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Une expérimentation douloureuse

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
01 avril 2006 à 19:17:26

Je m´étais inscris pour le duel des plumes avec comme sujet le psychopathe. J´ai fait un texte mais comme il est trop long je le poste dans un topic. Je tiens à dire que ce que j´ai écris là à un rapport direct avec une ancienne fiction : "Les larmes de la stupidité". En fait, cela se passe juste avant.

Foin de parlotte, place à la lecture. :)

________________________________________________

- Une expérimentation douloureuse -

Le professeur Miller adorait son travail par dessus tout. Psychiatre de renommé international, il s´intéressait à des cas exceptionnel de troubles mentaux et ses travaux, même s´ils étaient souvent controversés, constituaient la base de recherches extrêmement poussées sur le comportement humain. Le professeur Miller, Roland de son prénom, travaillait dans le centre hospitalier de Caleichy en Arizona et s´occupait donc de diagnostiquer les cas les plus étranges, où les individus dont on arrivait pas à cerner le schéma psychique.
Alors qu´il s´apprêtait à prendre sa retraite d´ici quelques années, les autorités exigèrent de sa part d´examiner un patient afin d´en tirer un examen précis afin d’avoir le jugement objectif d’un expert.

Le professeur attendait sur les marches de l´hôpital la venue de son nouveau patient. Il avait reçu peu d´informations à son sujet si ce n´était les exactions qu´il avait commises, en somme, pas bien plus de ce qui avait été révélé par les médias. Au vu du dossier, même s´il été faible, Roland avait déjà préétablit les étapes de la séance qui devait se dérouler dès l´arrivé du patient. Une ambulance passa les grilles et se stationna près de l´entrée principale. Une équipe d´infirmiers s´affaira autour du véhicule pour en extraire un homme, solidement harnaché sur une civière. Il fut précautionneusement transporté dans le bâtiment sous le regard neutre du professeur Miller.
Ce denier savait donc bien peu de choses sur cette homme si ce n´était qu´il avait tué plusieurs personnes, et plus encore. Seulement, il ne savait pas ce qu´était ce plus et il avait donc la charge de savoir ce qu´il avait poussé à accomplir ce plus même s´il ignorait de quoi il en retournait.
L´homme fut installé dans son cabinet, à l´aile ouest, et on lui retira tous ces liens car le professeur n´aimait pas traiter avec des patients enchaînés. Il savait pertinemment qu´il courait un grand risque mais une simple pression sur un bouton de son bureau et une dizaine d´infirmiers pouvaient agir dans la seconde.
L´homme paraissait serein bien qu´on lisait une certaine lassitude dans ces yeux. L´individu ne présentait aucun signe apparent de troubles mais Roland se garda bien de développer des idées préconçues sachant que dans le domaine psychiatrique, l´apparence était souvent à l´opposée de la personnalité.

Il s´installa dans un fauteuil sans cérémonial et actionna la petite caméra qui trônait sur son bureau. Sans attendre, il débuta l´entretien.
- Je suis le professeur Miller et vous êtes ... – il jeta un regard furtif au dossier ... Carl Urban. Vous êtes dans le ...
- Je sais évidement où nous sommes professeur.
Carl avait parlé d´une voix monotone et sans grain, comme s´il avait répété cette phrase mainte fois dans sa tête. Roland ne se formalisa pas de cette interruption et reprit cordialement.
- Bien, mais dans ce cas savez-vous pourquoi l´on vous a conduit ici ?
- J´ai tué une famille : un couple et leurs deux enfants. Au vu de ce que j´ai fait au mari, j´en déduis que c´est surtout pour ça que l´on m´a interné.

Roland saisit un stylo et annota quelques commentaires sur son bloc-notes. Il avait affaire à un homme censé et pleinement conscient de la situation, ainsi : soit il se trouvait face à un tueur sans scrupule ; soit alors à un individu tout à fait normal sur qui la réalité n´a pas d´emprise. Il releva la tête et observa plus attentivement son patient, ignorant dans quelle catégorie le classer. Comme Carl semblait intelligent, il préféra entrer dans le vif du sujet.
- Quelles étaient vos intentions ? J´entends par là quel intérêt aviez-vous à les tuer ?
L´homme sortit de son masque d´homme tranquille et sursauta.
- Tuer ? C´est dépassé ! Massacrer, démodé ! Torturer, complètement ridicule ... sauf si l´on sait quelle partie du corps il faut ... triturer.
Roland plissa les yeux tandis que son stylo courait sur le papier. Il se redressa et poursuivit sur un ton légèrement plus ferme, mais certainement pas autoritaire.
- La mort est donc pour vous sans intérêt, pour vous, le plaisir réside dans la souffrance.
- Je ne tire aucun plaisir à faire ça, je n´avais aucune vengeance à assouvir. Je suis un scientifique tout comme vous. Je voulais tester la stupidité et l´absurdité qui peut animer les humains dans certaines situations.
Roland esquissa un sourire mais se ressaisit au dernier instant. Il avait en face de lui un sujet parfait, absolument conscient des horreurs qu´il avait fait et il en parlait avec exactitude. Cela faisait des années qu´il espérait tomber sur un tel patient et voilà que la gendarmerie lui en livrer un gratuitement. La belle aubaine. Il griffonna quelques lignes supplémentaires et continua. Il était légèrement excité mais il ne devait pas s´emporter : c´est le médecin qui guide l´entretien et sûrement pas le patient.
- Vous êtes donc un homme de science qui aime la rigueur et la véracité des faits. Cependant, il n´est pas logique de faire souffrir des gens pour prouver des théories.
- L´histoire nous a démontré plusieurs fois que c´est faux. Par exemple, les camps de concentration de la seconde guerre mondiale nous ont permis de constater jusqu´où pouvait résister le corps humains. Moi, j´ai voulu tester une autre partie de l´humain.
Une logique implacable pensa le professeur. Un psychopathe peut être ... non, Carl était bien plus que cela. Il ne tirait pas de plaisir et n´était pas animé par une curiosité malsaine. Il y avait autre chose qui l´animait. Cet autre chose était peut être ce qu´il cherchait à démontrer depuis des années.
- Quelle autre partie ?
- L´esprit bien sûr.
Roland eut un mouvement de recul. Il espérait une autre réponse, quelque chose de plus subtil. Au lieu de ça il avait probablement un dément tout ce qu’il a de commun. Néanmoins, il ne devait pas baisser les bras de si tôt.
- C´est une théorie fort intéressante monsieur Urban. Pouvez-vous expliquer plus en détail de quoi il s´agit je vous prie.
- Oui, tuer des gens d´une balle dans la tête n´apporte rien, tout autant que de les écorcher vifs – je n’ai pas vérifier rassurez vous. Ils souffrent, certes, mais ce niveau de douleur n´est que physique, ce n´est qu´une impulsion nerveuse créée par le cerveau, un simple leurre qui tient pour rôle d´informer les détériorations que subit le corps. Moi, je voulais tester la douleur psychique.

Carl se tut, attendant peut être une réaction du professeur. Seulement ce dernier le fixait invariablement. Sans se ménager il compléta ses propos.
- Voyez-vous, l´épiderme cicatrise, un membre tranché peut être remplacé par une greffe, tout comme les organes. Moi, je voulais savoir ce qu´il en était pour l´esprit. Une fille qui se fait violer dans son enfance gardera des séquelles toute sa vie par exemple. C´est dans l´esprit des gens que je désirais découvrir le fonctionnement de la souffrance psychique.
Roland s´avoua à lui-même que c´était une théorie captivante, mais certainement pas exploitable à cause de l´horreur que cela engendrait. Il se remémora alors les travaux d´un homme ayant déjà travaillé sur le sujet.
- Freud avait également œuvré dans ce domaine, rétorqua le professeur. Selon lui, le cerveau est une sphère de cristal, fragile et merveilleuse. Un traumatisme émotionnel se traduirait par un léger choc sur cette sphère, ainsi, on pourrait colmater le lieu de l´impact, mais pas les fissures qui s´enfonceraient profondément dans la sphère car elles resteraient éternelles. Ses travaux étaient très complets, il me semble.
- Ils l´étaient en effet, mais cela demeurait du domaine théorique. Moi, je suis passais au pratique. C´est pourquoi j´ai accompli les fameuses horreurs pour lesquelles je suis accusé d´actes barbares et que je suis traité de fou.
Quelques minutes s´écoulèrent durant lesquelles le professeur noircissait les pages de son bloc notes. Carl présentait un certains détachement de la réalité. Une dissociation inexplicable car il conservait une emprise parfaire parfaite sur le monde qui l´entourait. Roland flaira alors les récompenses. Roland le détailla plus en précision et il comprit vite en regardant Carl qu´il était la clé de ses longues – et infructueuses – recherches. Il lui manquait la preuve vivante de ses théories et elle se trouvait là, juste devant lui en train d´arborer un air dégagé.
- Serait-ce trop vous demander quelles ont été vos méthodes d´expérimentation ? s´enquit-il d´un ton affable.
- Bien sûr, d´ailleurs vous êtes également un scientifique. J´ai moi-même était psychologue et même si le secret médical m´oblige à me taire je peux bien vous faire une faveur d´autant plus que j´ai tué mes patients, hélas.
Le dernier mot que Carl venait de prononcer montrait indiscutablement qu´il avait une once de remords. Roland s’empressa de le noter. Il pétillait à l´idée que ce simple mot venait de le conforter dans sa théorie. Il se carra dans son fauteuil et croisant les doigts.
- Je vous écoute.
- C´est long.
Le professeur jeta un bref regard à l´horloge suspendue au mur et se contenta de répondre.
- J´ai tout mon temps.
- Bien … Le mois dernier, je me suis introduis chez une famille : un couple et leur deux enfants. Seul le mari m´intéressait, j´ai donc massacré ses enfants sous ses yeux : j´ai violé puis étripé sa fille de quatre ans et son fils de onze ans, je lui ai coupé les bras. Il criait tellement que je l´ai égorgé par inadvertance, alors que j’avais juste l’intention de lui sectionner son larynx afin de le faire taire.

Carl s´arrêta, et jugea son interlocuteur. Roland avait déjà eu l´occasion de traiter des meurtriers et ce n´était pas les premières atrocités qu´on lui décrivait. Bien qu´intérieurement dégoûté, il conserva une mine jovial et pria son patient de poursuivre.
- En fait, j´aurais bien volontiers préféré épargner ses jeunes gens, d´ailleurs je répugne à donner la mort mais c´était nécessaire que je les tue.
- Pourquoi ne pas avoir simplement enlevé le mari et vous faire vos ... « expérimentations » à l’écart ? Vous les auriez ainsi dispensé de leur rendez-vous avec la mort, si je puis permettre.
- Cela va de soi, mais j´avais besoin d´eux pour la poursuite de mon expérience.
- Pourquoi ?
- Parce qu´il fallait d´abord que je fasse comprendre au mari que je n´étais pas un scientifique, il fallait qu´il me craigne et qu´il pense que j´étais un réel psychopathe. C´est pourquoi j´ai décapité sa femme et ses enfants pour accrocher leur tête au mur de la cave dans laquelle je l´avais enfermé. En outre, je voulais mesurer la douleur psychique, il me fallait donc une entrée en matière concrète et forte, sinon son esprit aurait progressivement construit une barrière psychologique pour se protéger de moi.
Le professeur déglutit avec difficulté. Carl avait parlé avec une telle suffisance que ça lui en avait glaçait le sang. Il ne laissa rien paraître et ne dit rien, afin d´en savoir plus.
- Il eut été dément de s´occuper de lui tout de suite car je ne n´aurais rien pu tirer de lui sous la colère où une tristesse trop profonde. C´est pourquoi je l´ai laissé trois jours sans nourriture ni eau. Une fois affaibli, je l´ai sorti de la cave et il s´est produit un événement imprévu.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
01 avril 2006 à 19:19:23

Le professeur de demandait bien comment on pouvait prévoir un plan dans ce genre de situation. Il s´abstint de commentaire et continua d´écouter son patient sans ciller.
- La mari a tenté de s´enfuir. J´ai été contraint de lui sectionner les pieds, le pauvre homme. Je l´aurais bien fait sous anesthésie ou alors je l´aurais ligoté, mais il ne fallait pas compromettre mon rôle de meurtrier, vous comprenez ?
- Oui ... naturellement.
Roland était à la fois horrifié par ce qu´il entendait mais aussi émerveillé par la perspective qu´ouvrait Carl.
- C´est juste après que j´ai débuté mon expérience. Pour commencer, dit Carl calmement, j´ai découpé ses pieds en petits morceaux que je lui ai fait cuire puis servi à manger. Bien entendu, le mari a cru dans un premier temps que je lui donnais un steak ordinaire, et je lui ai révélé le contenu une fois le repas terminé. Si je l’avais forcé, il se serait braqué et l´expérience aurait été compromise, mais au lieu de ça ce fut un franc succès car il vomi la seconde suivant la révélation.
- Ce sont des méthodes radicales, intervint Roland. Pour ma part, je me serais contenté de faire de l´intimidation.
- Pour qu´il se rende compte par la suite que vous ne passez par à l´acte ? Non, il aurait vite comprit. Il fallait d´abord agir, et ce, dans des délais brefs …
- Pour l´empêcher de reposer de son esprit et de se construire des barrières mentales.
Le professeur avait dit cela comme pour s´assurer qu´il avait tout saisi et pour montrer à Carl qu´il lui portait de l´intérêt. D´ailleurs, celui-ci s´en aperçut et il se mit à parler plus vite, signe de son effervescence.
- Après l´effroi, il fallait passé au dégoût, puis la peur de mourir en elle-même. Pour cette seconde étape, donc, j´ai servi au mari les étrons qu´il avait produit pendant ses journées d´isolation. Là, il a tenté de me résister en refusant : réaction tout à fait prévue ...
- Cela va sans dire.
- Comme vous dites professeur. Toujours investi de mon rôle de psychopathe, je lui ai écrasé un doigt avec un marteau. La seconde fois, je lui en ai sectionné un avec une petite cuillère, et enfin au troisième refus - le dernier - j´ai carbonisé son pouce gauche à l´aide d’un chalumeau.

Roland se massa ses doigts par réflexe et il eut du mal à retenir un haut le coeur. Voyant l´état du professeur Carl s´inquiéta.
- Vous allez bien professeur, peut-être devrions nous nous revoir plus tard ?
Roland sourit en repensant que d´habitude c´est lui qui sortait cette phrase. Il aurait accepté si au loin, il n´apercevait pas le spectre de la réussite.
- Non, tout va bien ... disons que mes protections psychologiques n´étaient pas adaptées. Reprenez, je vous prie.
- Dans ce cas ... après qu´il eut ingurgité ses propres excréments, je lui ai pensé ses plaies car mon expérience allait encore durait et il ne fallait donc pas qu´une infection ne vienne l´interrompre. Je n´ai rien fait durant la nuit car il fallait qu´il se plonge dans les doutes, et l´interrogation ...
- Il aurait pu en profiter pou bâtir une barrière, coupa le professeur.
- Certainement pas avec les têtes de ses proches suspendues au mur.
- Ah oui ...
Une minute s´écoula silencieusement. Roland se rendit compte qu´il n´avait plus pris de notes depuis une dizaine de minutes, il réempoigna son stylo mais il ne voulait pas sombrer dans des réflexions psychologiques tortueuses. Après tout, la caméra filmait tout et il aurait tout le « loisir » de revisioner l’entretien plus tard. Il reposa son stylo et Carl reprit.
- Le lendemain, je lui ai fait croire que je le libéré au petit matin, mais au lieu de ça j´ai fait mine le tuer. En fait, c´était un test pour savoir si mes expérimentations de la veille avaient correctement fonctionné. Ce fut le cas car à ce moment là, il a sangloté et il s´est littéralement effondré. J´ai aussitôt compris que ses dernières protections mentales s´étaient brisées et que mon expérience était bonne.
Roland consulta le dossier en diagonale et s´aperçut que ce n´était pas tout ce qu´il avait fait. Il en fit part à son patient.
- Je constate que vous ne vous êtes pas arrêté là, alors que tout avait fonctionné comme vous l´aviez prévu.
- Fort de mon succès, il fallait que je continue. Après tout, je n´étais qu´au balbutiement de l´étude la souffrance psychique. Et comme je l´ai dis, il restait une étape ...
- La peur, compléta le professeur d´un ton froid.
- En effet, la peur du meurtrier mais surtout de la mort. Je devais alors faire en sorte qu´il ne comprenne pas mes intentions. Je lui alors ordonné de danser, et il a fallu cette fois-ci quatre autres doigts pour qu´il daigne bouger. Il pleurait, et je me serais presque joint à lui. Si vous l´aviez vu debout sur ses moignons en train de danser. C´était horrible.
Roland pressentit une faille dans les propos et le ton de son patient. Il n´essaya pas de l´exploiter – surtout pas – mais plutôt de la comprendre.
- Vous auriez pu couper cours aux « expérimentations » et mettre un terme à ce supplice, car il vous toucher également.
Le patient réfléchit un instant mais ne se laissa pas démonter.
- J´y ai pensé figurez vous, mais je devais poursuivre pour aboutir sur un résultat concret, tangible. Et puis, me concernant, j´avais eu largement le temps de constituer des barrière physique car je savais ce que j´allais faire alors ...
- Alors vous avez continué ...
- A mon grand malheur oui. Je lui ai pensé les plaies à nouveau, mais cette fois-ci je lui retourné tous les ongles des doigts restant. Il ne devait pas croire qu’il m’inspirait de la pitié et que je m’y attachais. Le soir, je l´ai tabassé pour lui fracturer quelques os et je l´ai renfermé dans la cave pendant trois autres jours, mais là avec de l´eau pour qu´il survive.

Le professeur se taponna le front avec un mouchoir pour sécher la sueur qui dégoulinait doucement. Il respira un grand coup, et il se décida à faire des observations sur le papier. Le patient ressentait de la peine pour sa victime et ne tirait donc aucun plaisir à faire ça. De plus, il n´était pas assujetti à une drogue, une vengeance ou une impulsion meurtrière : il était tout ce qu´il y avait de plus normal, mentalement parlant. Un autre psychiatre n´aurait rien compris, mais Roland voyait là l´aboutissement de dizaines de moi de labeurs. Il lui manquait encore quelques éléments cependant.
- Et qu´avez-vous fait par là suite.
- Je ne pouvais plus me résoudre à le torturer physiquement alors j´ai employé des méthodes moins radicales mais toutes aussi efficaces.
- La goutte chinoise par exemple ?
- Non, c´est désuet. La nuit, je le ligotais et lui faisais écouter de la musique à des sonorités très fortes, et le jour il devait faire des travaux sans intérêt comme déchirer les rideaux puis les recoudre, et ce, indéfiniment. Et bien entendu, chaque soir je lui disais que le lendemain je le libérerais, et chaque matin je prenais une arme et tirait sur sa tempe avec un chargeur vide. Après deux semaines, il n´avait plus aucunes barrières psychologiques, il était complètement détruit par la peur et j´ai pu comprendre certains aspects fondamentaux de la terreur et de la douleur mentales.
- Mais il a fallu que cela se fasse au détriment de la vie du reste de sa famille.
- Malheureusement oui, acquiesça Carl. Et encore ... il reste encore certains points que je n´ai jamais réussis à élucider et qui demeure encore aujourd´hui des énigmes.

Roland se renfrogna. Son patient avait tué, puis torturé, tout ça pour en rester sur une énigme farfelue.
- Je n´arrive toujours pas à comprendre pourquoi le mari n´a pas tenté de se suicider.
- Comment ça ?
- Et bien vers la fin de mon test, il ne devait plus rien rester dans sa tête, il était détruit mentalement, comme je vous l´ai dis. Et en dépit de ça, il n´a jamais rien tenté. Sans doute la peur était trop grande où sa personnalité en était ressortie altérée. J´avoue que cela me laisse perplexe et je regrette d´avoir fait tout cela pour en arriver à une simple interrogation.
Le professeur ne dit rien et regarda par réflexe l´horloge. Fichtre pensa-t-il.
- Ce n´est pas tout ça mais le temps passe à une vitesse, dit-il en se levant. Laissez moi vous raccompagner, les infirmiers vont vous prendre en charge.
- Ce fut un plaisir de parler avec un confrère, professeur.
Joignant le geste à la parole, Carl lui tendit sa main, à laquelle il manquait plusieurs doigts. Roland la serra à contrecoeur et poussa son fauteuil roulant à l´extérieur de son bureau.
Trois hommes, solidement bâtis, prirent le relais et emmenèrent le patient dans une chambre à l´étage. Le professeur rentra dans son bureau pour se laisser choir dans un canapé de son bureau, les gens pouvaient dire ce qu´il voulait mais son travail était harassant. Il rangeant son bloc notes et au moment de se servir à boire, un des ses collèges pénétra dans la pièce pour s´asseoir sur une chaise faisant face au professeur.

- Alors Roland, fit-il, il te plait ? J´étais dans la salle d´à côté et j´ai suivi l´entretien, je dois dire qu´il est impressionnant.
Le professeur se contenta de sourire et il se replongea dans ses réflexions. Il détenait alors la réponse que Carl ne pourrait jamais trouvé.
- Roland ? s´enquit son collègue. Qu´avez-vous diagnostiqué ? Personnellement, je pense qu´il souffre de schizophrénie ... rendez-vous compte, pendant un mois il s´est lui même torturé croyant faire du mal à une autre personne.
- Il était parfaitement conscient de ce qu´il accomplissait.
- Il se désignait pourtant par la troisième personne et ...
- C´est parce que son esprit est mort, ce n´est plus qu´une tête vide sans aucune personnalité.
- Ne me dites pas que vous avez-vous au moins compris ce qu´il a raconté et son histoire de suicide.

- Si, j´ai tout compris, rétorqua le professeur d´un ton évasif. C´est parce que nous avons conscience de notre emprise sur nous même et de l´existence de notre esprit que les gens se suicide, c´est parce que la réalité physique hante leur tête que les gens ne se supportaient pas eux même dans cette réalité, et qu´il se donne la mort. Les schizophrènes possèdent plusieurs personnalités, ancrées en eux et l’une ou l’autre prend le dessus. Ou bien dans d’autres cas ils ne perçoivent plus la réalité correctement et ils sombrent ainsi dans la folie.
- Ca n’explique rien, rétorqua l’autre homme.
- Justement si, tout est là. Carl n’est pas schizophrène – loin de là –, il présente une dissociation interne de sa psyché, ce qui signifie que son esprit s’est détaché de lui-même. Je n’entends pas là que « sa » réalité mentale a disparue. Lui même n’existait plus. De ce fait, Carl, n´ayant plus cette emprise sur cette réalité interne, il ne pouvait donc pas se suicider et jamais il ne le pourra. C’est la réalité physique qui le contrôle à présent, et ainsi il ne comprend pas la mort physique, car lui, il est mort, spirituellement.
Le collège écarquilla les yeux.
- Votre théorie de l’effondrement interne du mentale est donc vérifiée par … par ce malade ! C’est dingue !

- En effet, oui.

Roland fini son verre et il commença alors à peine à entrevoir les applications que cela comportait. S’il réussissait à reproduire le phénomène et à le contrôler, la réalité, si puissante et si infinie permettrait à des personnes d’emmagasiner des informations illimitées et de développer des intelligences considérables. Il avait d’ailleurs déjà un nom dans sa tête, le fils de leur voisin, tout le temps en train de pleurer, si stupide. Comment s’appelait-il déjà se demandait Roland … ah oui : William Massmer !

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
01 avril 2006 à 20:05:24

Ok c´est très bien le texte par moment nous fait ressentir la douleur du gars qui est enfermé et torturé et on ressent aussi la... enfin je ne saurai dire comment je dirai qu´on se croirait avec les personnage pendant l´entretient et par moment on en a presque des hauts le coeur, à part quelques erreurs qui sont dû en parti à des problèmes de conjugaison je n´ai rien d´autre à ajouter.

Très bon texte ! :oui:

lex-4000
lex-4000
Niveau 10
01 avril 2006 à 20:32:41

Je n´ai pas trouvé ton texte très sordide. Les actes commis par Carl sont retranscrits trop platement pour choquer.
Ca donne à l´histoire une dimension totalement psychologique donc.
N´étant pas (du tout) un expert en psychologie et psychanalyse, je ne suis pas vraiment capable de juger les idées de ce texte. En tous cas, elles me plaisent vraiment et sont assez accessibles dans l´ensemble (bien qu´à certains moments la conversation du professeur Miller avec son collègue psy à la fin m´ait un peu embrouillé par moment).
La narration est fluide, les dialogues bien présentés.
J´ai remarqué deux répétitions quand même pour désigner Mr Miller:
- Au début, dans le premier paragraphes deux phrases commence par l´intitulé: "le professeur Miller..."
- Quelque part ^^, deux phrases d´affilée commencent par "Roland"...

En tout cas, très bon texte! :bravo:

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
02 avril 2006 à 23:03:57

Tout d´abord, merci à vous d´avoir lu ! :ok:

Ensuite, je voudrais revenir sur ce qu´à dit lex-4000 : les atrocités sont décrites de manière assez plates justement pour montrer ce fameux détachement sur les choses qu´a Carl.

Et pour le jarguon de psychologue j´ai essayé de ne pas trop scientifiser mon texte sinon s´aurait été illisible : je voulais surtout montrer l´évolution de l´entretien et des réflexions du professeur.

Encore merci d´avoir lu et désolé pour les fautes d´orthographe. :)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
01 juin 2006 à 21:55:26

Deux petits mois se sont écoulés.

Je la remonte, on ne sait jamais que le texte intérsse quelqu´un ... :)

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