Ma rose est sans épines
Mais y toucher me blesse
Elle embaume de loin
Mais pourrit sous mes doigts
Le plaisir m´est promis
Lorsque mes yeux la sentent
Mais aussitôt repris
Puisque les siens me hantent
Je suis incarcéré
Pour motif inconnu
La clef est dans ma poche
Mais la poche est cousue
La plaine est devant moi
Vrai ! Je pourrais m´enfuir
Mais l´horizon aboie
Et j´ai peur de courir
Je patauge, harassé
Dans mon sable mouvant
Qui saurait me hisser
Hors du flot fascinant ?
Déjà la boue m´invite
A son repas funèbre
Gentiment elle enlise
Mon coeur en son fourneau
Mais impassible et sec
Celui-ci ne meurt pas
Sous la terre il recherche
Des graines à peine écloses
Et s´éprend quelques fois
De ce qu´il croit sa rose.