Pilosité Religieuse
Ô Poil tu m´as abandonné ou est-ce moi qui t´ai renié...
Je me levai de bon matin, le soleil plombait sur tout endroit par-delà ma fenêtre. Midi quarante-neuf, une autre belle journée commençait. Je me gratouillai furieusement le menton, réjoui de sentir mes poils hirsutes, quoi de mieux pour commencer une magnifique journée qu´un bon gratouillat bien brusque. Cela vous fait sentir homme, une impression seulement, certes, mais un jouissif moment dans la vie de tout mâle digne de ce nom.
Je portai mon regard au châssis, dehors la nature m´avait offerte la chaleur, tel serait son présent pour aujourd´hui. Je ne suis pas du genre à m´en plaindre d´ailleurs, loin de là, et pour la célébrer, j´allai faire une escapade matinale sur mon balcon affublé des mes plus beaux sous-vêtements. Peu importe cela ne durerait que quelques secondes, juste le temps de voir ma voisine dans sa rocaille me crier que je suis indécent. Ah ce que j´adore les chrétiens fondamentalistes dans leur pudeur et il n´y a pas plus amusant qu´eux pour passer un bon Samedi. Il suffit d´un coup de téléphone à la secte Raëlienne du coin et de jovialement lâcher à la réceptionniste, que la conne d´à côté est intéressé par leur religion à laquelle vous faites... bien sûr, parti, enfin ce n´est pas important. Ensuite il ne reste plus qu´à s´installer et à regarder le spectacle et on peut varier, Juif, Musulman, Bouddhiste et etc... il y en a pour tous les goûts.
Quelle demeurée celle-là, je lui envoierai des scientologues la prochaine fois, je vais bien me marrer. Enfin revenons à ma sombre histoire, après quelques blasphèmes à l´égard de la détraquée je lui fit cadeau d´un envoûtant raclement de gorge et rentrai, la chaleur me tapait trop et mon problème de haute pression n´aidait pas, putain de fast-food. La température trop élevé semblait me faire un mauvais effet, les étourdissements me gagnaient et j´avais chaud comme un prêtre avec une effeuilleuse sur les genoux, sacré Francis, si son ordre l´apprenait... ! Je me rendis à la cuisine et ouvrit le frigo, Mmmh quelques bières et un bout de steak déjà cuit, je pris avec plaisir le délicieux breuvage et engloutis le contenu d´une des bouteilles en quelques secondes. Je me sentis à nouveau fort en moins de temps qu´il n´en faut pour dire Raël. Ah le bon vieux remède de Papa, il fonctionne toujours aussi bien, il a même réussi à se débarrasser de Maman avec une surdose de celui-ci. Rassasié et apparemment rétabli, je me tapotai joyeusement le ventre et décidai de m´offrir une séance télé.
Une fois confortablement installé dans mon fauteuil, je jetai un oeil tout autour m´assurant de tout avoir, chips, boisson gazeuse et deux bières sur le tabouret à côté, tout était parfait. La télé s´ouvrit dans cette sibilation propre à elle-même, ce qui m´apaisa sur le champ, ce doux petit bruit ah... !
Je zappai les différentes chaînes les unes après les autres, tranquille mais inconfortable, bizarrement une petite sensation me titillait, il faisait chaud, trop chaud. j´arrosai mes entrailles des bières restantes et me levai... direction le miroir. C´était pratique, après tout, ces trucs. Je regardai un long moment mes cheveux en bataille et ma barbe généreuse, juste à ma droite se trouvait une paire de ciseau et même, wouah ! un rasoir. Je me fis les gros yeux et réfléchis et... inconsciemment ma main se porta doucement jusqu´aux ciseaux.
Des petits cliquetis se faisaient entendre et dans une frénésie, des mèches tombèrent ici et là. Joyeusement le petit outil de métal parcourait mes poils, les longeant, s´enfonçant et ressurgissant à des endroits incongrus. Je ne voyais plus rien, ne sentait plus rien, je coupais c´est tout. Peu de temps après le rasoir se mit à la tâche, épousant les courbes de mon visage dans une danse langoureuse.
Je repris conscience dix minutes plus tard, le crâne rasé et la barbe manquante. Quelle Horreur ! Ma magnifique chevelure de lion n´était plus, de même pour ma superbe ode aux marins que je laissais largement pousser sur mon visage aux traits divins. Pauvre de moi, je ne n´étais plus rien. Je mérite de mourir, à quoi sert de vivre si je n´ai plus ces magnifiques parures.
Il ne restait plus qu´une solution !
- Oui bonjour, centre d´information sur le mouvement Raëlien, nous répondons à toutes vos questions.
- Oui eh bien bonjour à vous, je suis intéressé par votre religion...