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Liste des sujets

Mes poésies et les vôtres...

IkbenbOu
IkbenbOu
Niveau 6
27 mars 2009 à 18:45:39

Me réferrant à ce paragraphe de sa page wikipedia je suppose qu'il a quand même une belle notoriété.

"Le gouvernement français voulut l'honorer en l'ensevelissant au Panthéon, mais la famille refusa et le fit enterrer au cimetière militaire d'Adinkerke. En raison du danger que représentait l'avancée des troupes, ses restes furent encore transférés pendant la guerre à Wulveringem avant d'être en 1927 définitivement enterrés dans son village natal de Saint-Amand où depuis 1955 un musée, le musée provincial Émile Verhaeren, rappelle son souvenir."

Je vais faire un poste avec 3 poésies que j'aime de lui pour que vous cerniez le personnage. :)

IkbenbOu
IkbenbOu
Niveau 6
27 mars 2009 à 18:53:27

:d) La nuit

Depuis que dans la plaine immense il s'est fait soir,
Avec de lourds marteaux et des blocs taciturnes,
L'ombre bâtit ses murs et ses donjons nocturnes
Comme un Escurial revêtu d'argent noir.

Le ciel prodigieux domine, embrasé d'astres,
- Voûte d'ébène et d'or où fourmillent des yeux -
Et s'érigent, d'un jet, vers ce plafond de feux,
Les hêtres et les pins, pareils à des pilastres.

Comme de blancs linceuls éclairés de flambeaux,
Les lacs brillent, frappés de lumières stellaires,
Les champs, ils sont coupés, en clos quadrangulaires,
Et miroitent, ainsi que d'énormes tombeaux.

Et telle, avec ses coins et ses salles funèbres,
Tout entière bâtie en mystère, en terreur,
La nuit paraît le noir palais d'un empereur
Accoudé quelque part, au loin, dans les ténèbres.

:d) Décembre

- Ouvrez, les gens, ouvrez la porte,
je frappe au seuil et à l'auvent,
ouvrez, les gens, je suis le vent,
qui s'habille de feuilles mortes.

- Entrez, monsieur, entrez, le vent,
voici pour vous la cheminée
et sa niche badigeonnée ;
entrez chez nous, monsieur le vent.

- Ouvrez, les gens, je suis la pluie,
je suis la veuve en robe grise
dont la trame s'indéfinise,
dans un brouillard couleur de suie.

- Entrez, la veuve, entrez chez nous,
entrez, la froide et la livide,
les lézardes du mur humide
s'ouvrent pour vous loger chez nous.

- Levez, les gens, la barre en fer,
ouvrez, les gens, je suis la neige,
mon manteau blanc se désagrège
sur les routes du vieil hiver.

- Entrez, la neige, entrez, la dame,
avec vos pétales de lys
et semez-les par le taudis
jusque dans l'âtre où vit la flamme.

Car nous sommes les gens inquiétants
qui habitent le Nord des régions désertes,
qui vous aimons - dites, depuis quels temps ? -
pour les peines que nous avons par vous souffertes.

:d) Vers le futur ( 1895 :ouch: )

O race humaine aux destins d'or vouée,
As-tu senti de quel travail formidable et battant,
Soudainement, depuis cent ans,
Ta force immense est secouée ?

L'acharnement à mieux chercher, à mieux savoir,
Fouille comme à nouveau l'ample forêt des êtres,
Et malgré la broussaille où tel pas s'enchevêtre
L'homme conquiert sa loi des droits et des devoirs.

Dans le ferment, dans l'atome, dans la poussière,
La vie énorme est recherchée et apparaît.
Tout est capté dans une infinité de rets
Que serre ou que distend l'immortelle matière.

Héros, savant, artiste, apôtre, aventurier,
Chacun troue à son tour le mur noir des mystères
Et grâce à ces labeurs groupés ou solitaires,
L'être nouveau se sent l'univers tout entier.

Et c'est vous, vous les villes,
Debout
De loin en loin, là-bas, de l'un à l'autre bout
Des plaines et des domaines,
Qui concentrez en vous assez d'humanité,
Assez de force rouge et de neuve clarté,
Pour enflammer de fièvre et de rage fécondes
Les cervelles patientes ou violentes
De ceux
Qui découvrent la règle et résument en eux
Le monde.

L'esprit de la campagne était l'esprit de Dieu ;
Il eut la peur de la recherche et des révoltes,
Il chut ; et le voici qui meurt, sous les essieux
Et sous les chars en feu des nouvelles récoltes.

La ruine s'installe et souffle aux quatre coins
D'où s'acharnent les vents, sur la plaine finie,
Tandis que la cité lui soutire de loin
Ce qui lui reste encor d'ardeur dans l'agonie.

L'usine rouge éclate où seuls brillaient les champs ;
La fumée à flots noirs rase les toits d'église ;
L'esprit de l'homme avance et le soleil couchant
N'est plus l'hostie en or divin qui fertilise.

Renaîtront-ils, les champs, un jour, exorcisés
De leurs erreurs, de leurs affres, de leur folie ;
Jardins pour les efforts et les labeurs lassés,
Coupes de clarté vierge et de santé remplies ?

Referont-ils, avec l'ancien et bon soleil,
Avec le vent, la pluie et les bêtes serviles,
En des heures de sursaut libre et de réveil,
Un monde enfin sauvé de l'emprise des villes ?

Ou bien deviendront-ils les derniers paradis
Purgés des dieux et affranchis de leurs présages,
Où s'en viendront rêver, à l'aube et aux midis,
Avant de s'endormir dans les soirs clairs, les sages ?

En attendant, la vie ample se satisfait
D'être une joie humaine, effrénée et féconde ;
Les droits et les devoirs ? Rêves divers que fait,
Devant chaque espoir neuf, la jeunesse du monde !

IkbenbOu
IkbenbOu
Niveau 6
28 mars 2009 à 21:33:26

Petite inspiration instantanée...

La vie comme l'Art
ne sont que perpétuelle remises en questions.
Et seul par ces repentirs et réflexions
l'Homme pourra prétendre être son propre phare.

Articulation
Articulation
Niveau 10
04 avril 2009 à 15:20:06

Salut à tous. Bon, c'est un topic de poésie, néanmoins, mon texte est en prose, bien que je l'assimile à de la poésie. Puis-je donc le poster ici?

IkbenbOu: ton inspiration est vraiment pas mal, elle mériterait d'être fouillée!

Lestat8601
Lestat8601
Niveau 10
05 avril 2009 à 13:02:10

La poèsie en prose existe donc...vas-y, balance! :ok:

:fou:

emy_la_fumeuse
emy_la_fumeuse
Niveau 8
05 avril 2009 à 13:17:52

Pensée :

"Depuis qu'il est trop tard, je ne suis plus à l'avance.
A moins que ça ne soit ma montre qui recule."

Articulation
Articulation
Niveau 10
05 avril 2009 à 19:30:36

Voici donc ma "prose poétique" (tâchons de rester humble :noel: ). Espérant vous satisfaire...

_________________________________________________

Suspendu dans l’infini, majestueux et effroyable : un arc-en-ciel monochrome, pantin sans âme et sans maître, Néant incarné, dont le rictus moqueur s’adresse à l’agonisant à peine naissant, à la Vie.

Reposant sur un tertre de glace, couvert d’une fine couche de cendres : un crane scrutant le ciel, dernier défi lancé à la défaite de l’organique, annihilé par l’hostilité d’un Univers où il est devenu l’Etranger.

Et nul pour contempler ce spectacle.

Toujours, rien n’émerge du cadre étriqué de l’horizon : aucune étoile brillante, aucune ombre rampante.
Les espaces infinis sont devenus silencieux : seuls des amas de gaz refroidis et des terres fossilisées parsèment le Cosmos ; et partout, nulle réaction, nulle explosion, nul rugissement blasphématoire : nul prélude à la Vie.
N’est-ce pas cela, le vide ?

Le mouvement s’est enfui, le son s’est tu.
Incontesté, Hypnos règne, et Thanatos rêve de mondes vierges, sur lesquels il n’aurait pas encore étendu son emprise. Même lui regrette la Vie.

Et tandis qu’un crane se désagrège, l’arc-en-ciel, brisé par son propre poids, laisse finalement retomber son sourire.

Il ne reste nul spectacle à contempler…

IgorLeFossoyeur
IgorLeFossoyeur
Niveau 10
05 avril 2009 à 19:41:57

Il en faudrait un autre.

Articulation
Articulation
Niveau 10
05 avril 2009 à 19:56:06

En voici un, un peu vieux, mais l'un de mes péférés :noel:

_______________________________________

Une caverne aux murs gris et froids, située sous une cascade de lymphe.
Des hordes de femmes enceintes, vêtues de leur propre peau, se déshabillant lorsqu’il faisait chaud durant l’hiver.
Nul mari, car autofécondation : c’est la puissance. Pas de force antagoniste : seulement un affront perpétuel entre les femmes pour se nourrir des fœtus de celles qui, n’ayant su s’imposer, se faisaient éviscérer avec des fleurs de lotus noir aux propriétés exorphines méconnues alors, et qui n’avaient donc aucun effet, car méconnus.
Un accouchement douloureux : la remontée du bébé dans la gorge est le plus dur, heureusement que le mucus, substance poisseuse tapissant la trachée, et les battements métatrones des cils, aidaient à les expulser.
Ceux qui tombent la tête la première se la fracassent sur le sol : voilà un bel apport protéique pour ceux qui retombent sur leurs pattes. Ceux dont la colonne vertébrale n’a su encaisser le choc n’ont plus que leurs multiples paires de mandibules pour se déplacer, en s’accrochant aux rochers pour se traîner.
L’immonde progéniture aux pattes de boucs, et au buste –horreur !- d’humain, se fortifient chaque jour, et gagnent sans cesse en férocité lorsqu’ils jouissent les uns des autres, et des bienfaits maternels.
Puis les mères se firent écrasées, violées, tuées, ramenées à la vie, consommées, et tuées à nouveau.
La digestion de la matière maternelle est difficile : apparemment, elle est aussi ingrate morte que vivante.
Vient la délivrance : défécation par le biais des orifices génitaux (soit la bouche, le nez, mes oreilles, et les pores de la peau.)
Les petits monstres veulent se nourrir : voulant réitérer leur exploit carnassier, chacun entreprend de recréer sa mère à partir du fruit de ses entrailles. Mais il y a un manque évident de matière première.
Ils décident alors de mêler leurs merdes, pour sculpter une mère qui subviendrait aux besoins de tous : une idole fut érigée, et l’érection fut idolâtrée.
C’était Dieu.
L’ « Absolu » prit Vie, pleura, poussa un cri, et courut hors de la caverne pour se fondre dans la cascade de mucus : là, sa matière volatile fut désagrégée.
Irrécupérable.
Devant un tel miracle, les bébés consacrèrent l’orgie, afin de se galvaniser avant de se lancer à la recherche de leur mère dispersée.
Avant de mourir, chacun s’auto-consomma, commençant par déguster son propre cœur, car le sang, c’est la vie.
L’aube se lève, et un rire s’élève d’une matière fécale emportée par un torrent de lymphe.

Lestat8601
Lestat8601
Niveau 10
06 avril 2009 à 17:19:38

Articulation: J'ai beaucoup aimé le premier; le second un peu moins. Je trouve qu'il fait preuve de moins de maturité que le premier sur le fond. En ce qui concerne la forme je la trouve bonne, j'aime bien.
C'est pas faux qu'un titre apporterait un petit plus, mais c'est pas une obligation.

:fou:

Lestat8601
Lestat8601
Niveau 10
06 avril 2009 à 17:25:43

Matière sacrifiée au peuple des pêchers
Au sein de leur rivière absconce
Où pleurent les mots des oubliés
Les cris et les larmes déversés

Les ombres de l'air
Ont envahis les coeur
Carmins, et suffoquent
Des égoïsmes passés,
Présents

J'abandonne...

:fou:

Articulation
Articulation
Niveau 10
06 avril 2009 à 22:21:55

Pourquoi abandonner?
Joli poème, surtout la seconde partie!

Pour les titres, et bien, à vrai dire, je n'en trouve jamais, je trouve cela difficile ; et puis, c'est beaucoup trop dirigiste pour le lecteur...

:noel:

Lestat8601
Lestat8601
Niveau 10
07 avril 2009 à 23:58:45

Pour les titre je pense comme toi, souvent trop dirigistes.

Pour mon poème précédent "J'abandonne" en fais partis et marque la fin. Mais c'est vrai que les poèmes extra-longs c'est rarement mon truc. Surtout ceux que je poste ici vu que c'est de "l'impro".

:fou:

Articulation
Articulation
Niveau 10
08 avril 2009 à 21:21:24

Oui, j'avais compris que "j'abandonne" faisait parti de ton poème, c'était juste une quesyion réthoriqe :noel:
Sinon, j'aimerais savoir: retravailles-tu tes poèmes improvisés?

Articulation
Articulation
Niveau 10
08 avril 2009 à 22:25:07

Désolé, j'ai fait quelques fautes de frappe impardonnables sur un tel forum: "c'était juste une question réthorique"...
Voilà, je me sens mieux. :noel:

Irsec
Irsec
Niveau 10
10 avril 2009 à 04:34:40

lestat8601
Posté le 06 mars 2009 à 23:07:13 PurplebOu: Pas grave pour les fautes, je comprends
Donc revoici ton texte avec les fautes que j'ai repéré corrigées:

Désoler d'etre en retard, mes merci pour la corection, je vien tous juste de voir ton méssage hehe ...

Irsec
Irsec
Niveau 10
10 avril 2009 à 05:06:23

Bonjour, autres tentative... :P

La partition égarer...

La vie sur terre a été créé par une mélodie...
Une création inspirer de votre sublime visage...

Remplis de jeunesse, mes aussi de sagesse...
Les plaines, le ciel et les forest...
Garde secretement leur jalousie...
Envers votre mélodie...

Le vent chante la venu de votre passage...
Les lacs se calment, et tend l'oreille...
Les hautes montagnes, attend patienment...
L'échos sublime de sont chant...

Les fleurs s'épanouisse a chacun de vos pas...
Les rayons du soleil se sente impuissant...
Contre vos rayons qui rend meme un non-voyant...
Aveugle...

Votre sourire,une des choses que j'aime le plus de vous...
C'est une chanson que je ne peut m'empecher de réecouter...
Loin, le temp ou je profitais de ce bonheur...
Maintenant, l'échos sinistre est inonder de malheur...

Je l'ai perdue, par ma faute...
Cette partition égarer....

Lestat8601
Lestat8601
Niveau 10
10 avril 2009 à 12:51:10

Articulation: Non c'est toujours le 1er jet, et ils ne sont pas non plus écrits auparavant. Je les retravaille pas. C'est pour ça que je considère que c'est de "l'impro".

Irsec: Pas de problème et de rien! :ok:
C'est encore pour une chanson "la partition égarée"? C'est pas mal

:fou:

Jean_Dezert
Jean_Dezert
Niveau 7
13 avril 2009 à 12:34:41

Cinq poésies.

En sortant de la vie noire comme d'une salle de cinéma,
Je suis déçu, un peu, ému à la larme, affecté ;
Dessous moi palpite une odeur de vie
Camphrée.

Capiteux, capiteux le souffle
De tes bras noirs accrochés
A mon souffle dont l'infini éclate
Au frais.

Et pleurant la vie passée, mol et ondoyant onguent,
Je repense à ces années, aux lumineux cerfs-volants
Qui s'agitent comme des existences
Passées.

*

Mes amis, je vous quitte, oui, car quelqu'un m'appelle,
Elle a une robe bleue, des colombes d'yeux, un dais
De pourpre et de javelines d'azur, elle interpelle
Ma peau, ma peau, toute, appeau donné à elle.

Elle chante des chansons de printemps et d'œillets
Et de neige qui fond, et d'herbe qui renaît
Elle est celle qui rêve, celle qui fait rêver
Et à ses yeux à elle, leur grand noir décharné

Elle chante, elle chante encore, s'alourdit mon oreille
Qui réclame le silence dans la nuit tachetée
C'est l'oraison qu'elle donne, touffue comme un été
Qui meurt, dans le silence, qu'un dernier soupir raye.

*

Mourir ! Mourir ! - c'est fait, madame
Cesser de vivre, eh bien, c'est achevé,
Il n'y a plus rien à faire, plus une gamme à jouer
Il n'y a même plus sur table un livre de chevet.

*

Le passé avachi, et le présent debout
A l'unisson me disent une chanson égale
Pleure, pleure, la vie de bout en bout
Est grise comme une nappe de nuages étale.

*

Le dimanche, jour pesant et flétri
Où les bêtes humaines marchent en rond tout le jour
Eh dimanche, n'as-tu d'autres amours
Que cet ennui plus gourd qu'un hymne à la patrie ?

Jean_Dezert
Jean_Dezert
Niveau 7
13 avril 2009 à 13:22:36

Les fleurs des tombes encore
Fleurissent ma mémoire
Et quand voyant au soir
Sous un grand couchant d'or

Vos doigts grêles et morts
Je repense à mes fleurs
Je redis votre tort
D'être partie ailleurs.

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