CHAPITRE 1/PARTIE 2: Descente au quartier
C’était le moment. Je retirai mes écouteurs, et jetai mon mp3 sur le vieux canapé grisâtre. J’enfilai mon pull, et mis la capuche ; Je tâtai l’étui de mon couteau, dissimulé sous mon jogging troué. Avant de partir, je me regardai une dernière fois dans la glace de l’entrée très étroite. Les énormes marques bleues sous mes yeux trahissaient ma fatigue. Je passai une main sur ma peau, et je sentis les reliefs, provoqués par mon acné. Je distinguai avec dégoût mon petit duvet blond. Les rasoirs coûtaient si cher… J’avais mis un pull rouge. Le sang de ces bat**ds se verrait moins. Ca peut paraître bête, mais ça fait gagner une lessive. Je sautai dans mes vieilles baskets usées, suivit par Marco, qui sifflotait l’air du nouveau Booba.
Je sais vraiment pas comment il fait pour être si détendu Marco. Lundi soir, son petit frère s’est fais abattre. Une balle de chevrotine dans le crâne. Il jouait à la gamecube. Son sang a retapissé les murs du salon, pourtant, Marco n’a pas pleuré. Jamais il n’a pleuré.
Nous descendîmes dans le hall. Marco frottait sa batte sur les murs dégarnis de l’immeuble. Kev, Kebab et quelques autres gars du quartier attendaient déjà l’assaut. Bouliche, le colosse, dissimulait son stress dans ce sandwich qu’il avait sans doute trouvé dans une poubelle. Je riais. Malgré la boucherie qui nous attendais, j’arrivais à sourire. Jo, le chef du quartier, un blakos, coiffé de sa casquette verte, monta sur la première marche de l’escalier, puis éleva la voix
« - Ce soir les gars, on rigole plus. commença-t-il. Lundi soir, ils en on tué 7 des notre !! Nordin a réussi a nous dégoter un fusil à pompe. Cette fois, le premier facho qui sort un gun, on lui explose son crâne d’œuf. C’est NOTRE cité, on doit la défendre. C’est pas parce les skin ont prit le pouvoir de la France, qu’ils doivent le garder !! !!! »
Il leva sa hache en l’air, et tous les gars du quartier poussèrent un même cri, afin de s’encourager mutuellement.