Le Passage
Quittant tête basse la célèbre ville aux mille péchés, l’Ange déchu
Songeait à une dame qui jadis lui avait fait une si tendre promesse :
Une Clé, la belle s’était engagée à lui remettre contre une caresse,
Ouvrant le portique d’un jardin que nul autre à ce jour n’avait vu
Foulant d’un pas léger le pavé d’une voie sans commencement ni fin
Gabriel pensait à ce que serait cet instant magique où enfin il pourrait
Pénétrer dans ce lieu magique et inconnu, auquel autrefois il rêvait :
Un étroit passage traversant une caverne et menant à la Cité d’airain
Enfin, arrivé au lieu dit et devant l’exiguïté de l’entrée, de tout son être
Le cœur battant, il s’arrête et hésite : « Ai-je bien fait de venir jusqu’ici ? »
Pourtant, gardant courage, il rampe, se faufilant jusqu’au cœur du nid,
Où aucun être avant lui n’était entré, et dans la petite grotte, il pénètre
Jamais pourtant, l’Ange ne regrettera de s’être engagé courageusement
La Clé offerte valant certainement bien quelques tendresses à prodiguer
Sans cela, combien de merveilles, d’extases et de plaisirs il aurait manqué
Avant de s’endormir dans les bras de sa douce conquête, fier et triomphant.