C´est une espèce de poême en prose et c´est l´un de mes premiers essais en termes d´écriture, alors SVP, soyez indulgent
Des bruits sourds bombardent sous mon crâne et me font souffrir et pire, me font sombrer tel un sous-marin explosé par des bombes. Boum, boum, boum : un écho acharné qui m´attaque sans relâche auquel s´ajoute un souffle pénible qui me gonfle. Je n´ai de répit d´écouter ces sons inexistants mais qui résonnent à mes tympans. Le sommeil n´est plus un repos.
Un contact sur ma peau ou une violente attaque : c´est aussi le toucher qui est abusé. Je peux sentir qu´on me tape et me frappe, alors que rien ne se passe en dehors de ma tête. Plus dérangeant, ce sont toutes ces braises qui me flanquent et provoquent ma destruction invisible : lente et permanente agonie.
Odeur et goût provoquent mes pires dégoûts de la vie : le délicieux fumet de la viande en train de cuire me parvient comme la puanteur d´une charogne putréfiée rongée par les attaques des insectes et des larves se nourrissant de sa chair abandonnée à sa déliquescence. Je connais ces détails, car je dois en manger, une fois servi dans mon assiette.
Mes yeux sont là pour compléter à la perfection cette abomination qui me touche en servant de point d´union et de catalyseur à tout le reste : je vois des monstres grondants d´horribles sons, je vois ces flammes le long de mon corps, et je vois ce morceau de viande verdâtre rongé par les vers à l´extrémité de ma fourchette.
Ignoble injustice de la nature qui a voulu que ce soit sur moi que tombe la folie la plus atroce, à moins que ce ne soit un complot organisé contre moi : quelqu´un chercherait-il à abuser mes sens, ou me drogue-t-on ? Je le sens, je le sais, le monde entier est contre moi, sinon on viendrait me sauver. Mais, hélas, je reste seul dans ma détresse : folie.