tout le monde
Bon juste une petite nouvelle en passant.J´ai fait ce que j´ai pu mais comme je voulais pas y passer deux semaines comme d´hab, j´ai peut-être pas poussé toutes les idées que j´aurais voulu exprimer.Bon Bonne lecture mes amis nocturnes
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Bip. Bip. Bip.
Je remue. Après tout je ne peux faire que ça. Je n’ouvre pas les yeux. Pourquoi le faire ?
Je perçois des murmures derrière une porte. Le lit soyeux et mou est si doux, que je ne veux pas le quitter. J’ai mal au crâne. Que s’est-il passé ? Pourquoi suis-je assis dans un lit, cette odeur de désinfectant flottant dans l’air, des toussotements résonnant de part et d’autres de ma personne, dans d’autres chambres, dans d’autres lieux ?
Je revis.
- Good morning everybody! Six o’clock and already got up?
- Ben ouais mec, chacun sa vie!
Je pris le rasoir dans mes mains. J’hésitai à caresser la fine partie entre mes lèvres et mes narines, la peur de me couper me prenant le ventre. Et puis la douleur fait partie de la vie : je rase mon duvet en quelques coups.
Je noue mes baskets, avec de grands gestes appris par cœur. Je mets mon lecteur MP3 sur mes oreilles, descend les marches de l’escalier sur la pointe des pieds, et je sors. Il fait frisquet, mais peu importe. Pas à pas, je cours, une course, c’est comme la vie, parfois tu dois t’arrêter en chemin, tu trébuches, tu glisses, parfois tu passes devant des choses qui te crie littéralement : « Arrête-toi, pourquoi te fatiguer ? ». Et pourtant devant toutes les facilités, devant toutes les difficultés, tu continues. Jusqu’au terme inéluctable. Mais jusqu’où te mèneront tes pas ? Tu ne peux le dire.
« Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le pêché du monde. »
Les paroles résonnantes dans l’église où elles ont été enregistrées firent place à une musique de dingue : la techno. Je zappe immédiatement, enchaînant sur quelque chose de plus calme, le synthétiseur faisant place aux flûtes et aux violons.
Coure tant que tu le peux, loin de ta vie, loin de tes misères. C’est un sentiment nouveau : maintenant émerveille toi des plus banales choses que tu rencontreras. Tu peux revivre.
Je rentre, en sueur. Ma mère me regarde et me lance un regard signifiant :
« Mais où étais-tu encore ? »
Elle me le dit en français, la seule langue que je pouvais comprendre depuis trois jours. Je remonte les escaliers, et avance dans la salle de bain. Je prends une douche glacée. Que c’est bon, que c’est neuf. Après mon ressourcement, je redescends, changé, décontracté et prêt à avaler n’importe quoi. J’ignore mes goûts, c’est vrai. Mais, m’installant à la table, je fus surpris par mon vieux grand-père, complètement sénile, comme cette expérience me le démontra.
-Alors petit ? Il parait que tu as attrapé la colique ?
Je soupirai.
Je m’apprêtai à répondre puis une montagne de crêpes posée sur assiette se plaça sous mes yeux me coupa la parole par les fumée odorantes qui s’en dégageaient.
Après ce repas on ne peut plus délicieux, composé de crêpes sucre, crêpe cacao, crêpes, choco, crêpe confiture, et de tout ce qu’on peut mettre sur une crêpe, je me dirigeai vers mon salon et ma console PS2.
Sur un meuble, tous les boîtiers de mes jeux attendent patiemment qu’on vienne les prendre, et ils semblent piailler après une petite partie.
Je m’arrête. « God of War » est le premier posé. Donc c’est le dernier avec lequel j’ai joué. Commençons notre long voyage de la mémoire.
Je lance le jeu, et charge ma partie. C’est parti. Mon héros, un chauve aux tatouages de guerre, commence de longs enchaînements avec ses lames, se saisi de ses ennemis pour les ouvrir en deux, un jet de sang inondant le terrain. Il empale sans difficulté des bestioles trois fois plus grandes que lui, ses magies lui permettant de terrasser même le plus grand des minotaures.
J’arrête, dix minutes après le début.
J’essaie d’en choisir un autre. « Devil May Cry 3 », « Battle front2 »,… et une série de jeu sanglant où on doit démembrer ses ennemis dans une gerbe de sang. J’abandonne les CD pleurant ma fuite, et me tourne vers mon ordinateur, après avoir grimpé dans ma chambre. En face de la fenêtre, un arbre, aux longues branches qui viennent se cogner par soir de tempête aux vitres. J’ouvre la vitre, laissant l’air du printemps entrer. Mais il ne fut pas le seul à profiter de l’interstice. Une forme noire bondit des branches garnies de fleurs, et atterrit sur le rebord. Il se glisse dans la chambre et saute sur le lit, s’étendant de tout son long. En me regardant de ses grands yeux jaunes. Je souris, et le laissai à son repos. Les chats ne doivent pas être embrouillé par des pensées humaines.
Connexion…
Après avoir galéré pendant une heure pour trouver le mot de passe de ma session, je réussi à me connecter à internet. Je regarde tranquillement mes favoris, tentant de me remémorer quelque chose. Un sentiment peut-être. Ou juste …
Je m’arrêtai sur le lien du blog d’un certain goedfroid-le-roi. Je visitai. Un TRES long texte. Aurais-je le courage de tout lire ? Non pas maintenant. Je vais visiter mes documents. Première chose que je vois : mes discussions MSN. Il faudra que j’essaie de me rappeler du mot de passe. J’ouvre les discussions. Je les lis. Mon avis sur moi-même change immédiatement : je suis ignoble.
Je visite tous les liens, lis tout ce qu’il y a à lire, regarde tout ce qu’il y a à regarder. Finalement je ne peux finir qu’après le souper. Je n’aime presque aucun des liens, quelle violence, quel goût pour la cruauté. Je ne sais même plus si j’avais envie de connaître tout ça.
Finalement, je pense que il y a plusieurs personnes dans une. Il y a celle qu’on pense être, celle qu’on est, celle que les autres voient. Je pense qu’aujourd’hui j’ai eu une bonne vision de qui je suis véritablement, et de qui j’essaie d’être.
- Non grand-père, je ne suis pas atteint par la colique, mais par l’amnésie !
Ma vie s’est éteinte quand la voiture m’a chopé sur le passage pour piéton. Mais je suis revenu, pour vivre une nouvelle fois.
Ces phrases ont un petit goût de fin. Mais c’est si court qu’après avoir relu, je ne peux que prolonger. Je m’allonge sur mon lit, caressant le chat ronronnant.
Avant, j’étais un petit personnage ignoble, je traitais les gens comme s’ils s’agissaient de sous-merdes. J’étais captivé par le sang, la guerre, j’avais réussi à voir que le monde entier était corrompu, sans toutefois que ça m’intéresse plus que ça.
Aujourd’hui, je me suis trouvé, et je me suis laissé dans les ténèbres, j’ai abandonné mon ignoble moi dans la noirceur de son âme. Je sais que l’obscurité englobe ce monde. Je sais que ce sera bientôt la fin : et ce ne sera pas le bras vengeur de Dieu qui mettront fin aux tourmentes millénaires des hommes, mais ce seront les humains, par leur seul comportement, auront accéléré l’inéluctable perte. Je vais profiter de ma vie comme elle me revient, être aimable, moins idiot, et surtout plus attentif.
Dans mon malheur, j’ai une chance inouïe : j’étais Narcoleptique avant mon accident. Maintenant je suis presque normal. Je vais devoir bien évidemment réapprendre de nombreuses choses. Mais à cœur vaillant rien d’impossible : et puis tout ce qu’on apprend n’est pas toujours utile. Bonne nuit, cher lecteur, et que ce soit la dernière fois que je vous fait part de mes malheurs. Et sachez vous écouter vous-même, sans écouter ce qu’on veut que vous soyez.
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