Aucun des ces jeune gens n’était militaire ni n’avait d’expérience du combat, mais ils étaient tous animés par le même désir de liberté…
Davy était occupé à lustrer la crosse en bois de son fusil à pompe quand il remarqua en contrebas, à travers un trou béant dans le mur, de nombreux conscrits dans la petite base soviétique qui s’agitaient et patrouillaient dans le secteur.
« Pff ! Ils se reposent jamais ou quoi ? » Murmura-t-il.
Il jeta son chiffon et inséra plusieurs cartouches dans son arme. Il visa en direction des russes en faisant mine de les abattre un par un. Il prit du plaisir en les imaginant s’écrouler au sol, tués par ses plombs purificateurs. Paul était déjà au travail et s’occupait de réparer la radio, comme tout les jours. Il démontait, soudait, remontait, collait et reconnectait sans interruption. Il réfléchissait assidûment et soufflait à chaque fois qu’il était à court de solution. Dans le fond du bâtiment, Léa fouilla dans un sac en plastique et déclara à ses amis :
« On a un problème : les vivres se font rares. Je pense que nous ne tiendrons pas un jour de plus. J’aurai dû éviter de me resservir, hier... »
Elle tira du sac une gourde, la déboucha et porta le goulot à ses lèvres. Elle fut surprise de découvrir que seulement deux gouttes tombèrent dans sa bouche…
« Plus d’eau non plus… fit-elle en retournant et en agitant la bouteille.
- On a qu’à partir de cette maudite ville ! s’exclama Davy. J’en ai marre de rester cloîtré ici sans rien faire, moi ! On peut rejoindre la base Alliée la plus proche à pied ! En quelques heures, nous pouvons y être…
- C’est ça… Sauf que pour sortir de la ville, il va falloir se frotter aux soviets, mon gars, et ils sont partout ! commenta Antonio.
- Et ben on les explose s’ils nous cherchent ! Avec ça, j’ai de quoi décapiter un éléphant d’un seul coup ! » hurla Davy en faisant de grands gestes avec son fusil chargé.
Vanessa s’approcha de l’africain :
« Calme-toi, ce n’est pas la peine de t’énerver. Si tu hurles encore, tu risques de nous faire repérer alors essais de garder ton sang-froid. D’un autre côté tu as raison, on ne peut pas attendre toute notre vie ici. Il va bientôt falloir tenter une sortie si nous ne voulons pas mourir de faim... »
Le regard grave de la jeune fille suffit pour calmer Davy :
« Ok, Ok… » Grogna-t-il en s’appuyant contre un bloc de béton pour retrouver sa sérénité.
Michael était isolé du groupe et observait la base ennemi en s’amusant à la redessiner sur une feuille de papier maladroitement déchirée. Vanessa s’approcha de lui et l’enserra dans ses bras :
« C’est la base d’en face ? demanda-t-elle.
- Exact. Qu’est-ce que tu en penses ?
- Elle est très bien dessinée, complimenta la jeune fille. Tu as du talent.
- Je te remercie. »
Il mâcha le bout de son crayon en admirant son œuvre sous toutes ses coutures. Il fini par déclarer en fronçant les sourcils :
« Je viens de me rendre compte que nos ennemis ne sont pas très nombreux. Leurs forces se limitent à une centaine de soldats et seulement quelques chars. Si les Alliées tentent une attaque, ils peuvent raser cette base en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je suis sûr que même nous, nous pouvons y arriver sans trop de problème. Par contre, il vaut mieux que les Alliés évitent un assaut par les airs : tu vois les six canons anti-aériens autour de cette avant-poste ? dit-il en les désignant tour à tour.
- Oui, je les vois, répondit-elle en souriant et en présageant la suite.
- Aucun avion ne pourra s’approcher cette base sans se recevoir une volée de projectile. Je doute même qu’un seul appareil ne puisse s’avancer sans être détruit… »
Il se retourna vers elle et l’embrassa pendant quelques longues secondes…
« Je te promets qu’à la fin de la guerre, je te demande en mariage et je t’emmène vivre en bord de mer. On vivra heureux tout les deux, ensemble. »
Il la regarda longuement dans le bleu pâle de ses yeux en caressant sa longue chevelure blonde puis il l’embrassa de nouveau.
De l’autre côté de l’édifice, Paul se débattait toujours avec sa radio :
« Tu as besoin d’un coup de main ? Questionna Antonio.
- C’est pas de refus, répondit l’intellectuel sans quitter des yeux son bricolage. A deux, ça ira certainement plus vite. J’ai dû démonter plusieurs parties de l’ordinateur pour remplacer les quelques pièces manquantes du poste de radio. Tiens-moi ce fusible pendant que je le soude… »