Creusé*
C´est rien, Vegetabill
.
Piranha >>> Ce n´est pas une rumeur, Deathly Hallows est le titre officiel, mais nous n´avons pas encore de traduction française officielle
.
Voici la fin du chapitre 29
. Bonne lecture
:
29
Une demeure aux
multiples facettes (suite et fin du chap)
Le lendemain, après avoir déjeuné dans une Grande Salle assez remplie pour les vacances – avec la fréquence des morts qui augmentait sans cesse à l’extérieur, les parents commençaient finalement à préférer savoir leurs enfants à l’abri, à Poudlard, que chez eux –, Harry, Ron, Hermione et Neville sortirent dans le parc et se mirent à attendre Abel près du portail, comme prévu. Mais ce dernier n’arrivait pas. Au bout de dix minutes, Ron s’impatienta :
– C’est pas vrai… qu’est-ce qu’il fait ? grogna-t-il. Il s’était déjà levé de table depuis cinq minutes quand on est sortis…
Même si elle n’osait pas l’admettre, l’expression agacée d’Hermione montrait qu’elle était entièrement d’accord avec Ron, et Neville avait l’air un peu fatigué d’attendre, tout comme Harry. Celui-ci espérait qu’Abelforth avait vraiment quelque chose d’important à faire…
Quelques longues minutes plus tard, ils virent leur professeur s’avancer à pas précipités vers eux. Apparemment, il venait du terrain de Quidditch. A chaque main, il tenait des…
– Des balais ? s’étonna Ron.
– Eh oui, Ron ! répondit Abel en s’arrêtant à quelques mètres d’eux, le souffle court. Si vous le voulez bien, c’est en balais que nous nous rendrons à l’endroit prévu… enfin où moi j’ai prévu d’aller.
Il s’interrompit quelques instants pour reprendre son souffle. Harry remarqua que parmi les balais qu’Abel avait apportés – il y en avait cinq, ce qui expliquait peut-être qu’il soit hors d’haleine – il y avait son Eclair de feu et le Brossdur 11 de Ron.
– Excusez-moi pour mon retard, reprit Abel, mais je devais vérifier quelques petites choses. Minerva a accepté de me donner la localisation des trois ruines découvertes par Kingsley. Je pense que la plus facile à atteindre est celle qui se trouve dans une plaine, dans une forêt qui prolonge notre bonne vieille Forêt interdite. Mais elle se trouve en dehors de l’enceinte de Poudlard. Si nous nous rendons là-bas, nous devrions trouver un manoir qui serait le « rez-de-chaussée » de l’ancien repère de Voldemort, d’après la description qu’ont faite vos frères, dit-il en se tournant vers Ron. Et vu que nous ne pouvons pas transplaner là-bas – je ne pense pas que l’un d’entre vous se soit déjà trouvé dans cet endroit –, j’ai pensé que le meilleur moyen de transport serait des balais de course… Est-ce que ça vous convient ?
Harry, Ron, Hermione et Neville acquiescèrent en silence. Harry se pencha et ramassa son Eclair de feu, ainsi que le Brossdur 11 qu’il remit à Ron.
– Dans ce cas, choisissez tous un balai et partons, dit Harry d’un ton décidé.
– Je prends mon propre balai, si ça ne vous ennuit pas, dit Abel en saisissant le manche d’un autre balai à l’aspect banal.
Une fois que Hermione et Neville se furent mis d’accord pour savoir qui aurait lequel des deux balais restants – il s’agissait des vieux modèles de l’école –, ils franchirent le portail puis décollèrent.
Abel et Harry menaient le groupe, côte à côte. Harry se disait qu’il aurait pu aller encore plus vite, mais malheureusement, seul Abelforth connaissait leur destination – du moins il l’espérait. De haut, ils pouvaient voir la Forêt interdite et le lac ; Harry crut même apercevoir le calmar géant faire prendre un bain de soleil de printemps à quelques unes de ses énormes tentacules. Harry ne pensait pas que la forêt de Poudlard était aussi vaste, mais il fut encore plus étonné lorsqu’il entraperçut la gigantesque masse d’arbres qui la prolongeait, en dehors du mur d’enceinte. Ils volaient vers l’ouest, avec, heureusement, le soleil dans le dos. Jamais Harry n’avait vu les montagnes qui entouraient son école d’aussi près – et pourtant ils s’en trouvaient encore éloignés d’au moins un bon kilomètre.
Au bout d’un petit quart d’heure à peine, Abelforth leur fit signe de ralentir. Ils firent plusieurs cercles au-dessus de la portion de forêt qu’ils survolaient afin de trouver l’endroit où ils étaient sensés atterrir. Après quelques instants de recherche, Abel cria :
– Par ici !
Ils le rejoignirent puis atterrirent au milieu, ou presque, d’une gigantesque clairière au terrain si parfaitement plat, qu’on l’aurait cru aplani d’une façon presque surnaturelle. Mais son véritable centre était déjà occupé par une demeure très imposante – mais en ruines. Les murs du manoir, à l’aspect très ancien, étaient entièrement composés de briques qui avaient pourtant une intense couleur rouge vif. Après avoir dissimulé leurs balais dans un buisson, tout en les désillusionnant, ils se mirent à contourner l’immense maison.
– Cet endroit est… bizarre, commenta Hermione, l’air impressionné.
Autrefois, ce manoir avait dû comporter plusieurs étages, pensa Harry, mais seul son rez-de-chaussée paraissait en parfait état. Seuls quelques pans de murs se dressaient encore au-dessus, et un l’ombre d’un toit semblait s’esquisser.
Ils finirent par tomber devant une grande porte de bois, peinte d’un rouge aussi vif que celui des briques, et à double battant. Ils s’approchèrent. Il y avait une poignée en or massif sur chacun des panneaux. Abel les saisit et tira, sans résultat. Il poussa sans plus de succès. Il essaya de faire tourner les poignées, qui ne présentèrent aucune résistance, mais cela ne servait à rien : la porte, elle, ne bougeait pas d’un millimètre. D’un mouvement résolu, il prit sa baguette magique et visa les poignées.
– Alohomora !
Rien de plus ne se produisit. Il soupira.
– Entrer est plus difficile que je ne l’aurais cru, compte-tenu de la facilité que nous avons eu à atterrir…, murmura-t-il.
– Il doit y avoir un moyen d’ouvrir cette porte, intervint Hermione.
– Eh bien je ne trouve pas ce moyen ! répliqua Abel, étrangement énervé.
– Nous devons réfléchir, répondit Hermione : ça ne doit pas être pour rien que l’on peut tourner ces poignées.
– Eh bien… vous n’avez qu’à essayer, Hermione, dit Abel. Vous êtes intelligente, donc vous devez être forte en énigmes…
– Je ne voulais pas dire que…, commença Hermione, les joues rosissantes.
– Ça ne fait rien, la coupa Abel avec un geste dédaigneux de la main. Examinez donc cette porte et dites-nous ce que vous en pensez…
Amusé, Harry vit une Hermione confuse s’approcher de la porte de la demeure, sous le regard d’Abel. Harry remarqua que, même s’il s’efforçait de le cacher, Abelforth paraissait plus qu’agacé. Etait-il vexé ? se demanda Harry. Cette supposition le laissait perplexe…
– Ces poignées ont des formes étranges…, marmonna Hermione, pour elle-même. Elles me rapellent des… Attendez une seconde, dit-elle à l’adresse des quatre autres.
Et sous leurs yeux, elle tourna les poignées de sorte qu’elles soient parfaitement symétriques. Puis elle tira la gauche de la première, ainsi la droite de la seconde, et les deux se rejoignirent alors automatiquement, comme une boîte qui se referme. A présent, les deux poignées n’en formaient plus qu’une seule, et les deux faces qui s’étaient trouvées cachées contre la porte, quelques secondes auparavant, se trouvaient maintenant à découvert, et formaient une statuette d’or, en forme de lion altier.
– Je dois avouer que je n’y avais pas pensé, dit Abel avec un sourire et un ton approbateur qui rassurèrent Harry.
– Ça alors…, murmura Neville, l’air impressionné.
Harry pensa qu’il exagérait peut-être un peu « l’exploit » d’Hermione.
– Ça ne servira à rien si je ne peux pas la tourner, dit Hermione. Et qui sait ce qui pourrait s’enclencher si je le faisais…
– Ce n’est pas ce que je voulais dire, répliqua Neville. Quasiment tous les murs extérieurs de la maison sont rouges vifs : il n’y a que ce lion qui est en or, et il ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Gryffondor – mais en relief.
Et en effet, d’après les souvenirs les plus récents de Harry, le lion altier des Gryffondor avait exactement la même forme que la poignée qu’Hermione venait de monter.
– C’est vrai, ça, dit Ron en s’approchant à son tour, l’air intrigué.
– En tant que directeur de votre maison, je confirme, dit simplement Abel.
Ses sourcils se froncèrent légèrement. Hermione, elle, ne semblait pas aussi convaincue que les autres.
– Vous croyez que Voldemort aurait fabriqué une maison aux couleurs de Gryffondor ? demanda-t-elle d’un ton hésitant.
– C’est impossible, répondit immédiatement Harry. S’il a lui-même construit – par magie – l’endroit où il habitait, il ne lui a pas donné les couleurs de Godric Gryffondor. C’était celui qui s’opposait le plus aux idées de Serpentard sur les enfants des Moldus. A mon avis…
Mais il s’interrompit : en réalité, il n’avait pas encore assez réfléchi à la question pour avoir un avis plus avancé sur la question, et ils n’avaient pas le temps pour cela.
– Peu importe, il faut continuer, déclara-t-il à l’adresse d’Hermione. Si quelque chose t’attaque quand tu ouvriras cette porte – si tu y arrives –, nous ne nous enfuirons pas en te laissant seule face à ça – même pas Ron, ajouta-t-il avec un sourire forcé.
Pendant une fraction de seconde, il crut apercevoir un infime tressaillement de sourire sur les lèvres d’Hermione, mais son visage avait immédiatement retrouvé des traits à cent pour cent sérieux. Ron, lui, parut légèrement embarrassé par les paroles de Harry.
– Très bien, dit Hermione en se retournant vers la ruine.
Elle saisit le lion d’or et il se laissa tourner dans le sens des aiguilles d’une montre. Un déclic se produisit, et lentement, dans un grincement qui leur aurait certainement donné la chair de poule en pleine nuit, la double porte commença à s’ouvrir. Leurs cinq baguettes levées, ils entrèrent dans le rez-de-chaussée du manoir. Ils n’eurent pas besoin de faire eux-mêmes de la lumière : les fenêtres éclairaient déjà une immense salle rectangulaire, aussi large et longue que la maison. Etrangement, il ne paraissait pas exister de pièce particulière à cet étage ; seulement un sol de bois poussiéreux et un plafond entourés des quatres murs du bâtiment. Et l’endroit était quasiment vide.
Cependant, au centre de la pièce, se trouvait un drap, d’un vert sale, qui semblait recouvrir un objet plat et rectangulaire d’au moins deux mètres de haut. Ils s’avancèrent et l’encerclèrent.
– Qu’est-ce que c’est ? demanda Ron.
– Aucune idée, répondit Harry à voix basse.
Cette forma lui évoquait quelque chose, mais il n’aurait pas su dire quoi.
– Vous croyez qu’on doit regarder ce qu’il y a là-dessous ? demanda Neville, hésitant.
– Il me semble que l’on ne saura rien sans cela, observa Abel.
– Dans ce cas…, dit Hermione, en levant sa baguette magique, d’une façon plus confiante. Je peux ?
Les quatre hommes acquiescèrent silencieusement. Hermione agita alors sa baguette et le tissu verdâtre s’envola au-dessus d’Abelforth avant d’atterrir en boule à quelques mètres sur le parquet poussiéreux. Harry avait maintenant en face de lui l’extrémité d’un cadre d’or, soutenu par un pied pourvu de griffes. Il se tourna légèrement à sa gauche, vers une Hermione immobile, complètement figée et toute pâle. Elle avait lâché sa baguette qui était tombée sur le sol.
– Qu’est-ce que tu as, Hermione ? demanda-t-il, très inquiété du comportement de son amie.
Hermione se mit alors à trembler tout en gardant les yeux rivés droits devant elle. Son visage se tordit douloureusement, et deux larmes coulèrent sur ses joues tandis qu’elle se plaquait la main droite sur la bouche.
– Hermione, qu’est-ce que… ? commença Harry en s’approchant d’Hermione sous les yeux ébahis des trois autres qui avaient eux aussi contourné le cadre d’or.
Il voulut voir ce qui bouleversait autant sa meilleure amie et entrevit le reflet d’un miroir avant de sentir deux bras se serrer autour de son cou et quelque chose de lourd se poser sur son épaule : Hermione s’était jetée dans ses bras. Elle le serrait en tremblant d’une peur inexplicable et pleurait à chaudes larmes sur sa robe.
– Qu’est-ce qui t’arrive, Hermione ? demanda-t-il avec toute la douceur dont il était capable, alors qu’il était complètement désarçonné, tout en posant une main apaisante dans le dos de la jeune femme.
Celle-ci tourna lentement son visage en arrière, en direction de Ron, qui échangea un regard stupéfait avec Harry.
– Excuse-moi…, murmura Hermione, en se décollant de ce dernier. Je suis vraiment désolée… C’est ce miroir, je…
Mais elle ne dit rien de plus et ramassa sa baguette magique sur le sol. S’éloignant à contrecoeur – en cet instant, l’état mental d’Hermione le préoccupait beaucoup –, Harry s’avança à gauche d’Abel qui examinait le miroir au cadre d’or. En haut de ce cadre, des mots avaient été gravés dans le métal : « Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej ».
Mais même sans ces inscriptions, Harry n’aurait eu aucun mal à reconnaître ce miroir, qu’il n’avait pourtant plus vu depuis près de six ans.
– Ça par exemple…, murmura Abel. Le miroir du Riséd…
– Vous savez ce que c’est ? demanda Neville, mal à l’aise.
– C’est le miroir du Riséd, répondit Harry avant Abel. Quand nous étions en première année, Dumbledore en avait fait une protection pour la Pierre Philosophale…
– Mais sa fonction première consiste à montrer à celui qui se regarde dedans la chose qui le rendrait le plus heureux…, ajouta Abelforth en regardant Hermione, dont les yeux rougis fixaient le sol. N’aurait-il pas rempli correctement sa fonction ?… interrogea-t-il doucement.
Dans un léger état de choc, Harry ne parvenait pas à comprendre pourquoi Nagini s’était trouvé ici, et non près de Voldemort – et il préférait ne pas envisager que Voldemort se trouve à proximité… Mais dans l’immédiat, il fallait considérer que le serpent n’était plus qu’un tas de cendres et ne ferait plus le moindre mal à qui que ce soit. Il n’y avait plus qu’un Horcruxe à découvrir, et à détruire.
– Bon, finit par dire Harry, se décidant à réagir avant Abel. Il faut se réveiller, un peu, on ne doit pas rester là à attendre que les autres serpents reviennent chercher de la viande fraîche… Je propose qu’on retourne au-dessus et qu’on fouille les deux autres étages.
– Vous avez raison, Harry, dit fermement Abel en retrouvant ses airs habituels. Nous ne devons pas traîner trop longtemps ici et nous avons quelque chose d’important à faire, il me semble.
Menés par Harry, et Abel en second, ils remontèrent l’escalier humide et retrouvèrent la clarté des fenêtres du rez-de-chaussée, qui permettait toujours de voir la silhouette cachée du miroir du Riséd. Harry se demanda de nouveau avec appréhension comment cet objet avait bien pu se retrouver dans cette maison, mais il ne fit qu’y jeter un bref coup d’œil avant de s’engager dans le second escalier, qu’ils gravirent un petit moment avant d’arriver dans une nouvelle pièce, de dimensions plus petites mais assez admirables malgré tout : le salon des Dursley aurait pu tenir au moins deux ou trois fois à l’intérieur.
Harry eut un drôle de choc quand il s’aperçut que le décor avait totalement changé : les murs de briques et le sol de pierre avaient été remplacés par du bois, et un bois à l’aspect très ancien, qui plus est. En effet, les murs et l’espèce de parquet poussiéreux étaient constellés de tâches claires qui avaient dû être causées par de l’eau. Il y avait des fenêtres, mais sans vitres, ce qui laissait l’entrée libre aux habitants de la forêt. Harry aperçut des toiles d’araignée et espéra de tout cœur que celles du prolongement de la Forêt interdite étaient de dimensions et d’un caractère différents que dans l’enceinte de Poudlard. En tout cas, d’après ce que laissaient voir ces ouvertures vers l’extérieur, ils se trouvaient dans une immense cabane construite dans les arbres, dans un endroit sûrement assez éloigné de la clairière de la ruine de briques rouges. Certains troncs d’arbres transperçaient même le sol et le plafond, comme des piliers naturels.
En sortant de l’escalier, ils avaient une porte à leur droite. Etant donné que la pièce dans laquelle ils se trouvaient ne semblait présenter aucun intérêt particulier, ils décidèrent de poursuivre leurs recherches et de franchir cette porte de bois. Le décor changea alors du tout au tout, aussi brusquement que la première fois : ils se trouvaient de nouveau dans une grotte de pierre, éclairée par des torches de flammes bleues fixées sur la paroi rocheuse. Elle était très semblable à celle du sous-sol, mais en proportions beaucoup plus importantes : le mur quasi-circulaire qui les entourait était d’une taille comparable à celle de la salle commune de Gryffondor. La température aussi avait changé en chutant brutalement, ce qui les fit tous frissonner, même Abel : on aurait dit que le froid du mois de décembre avait soudain décidé de revenir. Toutefois, ils ne subissaient peut-être pas ces mauvaises conditions pour rien.
En effet, à l’opposé de la porte de la cabane, reposait un chaudron d’argent massif. Une lueur verte, devenue, depuis quelques mois, très familère à Harry, provenait de l’intérieur.
– Je suppose que nous sommes passés dans la région montagneuse où se trouve la tour dont a parlé Kingsley, dit Abel, tout en grimaçant à cause du froid. Nous sommes sûrement dans un prolongement souterrain de la tour, sous la montagne…
Mais Harry n’écoutait pas. Tout en vérifiant qu’il n’y avait pas de trou ni la moindre autre chose anormale, dans la roche du sol, des murs, ou du plafond – il ne voulait pas revoir surgir des créatures appréciant la chair humaine –, il s’avança vers le chaudron. A l’intérieur, brillait un liquide qui dégageait une intense lumière verte, et Harry sut immédiatement, et sans le moindre doute, qu’il s’agissait à nouveau de la potion qui avait affaibli Dumbledore l’an dernier, et qui avait failli le tuer lui-même, il y avait quatre mois de cela. La potion de la Mort, d’après les dires du Dumbledore de son rêve…
– Tu sais ce que c’est, Harry ?… demanda Hermione à voix basse.
– Oui, répondit Harry d’un ton neutre. C’est la même potion que celle que j’ai bue dans la coupe de Poufsouffle.
– Donc c’est aussi…, commença Ron.
– … celle sans laquelle Severus Rogue ne serait jamais parvenu à tuer mon frère aussi facilement, acheva simplement Abelforth.
Il y eut un silence. Harry se pencha lentement sur la potion.
– Attention ! s’exclama Hermione, comme si elle avait eu peur qu’il tombe à l’intérieur du chaudron. On ne veut pas que tu retombes dans le coma…
Mais Harry ne l’écoutait pas plus qu’Abel. Son visage se trouvait juste au-dessus de la surface de la potion, dont la clarté éblouissait à présent ses yeux grands ouverts ; il retint ses lunettes sur son nez par précaution. Il avait l’impression que la lumière du liquide dégageait une force, une sorte de magie macabre qui aspirait l’énergie de son visage avec une lenteur infinie… Il avait également une sorte de pressentiment et, au bout de quelques secondes, l’étrange sensation que lui donnait la lueur mortuaire de la potion se transforma en picotements, puis en légère brûlure, au niveau de sa cicatrice.
Il se redressa brusquement. Plus qu’un pressentiment, il était désormais totalement – et bizarrement – certain d’une chose. Il se retourna vers ses amis.
– Cette potion contient de l’âme de Voldemort, déclara-t-il avec une conviction à toute épreuve.
– Quoi ? s’étonna Ron. Tu veux dire que c’est ça, le dernier Horcruxe ?
– Euh… oui, répondit Harry, soudain moins convaincu. Enfin… Je ne sais pas vraiment. J’ai l’impression qu’une petite partie de l’âme de Voldemort est diluée dans ce liquide – non, en fait, j’en suis sûr.
– Et comment pourrais-tu le savoir ? questionna Hermione, comme agacée par une affirmation aussi catégorique.
– Je ne sais pas, répondit Harry, un peu dépité. Mais… je le sens, c’est tout, dit-il.
Hormis Abelforth, aucun ne sembla satisfait de cette réponse – pas même Harry, qui était pourtant persuadé de ce qu’il avançait.
– Je pense que l’on peut se fier à vos intuitions, dit Abel d’un ton des plus sérieux. Vous dites qu’une partie de l’âme de Voldemort serait diluée dans cette potion ?
Harry acquiesça.
– Mais ce n’est qu’une très petite partie, ajouta-t-il précipitamment, pas comme… un Horcruxe.
– Dans ce cas… imaginons que Voldemort ait effectivement transformé une potion comme celle-ci en Horcruxe, dit Abel. Apparemment, Voldemort s’est servie plusieurs fois de cette potion dans sa vie – or il a soixante-douze ans, si mes souvenirs sont exacts. S’il avait transformé… disons, un verre de potion en Horcruxe, et qu’il en avait reproduit ensuite plusieurs litres supplémentairs – dont la potion qui a affaibli mon frère, celle qui a failli vous tuer et le chaudron que nous avons ici –, il est possible que le septième d’âme concentré dans un faible contenu au départ se soit dilué ensuite plusieurs fois jusqu’à donner l’impression qu’il n’y en a plus qu’une infime partie dans ce chaudron, vous ne croyez pas ?
Harry réfléchit un bon moment. Vu sous cet angle, il lui semblait soudain que l’hypothèse selon laquelle cette potion serait le dernier Horcruxe à détruire était très vraisemblable, tenant compte de son intuition. Mais un second pressentiment l’ennuyait : il n’arrivait pas à se persuader que le nom d’« Horcruxe » convenait à la potion.
– Mais si Voldemort en a utilisé plusieurs échantillons, peut-être qu’il en a gardé quelques uns sur lui, non ? fit judicieusement observer Neville. Il pourrait même en avoir dissimulé des gouttes un peu partout, aux quatre coins du monde, et on n’aurait plus aucune chance de détruire tous les Horcruxes !
Ron et Hermione semblaient partager les craintes de Neville ; Harry resta impassible.
– Nous sommes donc obligés d’espérer que Voldemort n’a pas fait une telle chose et qu’il n’a utilisé cette Potion-Horcruxe que pour protéger d’autres Horcruxes, admit tristement Abel. Ce ne serait d’ailleurs pas si extraordinaire que ça, vu sa légère tendance à vouloir faire les choses dans la grandeur, ajouta-t-il avec un brin d’optimisme.
– Donc, si je comprends bien, nous pouvons considérer que ce poison est vraiment le dernier Horcruxe de Voldemort ? demanda Hermione, d’une petite voix à peine crédule.
– Je pense, oui, dit Abel. Bien sûr, à moins que l’un d’entre vous ne soit prêt à boire tout le contenu de ce chaudron, je ne vois pas vraiment comment détruire ce type d’Horcruxe.
Harry, bien que ne sachant toujours pas pourquoi, et bien qu’ayant toujours la même étrange certitude qu’au début, ne partageait ni la confiance d’Abel… ni les craintes de ses amis. Même si cela aurait sans doute été très différent un ou deux mois auparavant, il ne pensait pas que détruire la portion de l’âme de Voldemort que contenait cette potion était un problème.
Tranquillement, il leva sa baguette magique puis toucha la surface du liquide.
– Qu’est-ce que tu fais, Harry ? demanda Hermione, inquiète.
Ne sentant aucune résistance, Harry immergea à moitié le bois de sa baguette magique, puis jusqu’au manche, en évitant à peine de toucher lui-même le poison.
– Arrête ! s’exclama Hermione, horrifiée. Ce n’est pas un jeu, tu pourrais mourir ! s’emporta-t-elle, presque paniquée, tandis que les autres observaient silencieusement, prêts à intervenir à tout moment.
Mais c’était inutile. Harry, sans même avoir prononcé, ou même s’être répété mentalement la formule, concentra légèrement sa volonté et libéra sans inquiétude le sortilège Inertio à l’intérieur du liquide. En quelques secondes, le vert fluorescent de la potion devint de plus en plus intense et de plus en plus blanc, jusqu’à obliger Harry à fermer les yeux. Il attendit encore quelques secondes pour les rouvrir, et constata alors que la potion, si lumineuse au départ, était devenue aussi transparente que de l’eau.
– Ce n’était pas si compliqué, marmonna-t-il avec un timide sourire, en se retournant vers les visages stupéfaits de Ron, Hermione, Neville et Abel.
– Le sortilège Inertio est vraiment une arme formidable…, déclara lentement ce dernier. Comme je le pensais, une fois maîtrisé, vous avez su d’instinct vous en servir utilement. Je crois que…
Mais il fut interrompu par un bruit de craquement. D’un même mouvement, ils se retournèrent tous les cinq vers le pan de mur le plus proche, qui, à la grande horreur de Harry, était en train de se fissurer.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda Neville, anxieux. La grotte s’effondre ou quoi ?
C’était également ce que craignait Harry, mais en y regardant bien, il remarqua que la pierre se fendait d’une façon… particulière. Les fissures dans la roche dessinaient les contours de symboles. Au bout de quelques secondes, de minuscules morceaux de pierre jaillirent de la paroi et Harry, à l’image de ses quatre compagnons, se protégea le visage de ses mains. Lorsqu’ils cessèrent d’être bombardés, Harry vit que les fissures qui entouraient ce qui avait semblé être des symboles s’étaient agrandies, et formaient désormais ce que, malgré sa maigre expérience, il croyait être des…
– Des anciennes runes…, murmura Hermione.
Elle s’avança et examina attentivement le mur de pierre.
– Ce sont des runes, comme celles que j’étudie à Poudlard, les informa-t-elle en se retournant brièvement vers les autres. Mais dans une langue différente, je crois.
– Mais pourquoi est-ce que ce truc s’est gravé tout seul ? demanda Ron, perplexe. Et comme par hasard, au moment où Harry a… où il a fait ce qu’il a fait à cette potion ? dit-il après un instant de réflexion, ne trouvant apparemment pas les mots appropriés.
– Ce doit être une sorte de message, dit Harry avant Abel. Un message qui doit s’insrire lui-même dans la roche… dans certaines conditions.
Il voyait ces runes qui s’incrivaient au mur, juste au moment où il détruisait ce qui semblait être le dernier Horcruxe, comme une confirmation de ses doutes.
– En tout cas, je n’ai aucune compétence dans ce domaine, déclara piteusement Abelforth. Pouvez-vous nous le traduire, Hermione ?
– Non, répondit Hermione d’un ton catégorique, c’est impossible. J’ai déjà dit que c’était une langue différente de celle que j’étudie.
– Qu’est-ce que tu racontes ? dit Ron, les sourcils froncés. Tu étudies les runes depuis presque cinq ans !
– A la base, les runes ne représentent pas une langue, mais un alphabet, répliqua Hermione avec froideur. Et moi, j’ai appris à traduire des textes qui sont écrits avec cet alphabet en anglais ancien, et pas dans la langue écrite sur ce mur. En plus, il y a des runes que je ne connais pas, ici… Mais il est possible que ce qui est écrit sur ce mur ait une importance capitale, pour nous…, ajouta-t-elle, anxieuse.
Elle parut hésiter encore quelques secondes, puis elle pointa sa baguette sur sa main gauche et fit apparaître un morceau de parchemin, sur lequel elle utilisa un autre sortilège pour reproduire avec sa baguette le texte écrit sur les murs. Puis elle plia la feuille qu’elle rangea dans une poche de sa robe.
– Eh bien… j’ai comme l’impression que nous avons fait le tour de ce que nous pouvions faire ou trouver ici pour l’instant, finit par dire Abel après un silence. Et nous pouvons dire que nos fouilles ont été plus que fructueuses, même si nous n’avons rien trouvé d’intéressant pour McGonagall et les autres… Je ne vois donc pas l’utilité de rester ici, ni d’y retourner avant que l’on ait trouvé un moyen de traduire dans notre bon vieil anglais ce texte qu’Hermione nous a copié, déclara-t-il.
Harry, Ron, Hermione et Neville approuvèrent. Ils retournèrent dans la cabane, puis dans le manoir, et ressortirent dans la clairière où leurs balais n’avaient pas bougé du buisson dans lequel ils les avaient cachés. Puis ils décollèrent et rentrèrent à Poudlard sans aucun autre problème.
Quand ils atterrirent dans un coin discret du parc, près du mur d’enceinte, ils arrivèrent largement à temps pour le déjeuner. Avec un malaise grandissant, Harry se disait que, en dehors du « bref incident » avec Nagini, tout avait été trop facile…
je pense la meme chose que harry: c´était trop facile mais apres tout nagini n´est peut-etre pas mort et puis que veut dire cet etrange message?
beaucoup de questions persiste. VITE LA SUITE!
j´ai oublié de dire que c´était super comme d´hab
Ça serait pas la première fois que les choses aurait été trop facile pour Harry, et a chaque fois ce n´était pas vraiment bon...
En tout cas, vivement la suite !!
super comme suite sa nous garde comme toujours en allaine jai sa comme still mais comme lecteur sa maflige parce que je doit encore attendre pour une autre formidable suite continue sur cette belle lancé.
Fantastique ! J´attend la suiute ! Toute mes félicitations, comme a chake nouvel épisode ![]()
super!je me doutais bien que y avait un truc bizarre
Merci pour ta suite ! Toujours aussi bien !
Continue a nous en faire voir de toute les couleurs ![]()
Bonne lecture
30
Runes et Riséd (suite)
Les vacances de Pâques s’écoulèrent assez tranquillement, dans une ambiance satisfaisante de travail ponctué de repos réguliers. Certes, Harry aurait préféré passer plus de temps avec Ginny, mais il ne pouvait pas se plaindre. La reprise des cours signifiait le début du troisième trimestre de sa septième et dernière année à Poudlard, et l’échéance avant les ASPIC approchait dangereusement. Il lui paraissait également très étrange de se dire qu’il n’avait plus que trois mois à passer dans l’enceinte de l’école de sorcellerie.
Non seulement ils devaient s’affranchir de ce qu’on pouvait maintenant appeler une « chaîne de montagnes » de devoirs mais, en plus, ils commençaient déjà les révisions draconiennes de chaque matière qu’ils avaient poursuivie après leur cinquième année. Ils passaient souvent des heures à la bibliothèque ou dans la salle commune – et ils étaient loin d’être les seuls –, à revoir sept ans – ou cinq pour l’arithmancie et l’étude des runes – de notes sur cinq matières pour Harry et Ron, trois seulement pour Neville, même si cela lui semblait très difficile malgré tout, et sept pour Hermione. Ce n’était heureusement pas encore à ce point-là, mais Harry pressentait déjà le retour de l’ambiance tendue des BUSE.
En tout cas, il trouvait déjà légèrement agaçant le fait de ne jamais avoir la sensation d’avoir terminé son travail scolaire. De temps à autres, pour se détendre, il faisait une petite sieste au pied du hêtre sous lequel ils avaient passé tant d’heures, avec Ron et Hermione. Quand il y songeait, cela lui rappelait que la situation entre ses deux meilleurs amis était plus ou moins encourageante. En tout cas, désormais, ils se parlaient ; mais toujours sans aucun signe d’amitié, plutôt comme deux étrangers qui discutaient d’un ton courtois. Ce n’était donc pas parfait, mais Harry, Ron, Hermione et Neville pouvaient de nouveau marcher et parler comme un groupe d’amis ordinaire, et sans la moindre gêne, sans le moindre refroidissement de l’atmosphère.
Harry savait que cette légère évolution avait quelque chose à voir avec ce qu’Hermione avait vu dans le miroir du Riséd ; et il n’y avait pas de doute que cela concernait Ron, vu le regard qu’elle lui avait jeté à ce moment-là. Mais il n’avait pas demandé à Hermione ce qu’elle avait vu dans le miroir, et il ne comptait pas le faire. Il avait l’impression que cela aurait été trop indiscret, même pour sa meilleure amie.
En tout cas, Harry remarqua vite que le comportement de cette dernière n’avait pas changé qu’avec Ron, surtout après la reprise des cours. Au debut, il avait eu l’impression qu’Hermione éprouvait moins de plaisir à répondre aux lettres d’Anthony Goldstein, qui était rentré chez lui pour les vacances et qui tenait absolument à rassurer quotidiennement sa petite amie en lui écrivant qu’il était toujours en vie. Mais Hermione semblait se lasser lentement de cette correspondance. Et lorsqu’elle revint dans la salle commune de Gryffondor, la veille de la rentrée – d’après ce qu’elle avait raconté, Anthony avait insisté pour qu’ils passent l’après-midi de son retour ensemble –, on aurait vraiment dit, à son visage brusquement fatigué – et ce juste après un dernier sourire rayonnant pour Anthony, à travers le trou du portrait de la Grosse Dame –, qu’elle s’était forcée à paraître de bonne humeur au cours des dernières heures. Mais elle avait alors simplement dit qu’elle avait besoin d’une bonne nuit de sommeil.
Les cours reprirent donc, après deux semaines plus ou moins paisibles. Le troisième trimestre commença avec un cours de défense contre les forces du Mal qui annonçait des choses fort intéressantes. Ils avaient terminé le trimestre sur les créatures maléfiques, ainsi que celui sur la magie noire, et ils allaient maintenant passer à l’étude, théorique et pratique, des méthodes de défense magique les plus poussées que devait connaître tout sorcier sortant de sept années complètes au collège Poudlard. Abel leur annonça qu’ils allaient apprendre des maléfices, des contre-maléfices, ainsi que certains rituels et potions – avec l’appui des cours du professeur Slughorn, pour ceux qui étudiaient toujours les potions magiques. Mais le plus intéressant, aux yeux de Harry, fut lorsque le professeur de défense contre les forces du Mal déclara que dans les prochains jours, il pratiqueraient intensivement les duels de sorciers, afin de pouvoir se défendre et utiliser avec une efficacité maximale les sortilèges qu’ils avaient déjà appris, ainsi que ceux qu’ils allaient bientôt apprendre.
Harry en était ravi pour deux raisons : d’abord, ces entraînements supplémentaires lui permettraient d’améliorer sa technique, sa rapidité et ses réflexes, pour ce qui était de jeter les sorts qu’il fallait au bon moment, et pour tout ce qui relevait d’une action intelligente ; mais en plus de cela, ces séances de duels lui permettraient peut-être d’affronter Théodore Nott, voire Blaise Zabini ou Pansy Parkinson – Crabbe, Goyle et Millicent Bulstrode avaient tous trois un an de retard –, dans un combat régulier, à l’issue duquel personne ne pourrait lui reprocher de les avoir battus à plate couture par une série de maléfices appris en cours… Cette idée le réjouissait d’avance, même s’il n’était pas du tout certain qu’Abel lui en donnerait jamais l’occasion.
Les jours et les semaines passaient dans un rythme de travail très soutenu, et ce pour tous les septième année. Les Gryffondor de dix-sept ans ou plus se laissaient maintenant entraîner par Hermione et suivaient ses conseils, dans la crainte d’échouer à leurs examens. Désormais, les bandes d’amis ou les couples qui souhaitaient passer du temps ensemble le faisaient non plus en s’amusant dans le parc ou dans la cour, mais bien en révisant, faisant leurs devoirs, s’appuyant et se faisant réciter sans cesse les grandes lignes de leurs sept années d’études. Et Harry découvrit avec un certain plaisir que ce rythme de vie lui convenait.
Il était poussé et entraîné dans la masse du travail, des cours, des devoirs, des révisions ; mais aussi des entraînements de Quidditch, deux fois par semaine. Tout ceci ne lui laissait guère de temps libre dans la semaine, ni pendant le week-end. Il voyait exclusivement Ginny lorsqu’il pouvait se permettre de relâcher un peu son propre travail, pour l’aider dans le sien, s’autorisant un petit baiser de temps à autres. La nuit, dans le court laps de temps qui s’écoulait entre le moment où il se mettait en position de dormir, dans son lit à baldaquins, et celui où il s’endormait pour de bon, il rêvait vaguement d’une plage isolée, loin de tout, où il ne ferait ni trop chaud, ni trop froid, et sur laquelle ils pourraient rester allongés aussi longtemps qu’ils le voudraient avec Ginny, et s’embrasser… D’un autre côté, il devait reconnaître que la rareté des instants qu’ils pouvaient passer ensemble, et profiter réellement l’un de l’autre, renforçait le bonheur qu’il pouvait éprouver dans ces moments-là. Finalement, il se sentait parfaitement heureux dans cette situation – ou plutôt, cela aurait été vraiment parfait si les nouvelles sinistres du monde extérieur ne leur rappelaient pas la réalité chaque matin.
La situation ne changeait pas réellement ; elle restait identique à ce qu’elle était – le travail actif de chaque subdivision du ministère de la magie, en particulier des Aurors, le renforcement incessant de la protection du Chemin de Traverse, de Londumor, de Ste Mangouste, du ministère (on ne parlait pas beaucoup de Poudlard, ce qui laissait penser que Scrimgeour comptait beaucoup sur les défenses mystérieuses dont avait parlé le professeur McGonagall) et, bien sûr, malgré cela, la fréquence des meurtres, disparitions, baisers de Détraqueurs, et autres attaques de l’armée de Voldemort –, c’était la même atmosphère, mais en pire… Harry se tenait tout prêt, prêt à acquérir les dernières connaissances que Poudlard pouvait encore lui procurer, à faire preuve de ses capacités durant ses ASPIC, puis à accomplir totalement la prophétie qui avait tant marqué sa vie. Mais il l’avait bien compris, il ne le ferait pas parce que la prophétie le disait, il le ferait pour lui-même, parce que lui le voulait ; il voulait tuer Voldemort de sa main autant que ce dernier souhaitait la mort de Harry…
Celui-ci savait déjà, depuis plusieurs mois maintenant, où il trouverait la force de le faire. Il lui manquait seulement la technique, la technique pour pouvoir combattre et toucher efficacement son adversaire avec cette puissance… Désormais, presque à chaque cours de défense contre les forces du Mal – car ce cours était encore loin de se résumer à un seul domaine –, Abel regroupait ses élèves deux par deux pour une séance de duels. Il les observait tout d’abord, puis les stoppait (parfois difficilement), leur expliquait comment corriger tous les défauts qu’il avait repérés, et leur demandait de recommencer, et ainsi de suite.
Même si la puissance des sorts de Harry dépassait sans aucun doute celle de tous les autres, il s’aperçut rapidement qu’il lui arrivait d’être battu par la méthode de certains – notamment d’Hermione et, à sa grande surprise, de Ron. A chaque cours, Abel semblait vouloir à tout prix obliger ces deux derniers à se mettre ensemble, et on pouvait dire que cela portait ses fruits. Au début, Ron, bien que se défendant jusqu’au bout, se faisait toujours battre à plate couture par la rapidité d’une Hermione très enflammée et agressive. Mais il se mit à progresser très vite, avec, au fond du regard, le même ressentiment qu’Hermione ; et après quelques semaines, ils rivalisaient furieusement tous les deux, ne parvenant jamais à se départager réellement – chaque victoire de l’un étant toujours compensée par une de l’autre –, et provoquant ce qui aurait pu ressembler, de loin, à un feux multicolore. A côté de cette concurrence ouverte, Harry profitait des duels qu’il faisait tour à tour avec ses deux meilleurs amis pour progresser lui aussi à une vitesse de plus en plus fulgurante.
A la fin du mois de mai, une véritable élite de quatre personnes, d’un niveau plus ou moins égal, s’était formée dans la classe : Harry, Ron, Hermione… et Nott. Derrière eux, il y avait une demi-douzaine d’élèves, pour la plupart d’anciens membres de l’A.D., dont Ernie Macmillan et Neville, qui étaient sans aucun doute les plus travailleurs du groupe. Et enfin, il y avait les autres (dont Pansy Parkinson), qui éprouvaient encore quelques difficultés pour assimiler correctement certains conseils pratiques du professeur Abel. Blaise Zabini, lui, représentait une sorte « d’élément inclassable », situé entre le groupe de Harry et celui de Neville.
– Vous pouvez être fiers de vous, déclara solennellement Abelforth, le dernier vendredi de mai. Même pour ceux qui ont encore des difficultés, vous avez un niveau en défense contre les forces du Mal qui dépasse largement celui des autres années. Je ne dis pas non plus que ce sera suffisant ces temps-ci, mais… ça pourra toujours être utile, au cas où, dit-il d’un ton très sérieux. En tout cas, vous avez tous le niveau de sorciers qui vont se lancer dans la vie magique active. Nous avons donc terminé le programme d’étude de défense contre les forces du Mal que j’avais prévu pour vous cette année, annonça-t-il après un court silence. La semaine prochaine, je vous laisserai réviser à votre guise, et vous pourrez me poser toutes les questions et me demander toutes les précisions dont vous aurez besoin. Si vous le souhaitez, nous pourrons essayer de jeter le sortilège du Patronus – il y eut des exclamations enthousiastes – mais ce ne sera bien entendu pas la priorité de ces dernières heures de cours. Vous avez vos ASPIC à préparer, et je vous souhaite bonne chance pour vos dernières révisions.
Il y eut quelques « Merci, professeur », prononcés par politesse.
– Je voudrais également souhaiter bonne chance aux équipes de Quidditch de Gryffondor et de Serpentard, ajouta-t-il avec un accès de gaieté inhabituel. Pour le dernier match de la saison, j’attends un affrontement régulier, n’est-ce pas ? Que le meilleur gagne ! dit-il joyeusement.
En effet, le lendemain matin, à onze heures, aurait lieu la finale de Quidditch de l’année, qui opposerait de nouveau Serpentard à Gryffondor, comme cela s’était produit quatre ans auparavant. La semaine dernière, Serdaigle était passé en tête du championnat, en battant l’équipe de Poufsouffle par deux cents points à cent vingts. D’après ses calculs minutieux, Harry savait que pour que sa maison remporte la coupe de Quidditch pour la quatrième année consécutive, l’équipe de Gryffondor devrait remporter au moins cent soixante points, et ce avec au moins cent points d’avance sur le score de Serpentard. Cela ne devrait heureusement pas être trop difficile, vu l’excellent niveau que tous ses joueurs – et lui-même – avaient maintenu lors des derniers entraînements. Il était, bien entendu, particulièrement fier du talent de Ginny ; et Ron lui-même ne semblait pas ressentir de réelle appréhension
Après le match, ils n’auraient plus qu’une semaine de cours et de révision, et il prévoyait que le rythme de travail serait plus intensif que jamais et ce, avec de très courtes pauses… Ensuite, viendraient les deux semaines sur lesquelles s’étaleraient les épreuves d’ASPIC, mais Harry préférait penser à l’instant présent plutôt que de se laisser envahir par un stress inutile. Il se coucha en se concentrant sur les stratégies qu’il avait mises en place, avec ses joueurs, pour le match contre Serpentard.
Le lendemain matin, il était levé à huit heures, même s’il s’était réveillé bien plus tôt, tout comme Ron, Dean, ainsi que le reste de l’équipe. Ils prirent leur petit déjeuner en silence, puis rejoignirent les vestiaires pour revêtir leur robe rouge. Harry se tourna alors vers ses six coéquipiers.
– En tant que Capitaine, dit-il, je devrai faire un discours, mais… il sera court… je crois.
Tous se turent et le regardèrent, attentifs.
– Ces dernières semaines, notre équipe est devenue très forte, poursuivit Harry, et pour cela, nous devons déjà être fiers de nous, et nous dire que nous pouvons le faire, déclara-t-il d’un ton solennel. Malgré cela, je voudrais que nous gardions tous à l’esprit que le match pourrait être bien plus difficile que prévu. L’équipe de Serpentard peut être redoutable quand elle le veut vraiment, et nous savons qu’ils ne reculent pas devant les coups bas (il y eut des chuchotements approbateurs). Alors ne vous dites pas d’avance « C’est du gâteau ». Je ne dis pas ça pour vous démoraliser, au contraire. Nous avons un très bon niveau, c’est vrai, et gagner la coupe ne devrait a priori pas être trop difficile – il suffit de marquer au moins un but et que j’attrape le Vif d’Or avant que Serpentard ne prenne trop d’avance –, mais ce que je veux vous dire c’est que, même si nous sommes favoris… Donner le meilleur de vous-même dans ce match ! lança-t-il d’une voix forte en balayant son équipe d’un regard flamboyant.
Ginny, qu’il regarda en dernier, lui rendit ce regard avec un grand sourire radieux. Les visages étaient enthousiastes, et tous semblaient prêts à montrer ce que les Gryffondor avaient dans le ventre.
– Allez Gryffondor ! s’exclama Harry en levant le poing, emporté par une frénésie qui n’était pas du tout désagréable.
– ALLEZ GRYFFONDOR ! répondirent ses joueurs à s’en casser la voix, et ils eurent du mal à ne pas être tous pris de fou rire dans cette ambiance quasi-euphorique.
Harry était plutôt satisfait de son discours, même s’il n’avait peut-être pas été très adroit… En réalité, il avait essayé de répéter ce qu’il se disait à lui-même en pensant au jour, peut-être prochain, où il devrait affronter Lord Voldemort pour la dernière fois. Bien sûr, pour ça, il n’y avait aucun doute que ce serait très difficile… mais qu’est-ce que cela pouvait bien faire ? Il n’aurait qu’à suivre son propre conseil, et donner le meilleur de lui-même jusqu’au bout.
Très déterminé, il entra sur la pelouse sous les cris de la foule en effervescence. Au centre du terrain, douze joueurs firent cercle autour de Mme Bibine, la boîte qui contenait les quatre balles de Quidditch, et les deux Capitaines – Harry, et Miles Bletchley, le gardien de Serpentard.
– Serrez-vous la main, ordonna sèchement Mme Bibine.
Harry et Bletchley échangèrent une longue – et douloureuse – poignée de main. Le gant de gardien de Bletchley lui écrasaient les doigts, mais Harry tint bon et ne relâcha sa propre pression que lorsque Bletchley, voyant sans doute au regard sévère et appuyé de Mme Bibine qu’il ne fallait pas en faire trop, desserra lui-même ses doigts.
Les joueurs enfourchèrent leurs balais. Mme Bibine ouvrit alors la boîte d’un grand coup de pied, et libéra le Vif d’Or et les Cognards ; puis elle enfourcha son balai à son tour, et lança le Souaffle dans les airs. Les quinze balais décollèrent aussitôt.
– Ça, y est, le match commence enfin ! Et Ginny Weasley s’empare déjà du Souaffle et fonce vers les buts de Serpentard ! dit Michael Corner, qui avait été de nouveau choisi comme commentateur. Non, attention ! s’exclama-t-il soudain.
Tout en ratissant le terrain à la recherche du Vif d’Or, Harry se retourna vers les buts adverses et vit avec horreur un Cognard se diriger droit vers le visage de Ginny, qui lança la balle juste à temps en direction de Dean, avant de recevoir le Cognard au niveau de la poitrine, sans avoir pu l’éviter. Mais au même instant, le second Cognard faillit atteindre Dean, qui laissa retomber la balle rouge, que Demelza Robbins rattrapa au dernier moment, de façon inespérée. Les supporters de Gryffondor poussèrent d’abord une plainte, puis des cris admiratifs – et inversement dans les tribunes de Serpentard.
– Ça va ? cria Harry, qui s’était approché de Ginny, immobilisée dans les airs.
– Cherche le Vif d’Or ! lui répondit celle-ci avec colère. ATTENTION !
Harry parvint juste à temps à éviter un Cognard envoyé par Crabbe, puis il donna un grand coup d’accélération dans son balai pour revenir dans le jeu. Ginny, bien que l’air mal en point, fit de même, et Harry n’en était pas du tout rassuré.
– Serpentard ouvre le score ! s’écria alors Michael Corner, sous les huées des trois quarts de la foule. Dix à zéro en faveur de Serpentard !
Apparemment, l’action de Demelza avait échoué. Au bout d’une minute, Harry remarqua que les deux Cognards, qu’ils aient été envoyés par des batteurs de Gryffondor – qui semblaient pourtant bien viser leurs cibles – ou de Serpentard, attaquaient toujours des joueurs de son équipe, et jamais ceux de l’équipe adverse. Et à cause de cela, malgré la résistance farouche des Gryffondor, Serpentard avait marqué quatre nouveaux buts.
– Serpentard mène, cinquante à zéro ! disait Corner. Allez, Peakes et Coote, il serait temps que vous leur envoyiez quelques Cognards, à eux aussi !
Harry donnait toute la puissance de son Eclair de Feu et toute sa concentration, pour repérer une trace du Vif d’Or. Il jetait également de temps à autre un coup d’œil à Harper, l’attrapeur de Serpentard. Il écoutait aussi vaguement le commentaire.
Apparemment, c’était de nouveau Ginny qui avait le Souaffle… mais elle fut encore atteinte par un Cognard, et il y eut des cris terrifiés. Mais avant d’avoir eu l’idée de regarder dans quel état se trouvait sa petite amie, Harry aperçut un éclat doré, au loin… le Vif d’Or… Non, c’était trop bête, pensa-t-il pendant une fraction de seconde, ils pouvaient encore gagner la coupe si jamais ils marquaient ne serait-ce qu’un petit but…
– Urquhart marque ! Soixante à zéro pour Serpentard !
A l’instant même où il entendait cette annonce, qui lui paraissait terrible en cette seconde, il vit Harper se diriger tout droit vers le centre du terrain, où se trouvait le Vif d’Or… Il ne pouvait plus attendre, c’était trop tard…
Harry donna alors toute la puissance de son Eclair de Feu. Tout allait bien, il était encore le plus près… Mais il entendit un son de fusée derrière lui. Il savait ce que cela signifiait : un Cognard le poursuivait.
Harry arriva alors à son but, et parvint à saisir le Vif d’Or ; mais il sentit alors une douleur fulgurante au niveau de son avant bras droit qu’il sentit se casser… Le Cognard l’avait frappé, et le Vif d’Or s’échappait de sa main droite inerte. Mais il le rattrapa à temps de sa main gauche, puis se sentit basculer vers le sol… Il saisit le manche de son balai avec son pouce et son index, ses autres doigts serrant toujours fermement la balle dorée qui se débattait, et donna toutes ses dernières forces pour redresser son balai avant d’atterrir très brutalement sur la pelouse.
Il se trouvait maintenant face contre terre, son balai sous lui. Il avait l’impression qu’un de ses genoux s’était ouvert en heurtant le sol, et il avait également mal au nez. Il entendit alors des cris, ainsi que le coup de sifflet de Mme Bibine, signe que ce court mais pénible match était bien fini.
Tandis que la masse des élèves et des professeurs descendait des gradins pour envahir le terrain, Harry se retourna difficilement sur le dos et se redressa, sous l’œil préoccupé de Mme Bibine, qui avait atterri, tout comme les autres joueurs.
Mais il ne voyait pas Ginny.
– Comment vous sentez-vous, Potter ? demanda Mme Bibine d’une voix inquiète.
– Moi, ça va, répondit faiblement Harry. J’aurai juste besoin que Mme Pomfresh me rafistole un peu…
– Ca va, alors, elle était déjà sur le stade au cas où, dit Dean Thomas. Elle est en train de soigner Ginny.
– Comment va-t-elle ? demanda immédiatement Harry, que Mme Bibine obligea à rester assis d’une ferme pression sur l’épaule. Qu’est-ce qui lui est arrivé pour que les gens crient comme ça ?
– Eh bien… elle a failli tomber de son balai quand elle a été touchée par le deuxième Cognard, lui répondit Dean, d’un ton un peu embarrassé. Mais elle s’est rattrapée avant, s’empressa-t-il de rajouter en voyant le regard horrifié de son capitaine, et elle était en train d’atterrir quand tu es tombé. Mais ne t’en fais pas, ça va aller, elle a juste quelques côtes fêlées. Ce n’est rien pour Mme Pomfresh… Ah, regarde ça ! Elle arrive avec Ron !
Et une demi-heure plus tard, ils se trouvaient tous dans la salle commune de Gryffondor à fêter la victoire. Le baiser que Harry avait échangé avec Ginny n’avait certes pas pu être aussi spectaculaire que celui de l’an dernier, mais l’ambiance n’en était pas moins chaleureuse et euphorique. Et pourtant, ce matin-ci, la coupe de Quidditch ne fut pas emmenée dans la salle commune de Gryffondor. En effet, même s’ils avaient gagné le match, le score était de cent cinquante à soixante, avec quatre-vingt-dix ponts d’avance sur Serpentard. Or, pour gagner la coupe, l’équipe de Gryffondor aurait dû l’emporter avec un score minimal de cent soixante, et ce, avec cent points d’avance sur Serpentard…
Après des calculs minutieux, le professeur McGonagall avait alors annoncé dans la stupéfaction générale que trois équipes, Gryffondor, Serdaigle et Serpentard, avaient gagné exactement le même nombre de points si l’on additionnait les scores de tous leurs matches. Cette année, ces trois maisons remportaient donc la coupe de Quidditch en même temps, et comme Gryffondor avait conservé le trophée pendant cinq ans d’affilée, et Serpentard les neuf années précédentes, c’était Serdaigle qui s’était finalement vu accorder le privilège de garder la coupe, jusqu’à la fin de cette année scolaire, et durant tout le premier trimestre de l’année prochaine. Viendraient ensuite les tours de Serpentard, puis de Gryffondor.
Les Serpentard avaient voulu discuter – sans succès – cette décision mais, bien qu’abasourdi, Harry l’avait tout de suite acceptée, et Abel, le directeur des Gryffondor, avait encouragé tous les autres élèves de sa maison à en faire de même. Cette situation paraissait plutôt étrange – cela devait faire des siècles que plusieurs maisons n’avaient pas remporté la coupe de Quidditch en même temps –, mais ils s’en accomodaient, et la fête fut aussi bruyante que si Gryffondor avait été la seule équipe victorieuse du championnat.
– C’est quand même bête. Un seul petit but et on était les seuls à gagner la coupe…, répéta pour la troisième fois Ron, dont le visage euphorique contredisait totalement les paroles.
– C’est à cause de ces…, dit Jimmy Peakes en prononçant un flopée de jurons.
– … de Cognards, acheva-t-il. On pouvait les envoyer dans n’importe quelle direction, ils attaquaient toujours notre équipe et jamais les Serpentard. Il était impossible que vous jouiez correctement avec ça ! s’exclama-t-il avec colère, en regardant Ginny, Demelza et Dean.
– J’avais failli marquer, pourtant, répliqua Ginny, piquée au vif. Si seulement cette saleté de Cognard ne m’avait pas frappée à ce moment-là, on aurait pu avoir une victoire totale, au lieu de partager avec Serpentard…
– Personne ne sait ce qui est arrivé aux Cognards ? demanda Hermione, assise à côté de Harry.
Anthony lui avait proposé de faire la fête dans la salle commune des Serdaigle, mais elle avait catégoriquement refusé, prétextant qu’il était du devoir d’un préfet-en-chef de donner l’exemple, et qu’aucun élève n’était sensé se rendre dans les salles communes des autres maisons.
– Non, répondit Harry qui, en tant que capitaine, tenait directement ses informations du professeur de vol. Mme Bibine à dit qu’ils n’avaient apparemment subi aucun sortilège…
– Impossible, dit immédiatement Seamus Finnigan, à côté de Dean.
– Je sais, c’est très bizarre…, marmonna Harry. Mais bon, reprit-il soudain d’un ton plus enjoué, même si nous devons partager la coupe, nous l’avons quand même gagnée, et n’oubliez pas que nous n’avons pas fait de match nul contre Serpentard. Alors, fêtons la victoire ! s’exclama-t-il en levant bien haut son verre de bièraubeurre.
Les mines des joueurs devinrent alors plus joyeuses, et la fête battit son plein toute l’après-midi, puis jusque tard dans la soirée. Les cinquième et septième année avaient complètement oublié leurs révisions. Finalement, Anthony Goldstein avait convaincu Hermione de passer le reste de la journée avec lui, dans des recoins inconnus du château…
Harry, lui, malgré ce qu’il avait dit, continuait de penser au comportement inexplicable des Cognards. Bien sûr, il avait déjà connu une situation semblable, en deuxième année ; mais il n’y avait alors eu qu’un seul Cognard ensorcelé, qui avait poursuivi uniquement Harry, et que Dobby avait trafiqué pour le protéger… Mais cette fois-ci, c’étaient les deux Cognards qui s’étaient acharnés sur tous les joueurs de Gryffondor. Et il ne pouvait plus s’agir de Dobby : quelqu’un en voulait véritablement à son équipe, il le savait.
Bien entendu, Harry avait déjà un coupable tout trouvé, le même qu’il tenait pour responsable de la décharge qu’il avait subie pendant le match contre Poufsouffle. En rentrant au château, dans la foule des élèves, il avait aperçu Nott, de loin, en train de discuter avec Zabini. Tous les élèves de Serpentard avaient paru de très mauvaise humeur après l’annonce de McGonagall, mais pendant une fraction de seconde, Harry avait croisé le regard de Nott, et il aurait juré avoir décelé un tressaillement de sourire sur ce visage qu’il détestait…
Il avait déjà décidé qu’il en parlerait à McGonagall lors de la réunion de l’Ordre du lendemain, mais il savait pertinemment qu’il n’avait toujours pas la moindre preuve, et que ce serait donc probablement inutile… En s’enroulant sous sa couverture, ce soir-là, il se fit la promesse qu’un jour, il coincerait Nott.
Toujours aussi bien !! J´attend avec impatience la suite !
pareil que darkdark
Que dire d´autre ... Merci pour cette histoire jimpotter !! !
Pas mal bon continue comme sa c´est super.
Vous l´attendiez peut-être, la voici, la fin du plus long de tous les chapitres que j´ai écrits jusqu´à présent.
Bonne lecture
30
Runes et Riséd (suite et fin du chap)
Dimanche, lorsque Harry, Ron, Hermione et Neville entrèrent dans la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner, Harry fut surpris de voir Hermione les emmener tout au bout de la table des Gryffondor, le plus loin possible d’Anthony Goldstein – il savait que c’était pour l’éviter lui, car il avait vu Hermione repérer la place de son petit ami en pénétrant dans la Salle, et ce dernier les regardait s’éloigner d’un regard désespéré.
– Hermione…, dit Harry, hésitant. Je ne me trompe pas, tu évites Anthony ?
Hermione ne lui répondit pas. Elle se contenta de se verser un grand verre de jus de citrouille glacé. Harry remarqua que Ron s’était comme figé.
– Hermione…, continua Harry, gêné de donner ce genre de conseil, qui ne relevait pas trop de son domaine de prédilection, tu ne crois pas que si tu en as marre de lui… tu ferais mieux d’être franche et de lui dire que tu le laisses tomber ?
Hermione l’observa un instant d’un oeil inexpressif. Neville avait l’air impressionné par l’audace de Harry, et Ron ne bougeait toujours pas.
– Déjà fait, dit alors Hermione, et ce sans la moindre émotion.
Ron releva si brusquement la tête que Harry crut entendre un craquement.
– Comment ? bredouilla Harry, stupéfait. Sérieusement, tu… ?
– Oui, dit Hermione, coupant la pitoyable réplique que Harry avait tenté de formuler. Tu as raison, j’en avais un peu marre de cette relation, il prenait ça plus au sérieux que moi.
– Mais pourquoi maintenant ? demanda Harry, qui avait remarqué le regard fuyant de la jeune femme.
Celle-ci s’immobilisa à son tour.
– Eh bien… Hier soir, nous étions près de la Salle sur Demande et… et il a essayé… Enfin, reprit-elle plus fermement, disons plutôt qu’il a cru qu’il allait se passer quelque chose de… Est-ce que tu vois ce que je veux dire ? finit-elle par dire, devenue rouge comme une tomate.
– Oui, je crois…, marmonna Harry, la voix pâteuse, qui tenta d’effacer l’image horrible qui essayait de parvenir à son esprit.
Ron parut soudain scandalisé.
– Attends une seconde… Qu’est-ce qu’il t’a fait ? demanda-t-il, les sourcils froncés, en tournant son regard furieux à l’autre bout de la table des Serdaigle.
– Rien du tout, qu’est-ce que tu crois ! répliqua vivement Hermione, l’air offensé. Je lui ai bien fait comprendre que je n’en avais pas du tout l’attention ! Il n’avait rien fait de mal, en fait ; mais ça a été l’occasion pour moi de mettre les choses au clair et de lui dire que c’était fini. Et, pour être franche… c’est moi qui ait été violente, pas lui. Il n’a rien fait de mal, répéta Hermione en dardant d’un regard noir Ron, qui semblait toujours autant outré. Et franchement, je ne vois vraiment pas en quoi ça te regarde, ajouta-t-elle d’un ton énervé.
Ni Ron ni Hermione ne s’adressèrent plus la parole de la journée. Neville en paraissait inquiété, mais Harry, même s’il ne l’avouait pas ouvertement, en était plutôt content… et même pour ainsi dire ravi. Le différend qui opposait Ron et Hermione, ainsi que leur comportement, avait tout des disputes qu’ils avaient déjà eues lorsqu’ils étaient encore amis. La seule chose qui manquait encore pour que tout redevienne comme avant – d’un point de vue amical –, c’était la réconciliation… Mais, même s’il ne voulait pas jouer les entremetteurs, d’un point de vue amoureux, la rupture d’Hermione et Anthony lui semblait d’excellent augure.
Malheureusement, en dépit de l’ambiance festive de la veille, les révisions pour les ASPIC avaient repris de plus belle. Les jours suivants, ils passèrent chaque instant de temps libre à revoir des notes prises tout au long de leur scolarité à Poudlard, pour connaître à fond la théorie, ou à s’entraîner aux sortilèges – de métamorphose, de défense, enchantements, maléfices et contre-maléfices – afin de maîtriser le plus parfaitement possible la pratique. Ils le faisaient même en cours, car la plupart des professeurs avaient achevé leur programme de l’année, et ce, malgré le mois de septembre qu’on leur avait enlevé. Désormais, les enseignants passaient l’intégralité de leurs cours à répondre aux dernières questions des élèves, à redonner les explications les plus complexes, ou encore à rassurer les plus nerveux, qui menaçaient souvent de perdre tous leurs moyens.
Face à cette tension grandissante, Harry tentait de se rassurer intérieurement. Il estimait – même si cela ne l’empêchait de ressentir une certaine nervosité à l’approche d’examens aussi importants – avoir un bon niveau, à ce stade de l’année ; un niveau qui correspondait à ses projets futurs. Même si sa vision de ce métier avait subi de nombreuses désillusions ces quatre dernières années – et tout particulièrement ces derniers mois –, Harry envisageait toujours, et ce, plus sérieusement que jamais, de devenir un Auror, un chasseur de mages noirs. C’était ce combat dans lequel il voulait engager sa vie, que ce fût avant ou après qu’il ait tué Voldemort – en imaginant, bien sûr, que les choses se passent ainsi… Pour cela, il devait décroché au minimum cinq ASPIC comportant la mention « Effort Exceptionnel », ce qui revenait à dire qu’il devait se débrouiller pour avoir cette mention pour chacune des matières qu’il avait choisies de poursuivre, l’an dernier. En sortilèges, et même en métamorphose, son niveau actuel frisait l’« Optimal » au niveau pratique, et atteignait E à l’écrit. En défense contre les forces du mal, il se trouvait exactement au niveau E, et Harry éprouvait une vague déception à l’idée que sa moyenne en pratique n’atteigne pas un O – mais ça ne voulait rien dire pour l’examen, car s’il ne se trompait pas, c’était bien cette mention qu’il avait méritée lors des toutes dernières séances d’entraînement aux duels. En botanique, il pensait obtenir un E sans problème ; quant aux potions, les progrès qu’il s’était acharné à faire tout au long de l’année devraient lui permettre d’obtenir plus qu’un simple « Acceptable »… du moins, c’était ce qu’il espérait.
Harry avait de bons espoirs pour Neville, qui avait travaillé très dur lui aussi, et Ron devrait passer sans plus de problèmes que lui. Il ne se faisait bien entendu aucun souci pour Hermione, malgré son agitation qu’il connaissait bien, et qui ne l’avait jamais empêchée d’obtenir chaque année les meilleurs résultats de toute la classe. Le seul regret de Harry, hormis le nouveau refus de McGonagall d’agir immédiatement, lorsqu’il lui avait fait part de ses soupçons sur Nott au sujet du Quidditch, lors de la dernière réunion de l’Ordre, fut finalement de constater que le refus de communiquer entre eux – aimablement, en tout cas – de ses deux meilleurs amis s’était prolongé du dimanche matin jusqu’au vendredi midi, à l’heure du déjeuner.
Il ne restait plus que deux jours et demi avant les premières épreuves, et ils avaient déjà commencé de déjeuner depuis dix bonnes minutes lorsque Hermione les rejoignit d’un pas vif et s’assit entre Neville et Ginny. Très rapidement, elle se servit alors une saucisse, ainsi qu’une poignée de frites, et se mit à manger très vite, sans un mot, ni même un regard pour eux.
– Où est-ce que tu étais passé ? demanda Harry, hésitant. On t’a attendue, à la bibliothèque. Tu devais nous y rejoindre, rappela-t-il.
Les seules fois où il avait vu Hermione manger de cette façon, à l’extrême limite de l’impolitesse, c’était lorsqu’elle avait eu une idée bien précise en tête, une idée qui lui tenait vraiment à cœur – la défense des elfes de maison, par exemple.
– Si je ne me trompe pas, ton cours d’étude des runes s’est terminé depuis deux heures, non ? continua Harry, en échangeant un regard perplexe avec Ginny, qui ne semblait pas comprendre plus que lui.
– Justement, dit Hermione en levant brusquement la tête vers lui. En fait, beaucoup sont restés dans la salle pour continuer à réviser, expliqua-t-elle. Mais moi, j’avais quelque chose de plus important à faire.
– Et qu’est-ce que c’était ? demanda Ginny en haussant légèrement les sourcils.
– Le professeur Sands m’a rendu… ce que je lui avais donné, répondit Hermione à voix basse, après avoir jeté un œil autour d’elle. Ou plutôt, ce que McGonagall lui avait donné, rectifia-t-elle pour être plus clair.
Mais Harry avait déjà très bien compris dès le début, et les visages de Ron et de Neville parurent tout d’un coup beaucoup plus réveillés et attentifs à ce qui se passait. Mais Hermione se contenta de murmurer :
– Dépêchez-vous de mangez.
Encore dix minutes, et ils s’étaient enfermés dans une salle de classe vide du premier étage. Ginny, que Harry mettait au courant de tout ce qui concernait les Horcruxes – et tout ce qui allait avec –, était venue avec eux.
– Vas-y, dit Harry d’un ton pressé dès qu’ils eurent insonorisé la pièce. Fais-nous voir ce que tu as.
Immédiatement – même si elle jeta un regard redoutable à Harry, n’appréciant peut-être pas le ton sur lequel il lui avait parlé –, Hermione sortit de la poche de sa robe une feuille de parchemin sur laquelle Harry reconnut les caractères runiques de la grotte. Mais en dessous, il aperçut également un texte qui semblait bien anglais, et il en trépignait d’impatience. Il allait peut-être bientôt savoir si son intuition était juste…
– Le professeur Sands m’a dit qu’elle avait eu beaucoup de mal à traduire ces runes en moins de trois mois, avec seulement ses connaissances personnelles, déclara Hermione. D’après elle, ce sont des caractères d’un style très ancien, et ils sont formulés dans un ancien langage anglo-saxon, qui n’a pas grand-chose à voir avec l’anglais actuel.
– C’est pour ça que tu n’es pas venu nous prévenir tout de suite ? lança Ron. Tu as passé deux heures à admirer avec Sands tous les caractères particuliers de ces runes ?
– Et alors ? répliqua sèchement Hermione, dont le teint soudain rose vif indiquait que Ron avait deviné juste. Je ne vois pas en quoi ça te regarde.
– Ça ne me regarde pas, répondit Ron d’un ton neutre qui relevait peut-être un tantinet de l’excuse, c’est juste que tu aurais pu venir tout de suite nous prévenir, pour quelque chose qui peut être aussi important.
– Si tu la laisses parler, elle va peut-être le faire, fit remarquer Ginny.
Tout en faisant mine d’ignorer Ron, Hermione étala le parchemin sur la table la plus proche.
– Allez-y, dit-elle sèchement. Lisez et dites-moi ce que vous en pensez.
Harry se pencha avec Ginny. Ron et Neville lisaient par-dessus leurs épaules. Juste en dessous des runes inscrites par Hermione, il y avait le second texte, écrit d’une manière encore plus nette et ordonnée par le professeur Sands. Il disait :
La Pierre peut-être fendue, mais du Sang sera versé. Une fois vaincu le chevalier noir, tu pourras alors me toucher, moi, la chose Sainte.
Seulement après m’avoir appelé, la clef qui mène à moi est l’Epée de la Légende, que seul l’Elu peut manier. Son pouvoir diffère du mien, mais leurs sources restent la même.
La Pierre et le Sang seront mêlés, car seuls le Sang et la Pierre mènent à moi, la chose Sainte.
Avec l’Epée de la Légende,
La Pierre
Le Sang
Le Saint .
Harry releva la tête, et échangea des regards avec les quatre autres. Après un long moment de silence, Ron finit par demander d’un ton interdit :
– Est-ce que l’un de vous a une idée de ce que ça veut dire ?
– A mon avis… ça veut au moins dire qu’il y a encore quelque chose que nous n’avons pas vu chez Voldemort, répondit Neville d’un air ton incertain. Et ça doit se trouver quelque part derrière le mur de pierre où ces runes sont apparues.
– C’est ce que je pense aussi, approuva Hermione, mais la véritable énigme – parce que je pense que c’est bien une énigme –, c’est de savoir ce qui se trouve derrière ce mur.
– Parce que tu as compris comment le franchir ? demanda Ron, l’air sincèrement étonné.
– Oui… en tout cas je crois, répondit Hermione. Pour fendre le mur de pierre, il faut une épée particulière. Mais d’après ce texte, si on y arrive, on devrait se faire attaquer… et brutalement, dit-elle d’une voix qui faiblit légèrement
– Par quelque chose comme un « chevalier noir », c’est ça ? dit Harry. Sûrement une autre monstre qui va essayer de nous tuer, j’imagine, ajouta-t-il d’un ton qu’il s’efforça de rendre neutre.
– Hermione, intervint Neville, si tu penses avoir compris comment on ouvre ce mur, ça veut dire que tu sais aussi ce qu’est cette épée particulière ? « L’Epée de la Légende » ?
– Non, répondit immédiatement Hermione. Enfin disons que je n’en suis pas certaine… Mais…
– Attends une seconde, l’interrompit Ginny. C’est marqué : « Seulement après m’avoir appelé, la clef qui mène à moi est l’Epée… » Ça doit vouloir dire qu’avant de pouvoir briser le mur, il faut donner un mot de passe, fit-elle observer. Et ce mot de passe, c’est…
– Le nom de l’objet qui se trouve derrière le mur, coupa Hermione à son tour, passablement irritée. Ce qui revient donc à ce que je disais tout à l’heure : le plus important d’après ce qui est écrit là-dessus, c’est de découvrir le nom de cet objet. A mon avis, Voldemort a écrit ce message parce qu’il veut qu’on comprenne la nature de ce qu’on va essayer de lui voler.
Cette déclaration fut suivie d’un court silence.
– La nature de ce qu’on va essayer de lui voler…, répéta Harry.
Il se sentait un peu troublé. Mais après avoir acouté Hermione, une idée lui venait à l’esprit.
– Et si c’était « Horcruxe » ? suggéra-t-il.
Tous les quatre le regardèrent. Ron et Neville avaient l’air de trouver son idée étrange, mais Ginny et Hermione semblaient seulement intriguées. Harry hésita, puis leur avoua brièvement les doutes qu’il avait eus en revenant de leur dernière excursion en dehors de Poudlard, ainsi que sa dernière intuition inexplicable en date.
– Donc, tu ne penses pas que cette potion était le dernier Horcruxe de Voldemort ? récapitula Ginny.
– Non, lui répondit Harry. A mon avis, c’est plutôt cet objet dont parlent les runes… Et c’est plutôt logique, non ? dit-il avec plus de conviction. Quand j’ai lâché l’Inertio dans la potion, elle a perdu toute sa lumière, et c’est seulement à ce moment-là que les runes se sont gravées dans la pierre.
– Oui, dit Hermione en hochant lentement tête, c’est vrai que ça paraît plus logique comme ça. Mais, Harry…
– C’est bien toi qui as dit que tu sentais l’âme de Voldemort dans ce liquide, non ? dit Ron sur un ton raisonnable. Et maintenant, tu nous dis que tu sens que finalement, l’Horcruxe n’est pas cette potion verte mais l’objet qui se cache derrière le mur aux runes…
– Ecoutez, coupa Harry d’un ton agacé, je sais bien qu’on ne peut pas forcément faire une confiance absolue dans mon intuition, aussi forte soit-elle, d’accord ? Mais tout ce que j’ai dit sur cette potion, c’est que j’avais l’impression… qu’une petite partie de l’âme de Voldemort était diluée à l’intérieur. Je n’ai jamais pensé que c’était vraiment un Horcruxe, mais sur le coup, surtout avec ce qu’a dit Abel, je me suis dit que c’était l’hypothèse la plus logique… Mais maintenant, le plus logique, c’est que l’Horcruxe se trouve derrière ce mur de pierre.
– D’accord, d’accord, d’accord ! dit Hermione d’un ton impatient, avant que quiconque n’ait pu répondre quoi que ce soit. De toutes façons, si jamais nous allons chercher cet objet, c’est précisément au cas où c’est un Horcruxe, non ? Mais le fait est que je ne pense pas que le mot « Horcruxe » suffise pour passer, déclara-t-elle. J’ai lu et relu la traduction du professeur Sands pendant presque deux heures, et j’ai déjà quelques idées sur la question, mais j’aurai d’abord besoin de faire quelques recherches à la bibliothèque. Je vous ai montré ce bout de papier simplement parce que je devais bien aller déjeuner à un moment ou à un autre, mais il vaut mieux en reparler plus tard…
Et sans demander l’avis de qui que ce soit, elle saisit le rouleau de parchemin, l’enroula et le rangea dans une poche de sa robe, avant de déverrouiller la porte et de sortir de la salle sans un mot.
Pendant le double-cours de potions, Hermione parla à Harry et à Ron sur un ton qui signifiait clairement qu’il valait mieux ne pas réaborder le sujet, et attendre jusqu’à ce qu’elle les informe de ses découvertes. Une heure et demie plus tard, lorsqu’ils ressortirent des cachots dans le Hall d’entrée, Hermione se contenta de dire qu’elle se rendait à la bibliothèque avant de monter l’escalier de marbre à toute vitesse.
Elle avait déjà disparu depuis quelques secondes dans les étages quand Ron déclara soudain d’un ton résolu :
– Je vais l’aider.
Et un instant plus tard, il se trouvait hors de vue lui aussi. Dans la salle commune, Harry se prépara donc à réviser seul durant les deux heures de trou qu’il avait avant le cours de défense contre les forces du Mal – le tout dernier cours de l’année, car ensuite, il n’y aurait plus que le week-end, les ASPIC, ainsi qu’une bonne semaine de libre. Il se demanda vaguement de quelle façon Hermione allait tolérer l’aide de Ron dans ses mystérieuses investigations, mais il fut très vite absorbé par les lois du cours de potion qu’il n’avait pas encore tout à fait assimilées.
Pendant le cours de défense contre les forces du Mal, il retrouva ses deux meilleurs amis, ainsi que Neville. Ron et Hermione, impassibles – bien que leurs visages semblaient un peu tendus –, leurs demandèrent entre les dents de ne rien révéler à Abel tant qu’ils n’auraient pas trouvé ce qu’ils cherchaient. En sortant de la salle, Ron et Hermione repartirent aussitôt en direction de la bibliothèque. Harry et Neville descendirent dans la Grande Salle tout de suite après avoir déposé leurs affaires dans la salle commune et dînèrent avec Ginny, Colin, et d’autres élèves de sixième année. Après quoi ils remontèrent tous ensemble dans la salle commune de Gryffondor pour réviser de nouveau. En effet, dans les semaines suivantes, pendant que les septième année passeraient leurs ASPIC, les sixième année allaient devoir passer les habituels examens de fin d’année.
Au bout d’un temps qui lui parut très long, Harry jeta un coup d’œil à sa montre. Il n’était que sept heures du soir mais, penché sur ses notes de métamorphose, son cerveau était déjà trop engourdi pour traiter et retenir correctement les informations du cours. Ce genre de panne lui arrivait de temps à autres, lorsqu’il avait passé une trop longue période à faire travailler intensément son cerveau avant un examen… et il n’avait jamais réviser avec autant d’acharnement sur une période aussi longue depuis son entrée à Poudlard, même avant les BUSE. Sachant qu’il était inutile de continuer avant au moins plusieurs heures, Harry leva le nez de ses notes et regarda Ginny avec… envie.
Il se laissa doucement aller à l’observer pendant un temps qui lui sembla à la fois très long et trop court – jusqu’à ce que la jeune fille émerge elle aussi de ses livres de défense contre les forces du Mal et pousse un long soupir de fatigue. Harry eut alors la bonne idée de se lever, de s’approcher d’elle et de l’embrasser, ce qui lui procura un grand plaisir, après tout ce temps passé sur les cours. Il proposa à Ginny de sortir dans le parc, histoire de se détendre un peu – ou beaucoup –, et elle n’eut pas le courage de refuser.
Même à cette heure, le ciel était encore très clair ; le mois de juin avait commencé en même temps que la semaine. Ils se reposèrent contre le hêtre, près du lac. Harry avait enlacé Ginny à la taille et ils se tenaient les mains au-dessus de son nombril. Trop fatigués pour avoir une vraie conversation, ils discutèrent de tout et de rien, jusqu’au moment où quelque chose revint à la mémoire de Harry, qui raconta alors à Ginny le comportement de Ron et Hermione depuis qu’ils s’étaient séparés après le déjeuner.
– Je me demande ce qu’ils vont devenir, ces deux-là, dit-il d’une voix basse et songeuse. On ne sait jamais vraiment s’ils vont se réconcilier ou non. J’aimerais bien qu’ils se réconcilient enfin, et que tout redevienne enfin comme avant – même si ce ne sera plus jamais comme avant.
– Ron a été vraiment horrible avec Hermione, objecta Ginny avec une certaine dureté. Même avec ce qui est arrivé à papa et maman, ça n’excuse pas la façon dont il s’est comporté… On ne peut pas reprocher à Hermione de refuser de lui parler.
– Non, c’est vrai, admit tristement Harry, mais elle avait déjà commencé à lui reparler… presque normalement.
Un autre souvenir remonta brusquement à la surface.
– C’est parce qu’elle a vu quelque chose dans le miroir du Riséd…, déclara-t-il. Mais je ne sais pas ce que c’est.
– Moi, je le sais, dit Ginny au bout d’un instant.
Harry s’efforça de ne pas manifester de surprise.
– Ah, bon…, dit-il simplement.
– C’est Ron qu’elle a vu, révéla brusquement Ginny. Ron qui la tenait elle dans ses bras.
– Quoi ? fit Harry, qui ne parvenait plus à dissimuler son étonnement. C’est pour ça qu’elle s’est mise dans un état pareil ?… demanda-t-il après un instant de silence.
– Oui, répondit Ginny. Elle me l’a dit il y a quelques semaines. Mais tu dois comprendre que c’est très difficile pour elle. Ron s’était montré de plus en plus mature et gentil avec elle, surtout à la mort de ses parents. Et quand… la situation s’est inversée, non seulement elle s’est fait jeter comme une vieille chaussette, mais en plus, Ron l’a beaucoup blessée en disant qu’elle ne savait pas ce que c’était que de perdre ses parents… Et tout d’un coup, alors qu’elle essayait d’oublier son comportement odieux, ce miroir lui a rappelé que malgré tout, ce qu’elle désirait le plus au monde, c’était de se retrouver de nouveau avec Ron. Tu n’imagines pas le choc que ça a pu être pour elle.
– Non, admit Harry. Mais vu sous cet angle, c’est quand même plus facile à comprendre, ajouta-t-il, dépité. Seulement… Ron avait grillé un fusible, ou je ne sais quoi, à ce moment-là… Il est redevenu normal, maintenant – ou en tout cas, aussi normal qu’il peut l’être en ce moment.
– Je sais, répondit Ginny d’un ton neutre. On verra bien…
Ils restèrent ainsi pendant un temps très long, jusqu’à tomber dans un demi-sommeil.
Harry rouvrit brusquement les yeux. Il avait l’impression qu’une lueur verte l’avait tiré de son sommeil, mais il avait du rêver. Il réveilla doucement Ginny, et ils se levèrent tous les deux en s’étirant. Harry remarqua alors que le soleil était déjà à moitié couché sur la Forêt interdite. Il ne pouvait pas connaître l’heure, car il avait laissé sa montre dans la salle commune, à côté de ses notes de métamorphose. Ils se hâtèrent de rentrer au château et de remonter dans la salle commune. Ils retournèrent dans le coin où ils avaient révisé mais, tout en rassemblant ses affaires, Harry fut stoppé par une vision saisissante.
Assises dans un canapé défoncé, à quelques mètres de son fauteuil, légèrement penchées l’une sur l’autre, deux personnes s’embrassaient tendrement, avec une grande douceur. Harry fit un signe de tête à Ginny, dont le léger sourire indiquait qu’elle avait déjà remarqué le couple avant. Il rangea ses affaires, prit son sac et fit quelques pas sur la droite pour être certain de l’identité des deux personnes. Et il n’eut alors plus aucun doute : cette chevelure brune et épaisse, et ces cheveux roux vifs étaient ceux de Ron, qui tenait délicatement la jour droite d’Hermione entre le pouce et l’index.
Harry s’éloigna pour ne pas les déranger. Il se sentait envahi d’un sentiment très soudain de chaleur, un sentiment très agréable. C’était comme s’il venait de retrouver quelque chose, une force perdue depuis longtemps. Mais pendant son absence, cette force semblait avoir bien grandi, et aussi mûri. Cette sensation augmenta encore un peu d’intensité lorsqu’il embrassa Ginny une dernière fois, avant de monter dans son dortoir, dans lequel il se déshabilla pour enfiler un pyjama.
Personne n’était encore couché, mais il avait vraiment l’impression qu’une journée complète s’était achevée, et qu’il ne pourrait reprendre le cours de son existence que le lendemain matin… La lueur verte qui l’avait réveillé, au bord du lac, se remit alors à briller de plus belle.
Il rouvrit les yeux. Il n’était plus allongé dans son lit, à l’intérieur du dortoir, mais debout, les pieds nus sur un sol de pierre glacée. Il se trouvait dans une grotte, une immense grotte, mais il ne voyait que la lumière, droit devant lui, une lumière verte de plus en plus intense… Elle provenait d’une sorte d’autel, fait d’une roche terne, grise, identique à celle qui composait la grotte, et qui semblait n’être qu’une excroissance du sol. Sur cet autel, il y avait une magnifique coupe de bronze, dépourvue d’anse.
Une brillance magnifique et surnaturelle, presque céleste, se dégageait de l’objet, en particulier du gros rubis de la taille d’un œuf, incrusté dans son pied métallique. Harry s’en approchait sans sentir ses pieds bouger sur le sol… comme si cela avait été la coupe de bronze qui s’était avançée vers lui, où plutôt, comme s’il avait flotté dans la brume verte étincelante qui semblait maintenant remplir l’air…
Il se trouvait désormais au-dessus de la coupe, et voyait très nettement le liquide fluorescent d’où provenait la lumière. Cette lumière, c’était celle de la Mort… Mais soudain, tout à coup, sans la moindre phase intermédiaire, la lueur verte fut remplacée par une intense lumière argentée, qui l’éblouit au point de lui brûler les yeux – ses yeux qu’il ne parvenait plus à fermer, et qu’il sentit fondre dans une douleur abominable…
Il se mit à hurler de toute la force de ses poumons, qu’il sentait se déchirer également ; et il sentit ainsi tout son corps partir en lambeaux, puis en poussière, puis en vapeur, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucune trace. Il se trouvait dans le néant total, mais une image lui vint alors à l’esprit, une scène extrêmement nette, comme s’il s’y était trouvé lui aussi…
C’était une petite pièce sombre, vide, dépourvue de fenêtre, et dont les murs noirs et le parquet terni étaient éclairés par des torches fixées aux murs. Lord Voldemort attendait, debout, parfaitement immobile. Son visage blafard était froid, placide, mais ses narines dilatées en forme de fentes laissaient toutefois entrevoir une certaine excitation.
Au bout de quelques minutes d’une attente qui parut très longue, à Harry comme à Voldemort, l’unique porte s’ouvrit en face du Seigneur des Ténèbres et Severus Rogue entra. Il retira immédiatement le tissu qui recouvrait sa main gauche, ce qui révéla l’objet qu’il y tenait. Harry reconnut tout de suite la coupe de bronze, de part son aspect, mais surtout à cause de la lumière argentée qui se dégageait de l’intérieur. Sans un mot, Rogue s’avança vers son maître, posa un genou à terre, à la manière d’un chevalier, et, tout en baissant la tête, il tendit l’objet à Voldemort, qui le prit avec un tressaillement imperceptible sur sa bouche sans lèvres.
Très lentement, le Seigneur des Ténèbres porta la coupe à ses lèvres, puis vida tout son contenu d’un trait. La tête inclinée, il respira profondément puis, après un long silence, il rejeta en arrière son visage de serpent qui s’étira cette fois-ci en un sourire franc et sauvage. Une profonde exhaltation se lisait sur ses traits décolorés.
– Quel goût tu viens de me faire découvrir, Severus…, murmura-t-il de sa voix glaciale et suraiguë. Le goût du pouvoir… Ce n’est pas la première fois que j’en jouis, évidemment, mais c’est en revanche la toute première fois que je le goûte au sens propre du terme. Et je suis le seul qui pourra jamais en dire autant… Ce soir, grâce à toi, j’ai enfin achevé une évolution commencée il y a très longtemps, Severus, déclara-t-il en redressant son échine. Ces dernières années, malgré tes erreurs, je dois dire que tu m’as rendu un service bien plus important qu’aucun Mangemort ne m’en rendra jamais. Tu mérites donc sans nul doute une récompense très importante, à la hauteur de ce que tu as fait pour moi… Mais… malheureusement… j’ai bien peur que ça me soit impossible, Severus, annonça-t-il en sortant sa baguette magique qu’il fit nonchalamment tourner entre ses doigts longs et fins.
Parfaitement immobile, Rogue était toujours à demi agenouillé, tête baissée, et il ne manifesta pas la moindre réaction en entendant les paroles de son maître.
– Lève-toi, Severus, ordonna celui-ci d’une voix doucereuse. Et regarde-moi en face.
Rogue obéit, tout en faisant un grand pas en arrière, pour placer quelques mètres entre lui et Voldemort. Mais son visage restait d’une impassibilité totale. Après un long moment de silence, durant lequel les deux hommes se regardèrent froidement, dans le fond des yeux – ceux de Rogue étaient vides de toute expression –, Voldemort reprit :
– Tu es vraiment quelqu’un d’extraordinaire, Severus…, murmura-t-il. Le plus grand, le plus puissant, le plus doué… celui, de tous mes Mangemort, qui aura sans doute possédé le plus grand potentiel, dit-il sur le ton d’un artiste qui admirait toutes les nuances subtiles de son œuvre. Tu es celui que je voudrais le plus gardé à mes côtés, mais… tu dois comprendre mieux que quiconque que je suis obligé de me séparer de toi, n’est-ce pas ?
Rogue ne répondit pas.
– Il est trop dangereux pour moi de te garder dans mes rangs, continua Voldemort. En fait… il est trop dangereux pour moi de te garder en vie, déclara-t-il en levant calmement sa baguette qu’il pointa droit sur le cœur de son serviteur. Tu es celui à qui j’ai confié mes secrets les plus intimes ; tu es le seul à avoir été au courant au sujet de mes Horcruxes, hormis ce traître de Black, dont tu as su nous débarrasser. Mais peu importe : grâce à toi, je n’ai plus à avoir la moindre crainte à ce sujet, n’est-ce pas ? Mais je sais que si je te garde encore, tu finiras par ne devenir qu’une entrave pour moi, et je préfère me débarrasser de toi avant que tu ne perdes tout ce qui fait ton intérêt… Tu sais pourquoi je dis ça, n’est-ce pas, Severus ? C’est, ça a toujours été, et ce sera toujours ton plus grand défaut…
Rogue ne remua pas un muscle. Il ne tressaillit même pas.
– Adieu, Severus…, murmura Voldemort avec un sourire cruel et goguenard.
Il s’écoula encore quelques secondes. Lord Voldemort semblait attendre une éventuelle réaction de son serviteur, qu’il regardait toujours droit dans les yeux, mais Severus Rogue ne battit pas d’un cil. Puis…
– Avada Kedavra !
Il y eut le brusque et puissant bruit de vent, et le jet de lumière verte éblouissante. Et, soudain, pendant une fraction de seconde, le visage baigné d’une lueur verte de Severus Rogue sembla s’étirer dans un sourire de dément, et ses yeux parurent s’exhorbiter ; mais, lorsqu’il fut frappé de plein fouet en pleine poitrine, quand il s’écroula, les bras en croix, mort, ses traits avaient retrouvé leur expression totalement indéchiffrable. Et ses yeux étaient redevenus de simples puits sans fond, désormais irrémédiablement dénués de toute vie.
Brutalement arraché de cette scène incompréhensible, Harry se réveilla en sursaut, se redressant d’un coup, les yeux grands ouverts, sentant des sueurs froides couler sur son visage. Il sentait également des picotements le long de sa cicatrice, et il savait que tout ce qu’il venait de voir, ou d’entendre, était une représentation exacte de la réalité.
– Harry !
D’un geste, Harry prit ses lunettes sur sa table de chevet, les mit sur son nez, et regarda le visage terrifié de Neville, derrière qui Dean et Seamus affichaient des mines très semblables. Il comprit alors qu’une bonne partie du cri qu’il avait poussé dans son rêve – ou plutôt son cauchemar – avait dû réellement s’échapper de sa bouche alors qu’il dormait. Dehors, il faisait complètement noir, hormis toutes les étoiles qui constellaient le ciel. On devait être au beau milieu de la nuit.
Harry tenta vainement de rassurer ses trois condisciples, prétendant qu’il avait simplement fait un cauchemar… ordinaire, mais ils ne parurent pas convaincus. Heureusement, il n’eut pas à aller plus loin, car au même moment, la porte s’ouvrit très lentement, laissant entrer Ron, qui sursauta en les voyant.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il en remarquant les visages toujours tendus de Harry, Neville, Dean et Seamus.
– Harry a fait un cauchemar, répondit Dean après un instant de silence pesant.
Ron échangea un regard avec Harry et Neville, et une compréhension mutuelle et implicite passa entre eux.
– Où étais-tu ? demanda soudain Seamus, l’air intrigué. Il est presque deux heures du matin, je te signale.
– Ça ne te regarde pas, répondit sèchement Ron.
Mais un accent étrange trahissait une sorte de panique dans sa voix. Harry remarqua alors que, curieusement, son meilleur ami était très pâle. On aurait dit qu’ils étaient aussi choqués l’un que l’autre – mais pour des raisons visiblement différentes.
– D’accord, ne t’énerve pas, dit Seamus, les sourcils froncés. C’était juste de la curiosité…
– Tant qu’on y est, dit Harry en observant tour à tour Ron et Neville, maintenant qu’on est réveillés, est-ce qu’on pourrait descendre dans la salle commune ?
Ces deux derniers acquiescèrent. Avant que Neville ne referme la porte, Harry entendit Seamus dire d’un ton un peu énervé :
– Essayez de ne pas faire trop de bruit en revenant. Il y en a qui ont besoin de dormir pour réviser, demain matin.
– Qu’est-ce qui ne va pas ? interrogea Harry en se tournant vers Ron, lorsqu’ils se retrouvèrent dans la salle commune, bien évidemment vide à cette heure.
– Ça ne te regarde pas non plus, répliqua Ron, sur la défensive. Et de toutes façons, c’est toi qui as des choses à nous expliquer. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de cauchemar ? Vous faisiez de ces têtes…
Bien que toujours en état de choc, Harry ne pouvait pas s’empêcher de se tracasser en voyant la tête d’enterrement que faisait son ami. Mais avant qu’il n’ait pu lui répondre, Neville parla d’un ton autoritaire qui ne lui était pas habituel :
– Je suis d’accord avec Ron. Tu as encore fait un rêve sur Voldemort, sinon tu ne ferais pas cette tête et tu ne nous aurais pas demandé de descendre avec toi. Alors… quelle catastrophe tu as vue, cette fois-ci ? demanda-t-il d’un ton anxieux.
Harry hésita encore une seconde avant de se décider. Il devait reprendre ses esprits et tout leur raconter, c’était primordial.
– Rogue, dit-il – il inspira un grand coup avant de reprendre. Rogue est mort.
– Quoi ? s’exclama Ron, ahuri, tandis que Neville affichait une mine interdite.
– Oui… Voldemort l’a tué, déclara-t-il devant les visages stupéfaits de ses deux amis. Et je sais où est le dernier Horcruxe.
bientot trois cent messages continu comme ça