Encore une bonne suite, les intrigues prennent place, c´est bien, reste à voir ce qui viendra par après.
![]()
-Bof, tous les Najiis sont un peu bizarres, c’est bien connu, affirma Zephyr. A mon avis, c’est à cause de leur magie, ça doit pas être bon pour la santé.
Cette remarque fit sourire Serian. Son ami avait le don pour voir tout de manière simple et de ne pas se prendre la tête.
La foule emplissait déjà les rues de la ville alors qu’il ne devait pas être plus de neuf heures. Serian venait de raconter la tentative d’assassinat de la veille à Zephyr. Ce dernier ne sembla pas s’en soucier plus que ça. « Il y toujours des criminels dans les grandes villes » avait-il déclaré.
-Quand même je me demande si on ne devrait pas chercher un autre travail, fit Serian.
-Mais non, on en a déjà vu des types bizarres, et c’est pas un assassin qui va nous faire peur. D’ailleurs ça serait même mieux que quelques-uns viennent nous taquiner, sinon on va encore s’ennuyer à mourir.
Serian s’étonnait encore de ce goût pour les combats qu’avait son ami, certainement, se disait-il, parce qu’il se débrouillait mieux que la plupart des combattants qu’ils croisaient. Lui-même n’était pas dépourvu de talents, mais il ne cherchait pas particulièrement l’occasion de les mettre à profit, un voyage tranquille avec un salaire au bout lui convenait parfaitement.
Serian regarda son ami. Il était de taille moyenne, pouvait paraître maigre aux yeux de certains et n’avait pas une musculature très développée, ce qui faisait que la plupart de ses adversaires le sous-estimaient car il n’avait pas du tout l’air d’un guerrier. Cependant, ce qu’ils ignoraient, c’était qu’il portait bien son nom. Le jeune homme pouvait en effet se montrer très rapide, ce qui, en plus de son calme à toutes épreuves, faisaient de lui un adversaire dangereux. Serian ne possédait pas la même rapidité, il comptait donc d’avantage sur sa maîtrise de l’épée pour s’en sortir.
Ils entendirent de la musique en provenance d’une rue sur leur droite. Ils s’y engagèrent et arrivèrent à un croisement où des personnes étaient rassemblées sur le bord de la chaussée. Les gens s’écartaient pour laisser le passage à un groupe d’hommes vêtus de robes bleues. Une partie d’entre eux jouaient de la flûte. L’homme en tête portait un grand bâton en argent dont le sommet était en forme d’étoile avec un cercle autour.
-Qu’est-ce qui se passe ? demanda Serian à une femme à côté de lui.
-Ce sont les prêtres du Sacre, répondit-elle. Une fois par semaine ils quittent le temple et se rendent à l’hôpital pour soigner les malades.
-Et ça marche ?
-Pas toujours, mais ils parviennent souvent à guérir quelques personnes sur le moment, d’autres guérissent plus rapidement après qu’ils aient reçus la visite des prêtres.
-Comment ils s’y prennent ?
La femme haussa les épaules.
-On ne sait pas trop, moi je pense qu’ils font de la magie, sinon ils ne pourraient pas soigner aussi vite. Maintenant excusez-moi mais je dois aller au marché.
Le groupe de prêtres était passé et la rue fût de nouveau emplie par la foule.
-Des prêtres qui soignent des gens au grand jour et qui en tuent des autres dans l’ombre, ça ne me plait pas trop, fit Serian.
-C’est pas grave, du moment qu’ils ne s’en prennent pas à nous… Au fait, pourquoi est-ce qu’ils voulaient assassiner le Najii ?
-Parce qu’il est à la recherche de vieux objets magiques, ou quelque chose comme ça.
-Ha ben voilà, tout s’explique.
Serian regarda Zephyr en haussant un sourcil.
-La femme de tout à l’heure a dit que le Sacre utilisait la magie, expliqua Zephyr. C’est plutôt rare ce genre de choses, ils doivent en tirer un certain respect. On comprend donc qu’ils ne veulent pas laisser quelqu’un ramener des artefacts qui pourraient leur voler ce respect. D’autant plus que c’est un Najii, et je suis à peu près sur qu’il pourrait faire au moins aussi bien qu’eux, ça leur donne deux bonnes raisons pour lui mettre des bâtons dans les roues.
-Donc deux bonnes raisons de s’en prendre à nous si on voyage avec lui, fit remarquer Serian.
-Justement, c’est pour ça qu’il faut qu’on accepte sa proposition, répliqua Zephyr en souriant.
Le soleil était à peine levé mais la fraîcheur de la nuit était déjà presque dissipée. Serian et Zephyr se rendirent à la porte ouest comme le Najii le leur avait indiqué. Lorsqu’ils arrivèrent au rempart il ne virent personne à l’exception de quelques soldats qui montaient la garde. Ils franchirent la grande arche qui était l’une des entrées de la ville. En passant, Serian jeta un coup d’œil aux lourdes portes qui n’avaient pas dû être fermées depuis longtemps car la ville restait ouverte même la nuit, la région étant relativement calme.
Un groupe d’hommes se tenait juste à l’extérieur, tenant leurs chevaux par la bride, et parmi eux se tenait le Najii. En les apercevant, il leur fit ,signe d’approcher. Les deux garçons examinèrent les autres hommes. Ils devaient tous être des mercenaires car ils étaient armés et bien bâtis. Il y avait également trois mules chargées d’affaires pour le voyage. Ils mirent pied à terre et attendirent.
-Bien, maintenant que vous êtes tous là, je vais vous dire ce que je compte faire. Ensuite, libre à vous de venir avec moi ou de chercher du boulot ailleurs.
Il regarda chacun des hommes présents avant de reprendre.
-Je m’appelle Soccar, je suis membre du Kal’Dorïn.
Plusieurs homme semblaient ne pas savoir ce que c’était mais Soccar ne s’en soucia guère. Serian, lui, avait entendu parler du Kal’Dorïn. Kal’Eths, Kal’Settar, Kal’Dorïn et Kal’Arman étaient les quatre ordres qui dirigeaient le peuple Najii. L’ordre de Soccar était le plus important car c’était celui des mages.
-J’ai été chargé de retrouver un artefact ancien, le bâton d’Ethis le Cinquième , dernier souverain des Dranns, le peuple disparu.
Un silence étonnant s’abattit sur le groupe. Tous avaient entendu parler des Dranns, ce peuple vivant dans des cités creusées dans les Crocs d’Irrada, les montagnes à l’ouest dont les sommets étaient hauts et pointus. Ces montagnes étaient généralement la limite des espaces représentés sur les cartes car personne ne savait vraiment ce qu’il y avait au delà. Il y avait bien eût des expéditions, mais soit elles avaient été contraintes de faire demi-tour avant d’avoir franchit les montagnes, soit elles n’étaient jamais revenues. Les Dranns ne facilitaient pas les choses car c’était un peuple agressif, gardant férocement leur territoire et il était rare qu’ils laissent des étrangers parcourir les monts. On savait bien peu de choses sur les Dranns car ils évitaient autant que possible les contacts avec l’extérieur. Serian avait entendu des gens dire qu’ils pratiquaient aussi la magie, mais une magie plus sombre que celles des Najiis, et qu’ils avaient parfois recours à des sacrifices, c’est pourquoi seuls les plus courageux osaient s’aventurer chez les Dranns. Même maintenant, plusieurs siècles après la mystérieuse disparition de ce peuple, bien peu s’approchaient des anciennes cités de pierre car on prétendait que les esprits des Dranns les habitaient toujours.
-Et vous voulez engager des mercenaires pour ça ? demanda l’un des hommes. Les épées ne peuvent rien contre les fantômes, je ne tiens pas à mourir sans pouvoir me défendre.
Il y eut un murmure d’approbation parmi les guerriers.
-Balivernes ! Il n’y a pas plus d’esprits là bas que de chevaux à huit pattes ! répliqua Soccar. J’ai besoin de vous pour aller jusqu’aux Crocs d’Irrada, au cas où on croiserai des bandits ou autre chose. Une fois à Eldereth, on aura plus qu’à trouver le bâton dans la cité déserte et à repartir.
-Eldereth était la plus grande des cités, désolé mais je ne veux pas me mettre les fantômes de tout un peuple à dos, fit l’un des mercenaires en tournant les talons et en faisant mine de partir. D’autres allaient le suivre lorsque Soccar lança :
-Cinquante drajs d’or pour chaque homme qui m’accompagnera, avec, si vous avez de la chance, quelques babioles en or et en joyaux qu’on pourrait trouver là bas.
Tous ceux qui allaient partir s’arrêtèrent net. Cinquante drajs d’or ! On ne leur avait jamais promis autant. Et s’ils parvenaient à ramener une ou deux « babioles », ils pourraient se reposer pendant un bon moment avant de devoir à nouveau mettre leur épée au service de quelqu’un.
Zephyr se tourna vers Serian, rayonnant.
-Cinquante drajs d’or pour emmener un bonhomme en balade dans une cité vide, c’est la meilleure affaire qu’on aura jamais !
Serian était un peu moins enthousiaste que son ami car il se disait que le chemin jusqu’aux montagnes pouvait être dangereux. Mais après tout, la troupe comptait une bonne vingtaine d’hommes et il avait du mal à ne pas imaginer ce qu’il ferait avec une telle somme en or.
-Bon, comme tout le monde semble d’accord pour venir, ne perdons pas de temps, fit Soccar en se mettant en selle. Les autres l’imitèrent, trois des mercenaires tenant les mules au bout d’une corde.
Ils se mirent en colonne et s’engagèrent sur la route en direction de l’ouest.
![]()
J´aime beaucoup ton histoire. Tu as crée ton monde, pour l´instant c´est pas trop cliché (félicitation, c´est de plus en plus dur, de nos jours...").
On attends tous de voir les capacités des deux héros et surtout du Najii.
Vivement la suite!! ![]()
pour l´instant j´ai pas créé grand chose dans mon monde comme tu dis, il te faudra attendre un peu pour pouvoir en juger, mais merci de ton commentaire
les capacités du Najii hum? ouarf ouarf
![]()
La route ne servait qu’à relier les quelques villages à l’ouest mais comme il n’y avait rien au delà, ils durent la quitter dès le deuxième jour après leur départ pour s’engager sur la plaine. Il n’y avait pas un seul arbre en vue, seulement de petites collines, comme des dunes d’herbe jaune. Le ciel était bien dégagé, mis à part les quelques nuages blancs qui s’y promenaient, et, au loin, ils pouvaient deviner la silhouette des Crocs d’Irrada qui semblaient vouloir déchirer les cieux.
Trois jours après avoir quitté Engor, la troupe progressait paisiblement. Les hommes avaient fait connaissance et ils parlaient de choses et d’autres, plaisantant et riant. Seul Soccar ne semblait pas vouloir participer aux conversations et avançait silencieusement à la tête du groupe. Serian et Zephyr s’étaient liés d’amitié avec Gladir, un homme d’une quarantaine d’années, très superstitieux, qui venait d’une ville au sud du royaume, pas loin de la frontière avec les terres Najiies.
-Et là, à peine quelques kilomètres avant d’être arrivés, on se fait prendre dans une embuscade, dit Gladir.
Il racontait aux deux Jadsis comment s’était déroulé son dernier travail, une banale escorte de marchandise entre deux villes.
-Je savais que ça allait finir comme ça ! Le vieux crétin qui m’avait engagé était trop radin pour payer une véritable escorte ! poursuivit-il. On devait à peine être six ou sept gars pour autant de chariots, tu penses que les bandits allaient rater ça.
Il soupira avant de continuer.
-On a été accueillit par une volée de flèches. J’ai eut beaucoup de chance, c’est mon cheval qui a été touché. Il a rué et m’a envoyé par terre. Je me suis cogné la tête et je me suis évanoui. Quand je me suis réveillé, tout le monde était mort. Ma tête me faisait un mal de chien, le sang avait coagulé derrière mon crâne. Les bandits avaient tout emporté : les marchandises, nos armes et notre or ainsi que les chevaux qui n’avaient pas été blessés. Je ne suis pas resté dans le coin, non pas parce que j’avais peur des bandits, mais parce qu’il faut pas rester là où la mort s’est abattue, ça porte malheur. J’ai bien faillis m’évanouir deux ou trois fois avant d’arriver en ville.
-Qu’est-ce que c’est que cette histoire de mort qui porte malheur ? demanda Zephyr avec un sourire un peu moqueur.
-Rigole pas gamin, on est comme ça dans le sud c’est tout. On évite de trop s’approcher d’un cadavre, on dit que c’est mauvais parce que la mort rôde encore autour de lui et qu’elle pourrait s’en prendre à nous si on est trop près. Seuls les prêtres peuvent s’approcher sans crainte, ils sont protégés par leurs prières.
-Evidemment, fit Zephyr en riant.
-Si tu me crois pas gamin descend voir de ton cheval ! La mort va tourner autour de ta dépouille si longtemps que d’autres personnes dans ce monde vont devoir attendre avant de quitter cette vie ! cria Gladir en brandissant le poing d’un air faussement menaçant.
-Les prêtres ? Ceux du Sacre ? demanda Serian.
-Non, des autres, un ordre moins important mais qui est tout de même sous l’influence du Sacre dans une certaine mesure.
Zephyr et Gladir continuèrent de parler mais Serian n’y faisait pas attention. Il se demandait si le Sacre allait leur poser problème après leur tentative d’assassinat ratée. Il fit avancer son cheval jusqu´à la hauteur de celui de Soccar.
-Vous croyez que le Sacre va tenter quelque chose ? lui demanda-t-il.
Le Najii ne répondit pas immédiatement ; il semblait perdu dans ses pensées.
-Je ne sais pas, dit-il finalement. Mais s’ils font quelque chose, ils vont le faire bientôt, avant qu’on ne soit trop éloigné de la ville. Je dirais que si d’ici trois jours il ne s’est rien passé, on pourra considérer qu’il n’arrivera rien.
Serian hocha la tête. Au bout d’une minute, il demanda :
-Dans combien de temps arrivera-t-on à Eldereth à votre avis ?
-Deux semaines si on avance bien, ce n’est pas si éloigné d’Engor qu’on pourrait le croire.
-Deux semaines ? Je pensais qu’il en faudrait au moins trois en contournant le gouffre d’Aslon.
Le gouffre d’Aslon était une large faille qui séparait la forêt du même nom des Crocs d’Irrada.
-Contourner ? Non, on n’a pas de temps à perdre. On passera chez les Gumis, c’est bien plus rapide.
Serian regarda Soccar pour voir s’il plaisantait, mais il savait que l’humour était presque une notion inconnue chez les Najiis. Il fit ralentir son cheval pour revenir au niveau de Zephyr et Gladir.
-Il t’a dit quoi le bonhomme aux yeux noirs ? demanda son ami.
-Qu’au lieu de contourner Aslon, on va passer en plein milieu, chez les Gumis.
Gladir secoua la tête.
-Aie, c’est pas bon ça. Les Gumis sont pas vraiment hostiles, ils viennent même faire un peu de commerce en ville des fois, mais ils sont pas toujours d’accord pour nous laisser traverser chez eux.
-Apparemment, Soccar pense qu’ils n’ont pas de raisons de nous interdire le passage.
-J’espère que c’est le cas, fit Gladir en regardant le soleil qui disparaissait derrière les Crocs d’Irrada tendit que la nuit prenait lentement le dessus.
![]()
Rien à dire en particulier, c´est bien, et j´aime de plus en plus, vivement la suite. ![]()
merci ^^
je sais c´est un peu mou le début m´enfin ...
tant que j´ai un lecteur ca va ![]()
![]()
Tu en as deux
La seule chose à dire c´est: la suite!
ha, tant mieux ^^
la suite? heu oui... mais pas aujourd´hui ![]()
![]()
Les hommes mangeaient autour du feu de camps, la lumière des flammes dansant sur leurs visages. Ils parlaient allègrement, n’ayant pas établi de réelle surveillance car bien peu de bandits s’aventuraient à découvert sur la plaine, surtout qu’il n’y avait pas grand monde à dévaliser de ce coté là. Les seuls bandits qu’ils pouvaient croiser étaient l’une de ces bandes vivant dans la forêt à l’ouest et qui se déplaçaient parfois pour attaquer l’un des villages éloignés de la ville.
Ils avaient pris suffisamment de provisions de pain, de viande séchée et de fruits secs pour aller jusqu´à Eldereth et peut-être revenir s’ils trouvaient le bâton rapidement et n’avaient pas trop d’ennuis. Sinon, ils pourraient toujours chasser un peu dans la forêt ou acheter de la nourriture aux Gumis, puisqu’ils allaient passer chez eux.
Serian ne faisait pas attention aux conversations autour de lui. Il regardait le feu crépitant, apercevant dans le mouvement des flammes des images fugaces, les quelques femmes qu’il avait connu, des prostituées essentiellement, et aussi cette jeune fille, Kally, qu’il avait brièvement connu dans une ville pas loin de la capitale du royaume. Il appréciait beaucoup sa compagnie mais il n’avait pas pu rester car lui et Zephyr avaient dû partir avec une caravane pour gagner leur vie. Il ne l’avait pas revue depuis qu’il l’avait quittée huit mois plus tôt et il pensait retourner la voir lorsqu’il aurait empoché les cinquante drajs d’or. Il y avait également autre chose qu’il aimerait faire. Dans le feu, il ne voyait pas seulement le visage de Kally, il voyait aussi les montagnes du nord, plus arrondies que les Crocs mais encore hautes. C’était son foyer et il voulait retourner là bas, au moins retrouver brièvement ce qui fût son village. Il n’en avait jamais parlé à Zephyr car son ami était toujours joyeux et semblait vouloir oublier le passé.
-Hé qu’est-ce que t’as ? fit Zephyr en lui collant un coup de coude dans les côtes. Si t’attend encore ton bout de viande ne sera plus mangeable.
Serian baissa les yeux et vit qu’il avait toujours un morceau de viande séchée dans la main.
-Si tu t’ennuies, regarde un peu par là bas, derrière Saïth, ajouta Zephyr avec un léger mouvement de tête.
Tout en avalant son morceau de viande, Serian regarda dans la direction que son ami lui indiquait. Il ne vit tout d’abord rien, puis il perçu un mouvement dans la nuit. Des hommes approchaient doucement du groupe, avançant sans trop se dissimuler car ils étaient encore trop loin pour qu’un humain puisse les voir. De plus, personne ne montait la garde.
Zephyr continuait de discuter avec Gladir, l’air de rien, mais il jetait régulièrement un coup d’œil vers les intrus qui approchaient toujours. Serian se pencha vers Soccar assit à coté de lui.
-Je crois que vos amis du Sacre ne vous on pas laissé tomber finalement.
Le Najii ne paru pas perturbé. Tout en buvant, il demanda :
-Vers où ?
-Par là, répondit Serian en indiquant discrètement la direction du doigt. J’en vois une douzaine.
Soccar hocha la tête et attendit. Les hommes s’avançaient toujours, ils n’étaient maintenant plus très loin du groupe de mercenaires. Apparemment, ils comptaient sur l’effet de surprise pour tuer le plus de personnes possible avant qu’ils ne puissent se défendre. Les mercenaires faisaient suffisamment de bruit pour que les hommes du Sacre ne se fassent pas entendre et leurs vêtements noirs, ainsi que l’absence des deux lunes dans le ciel les fondaient dans l’obscurité de la nuit.
Soccar se pencha en avant, saisi un bout de bois enflammé, se releva brusquement et le lança. Un mur de flamme s’éleva ainsi qu’un hurlement de douleur. L’un des hommes avait été pris dans les flammes et courait dans tous les sens tendit que sa chair se consumait. Finalement, il tomba au sol et ne se releva pas.
Les mercenaires avaient bondit sur leurs pieds et avaient tiré l’épée. La silhouette des hommes du Sacre se découpaient nettement devant le mur de feu et le combat fût rapidement fini. Les onze hommes avaient tenté de résister et s’étaient fait tués ou s’étaient suicidés, sauf un qui n’avait pas eût le courage de mettre fin à sa vie et qui avait été fait prisonnier. Soccar fit des mouvement avec les mains et le mur de feu disparu.
Ils interrogèrent le prisonnier mais ils ne purent en tirer grand chose, l’homme ne savait que ce qu’on lui avait dit, qu’il fallait attaquer un groupe de mercenaires et tuer le plus grand nombre d’entre eux, en priorité le Najii qui voyageait avec.
-Qu’est-ce qu’on fait de lui maintenant ? demanda l’un des hommes. On l’attache et on l’emmène ?
-Traîner un prisonnier pour qu’il nous mette des bâtons dans les roues dès qu’il le pourra ? Certainement pas ! rugit Soccar.
Il fit un brusque mouvement de la main et la dague de l’un des mercenaires vola et s’enfonça dans la gorge de l’homme du Sacre. Il écarquilla les yeux de surprise avant de s’effondrer, du liquide rouge coulant abondamment. Les mercenaires furent choqués et ils protestèrent contre cette solution radicale.
-Vous auriez préféré que ce soit vous qui vous retrouviez avec une dague dans le cou ? cria le Najii. On n’a pas besoin de fardeau supplémentaire ! Eloignez le corps et dormons, on a encore de la route demain.
Il se leva et alla s’allonger un peu plus loin. Les mercenaires ne dirent rien, prirent le corps de l’homme, le jetèrent un peu plus loin et s’allongèrent eux aussi pour dormir.
Tout comme les autres, Serian était choqué par la réaction du Najii. Il n’avait jamais vu quelqu’un tuer ainsi de sang froid avec une totale indifférence et se dit qu’il ferait dorénavant d’avantage attention au magicien car il semblait être plus dangereux qu’il ne l’avait crû.
![]()
![]()
![]()
Très bonne suite, un peu de répétition au passage sur la viande, mais sinon je n´ai rien à dire, l´histoire a pris place et suit son cour tranquillement donc voilà.
Mais tu aurais peut-être dû en mettre un peu plus, ça nous laisse assez sur notre faim, quoique c´est très bien, donc j´attend la suite.
petit up des fois que ca interesse qqun d´autre...
![]()
De la baston!On veut de la baston!!!
LA SUITE!!!!!!!!!
La forêt était étouffante. La compagnie se frayait lentement un chemin à travers les arbres et les buissons, parfois à coups d’épées pour dégager le passage. Ils n’avaient pas trouvé de sentier et ils doutaient de pouvoir en trouver un, à moins de connaître son emplacement. Ils avaient mis pied à terre et menaient leurs chevaux par la bride, en file indienne. Ils n’échangeaient que quelques mots de temps à autres, sauf Soccar, qui n’avait parlé à personne depuis l’attaque cinq nuits auparavant. Les mercenaires se méfiaient maintenant de lui. Certains avaient même envisagé de laisser tomber et de repartir, mais la promesse des cinquante drajs d’or les en avait dissuadé. Serian, lui, espérait qu’il n’y aurait pas d’autres incidents de la sorte car ça risquait de mal tourner. L’humeur n’était donc pas joyeuse, d’autant plus que tout le monde savait à présent qu’ils n’allaient pas contourner le gouffre mais passer chez les Gumis.
Ils trouvèrent un endroit un peu plus dégagé et décidèrent d’y faire une pause ; il devait être une heure après midi, bien que la position du soleil ne fût pas facile à déterminer à travers l’épaisse couche de feuillage et de branches. Serian s’assit par terre, le dos contre un arbre, en soupirant. Zephyr et Gladir le rejoignirent quelques instants plus tard.
-J’ai jamais été contre une ballade en forêt, mais là je serais content d’en sortir, fit Gladir.
-Tu crois ? Quand on en sera sortit, on sera dans les montagnes, et donc plus très loin des cités Drannes.
-T’étais pas obligé de me le rappeler, grommela Gladir. J’espère que les Gumis ne vont pas nous poser trop de problèmes, s’ils nous refusent le passage, on devra contourner la faille pour rejoindre les montagnes, ça rallongera le trajet de presque une semaine.
-Tu devrais plutôt espérer que Soccar ne posera pas de problèmes, fit Serian. J’ai l’impression qu’il va vouloir passer coûte que coûte, même si les Gumis ne sont pas d’accords.
Gladir secoua la tête.
-S’il insiste trop ça pourrait faire du vilain. Les Gumis considèrent que dans cette forêt, personne ne peut leur imposer quoi que ce soit, et ils peuvent s’irriter facilement.
-Tu sais des choses sur eux ? demanda Zephyr.
Ils s’étaient vite rendu compte que Gladir connaissait beaucoup de choses dans pas mal de domaines.
-Un peu. Ils vivent en communauté aux abords de la faille. La forêt leur apporte des fruits et du gibier et ils boivent l’eau qui coule au fond du gouffre, ils doivent sûrement avoir des passages pour descendre jusqu’en bas. On en voit quelques-uns en ville parfois, ils vendent des pierres précieuses, alors je suppose qu’ils ont une ou deux mines dans la montagne. Je sais aussi qu’ils vouent une sorte de culte aux deux lunes. Je sais pas trop en quoi ça consiste, je sais juste qu’à partir des mouvements de la Grande Lune et de la Lune Pâle, ils définissent des périodes plus ou moins propices. Lorsqu’il s’agit d’une période peu favorable, ils se montrent plus méfiants et moins amicaux. Avec un peu de chance on arrivera chez eux au bon moment. S’ils nous laissent passer, on arrivera directement sur les flancs de la montagne, la forêt s’étend juste aux pieds.
Soudain, il y eut un rugissement suivit d’un cri. Les hommes se levèrent et se précipitèrent. Lorsque Serian, Zephyr et Gladir arrivèrent sur place, tout était déjà finit. Un homme était étendu sur le sol, quatre grandes entailles lui déchirant la poitrine, desquelles coulaient son sang. A coté, il y avait le cadavre d’un énorme tigre, le crâne fendu. L’un des mercenaires avait son épée tachée de sang. Il y eut un bruissement dans les buissons un peu plus loin et ils virent brièvement la tête d’un jeune tigre.
-Qu’est-ce qui se passe ? rugit une voix.
Serian se retourna et vit Soccar s’approcher. Personne ne lui répondit et il s’avança pour contempler la scène. Ses yeux passèrent de l’épée tachée au tigre et du tigre au corps du mercenaire, mais son visage restait parfaitement neutre. Finalement il haussa les épaules.
-C’était sûrement une mère avec ses petits, il a dût s’approcher un peu trop et elle l’a attaqué pour les défendre, c’est normal.
Après un instant, il ajouta :
-Préparer vous, on va repartir, il faut avancer.
Les hommes protestèrent contre son attitude et refusèrent de partir avant d’avoir enterré le malheureux. Soccar n’était pas de cet avis et le ton monta rapidement. Finalement, il céda.
-D’accord, enterrez le ! Mais faites vite, nous perdons un temps précieux !
Il tourna les talons et s’éloigna. Les hommes étaient furieux qu’il fasse preuve d’une telle indifférence. Ils creusèrent une tombe avec l’unique pelle qu’ils avaient emmené et y déposèrent le corps. Ils remirent ensuite la terre en place et disposèrent quelques pierres autour. Puis, l’air sombre, ils se préparèrent à se remettre en route. Mais au moment de partir, quatre hommes déclarèrent qu’ils refusaient d’aller plus loin et ils firent demi-tour. Personne ne chercha à les en empêcher, car tout le monde songeait à faire de même, mais l’appât du gain les en dissuada encore une fois. Soccar ne protesta pas non plus ; il les regarda s’en aller, son visage figé en un masque indéchiffrable, puis il haussa les épaules et reprit la tête du groupe en direction des monts. En plus du Najii, ils n’étaient maintenant plus que quatorze à poursuivre le voyage.
![]()
Une bonne suite et tout et tout, je n´ai rien de particulier à dire, donc voilà !
![]()
juste un post pour dire que t´as lu ca me suffit ^^
![]()
Bah, bien c´est normal
ça me fait plaisir ce récit me plait bien alors je vais continuer à le suivre. ![]()
je continuerai tant que y´aura un lecteur ![]()
![]()
Deux jours plus tard, la compagnie avançait toujours à travers la forêt. Celle-ci était légèrement moins dense à présent, signe qu’ils approchaient de la lisière et donc des montagnes. L’humeur s’était un peu détendue mais tout le monde restait extrêmement méfiant envers Soccar.
Lorsqu’ils s’arrêtèrent au milieu de la journée pour se reposer et manger un peu, deux hommes s’enfoncèrent un peu plus loin parmi les arbres, voir s’ils pouvaient trouver du gibier. La veille, ils avaient réussi à ramener une sorte de sanglier qu’ils avaient fait rôtir le soir, ce qui les avaient changé un peu de leurs rations de viande séchée et de fruits.
-J’espère qu’ils trouveront quelque chose, dit Zephyr.
-Ouais, autant qu’on tape le moins possible dans nos provisions, je sais pas si ce satané Najii en a prévu suffisamment si on doit rester quelques jours de plus dans les montagnes, grogna Gladir.
-Les cités Drannes sont loin dans les monts ? demanda Serian.
-Il y en a un peu partout à ce que j’ai entendu dire, répondit Gladir. Eldereth n’est pas très éloignée il me semble, mais on aura peut-être du mal à trouver un chemin qui y conduit.
Presque une heure plus tard, les deux mercenaires revinrent, malheureusement sans gibier. Mais l’un d’eux annonça qu’ils avaient trouvé un peu plus loin un sentier assez bien entretenu qui semblait aller dans la bonne direction. Supposant qu’il devait mener chez les Gumis, ils décidèrent de l’emprunter. Les deux hommes prirent donc la tête du groupe et le menèrent un peu plus vers le nord-ouest. Un peu plus tard, ils finirent par rejoindre le sentier en question. Le passage était effectivement bien dégagé et ils purent se remettre en selle. Ce fût un soulagement pour tout le monde car la marche en forêt était fatigante.
Le lendemain, il chevauchaient rapidement sur le sentier qui s’était élargit. La forêt devenait de moins en moins dense. Finalement, dans l’après midi, ils sortirent de sous les arbres. A une centaine de mètres devant eux se dressait une palissade en bois en forme de demi-cercle. Elle n’était pas très haute mais ils se doutèrent qu’elle n’était pas là pour protéger des invasion, mais des bêtes sauvages. Tout autour, l’espace avait été dégagé entre la palissade et la forêt, de manière à ce que rien ne puisse approcher caché par les arbres. Au delà, ils pouvaient voir un mur de roche et, au dessus, les Crocs d’Irrada.
-Nous y sommes, annonça Gladir. Le gouffre d’Aslon et le village des Gumis. Il ne reste plus qu’a prier pour qu’ils soient coopératifs.
Ils approchèrent de l’entrée du village. Les portes étaient ouvertes et ils pouvaient voir de petites huttes en bois. Les deux gardes à l’entrée les regardèrent approcher avec méfiance. Ils ne dirent rien lorsque la compagnie s’arrêta juste devant eux. Serian regarda les deux Gumis : Ils ressemblaient beaucoup aux humains mais plus petits et plus larges d’épaules, le visage couvert de barbe et d’une épaisse tignasse de cheveux sombres. Ils portaient des vêtements faits de cuir tanné et leurs lances étaient assez grossières : la pointe en fer n’était pas l’œuvre d’un forgeron très habile. Ils restèrent ainsi en silence pendant un moment, les Gumis scrutant de leurs petits yeux sombres chacun des étrangers. Finalement, Soccar prit la parole.
-Je suis Soccar, du Kal’Dorïn, grand ordre du peuple Najii. Moi et ma compagnie aimerions traverser le gouffre pour rejoindre les montagnes.
Les deux gardes ne répondirent rien. Quelques instants plus tard, l’un d’eux se tourna et lança un appel. Un autre Gumi arriva. Le garde lui dit quelques mots et l’autre repartit. Le silence retomba à nouveau.
-Ils ne doivent pas souvent avoir de visiteurs, souffla Zephyr.
Finalement, au bout de plusieurs longues minutes, un autre Gumi, assez âgé d’après sa barbe et ses cheveux gris ainsi que son visage creusé de rides, arriva. Ce dernier, contrairement aux deux gardes, souriait.
-Bienvenu à vous, hommes ! lança-t-il. Pardonnez les, dit-il en désignant les deux gardes, mais ils aiment passer pour des durs. Qu’est-ce qui vous amène par ici ?
-Nous voudrions franchir le gouffre pour rejoindre les montagnes, répondit Soccar.
-Hum, oui bien sûr, cependant il vous faudra attendre un peu si vous le voulez bien. Il n’est pas possible de rejoindre les monts pour l’instant.
-Pourquoi cela ? demanda Soccar en essayant de ne pas avoir l’air irrité.
-Descendez donc de votre cheval et venez, je vais vous expliquer. Vous pourrez me détailler un peu plus les raisons de votre voyage. Vos hommes peuvent aller dans le village, à condition de ne pas franchir le pont. Je vous demanderais également de bien vouloir laisser vos armes et vos chevaux à l’extérieur.
Soccar mit pied à terre, confia les rennes de son cheval à l’un des mercenaire et s’en alla avec le Gumi. Les autres s’éloignèrent un peu du village, descendirent de leurs montures et les attachèrent à des piquets plantés dans le sol. Après s’être débarrassés de leurs armes, Serian, Zephyr et Gladir, ainsi que quelques autres, se dirigèrent vers le village tendit que les autres restaient pour surveiller les affaires. En approchant des portes, Zephyr leur dit :
-Evidemment, ça aurait été trop simple s’ils nous avaient laissé gentiment passer. J’espère que le vieux ne va pas les fâcher.
Serian hocha la tête, montrant qu’il avait des doutes à ce sujet.
![]()