MUSE
Tandis qu’une chaude pluie lavait
Ses cheveux d’or entremêlés,
Sur ses joues perlaient des diamants secrets
Que mon cœur venait récolter.
La voyant sangloter sur ce trottoir
Seule, et par la pureté de ses traits
Aveuglé, je décidais de m’asseoir
Quelques minutes pour la consoler.
Elle ne répondait à mes questions
La sylphide aux yeux vert céladon.
« Innocente créature qui es-tu ?
Ne serais-tu pas un ange déchu ? »
Un sourire vint éclaircir son visage
Laissant mourir les gouttes aux rivages
De sa magnifique bouche salée
Par une incomprise animosité.
Fier de cet accueil je continuais :
« Candide demoiselle serait-ce
Un amour perdu qui vint cet été
Briser en votre âme toute allégresse ? »
Et sans même à mes interrogations
Donner une quelconque information,
La belle créature sécha les larmes
Qui venaient voiler l’éclat de ses charmes.
Avec un courtois regard apaisé,
Elle me murmura ces derniers mots :
« Ne me délaisse plus moi qui du haut
Des cieux t´inspire, Ô beau chansonnier »