Voila une ptite nouvelle que j´ai écrite.
Dites moi honnêtement ce que vs en pensez.
La continuité des choses, l’infinité du temps.
Lune. Lunard tire. Comme toujours. C’est devenu une habitude pour lui. Tirer, tout le temps tirer, et réitérer. Il tire la Lune, un caillou. Mais il y a toujours de la lumière devant lui. La lumière lui brûle les yeux, alors il tire. Son caillou arrive à cacher la lumière. Mais cette lumière ne se cache jamais constamment. Elle revient. Alors Lunard doit tirer, continuellement. Dès qu’il voit de la lumière, il tire, pour aller la cacher. Mais il y a toujours de la lumière devant lui. La lumière lui brûle les yeux, alors il tire. Lunard ne sait pas combien de temps cela fait qu’il tire, il a toujours tiré. Mais depuis le temps qu’il tire, Lunard se pose des questions. Pourquoi tirer ? N’y a-t-il pas d’autres moyens de cacher cette lumière qui lui brûle les yeux ? Ne pourrait-il pas se cacher derrière son caillou, qui cache si bien la lumière, et y rester ? Lunard a essayé, une fois, mais il n’a pas réussi. Son caillou refuse de le laisser se cacher. Alors il continue à tirer. Il semble qu’il soit prisonnier de son caillou, mais uni à lui pour la vie. Il tire le caillou, et le caillou le protège de la lumière. Il semble que le caillou refuse de ne pas être tiré, et Lunard refuse que ses yeux soient brûlés, alors il tire.
Lunard et Lune semblent inséparables.
Terre. Terreur tourne. Comme toujours. C’est devenu une habitude pour elle. Tourner, tout le temps tourner, ne jamais se retourner. Elle tourne la Terre, un gros caillou. Mais une partie de ce caillou est toujours plongée dans le noir. Le noir lui fait peur, alors elle tire. Quand elle tourne, elle échappe au noir. Mais quand elle tourne, une autre partie de son caillou est plongé dans le noir. Alors Terreur doit tourner, continuellement. Dès qu’une partie de son gros caillou est noire, elle tourne, pour y échapper. Mais il y a toujours du noir. Terreur a peur du noir, alors elle tourne. Terreur ne sait pas combien de temps cela fait qu’elle tourne, elle a toujours tourné. Mais depuis le temps qu’elle tourne, Terreur se pose des questions. Pourquoi tourner ? N’y a-t-il pas d’autres moyens d’échapper à ce noir dont elle a peur ? Ne pourrait-elle pas se cacher derrière son gros caillou, et rester à la lumière ? Terreur a essayé une fois, mais elle n’a pas réussi. Son caillou refuse de la laisser se cacher. Alors elle continue à tourner. Il semble qu’elle soit prisonnière de son gros caillou, mais unie à lui pour la vie. Elle tourne le gros caillou, et le caillou la protège du noir. Il semble que le gros caillou refuse de ne pas être tourné, et Terreur ne veut pas avoir peur, alors elle tourne. Terreur et Terre semblent inséparables.
Soleil. Solos ne fait rien. Comme toujours. C’est devenu une habitude pour lui. Ne rien faire, ne jamais rien faire. Il reste là, sans bouger, assis au centre du Soleil, un très gros caillou et regarde le combat incessant de Terreur et Lunard, ces deux âmes prisonnières de leurs cailloux et de leur tâche interminable. Combien de temps cela fait-il qu’ils sont là, à tirer et à tourner ? Solos a perdu le compte. Cela le rend triste de les voir, menant ainsi une lutte perdue d’avance, dans son inlassable continuité. Solos déprime de jours en jours. Ces deux êtres peinent tant, l’une à tourner, l’autre à tirer, incapables de penser, de se libérer, de comprendre que leur tâche est vouée à l’échec. Solos voudrait mettre fin à tout ça. Mais, ici encore, un problème se pose. Car doit-il s’éteindre à jamais, et faire mourir Terreur de peur ? Ou au contraire exploser, brûler ainsi les yeux de Lunard ? Ce cruel dilemme trotte chaque jour, chaque minute, chaque seconde dans sa tête. S’éteindre ou exploser ? Mais Solos s’est fait une raison : ce manège ne s’arrêtera jamais. Il est voué à une existence infinie. Solos ne veut pas faire souffrir Lunard et Terreur, alors il ne fait rien. Solos et Soleil semblent inséparables.
Chez toi. Tu t’ennuies ? Mais qu’attends-tu ? D’être voué à une tâche interminable, telle celle de Lunard, Terreur et Solos ? Je doute que quiconque au monde puisse vivre ça. Lunard, Terreur et Solos ne s’ennuient jamais, eux, ils ne peuvent pas. Lunard tire, Terreur tourne, et Solos se torture l’esprit, réfléchissant au meilleur moyen de finir tout cela. Alors qu’attends-tu ? Que tu sois homme ou femme d’action ou de réflexion, que tu sois Lunard, Terreur ou Solos, ferme ce livre, et profite de la vie.