Suspends les souvenirs rayonnants, douce pluie,
En déliant la corde sans meurtrir les chairs;
Évadée du sommeil, ta parole les séduit,
Ces regards innocents plongés dans les chimères.
Mais étreintes de vous, ô gouttes éternelles,
Les âmes errantes hurlent leurs songes dévorés,
Attendant qu'enveloppe et liberté se mêlent,
Pour briser les chaînes d'affranchis prisonniers.
Ami, vois le ciel échanger avec le sol,
Sa noble grâce emportée par la brise folle,
Chagrin immaculé de grisâtres nuages;
Et l'éclat de tes perles, miroirs d'une brume,
Sourit toujours au morne, car à travers les âges,
Mélancolie écarte les remords posthumes.