J´emplis mes poumons...l´air marin me brûle, pourtant je continue, seul sur la grève, j´admire la facilité avec laquelle les cormorans se déplacent, superbes oiseaux marins; la brise forcit, les vagues viennent mourrir sur la sable blanc, le soleil se lève.
Solitaire, je m´avançe, me retourne pour vérifier que rien ne viendra troublé ce moment de pleinitude, au loin quelques chiens creusent le sable, la vie s´éveille en ce monde. J´enlève mes chaussures, remonte les bas de mon pantalon, me dirige lentement vers les flotsmouvementés. L´un des chiens relève la tête, renifle un instant, puis continue de creuser. L´onde est de plus en plus proche de moi, je marche plus vite à présent, tout se fait silence, pendant une fraction de secondes intemporelles, toute vie est statiques. Je rouvre les yeux.
Une légère bruine se fait sentir, le vent, lui, s´appaise, le soleil est maintenant bien levé, je continue de m´avancer. Je rentre dans l´eau, elle est fraiche, presque froide, pourtant je ne frissone pas.
J´ai maintenant de l´eau jusqu´à mi-cuisse, des milliers de diamants cintillent dans l´eau crystaline, Râ darde ses rayons de pureté sur la Terre. Le Lune, triste et vaincue, disparait à l´horizon, Râ s´emplit de fierté.
Et alors elle apparait, je l´ai attendu toute ma vie, et maintenant, alors que je me croyais proche de son aboutissement, elle surgit dans mon champ de vision. Splendide et superbe, je cligne des yeux, j´essaye de me persuader que je rêve, cela ne peut en être autrement...
Nayade s´approche, elle me regarde de ses yeux bleus intenses, bleu comme sa mère, la vaste océan... sa cheveux d´or, hérité de Râ sont magnifiques, ils sont tombes sur ses épaules dénudées, je sens monter en moi, un amour profond, infini et irrationnel.
L´eau me recouvre jusqu´a la hanche, je continue de marcher, mes pieds s´enfonçent profondément dans les tréfonds du sable...l´amour monte en moi, éruption incandescente en une coeur de glace. Elle cligne des yeux, tend sa main vers moi...
Alors je me réveille...seul, dans mon lit, j´ai bien du mal à me faire renaître en moi...alors surgit la douleur, puis la haine, qui laisse place à une colère froide, glacialle, terrible, qui regèle instantanément mon coeur fondu par les beaux yeux bleus océans de Nayade...
Je hurle, pleure toute les larmes de mon corps, on m´a fait entrevoir le Paradis, et on me le reprend...je suis retourné en Enfer...