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La porte des rêves

Alir
Alir
Niveau 7
05 avril 2006 à 18:29:36

Ca fait un petit moment que j´ai plus rien posté, alors voici une nouvelle. ^^
Bonne lecture... ou pas.

— La porte des rêves. Lorsqu’on se réveille, on la referme. Et avant, on a dû l’ouvrir, pour s’endormir, pour rêver ou peut-être, malheureusement, cauchemarder. Rares sont ceux qui la voient, ou même qui en connaissent la présence. Moi, je l’ai vue. Et ce jour-là, j’ai cauchemardé.
« J’ai voyagé à travers ce monde de l’inconscience. Je me suis battu contre des monstres, comme dans tous mes rêves, mais mon sommeil a duré trop longtemps, et alors que la porte se rapprochait, pour me réveiller, mon dernier combat m’a privé de mes yeux. Immédiatement, je suis ressorti, mais le mal était fait…
« Cette porte des rêves était le soleil, et ma nuit était une éclipse.
L’homme se pencha vers son fils, car bien qu’il fût aveugle, il en ressentait sa présence. Et d’un ton doux, posant un doigt sur chacune de ses paupières, il murmura :
— Comprends-tu à présent pourquoi il faut garder ces lunettes spéciales pendant cette éclipse ? Je suis sûr que tu ne veux pas me ressembler.
Et, ce disant, il se releva. Son fils, enhardi par la dernière phrase de son père, retira les lunettes, et observa avec une extrême concentration le soleil, qui venait de reparaître. Puis un cri déchira l’air, et tous alentour se retournèrent vers cet enfant, qui s’époumonait de plus belle.
Son tuteur comprit, horrifié. Il voulut tourner son enfant, bien qu’il sût que c’était trop tard… Ces mots résonnèrent en lui, comme un écho dans une grotte. « Trop tard… »

Aujourd’hui, ce fils s’est suicidé, une dizaine d’années après la perte de sa vue. Il a jugé que son handicap ne méritait pas qu’il reste en vie.

"Papa… Tu m’as menti… On ne devient pas aveugle dans un rêve. On ne peut l’être. La cécité n’a court qu’en ce bas monde. Ici, je la vois, la porte des rêves. Quoiqu’il s’agisse plutôt de celle de ma mort."
Il rit. D’un rire nerveux. Et pourtant, la peur lui noue la gorge, lui broie le ventre, lui étreint les poumons…

Il pleure. Sur une chaise, dans la salle d’attente de l’hôpital. Son fils… Tentative de suicide... Il n’en revient pas. Serait-ce parce qu’il était aveugle ? Et tout ça de sa faute, à lui, son père ! S’il ne lui avait raconté cette histoire, l’année de ses neuf ans, le jour de l’éclipse solaire totale, il ne le serait pas… A bien y réfléchir - et il y a déjà réfléchi -, peut-être n’était-ce que sa dernière parole, qui l’y avait poussé ?
« Je suis sûr que tu ne veux pas me ressembler. » Il étend un sourire. Un sourire qui lui fait mal, qui lui ronge les mâchoires, la gorge… Un sourire ironique, ironie noire.
"Suis-je bête… Evidemment, qu’il souhaitait me ressembler. Il me le disait. « Papa, tu es mon modèle ! Plus tard, je serai comme toi ! Un grand professeur ! Une grande personne courageuse ! »"

— Trois cents volts ! Immédiatement !
Il presse les mâchoires de la machine sur son corps, qui rebondit, puis qui s’étend. Désespérément. Cela fait plusieurs minutes qu’ils essayent de le réanimer. Mais rien à faire, ils le perdent.
— Trois cents cinquante ! beugle-t-il, des gouttes de sueur sur le front.
Sans commentaire, bien que l’obstination du médecin intrigue toute son équipe, les volts sont envoyées. Nouvelle pression. Nouveau saut. Nouvelle droite plate à l’écran. Désespérément.
— Quatre cents !
Cette fois, la ligne oscille, hésite à redevenir droite, remonte pour redescendre… Tout le monde, dans le box, retient son souffle. Pendant dix secondes, vingt secondes… Et ils se relâchent, soulagés. Le patient revit. Mais il continue de dormir d’un sommeil de plomb. Un sommeil bien trop comateux pour ne pas être considéré comme tel.

Quelques picotements lui parcourent le corps tandis qu’il avance vers la lumière, éblouissante de blancheur. Enfin il y parvint, il la pousse… et reste sur le seuil, pantois. Il n’y a rien devant lui. Du vide. Du vide, mais blanc. Il hésite à avancer, craignant de tomber. Il pose un pied devant lui et, voyant qu’un sol le retient bel et bien, il s’engage. Dix mètres. Vingt mètres.

Depuis combien de temps attend-il, assis, attendant désespérément que l’on vienne le chercher ? Une heure, ou deux ?
— Monsieur Eblaña ?
Enfin ! Il relève la tête, et dans ses yeux d’un noir intense, par lesquels il ne peut plus rien voir depuis désormais trente ans, l’infirmière voit qu’il a pleuré toutes les larmes de son corps… Puis elle comprend qu’elle s’est trompée ; elles ne se sont pas encore taries. S’arrachant à cette triste constatation, elle continue :
— Monsieur Eblaña, il n’est pas mort… (Et, avant de lui laisser le temps d’un soupir de soulagement : ) Il est dans le coma.
Il la regarde, du moins en a-t-elle l’impression, comme pour supplier que ce ne soit pas vrai. Mais elle ne peut lui mentir. Elle lui propose de venir le voir, ou tout du moins le toucher, dans sa chambre, où on le maintient en vie. Il se lève, et se fait guider. Puis il s’assied sur un tabouret, et sent la présence de son fils. Comme lorsqu’il était vivant. Il y a encore de l’espoir. Alors il se penche, lui murmure quelque chose à l’oreille, puis se remet à pleurer.

Des sons, comme des claquements de porte, des bruits de pas et de paroles lui parviennent tamisées. Il en cherche la provenance, mais pas moyen, les personnages de cette scène sont introuvables.
« Pourquoi as-tu choisi la porte de la mort, au lieu de revenir sur tes pas pour prendre et refermer celle des rêves ? »
C’est son père qui lui parle, il en est sûr. Il s’arrête et verse quelques larmes en y songeant. Il sait que ça lui fait de la peine de le voir s’en aller ainsi… Mais lui ne supporte plus la situation. Soudain, il sent de l’eau qui lui tombe dessus, pourtant il n’y a pas de pluie, pas plus que de nuages à l’horizon. Puis encore des gouttes, et encore, et encore. De plus en plus, et ça ne se tarit pas.
Enfin, après avoir erré ce qui lui semble des heures durant, une porte lui apparaît. A l’opposée de l’autre, elle est de ténèbres, entourée par la lumière. Il songe que c’est peut-être celle qu’il a franchie tout à l’heure… Mais tant pis, il n’a d’autre issue. Il s’y engage.
Aucune pensée ne le traverse plus, jusqu’à ce qu’il ait passé la porte. Et aucune pensée ne lui sera plus donnée.

Il se relève soudain, envoyant le tabouret sur lequel il était encore assis dix secondes auparavant à terre. Le visage de son fils est barbouillé de ses pleurs.
Sa présence, il ne la sent plus. Il sait ce que ça signifie. Ainsi il n’a pas choisi la porte des rêves, même après son intervention. La grande faucheuse l’a emmené, par la porte finale, ténébreuse. Elle a été plus persuasive que le père.
D’une main tremblante, il recouvre le visage de son fils du drap blanc. Puis il part en courant de l’hôpital. Il ne veut plus jamais en entendre parler.

Loin, très loin de là, une étoile explose.
Sa lumière, pourtant, ne s´éteindra que dans une dizaine d´années...

Dix ans plus tard, monsieur Eblaña mourra. Une étoile explosera, à nouveau. Mais sa lumière ne sera pourtant déjà plus visible sur Terre. Depuis la mort de son fils.

Sky_Soft
Sky_Soft
Niveau 7
06 avril 2006 à 14:38:09

Merdeuh. :gni:

Hop, je uppe pour réparer mon errazage^^. :ange:

musiqueforever
musiqueforever
Niveau 10
06 avril 2006 à 15:03:19

Dix ans plus tard, monsieur Eblaña mourra

:honte: Non mais là :nonnon: c´est quel verbe? Mourrer?

sky :d) Un modéro qui dit des gros mot! Ohlololo! C´est pas bô!

Enfin bon concentration sur le texte.

Je ne comprends pas ce que les étoiles viennent faire dans cette histoire, mais c´est d´une qualité qui me convient.

L´histoire est un peu imcompréhensible au début, puis lorsqu´il parle de l´éclipse, tout s´éclaire (si vous me le permettez d´utiliser cette expression!)

Je trouve ça moyennement bien pour ma part. A part la faute de la fin, c´est parfait, quoique confus.

:gni:

Alir
Alir
Niveau 7
06 avril 2006 à 16:37:45

Une faute ? J´aurais pas osé faire un truc si gros ! Oo Je prends ça comme une insulte. :nah: (Hum, bon, non quand même, pas jusque là.) Et tu oses parler de concentration sur le texte ? :nah:
C´est loin d´être une faute, puisque j´utilise à ce moment le futur. Et, jusqu´à preuve du contraire, mourra est le futur simple du verbe mourir. ^^ (Si tu regardes les phrases suivantes, j´utilise bel et bien le futur dans ce dernier paragraphe.)

Puisque tu ne comprends pas pourquoi je parle des étoiles (Raaah ! T´as pas bien observé le texte :p) ), on peut ajouter cette phrase tout à la fin : "Seul son fils pensait à lui ; seul lui pensait à son fils."
Et si quelqu´un ne comprend toujours pas, qu´il le dise, j´expliquerai. (Bon, libre à vous de comprendre la chose comme vous le sentez...)

Que ce soit confus, c´est un peu voulu. (Mais pas trop. :o)) ) Relisez le premier paragraphe au besoin. ^^ (Bon, et si jamais, dites-vous que j´ai mal écrit et que c´est normal que vous compreniez pas tout. :-p )

SkySoft ~~> J´étais près à te demander pour t´avais supprimé mon post lorsque j´ai vu le tien tout à l´heure. ^^

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