J adore ! C est trop fort. Je suis encore au chapitre 13 mais je trouve ta fic completement dement !! !Continue comme ca !
vous deux, mes seuls fans sur ce forum...
Voici la suite, bonne lecture^^:
21
Un anniversaire
depuis longtemps oublié (suite)
Ils se couchèrent immédiatement, et Harry dut encore tourner la tête afin d’éviter de voir Ron et Hermione s’embrasser pour se souhaiter une bonne nuit. Quelle ironie du sort… Harry et Ginny qui se trouvaient dans une situation plutôt critique tandis que Ron et Hermione filaient le parfait amour… C’était vraiment le monde à l’envers. Le pire, se dit Harry, c’était qu’il n’y pouvait rien, on les avait forcés à rompre. Maintenant il devait tout faire pour récupérer Ginny…
Le lendemain matin, il apparut que la jeune fille avait dû rentrer au cours de la réunion de l’Ordre car elle était sortie normalement, comme si de rien était, par la porte du dortoir des filles. Harry, qui n’avait pas voulu la brusquer, l’avait juste embrassée sur la joue en lui disant qu’il était heureux de son retour. Elle l’avait remercié et, l’air embarrassé, elle avait rejoint ses amis après s’être également fait accueillir par son frère, Hermione et Neville. Elle prit son petit déjeuner le plus loin possible d’eux, mais Harry savait pertinemment qu’elle ne cherchait qu’à l’éviter lui. La tâche ne serait pas facile…
En cours de défense contre les forces du Mal, ils firent les révisions prévues sur les créatures maléfiques, et Abelforth leur remit leurs devoirs corrigés. Il avait donné des notes de BUSE et d’ASPIC. Harry vit avec ravissement qu’il avait eu deux E. Hermione, qui ne prenait pas vraiment soin de cacher ses copies, avait obtenu deux O. Sur le chemin de la cour de récréation, Neville confia qu’il avait décroché deux A, quant à Ron, il marmonna qu’il avait eu un A pour les sortilèges multiples et un P pour les sorts sans baguette.
- Tu n’avais pas assez travaillé, c’est tout, dit Hermione. Neville a réussi malgré ses difficultés, lui, or toi, tu n’en as pas, quand tu travailles vraiment.
- Et bien ça m’apprendra à être jaloux pile au moment où j’ai deux rédactions à faire…
Et des devoirs, ils en avaient encore pour le prochain cours, mais comme ils avaient déjà vu le sujet l’année dernière, ce fut beaucoup moins difficile.
Harry décida de maintenir cette nouvelle habitude de s’avancer dans les devoirs : faute d’avoir une vie amoureuse, il avait au moins la satisfaction d’avoir des résultats qui n’étaient presque jamais plus mauvais qu’un « Effort Exceptionnel ». Ron aussi progressait, notamment parce que faire ses devoirs consistait à passer du temps avec sa petite amie. Harry avait entendu par mégarde cette dernière promettre qu’elle viendrait voir les essais et certains entraînements de Quidditch si elle le pouvait. Ginny lui manquait terriblement…
Il ne réussissait jamais à la voir bien longtemps, et Harry était absolument convaincu qu’elle l’évitait.
- Elle doit avoir peur d’entamer une relation avec toi, lui dit Hermione le vendredi matin, sur le chemin de son cours d’étude des anciennes Runes.
- Mais pourquoi ? s’étonna Harry. Qu’est-ce que je lui ai fait ?
- Rien, répondit Hermione. Mais tu dois la comprendre. Elle ne se souvient pas de toi, elle ne se souvient pas d’être sortie avec toi, mais on lui a dit que tu es son petit ami. Elle doit avoir peur de se sentir obligée d’être avec toi, alors que pour elle, tu n’es encore qu’un inconnu.
- Mais je ne veux pas du tout la brusquer ! protesta Harry. Je veux appliquer le conseil de Neville : refaire sa connaissance pour qu’elle tombe amoureuse de moi, ou pas…
- Je ne vois pas pourquoi elle ne retomberait pas amoureuse de toi, répondit Hermione avec un sourire. Mais même si tu as de bonnes intentions, tu l’as quand même brusquée, ajouta-t-elle sur un ton accusateur.
- Comment ça ? Je ne vois pas…
- Tu l’as embrassée, lundi, tu te souviens ?
- Oui, mais sur la joue, répliqua Harry, et parce qu’elle rentrait de Ste Mangouste !
- Pour elle, ça a dû être beaucoup plus, dit Hermione. Elle croit sûrement que tu t’attends à plus de sa part. Bon, je vais devoir te laisser.
Ils venaient d’arriver devant la salle d’étude des Runes.
- Je te conseille de la traiter de nouveau comme une amie, dit-elle tandis que d’autres élèves rentraient en cours. Sois naturel avec elle, n’essaye pas de la draguer pour accélérer les choses. Elle va elle-même revenir vers toi au bout d’un moment, tu verras.
Et elle rentra dans la classe juste à temps pour ne pas être en retard.
Dépité, Harry s’en retourna vers la tour de Gryffondor et son cœur faillit s’arrêter quand il tomba nez à nez avec Ron. Il poussa un petit cri brusque.
- Salut, dit timidement Ron.
- Bon sang, j’ai failli avoir une crise cardiaque ! s’exclama Harry, la main plaquée sur la poitrine.
Il se remit de son émotion et observa longuement son meilleur ami.
- Et qu’est-ce que tu fais là, d’abord ? interrogea Harry sur un ton soupçonneux. Tu nous espionnes ou quoi ?
- Non, je… enfin, d’une certaine manière, on peut dire que j’espionnais Hermione. Mais je ne suis pas jaloux du tout, rajouta-t-il précipitamment en voyant le regard noir de Harry. Non, j’espérais juste que vous auriez fini avant qu’elle n’aille à son cours…
- Tu n’en as pas un peu marre de l’embrasser à chaque fois que vous vous quittez ou que vous vous retrouvez ? demanda Harry avec un certain agacement.
- Et bien quoi ? s’indigna Ron. J’ai bien le droit d’aimer embrasser ma petite amie, non ? Et puis ça n’a rien à voir avec Lavande, heureusement. On n’essaye pas de s’enfoncer la langue le plus profondément possible dans la gorge…
Harry éclata de rire et ils repartirent en direction de la salle commune.
- Tu sais, j’aimerais vraiment qu’elle se souvienne de toi, dit Ron.
- Et moi donc…
- Oui, mais aussi, je ne voudrais pas qu’un autre en profite… Tu es de loin le moins bête de tous les garçons avec lesquels elle est sortie ou les autres avec lesquels elle pourrait sortir.
- Le moins bête ? Merci pour le compliment, dit Harry avec un sourire ironique.
Il obtint un nouveau E en DCFM ainsi qu’un A en potions, la seule matière dans laquelle il avait encore de sérieuses difficultés pour avoir plus que la moyenne.
Le lendemain était un samedi. Plus précisément, le deuxième samedi depuis la rentrée, c’est-à-dire le jour de la sélection du nouveau poursuiveur. Toute l’équipe y assista, Ginny y compris.
Tout d’abord, se rappelant l’année précédente, Harry vérifia que tous ceux qui se présentaient étaient indiqués sur la liste de candidats que lui avait confiée Abel, en tant que nouveau directeur des Gryffondor. Trois Serdaigle, cinq Poufsouffle, et même deux Serpentard furent ainsi découverts. Harry eut besoin de l’aide des autres joueurs pour chasser ces dix intrus, surtout les deux Serpentard qui leur donnèrent du fil à retordre en sortant leurs baguettes. Mais deux sortilèges d’entrave jetés par Harry et Ginny les décidèrent à suivre les autres exclus. Après avoir remercié la jeune fille avec un léger sourire, les véritables sélections débutèrent.
Le capitaine eut le déplaisir de retomber sur Romilda Vane et sa bande de filles stupides et superficielles de cinquième année. Elles furent bien entendu toutes refusées après des essais lamentables dans lesquels elles ne mirent aucune bonne volonté de joueuses de Quidditch (en revanche, elles mirent toutes tous les moyens en œuvre pour se faire remarquer, en exécutant des figures dont la fonction réelle était de mettre en valeur leur chevelures ou leur sourire insupportable ; Romilda Vane parvint même à forcer Harry à la rattraper sur son balai après s’être laissé tomber exprès juste à côté de lui).
Quand les genres masculins et féminins eurent tous deux montré leurs plus minables représentants, arriva la partie intéressante des essais. D’autres filles et d’autres garçons, tous de Gryffondor, et souhaitant réellement faire partie de l’équipe, montrèrent leurs capacités. Certains furent affligeants, d’autres parvinrent à prouver qu’ils savaient jouer ; il y avait même un couple de sixième année formant un duo formidable mais qui, une fois séparés, n’étaient pas fameux. Harry dut choisir entre eux et Dean Thomas.
A son grand regret, comme il ne pouvait renvoyer ni Demelza Robbins ni Ginny qui étaient toutes deux d’un niveau supérieur, il dut les départager en fonction de leurs capacités en solo et ce fut Dean qui l’emporta incontestablement. Ron ne se montra pas non plus très heureux de ce choix.
- Bon et bien, Dean, tu es notre nouveau poursuiveur, déclara Harry. Tu remplaces Katie alors essaye d’être à sa hauteur, d’accord ?
- Pas de problème, répondit le jeune homme avec un sourire.
Son regard se tourna ostensiblement vers Ginny qui lui rendit son sourire. Ni Harry ni Ron ne manquèrent de le remarquer.
La première séance d’entraînement fut fixée au mardi suivant, et tout le monde repartit de son côté à la sortie des vestiaires. Harry rentrait avec Ron et Hermione quand il vit Ginny parler à voix basse avec Dean près de l’escalier de pierre. Ce dernier finit par quitter la jeune rousse qui fut bruyamment interpellée.
- Hé, Ginny ! cria Ron.
Hermione lui lança un regard de reproche, mais il n’y prêta pas attention.
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’étonna-t-elle quand elle les eut rejoint.
- Pourquoi tu parlais avec lui ?
- Je parle avec qui je veux, il me semble, répliqua froidement Ginny.
- Mais…
- Oh, ça suffit, ça ne va pas recommencer ! s’exaspéra la jeune fille. Je vois Dean autant que j’en ai envie ! Et de toutes façons, il est hors de question que je sorte avec lui, si c’est ça qui t’inquiète. Je lui ai bien fait comprendre que je n’ai pas du tout oublié mais anciens petits amis ni pourquoi je les avais quittés et qu’il n’y avait pas beaucoup de chance pour que mes sentiments pour lui changent un jour. Et il a compris qu’il ne devait plus me draguer et que je voulais juste qu’on reste de bons amis.
- Et il a accepté ? demanda Harry.
- Il n’a pas eu le choix ! répondit Ginny en rosissant légèrement. Et puis… j’ai déjà un petit ami, non ?
Harry échangea un regard appuyé avec Hermione et décida de prendre les choses en main.
- Ginny je… je peux te parler une minute… seul à seul ? demanda-t-il timidement.
La jeune fille rougit encore plus et acquiesça. Ils laissèrent Ron et Hermione, les visages inquiets, repartir de leur côté, et s’enfermèrent dans une salle de classe. Ginny n’osait pas croiser le regard de Harry, elle semblait extrêmement mal à l’aise. Harry se décida donc à dire ce qu’il espérait n’être que temporaire…
- Ginny, écoute, je…
C’était beaucoup plus difficile qu’il ne l’aurait cru. Il avait l’impression de renoncer de nouveau à sa plus grande source de réconfort, comme au mois de juin dernier… Une fois encore, c’était pour le bien de Ginny, et il espérait toujours qu’au moment voulu, il pourrait abandonner cette résolution…
- Je… Je crois que…
- Tu ne veux plus être avec moi, c’est ça ? coupa Ginny d’une voix tremblant d’une certaine rage. Tu veux rompre parce que je ne suis plus qu’une amnésique pour toi, une handicapée ? Et bien sache que…
- Quoi !? s’étonna Harry. Je ne pense pas du tout ça de toi ! Je… Enfin je veux rompre, c’est vrai… admit-il piteusement.
Il y eut un silence. Désormais, la tête de Ginny était totalement rouge vive : ses cheveux, sa peau, et même le blanc de ses yeux.
- Mais ce n’est pas pour ce que tu crois, reprit Harry au bout d’un moment. Je veux juste… Je sais que tu ne m’aimes plus, ce serait injuste de te demander à toi de rester avec moi. Ne me dis pas le contraire, ajouta-t-il lorsque la jeune fille ouvrit la bouche. Tu m’as complètement oublié, tu ne me connais plus, tu ne peux pas m’aimer. Je ne t’en veux pas du tout, ce n’est pas de ta faute.
Harry vit de la reconnaissance dans le regard de Ginny. En fait, pensa-t-il tristement, il la libérait certainement d’un terrible poids. « Et ce poids c’est moi… ajouta-t-il. »
Il sortit lentement de la salle et, une fois la porte refermée, il se mit à courir le plus vite possible pour s’enfermer à nouveaux dans une nouvelle classe. Et là, il pleura. Jamais il n’avait pleuré comme cela. Certes, il avait versé une larme quand Dumbledore lui avait expliqué lors de sa première année ce qui l’avait sauvé de Voldemort ; il en avait versé plus d’une lorsque Mrs Weasley l’avait serré contre elle pour le réconforter après le retour du Seigneur des Ténèbres ; mais à chaque fois, il s’était vite essuyé les yeux pour éviter d’être vu. Cette fois, personne ne pouvait le voir. Il avait quitté la seule personne pour laquelle il éprouvait un sentiment indescriptible, et qui n’avait même rien à voir avec ce qu’il avait pu ressentir pour une certaine Cho Chang… et c’était une épreuve bien différente de toutes celles qu’il avait dû affronter jusque là.
![]()
C´est triste, mais c´est quand même très bon! Il faudra bien un jour qu´il ressorte ensemble, enfin j´espère!
![]()
dark
L´avenir nous le dira^^.
Bonne lecture^^:
21
Un anniversaire depuis longtemps oublié (suite)
La première semaine avait été silencieuse. La rumeur de l’attaque de Harry Potter et de sa petite amie devenue en partie amnésique avait fait grand bruit, mais elle s’était répandue sous forme de chuchotements. Certains élèves se montraient désolés, comme Ernie Macmillan, et le répétaient sans cesse à Harry et à Ginny quand ils les croisaient, ce qui devenait insupportable ; d’autres se contentaient d’en parler entre eux et de suivre du regard les deux concernés quand ils passaient devant eux ; et bien sûr, il y avait les Serpentard, qui trouvaient très amusant que la seule chose oubliée par Ginny soit Harry lui-même.
- Alors, enfin quelqu’un qui ne te connaît pas ! disait-on sur son passage. Ca te change, n’est-ce pas, Potter ? L’Elu !
Harry s’était efforcé de les ignorer du mieux qu’il pouvait, avec tout l’appui d’Hermione.
Etrangement, Nott et toute sa bande de septième année (ainsi que Crabbe et Goyle qui avaient triplé leur cinquième année), se montraient très discrets ; et heureusement, car s’ils lui avaient lancé des remarques en plein cours, il n’aurait certainement pas pu se retenir de se jeter sauvagement sur eux. Jamais il ne pourrait pardonner à Nott, jamais…
Les Serpentard exerçaient désormais une fascination maléfique sur les élèves de Poudlard. Bien qu’ils n’eurent plus fait parler d’eux après le premier week-end de l’année (enfin pas plus qu’avant), beaucoup craignaient d’être attaqués, surtout par la nouvelle bande de Nott. Le fait qu’un Serpentard soit devenu mangemort à seulement seize ans avait sûrement accentué la peur inspirée. Mais heureusement, les craintes d’Hermione se montrèrent injustifiées… pour le moment.
Par malheur, les choses évoluèrent la deuxième semaine (après l’attaque dans la Salle sur Demande, c’était donc la troisième semaine depuis la rentrée). Une nouvelle rumeur s’était répandue comme quoi Harry Potter avait rompu avec Ginny Weasley. Cette nouvelle avait choqué certaines filles, persuadées que Harry avait laissé tomber sa petite amie comme une vieille chaussette juste parce qu’elle était amnésique. Mais la cadette des Weasley, toujours aussi fidèle à son caractère de tigresse, s’était vite hâtée de faire comprendre que tous ceux qui continueraient à répandre ce bruit stupide auraient de graves ennuis. A présent, seule une chose comptait : deux des personnes les plus attirantes du collège, l’une belle et séduisante, l’autre célèbre mais qui n’en était pas moins les deux autres depuis quelques années, étaient de nouveau libres. Harry était souvent importuné par des filles dans le genre de Romilda Vane et il leur conseilla plus d’une fois de déguerpir sous peine de se voir jeté un sort.
- Moi j’aimerais bien que tu me jettes un sort, ricana une de ces stupides filles qui avaient participé aux sélections.
Malheureusement pour elle, Harry avait pris beaucoup de plaisir à la prendre au pied de la lettre.
- Bloclang, avait-il prononcé une fraction de seconde plus tard, baguette levée.
Et plus jamais cette jeune fille ne l’avait ne serait-ce que regardé. Même Hermione avait approuvé Harry.
- Elle a eu ce qu’elle méritait, cette petite pimbêche ! avait-elle fermement déclaré. Te harceler comme ça alors que tu…
Elle s’était interrompue, ne voulant pas remuer le couteau dans la plaie.
Harry vit que Ginny se faisait également très souvent draguer par de séduisants jeunes hommes de toutes maison (sauf de Serpentard). A chaque fois, elle les envoyait paître, parfois accompagnés d’une nuée de petites bêtes volantes et sauvages qu’elle faisait apparaître avec un puissant sortilège de Chauve-Furie, lorsqu’ils se montraient un peu trop insistants. Il en était à chaque fois plus amoureux d’elle. Mais Harry savait que le moment viendrait où Ginny serait à nouveau prête pour sortir avec un garçon… Cela le rendait malade de l’imaginer avec quelqu’un d’autre, mais il faudrait bien le supporter si cela arrivait…
Le train-train quotidien avait repris son cours à Poudlard.
Il y avait les cours : McGonagall était assez contente des progrès de Harry et Ron (le soutien d’Hermione avait fini par payer pour ce dernier) ; Harry commençait à faire quelque chose de convenable en potions, et Slughorn recentrait son attention sur lui en l’invitant à ses soirées auxquelles Harry refusait d’aller, pouvant prétexter une dépression, ce que le professeur replet croyait sans méfiance vu que toutes les rumeurs du château lui parvenaient ; Flitwick n’eut plus à lui donner de devoirs supplémentaires et il n’avait pas trop de problèmes en botanique, seul cours où Neville pouvait lui être d’un grand secours dans certaines situations.
Deux fois par semaine, tous les mardi soir et samedi matin, il y avait les entraînements de Quidditch. Ron se montrait toujours très froid avec Dean mais Harry essayait de ne pas paraître antipathique. Dean était une personne qu’il appréciait même s’il avait été son rival à une époque (en outre, la peur de la réaction de Ron avait fait que personne n’avait su que Harry était jaloux de Dean à l’époque où il sortait avec Ginny). Dean se montra également aussi sympathique qu’avant. Ils avaient fait la paix sans rien se dire. Harry s’efforça d’être normal avec Ginny, mais il se sentait toujours gêné en sa présence, et il voyait bien que c’était aussi le cas de la jeune rousse. Hormis ces ennuis d’ordre privé, il trouvait que le niveau de l’équipe de Gryffondor était très bon. Ron avait plus confiance en lui que les autres années, et il confia à son capitaine qu’il aurait juste l’estomac un peu contracté lors du match d’ouverture de la saison de Quidditch : Gryffondor contre Serpentard, qui aurait lieu le lendemain de Halloween. Harry avait certains projets pour ce jour-là…
- Je suis ton conseil : arrêter de me prendre pour un minable, déclara Ron, le mardi de la dernière semaine d’octobre, en sortant des vestiaires afin d’aller dîner. Ca marche plutôt bien. Après tout, je ne suis pas un minable, n’est-ce pas ?
- Je ne sortirais pas avec un minable, assura Hermione avec un sourire.
Elle avait assisté à cette séance d’entraînement concentrée sur le jeu du gardien, la dernière avant le match,
Harry réfléchit un moment. Il n’aurait que peu de temps ce soir-là. Il devrait sûrement renoncer au festin. Mais il fallait qu’il le fasse, cela faisait trop longtemps qu’il avait ignoré cette date si importante au profit de cette stupide fête. Il décida d’en parler à ses amis. Comme il ne pouvait pas prendre le risque d’être entendu dans la Grande Salle, il leur demanda de s’arrêter alors qu’ils arrivaient près des portes de chêne.
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’intrigua Hermione.
- Je… Il faut que je vous parle de quelque chose.
Il hésita un instant, puis…
- Je voudrais sortir du château, annonça-t-il. Je veux dire, en dehors de l’enceinte.
Comme il l’avait prévu, ses deux amis affichèrent un air surpris.
- Mais… pour quoi faire ? demanda Ron.
- Et bien je… Enfin, vendredi, le soir d’Halloween, ce sera l’anniversaire de la mort de mes parents, déclara Harry. Je voudrais fleurir leur tombe. Maintenant, Lupin n’est plus là pour le faire, ajouta-t-il sombrement.
Ron et Hermione semblaient maintenant embarrassés. La mort du professeur Lupin les affligeait encore, et ils se doutaient certainement que c’était pire pour Harry.
- Harry… commença Hermione sur un ton compatissant, je comprends mais… on ne peut pas sortir comme ça…
- Je suis majeur, répliqua Harry. Je suis en droit de me rendre où je veux.
- Peut-être, admit Hermione, mais en tant qu’élève de l’école, tu dois te plier à ses règles si tu ne veux pas…
- Etre renvoyé ? acheva Harry sur un ton dédaigneux. Quelle importance ? Comme ça, je pourrai reprendre les recherches…
Le visage d’Hermione se durcit.
- Si tu es renvoyé et que tu cherches les horcruxes (sa voix bassa d’intensité) sans nous, prévint-elle, tu auras notre renvoi et l’échec de nos études sur la conscience ! Parce que ni moi, ni Ron – et j’en suis certaine, Neville non plus – ne te laisserons entreprendre ça sans nous. Et de toutes façons, tu sais pertinemment que tu auras beaucoup de mal sans faire ta dernière année.
Il y avait trop de vérité dans les paroles d’Hermione. Harry se ressaisit. Il avait déjà un plan plus raisonnable en tête et il se sentait idiot de s’être emporté.
- Ne t’inquiète pas, dit-il, j’avais l’intention d’en parler à McGonagall.
- Tu es fou ? s’exclama Ron. En parler à McGonagall ? Elle ne te laissera jamais faire…
- Je chercherai dans le règlement de l’école pour savoir si tu as le droit de sortir ou pas, déclara Hermione. Si je ne trouve rien en notre faveur, on ira voir…
- Notre ? répéta Harry. Qui t’a dit que vous veniez avec moi ? J’y vais seul !
- Nous voulons être là pour toi, Harry ! protesta vivement Hermione.
- C’est vraiment trop demander de vouloir me recueillir en paix ? ironisa Harry.
- On ne te gênera pas ! assura Ron, tout aussi révolté que sa compagne.
- Et tu ne peux pas y aller seul en pleine nuit, objecta Hermione. Ce serait du suicide.
- Du suicide ? répéta Harry d’un air faussement incrédule (en fait, il voyait à peu près où la jeune femme voulait en venir). Qu’est-ce que tu racontes ?
- Réfléchis ! Voldemort a déjà deviné que tu reviendrais à Godric’s Hollow et il l’a dit à Malefoy ! Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas le deviner cette fois-ci ! Et il me semble qu’il est mieux placé que quiconque – à part toi, bien sûr – pour se rappeler cette date.
- Oui, c’est vrai, admit Harry, sauf que c’est précisément une des raisons pour laquelle je ne veux pas que vous veniez. Je ne veux pas mettre votre vie en danger juste pour pouvoir me recueillir tranquillement, ce serait vraiment égoïste de ma part.
- Ce n’est pas égoïste puisque qu’on te le demande, fit remarquer Ron.
- Oui, Harry, tu ne nous forces à rien, nous voulons y aller.
- De toutes façons, répliqua Harry, j’ai déjà prévu de me désillusionner ou de mettre la cape d’invisibilité, alors merci de votre proposition, mais je n’ai pas besoin de votre aide, je vous le garantis.
- A ton avis, il faudrait combien de temps à Voldemort pour s’apercevoir du subterfuge ? demanda Hermione, irritée. Non, c’est vrai, après tout, c’est seulement le plus grand mage noir qu’on ait jamais vu dans le monde des sorciers…
- Bon, d’accord, venez avec moi si vous voulez, finit par dire Harry, que la conversation agaçait, mais vous ne servirez pas à grand-chose car je n’ai pas l’intention de vous avoir derrière mon dos devant la tombe.
- On se mettra en cercle autour de toi, dit Hermione, l’air soulagé, mais on restera assez éloignés, ne t’en fais pas.
Mécontent d’avoir dû céder, Harry rentra en compagnie de Ron et Hermione qui n’oublièrent de prévenir Neville qui, acceptant immédiatement de les accompagner, ajouta ainsi un intrus supplémentaire.
Le lendemain, après ses devoirs qu’elle termina comme d’habitude avant les autres, Hermione se leva pour demander le règlement intérieur de Poudlard à Mrs Pince, laissant ainsi Ron livré à lui-même.
- Ne t’en fais pas, tu te débrouilleras très bien, tu as fait beaucoup de progrès maintenant, dit-elle avec un sourire quand son petit ami lui eut fait part de ses craintes.
Harry dut se retenir d’éclater de rire devant l’expression de chien battu de Ron, qui avait sûrement d’autres choses en tête que sa réussite scolaire.
En arrivant dans la Grande Salle bien après tout le monde, Hermione informa Harry que les septième année, étant majeurs, avaient le droit de sortir de l’école sans sanction à deux conditions : que ce ne soit pas pendant les cours (sauf exception) et que le directeur (en l’occurrence la directrice) en soit informé.
Donc, jeudi matin, à la fin du cours de Métamorphose, Harry prit son courage à deux mains et se posa en face du bureau de McGonagall. Celle-ci, au bout d’un moment, parut agacée.
- Au lieu de rester planté là, pourriez-vous me dire ce que vous avez à me dire, Potter (en cours, elle appelait de nouveau chaque membre du quatuor par leur nom de famille) ? demanda-t-elle d’un air pincé.
- Et bien… euh… bredouilla Harry. Je voudrais vous demander si je pouvais sortir du château le soir d’Halloween.
- Vous voulez dire en dehors de Poudlard ? interrogea la directrice.
Harry acquiesça nerveusement d’un signe de tête.
- Je n’ai pas le pouvoir de vous en empêcher, car vous êtes majeur, répondit McGonagall, mais j’aimerais bien savoir où vous comptez vous rendre.
- En fait, je voulais fleurir la tombe de mes parents. Demain soir, ce sera le seizième anniversaire de leur mort. Je sais que le professeur Lupin s’en chargeait avant… qu’il ne disparaisse, et je ne voudrais pas laisser leur tombe à l’abandon.
Le professeur McGonagall regarda un instant Harry avec des yeux embués puis elle finit par dire :
- Je comprends. Comme je viens de le dire, je n’ai pas le pouvoir de m’y opposer. Cependant, il me faut quand même vous dire qu’il serait très imprudent d’y aller en pleine nuit, et seul.
- Je ne serais pas seul, s’empressa de préciser Harry. Ron, Hermione et Neville ont tenu à m’accompagner, même si je n’étais pas tout à fait d’accord…
- Vous avez des amis très généreux, Harry, dit McGonagall avec un léger sourire. J’espère que vous prendrez les précautions nécessaires pour vous cacher ?
- Oui, Madame.
- Est-ce que vous voulez… que je demande à un autre membre de l’Ordre de vous accompagner ? proposa McGonagall.
- Non merci, répondit précipitamment Harry. Je… Enfin je voulais être seul.
Après un instant de silence, il se dirigea vers la porte. Quand il l’eut ouverte, une voix tremblante le fit se retourner.
- Vous savez, nous aimerions tous pouvoir rendre hommage à Lily et James, même si nous sommes très occupés en ce moment.
C’était bien entendu McGonagall. Elle avait les larmes aux yeux.
- Vos parents étaient des gens très bons et courageux, et ils se sont battus jusqu’au bout. Ils faisaient parties des membres de l’Ordre les plus utiles et compétents. Avec tout ce qui se passe en ce moment, on y pense beaucoup… Au fait, le professeur Dumbledore vous a-t-il déjà dit quels métiers exerçaient vos parents ?
- Non, professeur, admit Harry, se demandant pourquoi il n’avait jamais posé la question.
Personne ne lui en avait jamais parlé. Intérieurement, il avait une idée sur la question, mais après tout, rien ne l’avait jamais confirmée.
- Votre père était Auror, déclara McGonagall. Quant à votre mère, elle faisait partie de la brigade de police magique. Ils étaient tous deux de très bons éléments. J’espère que vous serez digne de votre père, Harry.
Harry acquiesça lentement.
- Au revoir, Madame.
Après avoir refermé la porte, il se hâta de se rendre au cours de Sortilèges où il arriva juste à temps pour indiquer aux trois autres que c’était OK.
jim ![]()
Aaah, j´adore!
C´est vraiment plaisant a lire!
Bonne lecture
:
22
Loup et
Morts au Rat
Vendredi soir, à la sortie du cours de défense contre les forces du Mal, Harry, Ron, Hermione et Neville se hâtèrent de monter dans leurs dortoirs respectifs afin de déposer leurs affaires et de se changer. Après s’être habillés de vêtements moldus, ils redescendirent dans le hall d’entrée et passèrent devant la porte de la Grande Salle sans rejoindre tous leurs camarades qui dégustaient le somptueux festin d’Halloween.
Rusard les attendait. Il semblait de mauvaise humeur, comme à son habitude.
- Vous en avez mis, du temps ! leur dit-il sèchement.
Sans d’autre mot, il leur passa ses détecteurs de magie noire le long du corps. Devant admettre qu’ils ne transportaient rien d’illégal, il rangea son Capteur de Dissimulation.
- Suivez-moi, ordonna-t-il.
Il poussa les deux battants de la double porte du Hall et ouvrit la marche. Ils dévalèrent lentement les marches de pierre avant de poursuivre leur route le long de l’allée qui menait au portail.
- Quelle stupidité de laisser les élèves sortir comme ça ! maugréa Rusard. Majeur, qu’ils disent ! Tu parles !
Ils préférèrent ne rien répondre. Argus Rusard n’avait jamais fait preuve d’une grande confiance à l’égard des élèves de Poudlard, qu’ils fussent majeurs ou pas.
Ils arrivèrent en face des deux piliers surmontés de sangliers ailés. Le concierge sortit une clé de métal rouillé d’une poche de son manteau gris et la tourna dans la serrure. Avec un léger cliquetis, le portail de Poudlard s’écarta et déboucha sur un autre chemin qui, ils le savaient, menait au siège de l’armée de Lord Voldemort. Rusard referma et verrouilla derrière eux.
Ils se retrouvèrent dans un silence total, mis à part la faible brise qui faisait onduler l’herbe. Ils aperçurent au loin la Marque des Ténèbres qui éclairait Pré-au-Lard nuit et jour, et qui se voyait très bien depuis le château de Poudlard, à une certaine hauteur.
- Bon, allons-y, finit par dire Harry.
Ils transplanèrent pour réapparaître dans un petit bois très pratique, assez près de l’auberge de Godric’s Hollow dont Harry se souvenait encore très bien. Il était difficile d’oublier un endroit où il avait lu les derniers mots de Dumbledore avant de se faire stupéfixer par des jumeaux Weasley contrôlés par Drago Malefoy.
Ils entrèrent et se présentèrent au comptoir pour commander un repas pour quatre. Ensuite, ils s’installèrent à une table, près d’une fenêtre, et attendirent patiemment leur dîner.
Pour Halloween, l’établissement était décoré de citrouilles évidées, posées au centre des tables, dans lesquelles des lampes électriques éclairaient tout le rez-de-chaussée. Tout ce soin n’en valait pas vraiment la peine, pensa Harry en voyant les rares clients qui se réchauffaient à l’intérieur de l’auberge.
L’attente ne fut donc pas très longue. Ils demandèrent l’adresse d’un fleuriste à l’aubergiste quand il vint les servir.
- Si vous voulez de belles fleurs, leur dit-il, je vous conseille d’aller chez Madame Marguerite. Elle cultive les plus belles fleurs de Godric’s Hollow, et de toutes façons, c’est la seule fleuriste de ce petit village. Mais je ne sais pas si elle a encore le cœur pour ça, ajouta-t-il tristement.
- Pourquoi ? s’étonna Hermione.
- Sa vieille mère, l’ancienne fleuriste, est morte hier, les informa l’aubergiste. Pour l’instant, les spécialistes de la ville n’arrivent pas à trouver ce qui l’a tuée. Au début, on pensait tous que c’était la vieillesse – elle était très âgée, la pauvre femme – mais ils ont des doutes. D’après eux, « Rien de ce qui peut tuer à cet âge n’a causé la mort. » Si vous voulez mon avis, la malédiction l’a frappée plus que les autres, voilà tout. Elle habitait juste en face des Ruines maudites, précisa-t-il. Jamais personne n’a réussi à y entrer, les gens avaient des comportements bizarres jusqu’à ce qu’ils s’écartent. Et elle, elle a vécu à côté pendant des années.
Il hocha sombrement la tête puis repartit vers son comptoir. Harry, Ron, Hermione et Neville, eux, échangèrent des regards éloquents. Tous savaient ce que cette histoire pouvait signifier.
- C’est cette femme qui nous a parlé de tes parents, non ? demanda Ron. Celle qui m’a fait une leçon sur les bonnes manières à avoir avec les filles avant de nous emmener au cimetière ? ajouta-t-il d’un air sinistre.
- Oui, répondit Harry, dépité, elle habitait juste en face de ce qui restait de chez mes parents, et elle nous avait parlé des Ruines maudites…
- Je ne pense pas que ça ait un rapport avec ça, dit tout de suite Hermione. Le terrain de tes parents devait être protégé par un sortilège Repousse-Moldu, ou quelque chose dans ce goût-là, parce ce que ça m’a l’air d’être un peu différent. Mais ça n’a pas pu la tuer.
- Je le sais bien ! répliqua Harry. La cause de la mort n’a pas été trouvée… poursuivit-il d’un air songeur en baissant d’un ton pour ne pas être entendu des tables alentours. Ca ne peut être qu’un crime de sorciers, déclara-t-il fermement. Elle a été tuée hier… Tu avais raison, Hermione, ajouta-t-il avec une certaine panique dans la voix. Voldemort sait – il se doute – que je suis ici. Et il ne tardera pas à savoir que vous êtes là aussi. Nous devons nous dépêcher.
Ils parurent tous effrayés, et sur les dernières paroles de Harry, ils se hâtèrent donc d’ingurgiter leur maigre souper. Quand ce fut fait, ils se levèrent et payèrent l’aubergiste. Hermione étant la seule à disposer d’argent moldu, elle paya pour tout le monde ; chacun rembourserait sa part en Gallion le lendemain.
- Dites-moi, questionna l’aubergiste, songeur, qu’est-ce qui peut bien amener quatre jeunes gens comme vous deux fois en deux mois ?
Harry ne s’y attendait pas, il pensait que tout le monde l’aurait oublié. Il réfléchit très vite et se décida à dire :
- Nous… nous voulons fleurir la tombe d’un ami, répondit-il, hésitant.
- Deux jours avant la date habituelle ?
- C’est l’anniversaire de leur mort, expliqua Harry, avec la sensation très nette de signer son propre arrêt de mort.
En sortant de l’auberge, il craignit d’en avoir trop dit. Il fit part de ses craintes aux trois autres.
- Tu as raison, approuva Hermione. Voldemort pourrait très bien le soumettre à l’Imperium ou à la légilimancie. Désillusionnons-nous.
Ils se cachèrent dans le même petit bois où ils avaient transplané, et une fois transformés en caméléons humains, ils prirent le chemin du cimetière en se tenant fermement chacun de la main gauche (l’autre serrant leurs baguettes magiques) pour ne pas se perdre. Neville tenait la veste d’Hermione qui tenait celle de Ron qui tenait celle de Harry. Ce dernier aurait préféré acheter de belles fleurs bien soignées aux senteurs de printemps chez la fleuriste du village, mais vu que cette dernière n’avait sûrement pas ouvert sa boutique et qu’ils devaient éviter de se faire repérer, il se contenterait de ses propres créations…
Il n’était que six heures et quart du soir mais il faisait déjà une nuit totale lorsqu’ils pénétrèrent pour la seconde fois de leur vie dans le cimetière de Godric’s Hollow. On pouvait à peine distinguer les nuages du reste du ciel, et c’était d’autant plus difficile que ce ciel d’automne en était presque entièrement recouvert.
Ils marchèrent vers le coin isolé et entouré d’herbe où reposaient les Potter. Harry fixa la tombe dès qu’il l’aperçut, pensant au courage qu’elle lui avait redonné la première fois qu’il l’avait vue. Du courage… C’est exactement ce dont il avait besoin, en ce moment. Malheureusement, la personne qui lui en donnait le plus ne l’aimait plus comme avant…
Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres quand il eut une étrange vision. Il s’arrêta et sentit Ron, Hermione et Neville se cogner derrière eux.
- Qu’est-ce qu’il… ouille ! murmura la voix de Ron, mais Harry lui avait marché sur le pied pour le faire taire.
Les deux autres ne dirent rien et se contentèrent de s’immobiliser en silence. Harry, lui, était certain d’avoir vu quelque chose bouger en face de la tombe de ses parents. Il observa attentivement un moment et il eut de nouveau cette étrange impression de voir le vide remuer… Mais c’était totalement impossible. Impossible à moins que…
Il leva sa baguette, la pointa vers l’endroit qui avait bougé, se concentra et pensa « Contrasteo ». Le contre sort du sortilège de Désillusion fonctionna, mais il n’était pas le seul à l’avoir jeté.
Au moment où deux silhouettes se dessinaient à quelques mètres d’eux, Harry vit son bras et sa baguette brandis reprendre leurs couleurs habituelles. Il jeta un bref coup d’œil derrière lui et vit que ses trois compagnons étaient redevenus visibles eux aussi. Il se retourna vers les deux inconnus. Les six réillusionnés se dévisagèrent silencieusement, baguettes brandies. Tous sauf un. Un des deux inconnus, un homme, pour ce que Harry pouvait en juger, qui semblait assez maigre. A sa droite, il y avait l’autre, plus petit et beaucoup moins maigre. Mais même dans la pénombre, cet visage évoquant si incroyablement la tête d’un rat et cette main droite étincelante dans la nuit noire, levant un bâton de bois magique, ne laissaient planer aucun doute : Queudver.
Tout d’un coup, Peter Pettigrow s’exclama :
- Attaquez-les !
Aussitôt, une dizaine d’autres personnes surgirent à ses côtés et se jetèrent sur Harry, Ron, Hermione et Neville. Par réflexe, ces derniers allumèrent leurs baguettes magiques et ils se rendirent vite compte que ce n’étaient pas des vivants qui leur faisaient face. Dix corps pâles comme la mort, certains en partie décomposés avançaient comme des sauvages en soif de mort : des Inferi.
- Incendio ! hurla Harry.
Un Inferius s’enflamma aussitôt et s’agita dans tous les sens, mais il en restait encore beaucoup. Les trois autres suivirent son exemple, mais il apparut au bout de deux secondes à peine que les Inferi ne brûlaient qu’un instant avant que le feu jeté par Harry et les autres ne s’éteigne. Il semblait qu’un sort les protégeait.
Quant les cadavres ensorcelés reprirent leur course vers eux, Harry regretta amèrement de ne pas connaître le sortilège Lance-flammes de Dumbledore.
- COUREZ ! s’époumona-t-il.
Non! Pas Lupin aussi! J´avais espoir qu´il aye survécu a Pré-au-lard, mais la, il n´y a plus aucune espoir.
Très bonne suite pareil, quoi que l´attack des Mangemort était prévissible, mais pas celle de Remus Lupin. J´ai vraiment hate a la suite!
gooo goo la suite c tripant!!je lis sa full vite pis c trop sick..
J´ai enfin fini cette suite, bonne lecture^^ :
23 (début du chapitre)
Quidditch (titre incertain mais je pense garder celui-là)
Ron, Hermione et Neville avaient été transportés d’urgence à Ste Mangouste, à l’aide d’un portoloin créé par Abel. Vu les circonstances, le ministère, malgré les désaccords entre Harry et Scrimgeour, n’avait pas tenu rigueur de cet acte illégal au professeur de défense contre les forces du Mal de Poudlard. Arthur, Molly et Ginny Weasley, informés dans les dix minutes qui avaient suivi, s’étaient rués au premier étage de l’hôpital pour les maladies et blessures magiques, suivis de près par Bill, Fleur, Fred et George.
La vision de Mrs Weasley en proie à une crise de larme telle qu’il n’en avait jamais vu devant son fils et ses amis entre la vie et la mort avait profondément perturbé Harry, d’autant plus que les Weasley ne lui avaient accordé aucune attention. Ils devaient lui en vouloir énormément, sans compter le propre sentiment de culpabilité écrasante qui oppressait Harry. Il se rendait compte de sa stupidité.
Se rendre en pleine nuit dans un cimetière, connaissant le genre de créature qui pouvait en sortir… Harry n’avait pensé qu’aux mangemorts, qu’à Voldemort, mais pas aux Inferi. Il s’en sentait complètement idiot. Il avait eu la preuve que Voldemort avait prévu sa visite au cimetière, et il n’avait même pas réfléchi au genre de gardes qu’il pouvait y poster… Bien sûr, ils s’étaient désillusionnés, mais il avait vite remarqué que Queudver avait fait la même chose, et même ce stupide personnage n’avait eu aucun mal à les débusquer.
Et maintenant, il voyait le résultat : ses trois meilleurs amis – car à présent, il considérait Neville comme un ami très cher – étaient plongés dans le coma, quelque part entre la vie et la mort. Ils avaient tous trois perdu une grande quantité de sang. Une potion de régénération sanguine leur était régulièrement administrée, mais elle ne faisait que les maintenir en vie. Leur guérison – c’est-à-dire la reconstitution complète de leur volume sanguin – ne dépendait que de leur résistance physique. Il fallait attendre, et cette attente était insupportable à tout le monde.
Harry, lui, n’était resté qu’une heure à l’hôpital. Les blessures infligées par les Inferi avaient été rapidement soignées, quant aux griffures de Lupin, elles n’étaient pas assez profondes pour qu’il soit contaminé, vu que le loup-garou n’avait pas été métamorphosé. On lui avait prescrit un onguent que Mme Pomfresh lui appliquait matin et soir. D’après elle, il y avait de bonnes chances de guérison. Mais ce qui inquiétait le plus Harry, ce n’était pas sa santé, mais le rétablissement de ses trois amis.
Ginny lui rendait de brèves visites pour l’informer de l’évolution de l’état de Ron, Hermione et Neville. Leur état s’était stabilisé, mais ils étaient toujours plongés dans le coma. La dernière des Weasley à se trouver encore à Poudlard ne restait jamais plus de quelques minutes avec lui, et Harry se doutait que la gêne n’était pas la seule responsable. Les Weasley devaient lui en vouloir terriblement…
S’il s’inquiétait pour ses amis, il était par contre désormais absolument certain du sort de Lupin. Non seulement il l’avait perdu une seconde fois, mais cette fois, c’était beaucoup plus concret. Il n’avait pas disparu, il n’avait plus de faibles chances d’avoir survécu : il était mort, irrémédiablement mort. Le vide laissé dans son cœur était certes moins grand que celui creusé par la mort de Sirius ou celle de Dumbledore, mais il avait perdu quelqu’un qu’il aimait beaucoup, le dernier qui pouvait encore lui parler de ses parents en tant que proche, la toute dernière personne ayant presque fait partie de la famille Potter… Lors de la réunion de l’Ordre qui avait eu lieu le dimanche suivant, la question de l’enterrement de Lupin avait été envisagée, et Tonks avait eu du mal à cacher ses larmes.
Elle avait encore demandé à Harry une discussion en privée qu’il n’avait une nouvelle fois pas eu la force de lui refuser. Il lui avait péniblement décrit le comportement sauvage de son amant, sans oser croiser son regard. Cette sauvagerie et cette apparence, Harry avait du mal à se l’expliquer, mais il en était absolument certain : Remus Lupin ne s’était plus maîtrisé quand il s’était jeté sur lui. Les instincts non dominables du loup-garou avaient dicté la conduite de l’ancien professeur, il en était convaincu. Mais le fait qu’il n’ait pas été métamorphosé à ce moment-là restait totalement incompréhensible. Bien qu’il tentât de chasser cette pensée de sa tête, Harry avait l’impression de s’être retrouvé en face d’un autre Greyback, le même qui avait contaminé Lupin. Un loup-garou qui conservait des caractéristiques du loup même en dehors des phases de pleine lune…
Harry savait que le corps de Lupin était examiné à Ste Mangouste, pour savoir ce qui avait bien pu se passer. C’était d’ailleurs pour cela que la date de son enterrement n’avait pas pu être fixée. Le ministère refusait de rendre le corps du loup-garou à ses proches, ses représentants prétendant qu’il pouvait contenir les secrets d’une nouvelle menace. Les membres de l’Ordre avaient été complètement dépités par cette nouvelle. Fred et George avaient marmonné des jurons furieux contre Scrimgeour, et Tonks, les yeux rouges, n’avait fait aucun commentaire. Cette situation était d’autant plus inconfortable que la personne qui avait envoyé Lupin sur Harry, qui l’avait selon ce dernier traité comme un chien, Queudver, n’avait pas été retrouvé.
Ni les jumeaux, ni leurs parents, ni Bill n’avaient adressé une parole ou un regard à Harry. Ce dernier, conscient d’avoir peut-être perdu l’affection de la famille Weasley, et qui n’avait plus aucun ami proche à Poudlard, se concentrait désormais sur deux objectifs.
Sa réussite scolaire. Il n’avait certes plus vraiment le courage de s’intéresser aux cours, mais pour aider Ron, Hermione et Neville à leur retour (il suppliait le ciel que ce retour ait bel et bien lieu) à rattraper les leçons difficiles de la septième année, il se forçait à travailler le plus possible. Il demandait régulièrement à Anthony Goldstein de lui prêter ses notes sur l’étude des runes et l’arithmancie afin de les recopier pour Hermione. C’était une tâche fastidieuse mais il avait beaucoup plus de temps qu’avant, sans ami ni petite amie.
Bien sûr, il y avait toujours les séances d’entraînement de Quidditch. Il n’arrivait plus à se montrer très chaleureux avec ses coéquipiers alors il se contentait de parler sur un ton professionnel. On avait accordé à l’équipe de Gryffondor de ne pas jouer le match d’ouverture contre Serpentard. C’était celle de Serdaigle qui avait disputé la rencontre et qui avait fait match nul, avec cent cinquante points partout (quinze buts de Serpentard, mais l’attrapeur de Serdaigle avait attrapé le Vif d’Or juste à temps). Gryffondor jouerait contre Poufsouffle deux semaines après ce premier match, le temps de trouver un gardien remplaçant et de l’intégrer dans l’équipe. Le moins minable aux sélections fut Geoffrey Hooper, un élève de sixième année. En réalité, il était assez bon, mais il se plaignait sans cesse de choses et d’autres – des autres joueurs et du capitaine, par exemple. Aussi, Harry devait le faire taire au moins dix fois à chaque entraînement, avec l’aide de ses coéquipiers qui en avaient vraiment assez, eux aussi.
Il sentait souvent les regards des autres joueurs dans son dos, ainsi que celui des élèves dans les couloirs, les salles de classe, et dans la pièce commune, et c’était compréhensible : l’année scolaire avait débuté depuis un mois à peine et Harry Potter faisait déjà parler de lui pour la seconde fois dans une sombre affaire d’attaque de mangemorts. De plus, cette seconde fois paraissait beaucoup plus réelle : des Inferi, un mangemort, Lord Voldemort lui-même (cette fois, le ministère avait cru Harry sur parole vu qu’un honorable professeur avait confirmé sa version), un mort, ainsi que trois élèves dont la survie était encore incertaine…
Ces deux derniers faits avaient mis une ambiance peu joyeuse parmi les Gryffondor. Le professeur Lupin avait été très apprécié. Chez eux, les élèves avaient eu le temps de digérer la nouvelle apprise dans la Gazette du Sorcier, mais tout comme Harry, ils avaient la sensation de l’avoir perdu une nouvelle fois, ce professeur qui les avaient tant encouragés. Et bien sûr, il y avait le risque de la mort de leur gardien, qui s’était finalement révélé être plutôt bon l’année précédente, et de leur meilleure élève, celle en qui étaient placés la plupart des espoirs de victoire à la Coupe des Quatre Maisons. Certes, ils n’avaient pas non plus envie que Neville meure, c’était un élève de leur maison, mais un élève moins important… une idée dont Harry s’efforçait de dissuader ses condisciples.
Le second objectif de Harry était de retrouver et de détruire les trois Horcruxes restant. Il n’était plus question d’attendre les vacances. Il n’avait plus qu’une idée en tête : rendre à nouveau mortel Voldemort, le retrouver, et le tuer le plus tôt possible afin de mettre fin à ces évènements abominables. Pour l’instant, il se concentrait sur la coupe de Poufsouffle. Mais d’abord, il devait parler en privée au seul membre de son « équipe » encore en état…
Au début de la première semaine de novembre, à la fin du premier cours, celui de défense contre les forces du Mal, il avait attendu que tous les élèves soient sortis et avait retenu Abelforth.
- Professeur, il faut qu’on discute, dit-il sans détour.
Abel le regarda un instant, et Harry craignit d’avoir été un peu insolent. Mais le professeur se contenta de pointer sa baguette magique sur la porte et deux petites lumières jaillirent.
- La porte est verrouillée et la pièce insonorisée, déclara-t-il. Vous pouvez parler en toute liberté – et m’appeler Abel.
Surpris, Harry se ressaisit et reprit la parole. Il raconta ses projets au frère de Dumbledore.
- Et où comptez-vous commencer vos recherches ? interrogea-t-il.
Harry avait bien réfléchi à la question, quand il n’arrivait pas à dormir, la nuit dans son dortoir.
- Je pense qu’il faudrait aller voir du côté de la boutique de Barjow et Beurk, répondit-il. Et il j’aimerais aussi retrouver la maison d’Hepzibah Smith. A mon avis, la coupe peut se trouver dans un de ces deux endroits, parce qu’elle représente l’époque où Voldemort faisait ce petit boulot, mais aussi celle ou il fréquentait cette vieille femme.
Il attendit un petit moment la réaction d’Abel.
- Je vois que vous avez retenu la méthode, finit par dire ce dernier. Je pense aussi que vous avez raison. Mais j’aimerais vous demander une faveur.
Harry eut un regard interrogateur.
- Attendez que le match de Quidditch soit terminé. Il ne serait pas bon pour Gryffondor de manquer un nouveau match. Et en tant que directeur de cette maison, je dois avouer que cela me tient à cœur.
Harry n’en croyait pas ses oreilles. Qui pouvait bien se soucier du Quidditch à un moment pareil ?
Voyant son air indigné, Abel ajouta :
- Il ne faut pas oublier de vivre, Harry. Vous et vos amis l’aviez compris à la rentrée. Vous profitiez de votre temps libre pour vous détendre et vous aviez décidé d’attendre les vacances pour pouvoir chercher plus efficacement les Horcruxes. Vous travailliez tranquillement et sérieusement, vous profitiez encore de votre jeunesse. Vous devez continuer ainsi. Intéressez-vous à vos cours pour votre avenir, profitez de votre temps libre pour vous amuser avec vos amis – quand ils reviendront, car il faut garder espoir que ce sera le cas – ou encore pour reconquérir l’élue de votre cœur…
Harry le regardait, abasourdi. Il ne pensait pas qu’un Dumbledore lui donnerait de tels conseils un jour.
- Ce que vous êtes en train de me dire, c’est que je dois ne penser qu’à moi alors que Voldemort tue régulièrement des innocents ? demanda-t-il, irrité.
- Ce que je dis, c’est que vous devez certes chercher les Horcruxes, que vous devez vaincre Voldemort, mais que vous ne devez pas oublier les choses importantes de la vie. Ce sont pour ces choses que vous vous battez, ne l’oubliez pas. Y renoncer signifierait la victoire de Voldemort.
Harry comprenait ce qu’Abel essayait de lui dire. Le problème, c’était qu’il avait perdu le goût de ces choses si importantes…
- Nous en reparlerons donc après le match, reprit Abel. En attendant, vous pouvez si vous le souhaitez faire des recherches sur Hepzibah Smith. Je verrai moi-même ce que je peux faire et nous en parlerons à la réunion de l’Ordre. Mais nous ne passerons pas à l’action avant deux semaines.
Il déverrouilla la porte d’un nouveau mouvement de sa baguette.
- Bonne journée, Harry.
Harry s’avança donc vers la porte mais il fut interrompu.
- Oh, encore une petite chose, Harry.
Il ne se retourna pas mais attendit à contrecœur la remontrance. Car il sentait dans le ton grave d’Abelforth que le sujet peu gai qu’il allait aborder concernait les récents évènements.
- Ne vous reprochez pas ce qui s’est passé, vous n’êtes pas plus responsable que les autres.
Harry se retourna et regarda Abel, surpris.
- Ron, Hermione et Neville étaient vos amis ; ils ont choisi de…
- Ne parlez pas d’eux au passé ! gronda Harry, furieux. Ils ne sont pas… Ils ne vont pas…
Il avait beaucoup de difficulté à prononcer ce terrible mot.
- Pardonnez-moi, s’excusa Abelforth. Ce que je voulais dire, c’est qu’ils vous ont accompagnés de leur plein gré, parce qu’ils sont vos amis et qu’ils souhaitent vous soutenir. Vous n’auriez pas pu les protéger plus que vous l’avez fait. Si les précautions n’étaient pas suffisantes, ce n’était pas seulement votre faute, mais aussi la leur…
- C’est moi qui les aie entraînés…
- Non, ce sont eux qui ont tenu à vous accompagner, et vous n’auriez pas pu les faire changer d’avis, car leur décision était déjà prise et que ce sont des amis dévoués.
Harry ne dit rien. Il se doutait qu’il n’aurait pas pu faire changer d’avis ses amis, comme ils l’avaient prouvé plus d’un an auparavant, lors d’un voyage à dos de Sombrals… mais il aurait dû trouver une ruse, un moyen de partir sans eux, il aurait dû…
- Comme je le disais, reprit Abel, ce n’est pas seulement votre faute, mais aussi la leur, ainsi que la mienne et celle de Minerva.
- Comment ça ? s’étonna Harry.
- Elle savait que vous alliez au cimetière, et elle m’a chargé de vous suivre pour votre propre sécurité, mais sans que vous le sachiez, pour ne pas vous gêner dans votre recueillement. Par conséquent le responsable ce n’est pas vous, c’est – ou plutôt ce sont – vous, vos amis, Minerva et moi ; nous étions tous responsables de votre sécurité.
Cette révélation ne surprit pas vraiment Harry, qui ne voyait pas de quelle autre manière Abelforth aurait pu se trouver au cimetière en ce soir d’Halloween.
- Vous nous suiviez aussi le soir où l’on vous a donné Rogue ? interrogea-t-il.
- Oui, avoua Abel. Mon frère venait de nous quitter et il fallait que je vous apporte l’aide que je lui avais promis de vous donner. Tout comme vendredi soir, j’ai attendu que vous ayez vraiment besoin de moi pour me révéler, et cette fois-là je suis également intervenu bien trop tard. A Godric’s Hollow, j’avais négligé votre surveillance, et vous avez été capturés, mais j’ai réussi à deviner où ce cher Malefoy vous avait emmené. En revanche, j’ai une excuse pour ne pas être intervenu plus tôt au cimetière. Je surveillais Voldemort. Je l’avais repéré et je m’efforçais de lui mettre des bâtons dans les roues. J’ai eu du mal à ne pas me faire repérer, mais en fait, j’ai eu la très nette impression que c’était déjà fait. Mais il ne m’a pas attaqué… poursuivit-il d’un air songeur. C’est bien étrange, il aurait pourtant pu tous nous tuer s’il l’avait vraiment voulu…
Harry resta silencieux. Abel pensait-il à la même chose que lui ? Il avait en effet certaines difficultés à comprendre le comportement du Seigneur des Ténèbres, ces temps-ci…
- Monsieur ? hésita-t-il. Je veux dire, Abel…
- Oui ? demanda poliment Abelforth.
- Rogue m’a dit quelque chose d’étrange, dans le manoir des Malefoy. Il a dit que Voldemort avait fait un pari…
- Vraiment ? s’étonna Abel. Quel genre de pari ?
- Il a dit… que Voldemort prétendait que quoi qu’il arrive, il serait capable de me tuer, répondit Harry, même si je maîtrisait mes pouvoirs. Et il a aussi dit aux mangemorts de ne pas me tuer, qu’il voulait le faire lui-même, mais de m’empêcher quand même de faire ce que je tentais de faire… D’après Rogue, il veut attendre que je sois devenu un grand sorcier pour me tuer, pour son pari. On aurait dit que Rogue voulait m’entraîner, d’ailleurs… Et après, à Pré-au-Lard, Voldemort a d’abord dit que j’étais devenu suffisamment puissant, vu que j’avais réussi à envoyer sept Patronus d’un coup. Et à un moment, j’ai bien cru qu’il allait me tuer, mais son sort s’est pour ainsi dire brisé et il a dit qu’il essayerait une autre fois, quand il aurait résolu « ce petit problème de baguette »… Après il m’a forcé à lui donner son Horcruxe mais finalement il est reparti sans quand les Oubliators ont débarqué alors qu’il aurait pu leur résister, non ?
- En effet, approuva Abel, l’air perdu dans ses pensées. C’est très étrange…
- Et il a pris mon ancienne baguette, poursuivit Harry, celle qui contient une plume de Fumseck, comme la sienne. Je ne comprends pas… On dirait qu’il ne sait pas ce qu’il veut me concernant. Il fuit sans son Horcruxe et sans résister davantage, et il fuit d’ailleurs beaucoup trop souvent et rapidement pour le plus grand mage noir de tous les temps ; et pour ma baguette, il y a aussi quelque chose qui cloche. Normalement, elle n’aurait pas dû détruire son sort, non ? Elle n’aurait même rien dû faire du tout, puisque que je n’avais jeté aucun sort contre le sien.
- Tout cela est en effet extrêmement étrange, répéta Abel. Je vais y réfléchir, et en fait, nous allons tous y réfléchir. En attendant, je vous suggère de suivre mes premiers conseils : sortez et profitez de votre jeunesse.
J´ai hate de voir ce qui se passe avec la baguette de Harry et pourquoi Voldy fuit comme ça! Bravo, continu comme ça!
J´ai pas trop de commentaire a faire, mais c´est tout de même super bon! Continu comme ça!
23 (suite)
Esprit sain dans un corps sain (je pense garder ce titre)
- Et il voulait que tu attendes après le match de Quidditch ? s’intrigua-t-il.
- Oui, répondit Harry. Il a dit… qu’il ne fallait pas que j’oublie de profiter des choses importantes de la vie à cause de tout ce qui se passe.
- Et il a raison, dit Hermione. Sans ses choses, je ne vois aucune raison pour ne pas rejoindre Voldemort sur le champ.
- Comment ? s’offusqua Neville.
- Si l’amitié et tout ce qu’elle a permis de fonder n’existaient pas, la seule source de bonheur serait l’ivresse du pouvoir, non ? dit simplement Hermione. C’est bien ça que recherche Voldemort : le pouvoir suprême.
- Seulement voilà, déclara Harry, qui venait de comprendre quelque chose, l’amitié et l’amour, et les jeux d’équipe, tous ces moments existent bel et bien, et Voldemort tente de les détruire. Il veut détruire la source du vrai bonheur pour avoir ce sentiment malsain de supériorité, alors il faut se battre, mais ne pas s’enfermer dans ce combat en délaissant ce qu’on se donne tant de mal à défendre. Si on combat Voldemort, au fond, c’est pour pouvoir être heureux…
- Ce type veut le pouvoir parce qu’il est incapable de trouver le bonheur autrement, approuva solennellement Neville, parce qu’il a trop déchiré son âme. Et ses partisans sont des faibles… trop faibles pour créer des liens basés sur la confiance. Alors ils se rabattent vers la solution de facilité : Voldemort.
- Le bien et la facilité…, murmura Hermione. Dumbledore avait dit ça un jour, pour rendre hommage à Cedric Diggory… Vous vous souvenez : « Si un jour vous avez à choisir entre le bien et la facilité, souvenez-vous de ce qui est arrivé un jour à un garçon fraternel et courageux simplement parce qu’il a croisé le chemin de Lord Voldemort… »
Il y eut un nouvel instant de mutisme.
Mais Ron y mit fin au bout de cinq secondes.
- J’hésite, dit-il.
- Tu hésites ? répéta Hermione, les sourcils froncés. De quoi tu parles ?
- Je n’arrive pas à me décider : qui de vous trois est le plus doué pour faire de la politique, à votre avis ?
- Nous avons une conversation sérieuse, Ron ! Pourquoi est-ce que tu viens toujours tout gâcher avec tes plaisanteries stupides ? s’exaspéra Hermione.
- J’étais sérieux, moi aussi ! assura Ron. On aurait dit un discours du ministre de la magie pour encourager la communauté des sorciers à combattre Voldemort.
- Sauf qu’eux, ils sont sincères, intervint Ginny.
- Ah, zut ! s’exclama Ron.
Il poursuivit à voix basse en voyant des regards choqués venant des autres lits.
- Je n’y avais pas pensé… Tu as raison Ginny, ça ne colle pas.
Ils se mirent tous à rire, Hermione comprise. Mais il restait un peu de tristesse et d’amertume dans leurs visages : ils constataient à quel point le monde pouvait être mauvais, pourri. Le tout, pensa Harry, était de ne pas oublier qu’il y avait aussi du bon…
Ils discutèrent avec dépit de ce que faisait le ministère contre les Mangemorts, s’aidant de la Gazette du Sorcier posée sur la table de chevet d’Hermione. Les nouvelles n’étaient pas réjouissantes. Selon la Gazette, les choses allaient encore plus mal que lorsque Voldemort était au sommet de sa puissance il y a seize ans de cela. Il y avait plus de meurtres, plus d’attaques, plus de difficultés pour les Aurors.
- Comment peuvent-ils le laisser prendre le dessus comme ça ? s´affligea Hermione à voix haute.
- Je ne suis pas certain qu’ils aient le choix, fit remarquer Ron.
- Les choses pourraient être meilleures sans Scrimgeour et son souci des apparences, objecta Ginny.
Ron parut vouloir répliquer, mais il se ravisa. Harry savait qu’il était entièrement d’accord avec sa sœur. Il décida de prendre les choses en main et d’orienter la conversation vers un thème plus joyeux.
Mais il n’eut que peu d’idées, vu qu’ils avaient déjà discuté du retour à Poudlard de Ron, Hermione et Neville. Ils épuisèrent de nouveau le sujet et le silence se fit. Ils restèrent là, à attendre.
- Dites, demanda Neville une dizaine de minutes plus tard, qu’est-ce que vous comptez faire après Poudlard ?
Soulagé de pouvoir sortir de sa torpeur, Harry répondit tout de suite :
- Je vais continuer à chercher les Horcruxes (il prononça ce dernier mot à voix très basse).
- Je crois que Neville voulait plutôt parler de tes projets pour trouver du travail, un logement, dit Ginny.
- Je sais, répliqua Harry, mais ça en fait partie – enfin ça en fera partie si j’ai au moins cinq « Effort Exceptionnel » pour mes ASPIC. Je veux devenir Auror, confessa-t-il, un peu gêné.
- Vraiment ? demanda Ginny.
- Ca n’a rien d’étonnant, assura Hermione avec un sourire, ça correspond tout à fait à sa personnalité de sauveur du monde.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? interrogea Harry, énervé.
- Et bien tu ne peux pas dire que tu n’aimes pas sauver Poudlard du danger, rit Hermione. Tu as beau dire que les ennuis viennent à toi tous seuls – ce qui, au fond, est vrai –, tu aimes bien t’occuper de ce genre de chose, sinon tu ne voudrais pas devenir chasseur de mages noirs.
Tout le monde éclata de rire et Harry préféra ne rien répondre.
Peut-être aimait-il cela, en effet… Mais il n’éprouvait aucun plaisir quand Voldemort assassinait ou faisait tuer ses proches. Il voulait le combattre à cause de cela, mais était-il influencé par les horribles évènements qui se produisaient ou souhaitait-il réellement faire partie des Aurors ? Etait-ce la passion de toute une vie de lutter contre la magie noire ou le désir d’agir face aux Mangemorts ?
- Qu’est-ce que tu en penses, Harry ?
Il émergea de ses pensées.
- Comment ?
- Tu es sûr que tu es toujours avec nous ? moqua Ginny. On se demandait qu’est-ce qui conviendrait le mieux à Ron comme métier, résuma-t-elle.
- Oh… Je ne sais pas, dit Harry, embarrassé, c’est à lui de décider… Qu’est-ce que tu veux faire, toi ? questionna-t-il en se tournant vers son meilleur ami.
- Monsieur ne sait pas, répondit Hermione à la place de son petit ami, mi-exaspérée, mi-amusée.
- Enfin…, bafouilla le premier concerné, je pensais… j’envisageais la voie des Aurors, comme Harry…
- Tu n’es pas obligé de faire la même chose que lui, même si c’est ton meilleur ami, fit remarquer Hermione.
- Je le sais bien ! répliqua Ron. J’y pense, c’est tout… Et toi, Ginny ? demanda-t-il, voulant détourner la conversation vers quelqu’un d’autre.
- Je veux aider à combattre Voldemort et ce genre de personnes, qui répandent le mal autour d’eux, déclara-t-elle fermement.
- Toi aussi tu veux être Auror ? s´hébéta Neville.
- Oh non, pas forcément, il existe plein d’autres métiers qui permettent de lutter contre les êtres malfaisants.
- La brigade de police magique, par exemple, suggéra Harry, songeur.
- Oui, mais aussi toutes les professions du Département de la justice magique, et les guérisseurs de Ste Mangouste, ajouta Ginny.
- Quel métier veux-tu exercer, Neville ? interrogea Hermione.
- Moi ? dit Neville, apparemment inquiet que l’on lui pose la question. Euh… j’ai déjà pensé à être Auror aussi, mais… je n’ai pris que trois matières pour les ASPIC alors je ne pourrai pas avoir cinq « Effort Exceptionnel »…
- Tu n’es pas obligé d’être Auror, rassura Hermione, un brin irritée, on dirait que Harry a lancé une mode ! Et puis tes talents se trouvent ailleurs, de toutes façons, ajouta-t-elle un sourire en coin. Qu’est-ce que tu fais de la Botanique ? Tu as toujours été passionné par les plantes magiques.
- Oui, c’est ce que j’aimerais faire, admit Neville en regardant ses draps, mais ce n’est pas très utile…
- Comme l’a dit Ginny, beaucoup de choses peuvent être utiles, dit Hermione. Les plantes ont des propriétés bénéfiques contre certaines maladies magiques ou dans des empoisonnements.
Un peu consolé par ces paroles, Neville eut un pâle sourire. Ron prit alors la parole :
- Et toi, Hermione, dit-il avec un plaisir vengeur, qu’est-ce que tu comptes faire comme métier ?
Sa petite amie ne parut guère contrariée par la question. Elle répondit sur un ton neutre :
- Et bien sans aucun doute, je veux combattre Voldemort ou aider à le faire, mais je ne compte pas en faire mon métier, déclara-t-elle. Il existe des tas de domaines variés et intéressants. Déjà, au ministère de la magie, il y a les Départements de la justice magique, de la coopération magique internationale… et le Département de contrôle et de régulation des créatures magiques, ajouta-t-elle, tout d’un coup très enthousiaste.
Les quatre autres échangèrent des regards éloquents : ils savaient tous qu’Hermione songeait à la S.A.L.E, son association qui ne comptait qu’un seul membre véritable (Hermione elle-même) et qui avait pour but d’aider les elfes à obtenir des droits, ce que la très grande majorité de ces derniers refusaient catégoriquement – ce que la jeune femme refusait d’admettre.
- Et puis il y a le domaine de la recherche, dit-elle après un court instant de silence (rêveur pour elle, embarrassant pour Harry, Ron, Neville et Ginny). Au Département des mystères par exemple ; je n’ai jamais vu un endroit aussi rempli de questions fondamentales que les humains se posent depuis la nuit des temps… Bien sûr, je n’y ai pas de très bons souvenirs, s’empressa-t-elle d’ajouter en voyant l’expression sinistre de Harry. Et en dehors du ministère, il existe encore tellement de carrières possibles…
Ils se plongèrent tous les quatre dans leurs pensées. Harry se demandait si, comme lui, ils envisageaient autre chose que leur carrière ; si comme lui, ils songeaient à leur vie sociale, leur vie privée, à une éventuelle famille…
Il était certes un peu jeune et même s’il espérait toujours autant pouvoir un jour ressortir avec Ginny, il n’en était pas encore à vouloir faire sa vie avec elle. Même s’ils se remettaient ensembles, l’avenir restait incertain. Pour l’instant, cependant, quand il entrevoyait le futur, il apercevait de longs cheveux roux vifs… Mais il n’avait que dix-sept ans et il savait qu’il lui faudrait une bien plus grande expérience de la vie avant d’avoir une femme, des enfants, et un métier.
Ron finit par rompre le silence en se plaignant des conditions de vie de l’hôpital. Selon lui, être enfermé avec des dizaines d’autres sorciers, être surveillé tous les jours en permanence et ne pas avoir de vie privée ne constituait pas une vie épanouissante. Ils parlèrent des victimes d’attaques de diverses créatures que les guérisseurs de plus en plus débordés devaient soigner en permanence.
- Cet enfant a été attaqué par un serpencendre, dit tristement Hermione en indiquant d’un signe de tête un lit entièrement entouré d’un rideau rouge. Les guérisseurs n’ont pas pu dire à ses parents si ses brûlures pourraient être guéries ou non…
Une vingtaine de minutes plus tard, Mr et Mrs Weasley entrèrent dans la salle Dai Llewellyn. D’abord rayonnants de voir que Ron, Hermione et Neville avaient repris des couleurs, ils parurent un peu gênés en apercevant Harry et Ginny. Ils demandèrent aux trois patients comment ils se sentaient après que Mrs Weasley eut embrassé chacun d’eux ; à sa grande surprise, Harry eut également le droit à une étreinte – une étreinte chaleureuse et non froide comme il le craignait.
- Je suis vraiment soulagée, déclara-t-elle. J’avais encore tellement peur, vous étiez si pâles hier…
- Molly, dit Mr Weasley, je crois que je devrais ramener Harry et Ginny à Poudlard.
- Oui, tu as raison. Vos amis doivent vous attendre. Enfin je… Excuse-moi, Harry, s’empressa-t-elle de dire. Mais tes amis vont également revenir très bientôt, rajouta-t-elle avec un grand sourire.
Ils se dirent au revoir, et Harry et Ginny faillirent une nouvelle fois se faire étouffer par Molly Weasley. Son mari arriva à temps pour les sauver et descendit au rez-de-chaussée avec eux. Il laissa Harry escorter sa fille et ils transplanèrent vers Poudlard. Ils furent soudain caressés par une légère brise à l’odeur de nature en face du portail.
- Où est Rusard ? se demanda à voix haute Mr Weasley. Normalement il devait nous attendre…
En effet, quelques instants plus tard, le concierge, accompagné de jurons prononcés à voix basse et d’autres paroles inaudibles (« Comme si je n’avais rien d’autre à faire que de m’occuper de la circulation de gamins… ») et de son souffle de buffle, déverrouillait la serrure.
- Et bien je vais vous laisser, dit Mr Weasley en continuant d’observer Rusard avec inquiétude. Ron, Hermione et Neville devraient revenir à temps pour le premier cours du lundi matin. Peut-être même (il baissa la voix et se pencha vers l’oreille de Harry) qu’ils pourront participer à la réunion.
Il leur fit un clin d’œil avant de transplaner à nouveau.
Ma-gni-fi-que
!
24
Quidditch et Patronus
On posa beaucoup de questions à Harry et Ginny quand ils revinrent de Ste Mangouste. Ils démentirent, indignés, la rumeur selon laquelle ils s’étaient rendus à l’enterrement de Ron, Hermione et Neville, mais ils confirmèrent en revanche qu’ils étaient sortis du coma et qu’ils pourraient très bientôt revenir à Poudlard. Les Gryffondor se réjouirent de cette nouvelle. Mais ils n’étaient pas les seuls.
Notamment, Anthony Goldstein faillit sauter de joie quand il sut qu’Hermione paraissait en bonne forme. Remarquant sans doute le regard intrigué de Harry, il s’empressa de dire :
- C’est très dur d’assumer seul le rôle des deux préfets-en-chefs.
Harry avait une autre théorie à ce sujet, mais il se dit qu’il était préférable que Ron n’en sache rien.
Il fut un peu déçu quand il ne vit ni son meilleur ami ni les deux autres à la réunion de l’Ordre du Phénix. Mrs Weasley lui avait dit que les guérisseurs les gardaient par précaution mais qu’ils devaient être rentrés le lendemain. Harry s’aperçut que les Weasley n’avaient plus la même froideur à son égard. Il en était soulagé mais il espérait surtout que ce n’était pas un effet de son imagination – mais il envisageait également que leur froidure avait pu être imaginaire.
Il manquait un autre membre de l’Ordre à la réunion : Maugrey Fol Œil. Cette absence les inquiéta beaucoup.
Maugrey était chargé de surveiller les affaires de l’Allée des Embrumes, car il était probable que cette rue regorgeant de magie noire devienne un point de départ pour une éventuelle prise du Chemin de Traverse. C’était ce que le ministère craignait plus que tout depuis « l’épisode Pré-au-Lard » et l’œil magique de Maugrey pouvait beaucoup appuyer ceux des Aurors en patrouille. Mais leur ancien collègue n’avait plus donner de signe de vie depuis près d’une semaine.
- Ne paniquons pas, dit McGonagall. Alastor a peut-être découvert quelque chose et il est dans l’incapacité de nous contacter pour le moment. Ou peut-être risque-t-il de se faire repérer, auquel cas il ne peut évidement pas prendre le risque de nous envoyer un message.
- Ou peut-être qu’il s’est fait repérer, suggéra sombrement Tonks.
- Auquel cas Alastor ramènera sans aucun doute de quoi remplir les cellules d’Azkaban, assura McGonagall. N’oublions pas que c’est un excellent sorcier.
Ils discutèrent donc des problèmes habituels, des missions de reconnaissance ou de surveillance. L’Ordre et le ministère de la magie tentaient de comprendre comment les Mangemorts pouvaient entrer ou sortir de Pré-au-Lard malgré la barrière magique dressée par le ministère et sans le moindre signe visible de l’extérieur.
En tout cas, jamais les forces du ministère n’avaient autant été mobilisées. Mais cela ne suffisait pas : la guerre redoublait d’intensité, et les Moldus le sentaient. Il était très difficile aux Oubliators et au Comité des inventions d’excuses à l’usage des Moldus de leur cacher tout ce qui se passait. De plus en plus de Moldus étaient tués, la plupart du temps sans raison précise. Mais parfois, il s’agissait des membres d’institutions importantes.
Il semblait que Voldemort voulait détruire leur monde. Comme il était très difficile d’attaquer les très hauts représentants politiques, que Rufus Scrimgeour faisait surveiller de très près, il s’en prenait à leur économie.
- Il semblerait que plusieurs bancs de Sharaks aient été introduits près de nos côtes, déclara Mr Weasley. Les pêcheurs Moldus vont faire faillite et ils risquent d’avoir du mal à se nourrir correctement, dit-il tristement.
- Des Sharaks ? répéta Harry sans comprendre.
- Ce sont des poissons recouverts d’épines, expliqua Bill. Quand les Moldus essayent de pêcher dans des eaux remplies de Sharaks, ils ne ramènent pas grand-chose…
La concentration des forces du Mal au Royaume-Uni se précisait. De nombreuses espèces de créatures de tous les coins du monde se déplaçaient vers le Nord, et des accidents malheureux les accompagnaient.
- J’ai appris jeudi soir que plusieurs personnes – Moldus et sorciers – disparaissaient la nuit en France, déclara Kingsley Shacklebolt. Si on retrace sur une carte les lieux de ces disparitions, on peut se rendre compte qu’elles se déplacent vers notre pays. Certains pensent qu’il s’agit de Moremplis, mais nous n’en sommes pas certains.
- Les Moremplis… marmonna Harry. Ce sont bien ces créatures plates qui ressemblent à des ombres sur le sol ?
- Oui, répondit Kingsley. Ils attaquent les gens la nuit dans leur lit, s’enroulent autour de leur victime, l’étouffent et la dévorent. Il est pratiquement impossible de se défendre une fois qu’on se réveille prisonnier de cette créature, mais quand on a la chance de pouvoir utiliser sa baguette, il faut jeter le sortilège du Patronus, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Mais je suis certain que toi, tu y arriverais très bien, rajouta-t-il avec un sourire.
- En tout cas, toutes ces créatures disparaissent en arrivant ici, dit Sturgis Podmore. Il n’y a pas que des animaux, d’ailleurs, mais aussi des humains. Sûrement de nouveaux Mangemorts, parce que ce ne sont pas des alliés, d’après Kingsley et Tonks. C’est vraiment rageant… Ils sont sûrement, là, sous notre nez, à Pré-au-Lard, mais on ne peut pas savoir ce qu’ils font…
- A mon avis, intervint Abel, Voldemort prépare une armée.
- Il en a déjà une et elle fait bien trop de dégâts, répliqua sèchement Fred.
- Vous ne m’avez pas bien compris, dit Abel. A mon avis, si les choses vont plus mal qu’il y a seize ans, c’est tout simplement parce que ses alliés étaient déjà là quand il est revenu.
« La première fois qu’il a voulu prendre le pouvoir, tout allait beaucoup plus lentement, la situation était de loin moins terrible que ce que peut inspirer aujourd’hui le nom de Lord Voldemort. Il n’était pas encore connu, à cette époque, et n’avait que peu de partisans.
« Il s’est donc mis à chercher des sorciers et des sorcières pour les rallier à son camp, et il tuait ceux qui refusaient pour inspirer la crainte. Au départ, les meurtres étaient beaucoup plus rares, occasionnels, mais au fur et à mesure que ses rangs grossissaient, il pouvait tuer ou faire tuer de plus en plus de gens qui s’opposaient à lui. Sa réputation et la terreur qu’il inspirait se sont forgées pendant ces onze ans.
« Il a fini par infiltrer le ministère, ses manœuvres sont devenues plus complexes, plus brutales, plus abouties, il a fait usage de créatures démoniaques.
En fin de compte, il n’est devenu le plus grand mage noir de tous les temps que dans les dernières années. Quand Harry l’a fait disparaître, il allait devenir ce qu’il est aujourd’hui. Il était sur le point d’inaugurer son armée, en quelques sortes. Quand il est revenu, il n’a fait que réunifier l’armée qui existait déjà, et rappeler ce qu’il était au monde des sorciers. Et quand le ministère a enfin pris conscience de son retour et qu’il a reparu au grand jour, il n’a fait que redevenir Voldemort, il a rattrapé le niveau qu’il avait perdu, et maintenant, il est reparti de là où il s’était arrêté il y a seize ans. Notre situation n’a rien de si étonnant. Il est en train de rallier les derniers éléments qui lui manquent pour les derniers assauts du genre Pré-au-Lard qui lui donneront le pouvoir absolu. »
- Je suis d’accord avec Abel, dit McGonagall. Une fois que Vous-Savez-Qui aura conquis le Chemin de Traverse, l’Allée des Embrumes, le ministère, Ste Mangouste, Londumor et Poudlard, il n’aura plus d’adversaire. Et si nous continuons à nous laisser dépasser par les évènements, il n’aura aucun mal à remplir ces objectifs.
- Nous aurons beaucoup de mal à ne pas nous laisser dépasser par les évènements, fit remarquer Hestia Jones.
- C’est vrai que nous ne sommes pas suffisamment nombreux pour lutter contre son armada de Détraqueurs, d’Inferi, de Moremplis, ou de je ne sais quoi d’autre… dit Dedalus Diggle, désespéré.
- Je vous ai connu plus optimiste, Dedalus, répliqua McGonagall. Nous pourrions êtres suffisamment nombreux si les autres pays nous envoyaient des sorciers pour nous aider. Et nous devons agir de façon plus efficace. Le ministère étant trop occupé à chasser les doxys et les lutins qui ont été introduits là-bas, nous devrons nous occuper nous-mêmes de recruter de nouveaux membres à l’étranger. Charlie ne suffit plus, à présent. Mais nous nous occuperons de tout cela dans la semaine. Pour l’instant, j’aimerais que Harry nous dise quand il compte passer à l’action.
Cette annonce déconcerta la plupart des membres de l’Ordre. Mrs Weasley était complètement hébétée.
- Comment ça, passer à l’action ? questionna-t-elle avec une légère panique dans la voix.
- Ils nous disent qu’ils comptent agir plus tard depuis quelques semaines mais je voulais savoir quand auront lieu et en quoi consisteront leurs missions, répondit simplement la présidente de l’Ordre.
Un peu surpris, Harry trouva tout de même que la question tombait à point nommé.
- Justement, je pensais « passer à l’action » le week-end prochain, répondit-il.
Mrs Weasley le regarda, bouche bée. McGonagall haussa les sourcils.
- Je dois rendre une petite visite chez Barjow et Beurk. Et également trouver la maison et les traces de la descendance d’une certaine Hepzibah Smith.
- Mais il vaut mieux commencer par poser des questions à Barjow et Beurk, n’est-ce pas ? dit Abel.
- Oui, approuva Harry.
- Et pourquoi cette visite et ces recherches ? interrogea poliment McGonagall.
- Barjow et Beurk contient peut-être un objet qui pourrait m’intéresser. D’un autre côté, je ne suis pas certain qu’il ne soit pas resté chez son ancienne propriétaire – Hepzibah Smith – ou qu’il n’ait pas finalement été transmis à sa famille.
- Et en quoi un objet qui regorge sûrement de magie noire pourrait-il nous intéresser ? demanda Elphias Doge.
- Ce n’est pas pour m’en servir que je veux le retrouver, répliqua Harry. Disons qu’il sera indispensable si l’on veut que tout ça s’arrête un jour – et croyez-moi, je sais de quoi je parle. J’en ai impérativement besoin.
Il lui paraissait étrange de parler sur ce ton si sérieux, si professionnel. Mais il avait produit un meilleur résultat que lorsqu’il bafouillait timidement : ce n’était peut-être qu’un effet de son imagination, mais il lui semblait que les membres de l’Ordre avaient l’air de le prendre plus au sérieux.
- Je viendrai avec vous, déclara Abel. Et je suppose que Ron, Hermione et Neville se joindront également à nous.
- Mais… balbutia Mrs Weasley.
Harry se sentit mal à l’aise : il ne voulait pas que les Weasley lui en veuillent de nouveau juste après qu’ils lui aient visiblement pardonné d’avoir entraîné Ron au cimetière.
Mais Mr Weasley prit la parole :
- Molly, nous savions qu’en rentrant dans l’Ordre, Ron prendrait des risques. Nous ne pouvons pas le couver éternellement.
Son épouse parut se dégonfler comme un vieux pneu.
- Oui…, dit-elle, tu as raison.
- En attendant le week-end prochain, reprit Harry, vaguement soulagé, il faudrait que je recherche l’endroit où habitait Hepzibah Smith, et aussi des membres de sa famille.
- Nous chercherons chacun de notre côté si nous trouvons le temps, assura McGonagall. En attendant, je vous suggère de chercher dans les vieilles coupures de la Gazette du Sorcier de la bibliothèque.
A la fin de la réunion, Arthur, Molly, Bill, Fleur, Fred et George Weasley retinrent Harry.
- Harry, nous souhaiterions te dire un mot, annonça Mrs Weasley.
Plein d’appréhension, il afficha un étonnement tendu.
- Au nom de toute notre famille…
- Sauf Percy, rectifia sombrement Fred.
- … je te demande de nous pardonner pour nous être montrés tellement distants ces derniers temps, acheva sa mère après avoir jeté un regard sévère aux jumeaux.
- Harry, nous avons cherché un responsable à l’attaque de Ron, déclara Mr Weasley, mais la vérité, c’est qu’il n’y a pas de responsable – en tout cas, on ne peut pas rejeter entièrement la faute sur toi, ce serait totalement injuste.
- Notre première réaction ça a été de t’en vouloir, dit Bill, mais au fond, nous savions que tu n’y étais pour rien. On est désolés.
- On est toujours amis, hein, mon vieux ? demanda George.
Harry hésita un instant puis…
- Bien sûr ! s’exclama-t-il, plus heureux que jamais. Et puis… je suis en partie responsable. Mais les vrais coupables, ce sont Voldemort et Queudver, ajouta-t-il plus sérieusement.
- Même ce rat s’est échappé, dit Fred, énervé. Tu-Sais-Qui c’est compréhensible mais lui…
Un peu ému par ces étranges retrouvailles, Harry ne répondit rien, mais jeta quand même un regard furtif à la seule personne qui n’avait rien dit…
- Ne me regarde pas comme ça, Arry ! s’offusqua Fleur. Je ne t’ai jamais rien reproché, je te jure !
Bonne lecture^^ :
24
Quidditch et Patronus (suite)
Ron, Hermione et Neville étaient revenus le lendemain et les Gryffondor, ainsi que les autres élèves (sauf les éternels Serpentard) les accueillirent bruyamment à leur entrée dans la Grande Salle. Nott et Zabini leur lancèrent un regard mauvais que les trois revenants leur rendirent avec un peu plus de haine, même Neville.
Au départ, ni le professeur McGonagall ni Abel ne firent beaucoup de zèle pour combattre le joyeux tapage de la table des Gryffondor. Les faits tragiques qui se produisaient chaque semaine faisaient de la survie et du retour de ces trois élèves deux choses merveilleuses pour tout le monde, et les professeurs ne comptaient pas empêcher cette effervescence qui unissait trois des quatre maisons de Poudlard. Un certain malaise aurait d’ailleurs pu se voir sur Slughorn si quelqu’un l’avait regardé…
Mais quand des feux d’artifices suspects explosèrent dans la Grande Salle, la directrice ordonna aux élèves de cesser tout ce remue-ménage sous peine de sanctions lourdes.
Une partie des sixième année retrouvèrent le professeur Abel pour le premier cours de la journée. La semaine précédente, ils avaient cessé les révisions et avaient entamé des recherches sur la classification des créatures maléfiques, en particulier les animaux fantastiques dangereux. Ils prirent des notes pendant tout le cours qui fut une fois de plus consacré à la théorie, les créatures étudiées étant interdites et de toute manière bien trop dangereuses pour être directement observées en classe.
- Les Moremplis se repoussent de la même façon que les Détraqueurs que vous avez étudiés l’an dernier, dit Abelforth : par un Patronus. C’est un fait étrange découvert par Flavius Belby pendant ses vacances… D’ailleurs, si nous trouvons le temps, nous étudierons ce sortilège à la fin de l’année.
- Mais professeur – oh, pardon !
Un peu rouge, elle brandit littéralement son poing en l’air.
- Oui, Miss Granger ? interrogea Abel, impassible.
- Vous nous aviez assuré que le sortilège du Patronus serait dans le programme, dit Hermione, le visage inquiet.
- En théorie, nous devions l’étudier, c’est vrai, admit Abelforth. Mais cette fois je parle de la pratique.
Il y eut un faible murmure dans la classe, si bas à cause des règles strictes du professeur de défense contre les forces du Mal qu’on aurait cru entendre une très légère brise. Les élèves avaient cependant tous l’air très excités par la suggestion d’Abel.
- Mais ce sortilège est sans aucun doute plus difficile à jeter que tous les autres que vous aurez à pratiquer cette année. Si nous trouvons le temps, je ne doute pas que la plupart d’entre vous y arriveront, mais le tout, et c’est là le véritable problème, est de le maîtriser suffisamment pour en faire usage face à un Détraqueur – la difficulté face à un Moremplis serait plutôt d’ordre physique que magique. Heureusement, nous avons dans cette classe un élève capable d’aider ses camarades à progresser, et cet élève a d’ailleurs lui aussi ses propres anciens élèves dans cette classe.
Les anciens membres de l’A.D. (qui constituaient une grande partie de la classe) se lancèrent des regards malicieux. Ron et Hermione regardèrent les joues brûlantes de leur meilleur ami en se retenant d’éclater de rire.
Harry se sentait en effet embarrassé d’être ainsi mis en valeur, mais les seuls élèves que cela dérangeait étant des Serpentard, cela lui passa très vite.
- Miss Granger, Mr Weasley et Mr Londubat, vous viendrez me voir à la sonnerie afin d’arranger un rattrapage optimal de vos cours, dit Abel.
A la fin du double cours, Harry attendit ses amis près de la porte. Cependant, quand tout le monde fut sorti, Abel lui demanda de s’approcher avec les trois autres.
- J’ai quelque chose à vous proposer, annonça-t-il, – ne vous en faites pas, Hermione, j’en viendrai au rattrapage des cours. En ce moment, bien trop d’occasions se présentent où vous êtes confrontés à des combats violents. Avec votre entrée dans l’Ordre, la guerre qui s’intensifie et nos recherches qui vont reprendre, cela ne va pas s’arrêter, bien au contraire.
Il y eut un bref silence. Harry écoutait attentivement.
- Vous êtes certes doués et avez déjà une certaine expérience mais cela ne suffira pas toujours, reprit Abel ; les coups de chance ne seront pas toujours là. Voilà pourquoi je souhaiterais vous proposer des cours privés, cette année – rien à voir avec ceux de mon feu frère, je parle d’un véritable entraînement aux duels et aux sorts.
Harry, Ron, Hermione et Neville échangèrent des regards rapides et très intrigués – et intéressés.
- Ils viendront à un moment dans l’année mais vous, vous devez apprendre immédiatement comment devenir de vrais combattants de l’Ordre du Phénix. Je vais vous enseigner des sorts plus puissants, plus nuisibles, dont certains interdits.
Hermione parut scandalisée.
- Professeur ! s’exclama-t-elle.
Abelforth haussa les sourcils en se tournant vers elle.
- Je voulais dire Abel, rectifia Hermione. Vous ne pouvez pas nous apprendre le même genre de sorts qu’utilisent les Mangemorts, tout de même !
- Certains, si, répondit Abelforth.
La jeune fille sembla outrée par cette réponse.
- Ne soyez pas si choquée, Hermione, il ne s’agit pas de sortilèges Impardonnables. Je parle de sorts généralement interdits mais qui, en cas de légitime défense, peuvent être pratiqués. Bien entendu, quand on est quelqu’un de bien, il vaut mieux éviter ce genre de sort si on ne veut pas sombrer du mauvais côté à force d’être dégoûté par la vie… Mais il faut au moins les connaître au cas où. Et vous devez également connaître d’autres sorts plus puissants que ceux que vous avez l’habitude d’utiliser pour vous défendre. Mais ne vous en faites pas, je ne vous demande pas de combattre de façon plus « maléfique » qu’il ne le faudrait ; je ne souhaite pas vous abaisser au niveau des Mangemorts.
Un peu rassurée, le visage d’Hermione se détendit.
Harry, lui, était très excité par cette proposition qu’il trouvait à la fois judicieuse et très bien venue, même s’il comptait bien ne plus utiliser de sortilèges interdits, ses expériences avec Bellatrix Lestrange, Drago Malefoy et Severus Rogue restant de sinistre mémoire.
- Et quand est-ce que vous nous donneriez ces cours ? questionna-t-il.
- Quand vous aurez moins de choses à faire, répondit simplement Abel. Je pense donc qu’après le match contre Poufsouffle, vous n’aurez plus le même souci des entraînements et vous aurez rattrapé les cours de la semaine dernière. Nous aviserons à partir de là.
Harry fut un peu déçu. Encore ce match…
- Dois-je en conclure que vous acceptez ma proposition ? demanda poliment Abel.
- Moi j’accepte ! assura Ron, enthousiaste.
- Moi aussi, répondit fermement Harry.
- Et moi, dit Neville.
La quatrième réponse se fit attendre.
- Hermione ? dit Abel.
La jeune fille réfléchit un moment puis finit par répondre :
- Si ce n’est vraiment pas plus proche de la magie noire que…
- Vous ne ferez jamais de magie noire avec moi, assura vivement Abel, indigné, même si certains sorts à n’utiliser qu’en dernier recours s’en approcheront.
Hermione hésita encore quelques instants puis…
- C’est d’accord, dit-elle.
- Et bien je vous conseille dans ce cas de rattraper au plus vite votre retard, dit Abel.
Et sur ce, il leur remit les documents nécessaires.
Hermione fut horrifiée par tous les cours qu’elle avait manqués en seulement une semaine. Elle s’attelait à la tâche à chaque moment de libre, et son petit ami ne parvint pas à la déconcentrer. Ron décida donc de travailler durement lui aussi au rattrapage des cours, et Neville fit de son mieux pour assimiler la défense contre les forces du Mal et les sortilèges (il n’eut pas beaucoup de problèmes avec la Botanique). Harry apporta toute l’aide qu’il pouvait à ses amis, comme il se l’était promis, mais il s’aperçut bien vite qu’être professeur particulier n’avait rien à voir avec ce qu’il avait connu jusque là.
Pendant les séances de l’A.D., il avait surtout aidé ses élèves au niveau pratique, mais pour ce qui était de la théorie, c’était plus difficile. Heureusement, Hermione, qui comprenait plus vite que les autres, pouvait expliquer plus efficacement à Ron et à Neville – surtout à Neville.
Ron, en plus de la grande quantité de devoirs, se rendait de nouveau aux entraînements de Quidditch, et Harry fut ravi de constater qu’il était toujours aussi bon, à peu près autant que les autres joueurs furent euphoriques de constater le départ de Geoffrey Hooper.
Ce dernier avait plutôt mal pris son renvoi de l’équipe : il avait jeté sa robe de Quidditch dans un mouvement de rage puis était parti en marmonnant des paroles incompréhensibles. Mais Harry s’en moquait : Ron était revenu, ses joueurs avaient retrouvé le moral, tout comme leur capitaine, et ils étaient désormais très bien partis pour l’emporter contre Poufsouffle.
Harry aimait beaucoup profiter des séances d’entraînement pour observer Ginny, qui semblait de plus en plus radieuse. Mais était-ce le signe qu’elle oubliait Harry ou qu’elle se sentait plus détendue en sa présence ?
- Et, Harry, arrête de regarder Ginny et termine ton explication !
- Quoi ?
C’était l’entraînement du mardi soir, le lendemain du retour de Ron, Hermione et Neville. Les joueurs attendaient la fin de l’explication de la tactique de jeu qu’il voulait les voir utiliser le jour du match.
Mais Harry s’était arrêté un instant sur Ginny qui était maintenant écarlate. Lui-même sentit ses joues chauffer, mais il fut soulagé de constater que la jeune rousse avait un tressaillement de sourire.
Dean, agacé, avait sorti Harry de ses rêveries.
- On ne pourra pas gagner contre Poufsouffle s’ils attrapent le Vif d’Or pendant que tu regardes les filles, s’énerva-t-il.
- Désolé… euh…
Un peu gêné, Harry acheva de donner ses directives.
Sur le chemin du château, Ginny lança un « Au revoir, Capitaine ! » enjoué et dépassa Harry et son frère accompagnée de Demelza. Harry jeta un coup d’œil perplexe à Ron. Ce dernier lui rendit son regard, partagé entre le reproche et l’amusement.
- Ce n’est pas très sérieux de regarder les filles pendant l’entraînement, Capitaine, dit-il sur un ton étrange.
Ils marchèrent encore un peu puis Ron s’arrêta brusquement. Il fit volte-face.
- Ce serait bien si tu te remettais avec Ginny, déclara-t-il.
- Quoi ? s’étonna Harry.
Il avait du mal à croire ce qu’il entendait.
- J’ai dit que je trouverais ça bien que vous ressortiez ensembles.
- Toi, tu veux que quelqu’un sorte avec ta sœur ?
- Ca n’a rien de nouveau, dit Ron, je t’avais déjà dit que j’aimerais qu’elle se souvienne de toi.
- Oui, mais je n’aurais jamais cru que tu irais jusqu’à m’encourager à sortir avec elle, répondit Harry.
- Et bien… disons que je pense que vous allez bien ensembles et que… ça me rassure qu’elle sorte avec toi et pas un autre. Mais je ne veux pas que vous vous bécotiez en public ! prévint-il d’un air qu’il voulait sévère.
- Pas de souci là-dessus, ça ne risque plus d’arriver, marmonna Harry.
Ron de répondit rien. Harry, lui, ne savait pas s’il devait croire ou non ses propres paroles. Ginny était maintenant bien plus détendue en sa présence, elle restait elle-même…
Il retrouvait la rouquine qui lui ressemblait tant…
![]()
Un délice! Continu!