Petite nouvelle trés courte, fait aprés avoir finy l´odyssée de l´espace et avec l´ecriture automatique. Soyez donc indulgent
Identité abstraite
La plaine semblait immense. Nulle trace de relief ne trahissait ce désert vaporeux de sable glissant et de métal brûlant. Tout semblait avoir des proportions titanesques.
IL se trouvait en haut d’une tour qui semblait percer les cieux. Celle-ci était faite d’un matériau noir et brillant qui absorbait la lumière. Elle possédait de nombreux appendices de toutes formes, tels des lames montant vers le sommet. Elle avait plusieurs dizaine de kilomètres de diamètre a sa base, et il aurait fallu plus d’une semaine pour en faire le tour. Lui en revanche se trouvait dans un petit cercle qui ne faisait guère plus de deux mètres de rayon.
Si IL arrivait a voir le sol, c’était bien grâce a l’absence totale de brume ou même d’atmosphère qui aurait pu lui masquer la surface de la planète. Celle-ci semblait être constitué de minuscule plaque de fer et de sable qui s’était aligné. IL regarda de plus prés. Chaque morceaux de cette mosaïque de fissure faisait deux ou trois fois la base de la Tour.
Le ciel était recouvert d’une teinte rosâtre ; Un Soleil brun luisait silencieusement. Il semblait au zénith, mais le temps lui-même paraissait s’être arrêter. On aurait dit un monde en fin de vie.
On ? On est pourtant l’égal de Nous. Et Nous n’existe pas, du moins plus. Pas plus que Je. IL a renoncé a la première personne au moment même ou il était venu ici. Le temps, l’Identité, la Vie, l’Existence en temps que telle avaient tout bonnement disparu. Il ne restait plus que Lui, Cette Tour, ce Soleil, ce Ciel et cette plaine qui ne semblait pas avoir de fin.
Autour de lui, se trouvait une centaine de pic très fin et très haut, parcourant la distance restante entre LUI et l’astre solaire. IL se cala entre eux, et se mit en position du lotus, puis fixa l’astre solaire. IL avait tout le temps. La Mort n’avait sa raison d’exister que quand la vie était présente. Ces Deux adversaires Eternels s’étaient embrasés l’un dans l’autre. Sans Vie il n’y a plus de mort, Sans Mort il n’y a plus de vie. IL avait perdu sa mortalité et sa vitalité au moment ou il avait entrepris ce voyage. Pourquoi l’avait-il entrepris ? Il ne se souvenait plus. Peu importait, d’ailleurs. Il avait l’éternité pour y réfléchir. Et quand bien même il aurait la réponse, celle-ci soulèverait d’autre question.
Perds ton identité. Oublie non seulement que tu est « je » mais aussi que tu est « tu ». Je ne suis plus que IL, tu n’est plus que IL, il n’est plus que IL. IL a perdu son nom. Et quant IL se sera oublié, il Pourrat renaître.
Le Temps Infini continuait a s’écouler. Son corps était mort, maintenant, de fin, de soif, ou de n’importe quoi d’autres. Peu importe pourquoi. Mais IL avait gardé les yeux ouverts, dans cet ultime effort physique qu’est le dernier soupir. Ainsi IL voyait encore le Soleil. Où enfin il semblait le voir. Son corps avait pourri, puis s’était réduit a l’état d’os, puis a l’état de fossile, puis, enfin, dans une bourrasque de vent, les derniers atomes fixés aux pics de la tour s’envolèrent. Mais son esprit était resté. IL était disséminé dans les particules éparpillées et tombé sur le sol sec et lumineux, a des centaines de kilomètres plus bas.
M’oublier, t’oublier, s’oublier. IL n’existe plus. Il ne reste plus que ce soleil immortel se reflétant sur cette Tour Noire…
Pourquoi ? Pourquoi ne venaient-ils pas le chercher ? Cela faisait des temps immémoriaux qu’IL n’existait plus… En temps que corps bien sur. Doit-il détruire aussi son esprit ?
Ceux avant LUI avaient-ils réussi ? Existaient-ils ? Non bien sur, vu que pour passer ce cap, il fallait complètement disparaître. Disparaître mais pas mourir. Mourir a disparu. Quand on… Quand ils meurent, les autres se souviennent d’eux. Ils continuent d’exister par leur souvenir graver dans la mémoire et les récits de chacun. Ils conservent leur corps, ils leur souhaitent un bon voyage a leur esprit. IL, lui, disparaît. Personne ne se souvient de LUI ; Même LUI ne s’en souvient même plus. Les plus infimes atomes de son corps ont été dispersé, son esprit doit disparaître… Pourquoi ?
Non, Pourquoi est une question inutile. C’est Comment qui est important. Oui, comment le détruire, cet esprit qui ne doit plus exister, qui est devenu un obstacle ? Comment détruire le soupçon d’identité et d’ego qui sommeille en lui ?
Il reste encore une solution. IL va essayer. De toute façon, IL n’a rien a perdre et a tout a gagner, IL a tout son temps…
…
Mémoire ralentie. Stop. Je n’existe plus ? Non bien sur, il ne reste plus rien de moi…
…
IL meurt. Le visage de sa fille en pleur. Retour. Sa vie, revécue lentement, aussi lente que l’éternité…
Vie, Mort, Renouveau. Epoque de Folie. Dieu. Guerre. Sang. Larmes. Rire. IL a soixante-dix ans. IL a Soixante ans. Il a Cinquante ans. IL en a quarante, puis, trente, puis vingt, puis dix. Maman… Sa Maman… Avant la naissance. Bien avant. Particules de lumières. Remonte jusqu´à la naissance de l’univers. Particule de lumière… Et avant ça il y avait…
Le Soleil flamboyant se radoucie soudain. De rouge, il passe a un bleu pale. IL se réveille. IL a passé le cap… IL a gagné cette épreuve…
Il en reste encore d’autres.
Il les attend, tu les attends, je les attends. Ainsi c’était ça. Il ne fallait pas me détruire, mais m’oublier pour me redécouvrir.
J’ai gagné l’épreuve de l’identité.