Les doigts couverts de cloques, je respire les évanescences du café
Ici tout est désert et le tabac empeste
Il est froid ce tabac, immonde comme une tombe
C´est un désert immense, une brève incertitude
Le doute, ennemi de nous deux, est un grain de sable multiplié
Le désert s´étend à l´infini de moi-même, c´est une onde allergique et ça court dans mes bras
J´ai appris, c´est certain : la mort c´est pour bientôt
Elle m´a piqué bien sûr, elle a à peine souri
Ses yeux savaient déjà que j´étais condamné
J´ai signé sans vomir le papier anonyme
Quelques gouttes éphémères de mon sang dans un tube
C´est fini les prières, t´es entré dans le cube
Tout va, se refermant, à travers le désert
Prisonnier sans sa gourde, je cherche tes bas de soie
Je veux les respirer une dernière fois avant de t´avouer
Avant de t´avouer, le coeur serré en quatre, que je t´ai condamnée
Et que c´est pour demain.