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Le journal d’un appelé

chris12
chris12
Niveau 9
07 avril 2006 à 22:31:41

Une ptite nouvelle en one shot sur la guerre 14-18. Elle a été réalisé pour un concours au bahut, donc gros boulot dessus. Alors si y a des critiques n´hesitez pas pour améliorer encore plus.

Je tiens à signaler que je me suis un peu inspiré d´un texte poétique sur 14-18 vu sur ce forum. Je tiens à remercier l´auteur, et s´il trouve que ça lui ressemble trop ou se reconnait, qu´il se signale.

Maintenant place au texte :

Le journal d’un appelé

12 août 1916 : Par ce beau matin d’été, à l’aube, je rejoignis la place de la Mairie comme les autres gars de mon âge. Ils n’avaient pas tous l’air réjoui mais beaucoup de paysans voulaient défendre leur pays.

Je savais que les troupes au front manquaient, et tout le village avait été mobilisé. Une annonce avait été faite, disant que tout homme de plus de seize ans capable de tenir une arme avait le devoir de se joindre à l’armée française pour combattre l’envahisseur.

J’avais dix-sept ans, et bientôt dix-huit. D’après ce que disaient les journaux, le combat n’était pas bien méchant et il fallait savoir être patriote. Je les ai suivis, je suis monté dans le camion avec d’autres jeunes. Il y avait le fils du boulanger, celui du maire, et même Marcel qui n’a que quinze ans, il a dû tromper les gardes.

On a roulé des heures avant d’arriver à une gare. Dans le train j’ai repensé à mes parents, espérant que l’épicerie continue à bien marcher sans moi et à ma petite sœur de six ans que je ne pourrais plus taquiner.

Le soir, épuisés, nous sommes arrivés à Verdun. Avant de pouvoir dormir, nous devions encore préparer notre campement ou du moins se faire un coin pour dormir. Je n’ai pu écrire que très tard dans la soirée, et maintenant il faut que je me repose un peu car je suis très fatigué et demain il paraît qu’il va falloir se lever tôt.

13 août 1916 : Avant le lever du soleil, un bruit de clairon nous réveilla tous en sursaut. Tout le monde se leva au pas de course. Un homme s’approcha, et me dit qu’il fallait que je me lève. J’appris plus tard que cet homme fort sympathique s’appelait Roger. Il avait quatre ans de plus que moi, c’était un être courageux, grand, musclé, et souriant malgré tout ce qu’il disait avoir vécu. A l’entendre, la guerre n’avait pas l’air d’être aussi joyeuse que le présentaient les journaux.

On partit ensemble au rassemblement, cause de ce réveil brutal. Un officier très galonné à la stature impressionnante fit l’appel. Nous n’avions pas la matinée pour nous préparer. On nous fournit l’équipement nécessaire à notre soi-disant survie : un fusil à baïonnette, une musette et quelques grenades. Une ambiance sinistre régnait dans le campement, peu de personne parlait, certains visages étaient livides, la peur était palpable. Nous n’étions plus Jacquot, Georges, ou Paul mais un groupe.

Vers midi, on eut droit à un bouillon clair et un peu de pain sec. Et une fois notre timbale de soupe avalée sans grande conviction, la faim encore au ventre, il fallait y aller. L’enfer allait commencer.

On nous entassa dans les camions et on nous débarqua sous une pluie de balles et d’obus. On courut se mettre à l’abri dans les tranchées. C’était répugnant, les rats couraient, les soldats barbus et chevelus avaient les traits tirés, le corps recouvert de boue. Le lieutenant nous donna quelques conseils. J’appris que l’on allait peu dormir, ce serait dur à cause des déflagrations incessantes des obus et des râles des compagnons agonisants.

Moi et Roger étions ensemble lors des tours de garde et nous fîmes plus ample connaissance, malgré le fait que l’un de nous pouvais mourir à chaque instant. Son père ancien soldat, blessé au début de la guerre, avait voulu lui éviter cette horreur jusqu’au bout. Mais l’armée française imposait que tout homme capable de porter une arme, parte pour défendre la patrie. Il connaissait vaguement la monstruosité du champ de bataille et nous allions la découvrir plus amplement et la vivre au quotidien.

Au bout de quelques heures, j’étais complètement ébranlé : j’avais tué trois hommes, sûrement des pauvres gars comme moi. Mais eux aussi voulaient me tuer, que faire dans ce cas-là ? Donner la mort ou la prendre ?

Ils faisaient nuit, on ne voyait plus qui tirait et la Mort venait de frapper plusieurs de mes compagnons. Les anciens « les poilus » prirent le relais et nous pûmes faire relâche. J’en profite pour écrire dans la puanteur des cadavres que l’on ne peut enterrer à cause du nombre, et aux milieux des rats qui essayent de se nourrir. Je m’enroule dans ma couverture et essaye de trouver le sommeil au milieu des cauchemars.

16 août 1916 : Ces deux premiers jours ont été très éprouvants tant moralement que physiquement. Les Allemands ont traversé le champ de bataille, ils sont arrivés armés de pelles et de grenades. Une vingtaine dans une attaque suicide. Les moulins à purée pleuvaient, dans ce corps à corps sanglant, nous essayions d’esquiver les coups et de renvoyer les grenades, dans un instinct primaire de survie. La terre volait, les corps s’effondraient dans la boue qui se teintait de rouge. Le dernier allemand tomba le crâne ouvert. Roger venait de lui assener un coup avec le tranchant d’une pelle. Certains camarades ne se relèveront plus. Les autres continuent, la routine s’installe, ignorant les états d’âme. La guerre nous déshumanisait. On souffrait de la faim, les rats avaient mangé les vivres et le ravitaillement n’arrivait pas, on souffrait dans notre chair et dans notre tête. Je ne sais plus ce que c’est d’être sec, et j’ai très froid…

Vendredi a été moins violent, j’ai encore tué pour sauver ma vie. J’oubliais, Roger s’est mis à couvert trop tard, les Allemands ne l’ont pas manqué, deux balles dans la tête l’ont couché à jamais. C’était un bon gars, certains diront qu’il ne le méritait pas, mais qui le mérite ? La boue a rapidement souillé son corps. Il pleut encore et toujours, et quand il pleut on entend moins le sifflement des balles. De nouveaux « enfants » nous ont rejoint, ne se doutant pas de l’enfer qui les attend, tout comme moi, il y a quelques jours encore. Je me sens si vieux. J’ai de plus en plus froid, même un cadavre doit être plus chaud.

Aujourd’hui, je suis obsédé par l’envie de manger, de me laver et d’être sec. Demain je vais avoir dix-huit ans et je serais loin de ma famille pour fêter ça. Qui penserait vivre son anniversaire en enfer ?
J’en peux plus, je suis extenué, le ciel de la nuit a été illuminé par les chutes d’obus encore et encore.

Un général, à l’abri à l’état-major, a eut la superbe idée de contre-attaquer pour stopper l’avancée ennemie. Nous ne sommes plus assez nombreux, et beaucoup d’entre nous serons bientôt sans grande utilité pour le combat, blessés, épuisés, en piteux états. Les plus faibles partiront les premiers, en guise de bouclier humain, suivit d’homme plus en état de combattre.

Un groupe est parti ce matin armé de pelles et de grenades, ce soir un autre partira et demain, ce sera le tour du mien.. Pour ce « privilège » j’ai eu droit à quelques vivres de plus que les autres. Sûrement pour avoir plus de force pour courir.

Une nouvelle nuit difficile se présente. Je vais mourir, j’en suis presque certain et demain j’ai dix-huit ans. Quel beau cadeau. Mon officier nous a ordonné d’aller nous reposer un peu pour être plus efficace.

17 août 1916 : Encore une nuit où je n’ai pas fermé l’œil. Je m’interroge, j’hésite entre m’enfuir et me faire tuer par mes chefs pour désertion ou bien courir au massacre sous les rafales des balles de mitrailleuses, entre les balles des fusils, entre les lames des baïonnettes, entre les coups des soldats allemands qui se battent comme nous pour leur survie. Même si j’hésite, d’autres partiront pour le carnage.

Si je m’enfuis, je ne mourrais pas en patriote mais qu’es ce que le fait d’être « patriote ». Tuer pour rien, massacrer, détruire des familles ?

Mais si je refuse le combat, ce sera jugé comme de la lâcheté, et je serais sûrement traduit en cour martiale. Si je ne me bats pas, est-ce que les autres suivront mon exemple ? Au risque que les allemands prennent l’avantage.

Peut-être que si on arrête de tirer, ils arrêteront aussi. S’enfuir et sauver quelques vies ennemies ou rester et les ôter ?
J’ai la tête qui tourne….

Je n’en sais rien, et dans quelques heures voire minutes, il faudra que je fasse mon choix que je me décide. Je ne sais que faire, mais je saurais au moment, je le sens. Il est temps de vous faire mes adieux.

Chère famille, si ce journal vous arrive je souhaite vous dire que :
Je t’aime Papa, occupes-toi bien de maman et de Roseline.
Maman, je t’aime très fort aussi
Roseline, petite sœur, ne m’oublie pas.

L’officier est là, il nous fait signe, il ne me reste que quelques petites secondes pour finir d’écrire.

Ca y est j’ai fait mon choix, j’espère que c’est le bon…

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
08 avril 2006 à 07:53:55

Un peu maladroit par endroit, mais c´est pas mal du tout, il y a ce bout:

" Avant de pouvoir (dormir), nous devions encore préparer notre campement ou du moins se faire un coin pour (dormir). "

" J’appris que l’on allait peu dormir, ce serait dur à cause des déflagrations incessantes des obus et des râles des compagnons agonisants. "
( il l´apprit par le type, Roger, ou il s´en aperçut, si c´est le dernier, " Je constatai que l´ont allait peut dormir " serait beaucoup mieux.

" Il connaissait vaguement la monstruosité du champ de bataille et nous allions la découvrir plus amplement et la vivre au quotidien. "
( Attend : comment connaître vaguement si ce bout dit; " malgré tout ce qu’il disait avoir vécu. A l’entendre, la guerre n’avait pas l’air d’être aussi joyeuse que le présentaient les journaux. " ce extrait n´est pas cohérent, je le changerai, enfin ce n´est que mon opinion)

Enfin le tout est très bien et on peut pardonner les maladresse et les erreurs puisque c´est écrit sous la forme de lettre ou de journal intime, quoique les deux genre semblent être mélangé, enfin le tout est très bien décrit, on peut sentir quelque peu l´horreur du champ de bataille et les sentiment confus de l´auteur qui vit ceci.

Un magnifique texte, je dirai :-) maintenant il te reste qu´à obtenir l´opinion des autres. :ok: :)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 08 avril 2006 à 11:16:51

Un très beau texte je trouve, j´ai pas trop vu de fautes ( faut dire j´en vois jamais :-) ) bah j´aime bien,on sent vraiment l´horreur, le choix, bref c´est bien écrit :-)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
08 avril 2006 à 11:49:43

Un bon texte, oui. Bon ça m´a pas fait trop d´effets parce qu´on nous a beaucoup rabâché l´horreur de la guerre 14-18, donc tous les détails comme les rats je les connais déjà (faut dire mon prof l´année dernière avait un don pour bien faire comprendre les trucs dégueulasses aux élèves^^), mais ça reste bien écrit, et on se met bien dans la peau de ce pauvre gamin.
Bon y´a des fautes par contre, mais pas beaucoup, donc pas grave, et ça gêne pas la lecture.

Bon, en gros, tu seras bien placé je pense. :-)

chris12
chris12
Niveau 9
08 avril 2006 à 20:47:18

non, le concours était finit, enfin concours... C´était au niveau de la classe et oui, j´ai été très bien placé (au niveau de tout les autres bond texted puisque la prof à limité la note max à 15...)

merci pour ses comms, t´as des exemples de fautes parce que ça a été relu par 3 personnes différentes + Word (quoi c´est pas un exemple ?) , pour que je le corrige completement ?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
08 avril 2006 à 22:36:59

Envoie-moi le document Word et je te corrigerai tout ce que je verrai. :) (tu pourras à la limite le réenvoyer à quelqu´un d´autre. :) )

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
09 avril 2006 à 15:26:42

Bizarrement, ce texte ne m´a pas semblé si bien. Bon, d´accord, c´est bien écrit, le style est fluide et convient très bien. Mais, je n´ai ressenti aucune émotion, le texte me semble assez froid, le personnage ne transmet pas sa peur face à un décor apocalyptique peu présenté ou sa haine pour survivre. Ou encore lorsque Roger meurt ou bien son dégout envers les conditions de vie ... Il manquie un petit quelque chose qui fait s´attacher d´avantage au personnage principal à mon goût.

chris12
chris12
Niveau 9
09 avril 2006 à 16:41:11

ben justement, le héro s´est déshumanisé et ne ressent plus grand chose. Le fait qu´il n´est pas non plus d´identité devais accentuer ce fait.

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
09 avril 2006 à 17:36:34

Sauf que, pour deshumaniser quelqu´un, il faut d´abord qu´il soit humaniser. Or, je ne vois aucune évolution du personnage dans le texte. J´ai eu dans ma lecture l´impression que c´est toujours le même, constatant des faits avec une certaine froideur. Peut être un passage montrant clairement ses émotions à son arrivée sur le front aurait été nécessaire.

chris12
chris12
Niveau 9
09 avril 2006 à 19:30:54

ouais t´as raison, il fait un peu "esprit fantôme" qui constate tout, je vais regarder ça.

chris12
chris12
Niveau 9
17 avril 2006 à 20:57:05

allez :up: and :up:

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