
Le petit pêcheur continua sa route, mais l´un des moutons vint le trouver. Le petit pêcheur reconnut le mouton qui avait cassé sa barque.

-Salut démuni.
-Bonjour mouton.
-Que fais-tu dans la vie?
-Je fais mon possible... Et toi?
-Je gagne ma vie! J´ai un travail très gratifiant, beaucoup d´argent, une voiture...
-J´en suis content pour toi.
-Et toi, tu n´as rien de tout ça, tu n´es rien. Tu n´as même plus de barque!
-Ma barque est réparée… Mais pourquoi ne suis-je rien?
-Car je pense que l´on est ce que l´on possède, et toi, tu ne possèdes rien, donc tu n´es rien.

Le petit pêcheur trouvait que cette conversation venait à point nommé.

-Si on enlève ton travail et ta voiture, que te reste-t-il?
-Heu... Ben moi...
-Et toi, c´est quoi?
-Heu... Ben moi c´est moi...
-D´accord. Dans ce cas, je te souhaite de ne jamais perdre ta voiture et ton travail. Moi je possède l´émancipation de la possession, je serais toujours quelque chose, car je possède l´esprit, la lumière.
-Ouais, si tu le dis, entre-temps, toi tu rentres à pieds...
-Oui, bonne journée.

Le mouton alla rejoindre ses amis, mais il ne rigolait plus.

Le petit pêcheur trouvait sa voie. Son chemin se traçait petit à petit, et, parfois, le petit pêcheur avait l´agréable surprise de voir quelqu´un se frayer un chemin qui lui est propre...

Chaque personne évolue à son rythme, et pas deux chemins ne se ressemblent, même s´ils ont l´air identiques.
Certains chemins sont très bien balayés, car ils sont plus courts que d´autres, et on peut se le permettre, tandis que d´autres, très longs sont moins entretenus. Certaines personnes se concentrent plus sur des aspects de leur chemin qui les intéressent plus particulièrement, délaissant d´autres aspects. Par exemple certaines personnes ne veulent pas de cailloux, et les enlèvent systématiquement, mais en contre partie ne savent pas s´occuper des herbes en friche qui le bordent.

Et suivant le résultat voulu, les chemins sont alors très différents, mais aucun n´est meilleur que d´autres, car en chaque chemin il y a des leçons à apprendre, et comprendre.

Quel que soit le but à atteindre pour le petit pêcheur, il était maintenant lancé dans son chemin, refusant de jouer le rôle que d´autres ont décidés pour lui. Et il savait que l´une des missions qu´il s´était imposé était de faire comprendre à un maximum de personnes que la vraie liberté est d´écouter son cœur.

voila, pour avoir la suite, il faudra que mon livre soit édité =)

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:27:16

C´est la pire erreur que tu puisses faire. Un pavé pareil, peu de gens liront.

Fais effacer tout ça et ne laisse que le premier poste, le nouveaux font souvent ceci t´en fais pas. :ok:

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 18:59:54

c´est un forum de lecture non? si lire un livre fait peur, alors qu´ils ne lisent pas... et puis ce n´est pas parce que je poste le tout qu´il faut lire le tout d´une traite, il faut savoir s´auto gérer dans la vie...

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
08 juin 2006 à 19:02:33

Ah bah tu verras bien... ce n´est que le conseil d´un habitué pour t´aider et hop une rime.^^

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
08 juin 2006 à 19:06:18

Ouhlà...toi, t´es pas fait pour venir sur ce forum. On lit des fictions, rarement des livres. Là on voit un gros pavé et ça donne pas envie de lire, du tout. Quand on veut que les gens viennent nous lire, tu penses pas que le minimum c´est de faire soi-même un effort plutôt que de dire "ben j´vous lâche le morceau et vous vous démerdez".

De plus, la phrase "voila, pour avoir la suite, il faudra que mon livre soit édité =)" prouve que tu ne vas pas poster tout ton "livre" mais juste une partie, c´est donc de la pub et il ne fuat donc pas faire un topic pour ça. :ok:

Au revoir...

Unknowledge
Unknowledge
Niveau 7
08 juin 2006 à 19:11:25

Si le texte est bon on peut tout a fait lire ce pave... Certaines fictions de ec forum doivent bien atteindre les 250 pages standard :)
Mias la derniere phrase est p-e un poil pretentieuse, par contre...
Mais de ce que j´ai lu, ca tranche avec ce que j´ai vu en general sur le forum. On dirait un conte :)

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 19:24:07

je ne vois pas en quoi vouloir donner une touche de suspense donne dans le prétentieux... ^^ et ce n´est pas de la pub, je veux juste votre avis. il y a un monde de différence je pense...

en effet c´est un conte, une parabole sur notre univers... je l´ai voulu poetique... la relation qu´un homme pourrait avoir avec la société, avec les gens, la recherche de soi... =)

et puis si je lache tout d´un coup, c´est parce que je me connecte tres peu, la prochaine fois ce sera peut-etre dans un mois, la au moins c´est fait...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
08 juin 2006 à 19:31:10

Unknowledge==>Certes, mais on les lit petit à petit et on a été accroché par un premier post généralement pas trop long. Quand c´est largué comme ça genre le nonos qu´on lance au caniche (vous avez vu mes métaphoes hyper poétiques? :fier: :o)) ), ça rebute plus déjà.

Sinon, ce n´est pas du suspense, c´est de la pub puisque l´on sait que tu ne nous repostera pas la suite. (puisque tu attends d´être édité... :sarcastic : )

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
08 juin 2006 à 19:33:39

I Warned You !^ ^

I can understand if you not on the net really often but you´l see no one gonna read. Ask the Modo to erase your message and just let the first one.

We gonna comment and everybody gonna be happy.^^

Oh English, English...

:)

FFrules3
FFrules3
Niveau 10
08 juin 2006 à 19:36:17

Je suis content de voir que les années passent, mais que grosbill7b ne change pas, toujours égal à lui-même, caracolant dans les classements mondiaux des êtres les plus prétentieux qu´il m´ait été donné de rencontrer sur les forums de jv.com.

Aaah qu´elle est loin l´époque du forum des +35 ans mais quand même, quelle n´a pas été ma surprise de te voir arriver ici.

Et tout t´est dû. Allez que je poste ma fic sur le topic d´un autre, allez que je prends les lecteurs pour ce qu´ils ne sont pas en leur faisant avaler du texte pour rien, puisque de toute évidence, tu ne mettras jamais la fin de ton oeuvre ici.

Azerty a raison, c´est un topic de pub, rien de plus et rien de moins.
Et pour le copier une nouvelle fois, au revoir.

grosbill7b
grosbill7b
Niveau 10
08 juin 2006 à 19:58:47

eh oui, que veux-tu, FFrules3, je fais mon maximum ^^
un jour j´arriverai à remonter dans ton estime... t´en fais pas =D

c´est tellement dérangeant que ça d´avoir tout d´un coup? c´est pour ça que j´ai détaché le premier paragraphe en fait, il est plus court que les autres, comme ça, vous pouvez vous limiter à lire celui-ci, et au cas ou ça vous plait, lire la suite...

si c´était de la pub, je pense que j´aurais oculté bien plus que la fin... j´aimerais juste des avis, c´est tout...

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