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Rouge crayon

Spo0n
Spo0n
Niveau 6
13 mars 2006 à 17:48:11

C´est la première fois que je poste sur ce forum, et j´espère que ce ne sera pas la dernière.
La nouvelle que je vais vous présenter a été écrite dans le cadre du cours de français (logique) où je devais créer un texte reprenant les caractéristiques du roman fantastique.
Bien sûr, j´y ai ajouté l´absurde, chose qui m´est propre.
Bonne lecture.

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Rouge Crayon
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« Hé, Johnson ! C’est moi, Gonzalez ! »
Mon avocat m’attendait à la descente des escalators débouchant à la sortie de l’aéroport.
Il était vêtu comme à l’accoutumée, car mon ami mexicain n’aimait pas l’innovation. Il revêtissait sa fidèle chemise Hawaïenne et son fameux short beige, les poches de ce dernier étant remplies de Tacos et de biscuits au chocolat « Pepito ».
J’étais chargé de couvrir l’évènement sportif de l’année : les JO de Turin.
Enfin, j’étais chargé entre guillemets. J’avais demandé à Gonzalez quelques jours auparavant de se débrouiller pour dérober quotidiennement les travaux de l’un de ces bleus de journalistes stagiaires.
Moi et le travail, ça faisait deux, et ce depuis toujours.
Turin accueillait de nombreux pays cette année-là, même la Belgique, à croire qu’ils savent faire autre chose que jouer au tennis.
Mon acolyte s’était débrouillé pour nous trouver une voiture. Cette fois-là, elle était très belle : une somptueuse Fiat Panda. Je me demandais bien où il avait pu voler un tel bijou de technologie automobile…
Il m’invita à monter à l’arrière de son dernier « gros » recel et ferma la porte derrière moi. Il fit le tour par l’avant du véhicule, ouvrit la porte côté conducteur et s’installa. Après avoir inséré la clé de contact, il se tourna, tout en appuyant un de ses coudes sur le volant, et me dit :
« Tiens, Johnson. J’ai acheté les crayons que tu m’avais demandés au téléphone, l’autre jour. J’ai eu du mal à en trouver, à croire qu’il y a une rupture de stock dans le coin. J’ai dû faire 13km pour en trouver. Ils sont de seconde main en plus, je suis désolé… »
Il tira de sa poche gauche un étui et me le tendit. Je le pris et l’examinai.
Ce n’était pas une pochette de crayons comme les autres. Elle était usée et ne comportait aucune illustration. Aucun texte n’y était imprimé, mis à part la marque, inscrite en relief. Elle était dans une langue qui m’était inconnue, probablement du chinois ou du japonais.
Je décrochai mon regard de l’objet pour ensuite regarder Gonzalez et je lui demandai :
« Où as-tu déniché ça ? C’est pas de la seconde main, c’est de la 37ème. »
Il me répondit : « Je l’ai trouvée dans un magasin assez bizarre où mon frère va de temps à autre. C’est lui qui m’a filé l’adresse d’ailleurs. La boutique se situe dans une rue malfamée où même les flics n’osent plus aller…La bonne femme derrière le comptoir n’était vraiment pas aimable. Elle n’était pas jolie non plus. Quand je lui ai tendu mon billet de 5€, elle s’est mise à pouffer de rire et m’a demandé de partir avec les crayons et avec mes 5€. Elle devait vouloir s’en débarrasser… »
Son histoire était grotesque, mais j’y croyais quand même, même si dans ma famille, on m’avait toujours conseillé de ne jamais faire confiance aux mexicains. Car ici, c’était différent. Gonzalez faisait sa tête sérieuse, celle qu’il avait quand son père avait été enterré.
Gonzalez se retourna et appuya sur la pédale d’accélération.
Alors que nous allions arriver devant l’hôtel, la main dans laquelle je tenais les crayons commença à me brûler. Mon système nerveux s’alertant, j’émis un cri aigu, je jetai l’étui sur la banquette et je soufflai sur ma main. Une drôle de phrase s’y inscrivit, dans la même langue que celle de la marque de l’étui.
Mon compagnon mexicain ayant entendu ma plainte, il me demanda, tout en me regardant dans le rétroviseur avec son air de latino étonné :
« Qu’est-ce qui se passe, Johnson ? T’as essayé de manger ta main ? »
« Non, ma tête – répondis-je ironiquement -, non, ce n’est rien. Oublie. »
Mon avocat m’alerta que nous étions arrivés à l’hôtel. Il m’ouvrit la portière, menaça un portier du regard et me guida jusqu’à la porte notre chambre, la chambre 201.
Le couloir s’étendait sur une cinquantaine de mètres au moins. La décoration n’était pas du meilleur goût : tapis rouges, moquette rouge, papier peint rouge,…
De plus, la tapisserie était maculée de tâches.
Gonzalez ouvrit la porte de notre suite et nous entrâmes. La décoration était ici aussi de mauvais goût, toute la pièce étant recouverte de rouge.
Etant tous les deux épuisés, nous nous dépêchâmes de nous débarrasser de nos effets pour faire une petite sieste. Je déposai les crayons sur le bureau et nous nous couchâmes.
Je n’eus pas même le temps de m’assoupir que des bruits sourds se firent entendre derrière la porte. Quelqu’un frappait avec acharnement et criait des phrases incompréhensibles. Une dizaine de minutes après, le silence revint. La porte s’ouvrit et un bonhomme en smoking rouge entra dans la chambre. C’était un employé de l’hôtel.
« Ça fait dix minutes que je frappe à votre porte pour apporter votre dîner et vous n’êtes même pas foutus de m’ouvrir. J’avais oublié votre clé en bas et j’avais pas envie de tout redescendre avec mes plateaux. J’espère que vous allez me filer un pourboire pour le temps que vous…»
Le groom regarda soudainement vers ma boîte de crayons. On aurait dit qu’elle l’hypnotisait. Il se mit à trembler et fit quelques pas en arrière. Il tenta de détourner son regard mais une force inconnue l’obligeait à regarder en direction de l’étui de crayons. Puis cette force le souleva dans les airs et deux crayons sortirent de leur boîte pour se glisser dans les narines du pauvre homme. Il lança un ultime hurlement, semblable à celui d’un marcassin à qui on aurait coupé les pattes, qui me fit frissonner et il tomba à terre, la tête en avant.
Effrayé par la scène que je venais de voir, je réveillai mon avocat, sachant qu’il avait avec lui son téléphone portable qui aurait pu me permettre d’appeler une ambulance.
La bouche pâteuse, il me demanda ce que je lui voulais. Aucun son ne sortit de ma bouche. Voyant mon regard horrifié, il se leva, mit son pantalon et vit la scène macabre qui s’était déroulée quelques minutes plus tôt.
« Putain, c’est quoi ce bordel ? - dit-il – Les flics vont arriver, j’ai pas envie de me faire capter. Je préfère crever que de me taper la prison ou le Mexique. A+ mon gars. »
Il grimpa la rambarde, brisa la fenêtre d’un coup de coude et sauta. Le bruit du corps qui touche le trottoir me parvint quelques secondes à peine après son saut. Je n’avais même pas eu le temps de lui expliquer la situation…
Je me retrouvais seul avec un cadavre et je ne pouvais pas téléphoner.
Si je descendais, on irait inspecter la chambre. J’avais tenu les crayons en main avant que le groom ne se fasse tuer et mon histoire n’était pas cohérente. Qui croirait qu’un homme se soit fait assassiner par des crayons ? Personne.
Tout en méditant à une ruse pour sortir de cet hôtel sans me faire repérer, je m’approchai sans m’en rendre compte de l’étui à crayons.
La force inconnue voulait me tuer, comme elle avait tué un des membres du personnel de l’hôtel. Les crayons voulaient ma peau, depuis le début, j’en étais presque certain.
Deux crayons sortirent de l’étui et se glissèrent dans mes mains. J’essayais de les rejeter mais cela m’était impossible. J’avais de plus en plus peur, je ne savais rien faire. Je repensais à tous les bons moments que j’avais vécus avec Gonzalez, comme la fois où il s’était déguisé en moine pour aller faire peur aux maternelles de l’école en face de chez moi. Je ne voulais pas mourir, pas maintenant…
La force obligea mes bras à se plier, alors que je luttais de toutes mes forces pour l’en empêcher. Puis, les 2 crayons se logèrent dans mes narines et je fus poussé violemment contre le sol. C’était le vide, le noir.
Je me réveillai, le front perlé de gouttes de sueur. Je me frappai d’une main, par réflexe, pour savoir si mon cauchemar était fini ou non. Rassuré, je me levai pour raconter à mon ami les aventures que j’avais vécues.
Et là, stupéfaction : le cadavre était toujours à terre du groom était toujours à terre…

Spo0n
Spo0n
Niveau 6
13 mars 2006 à 17:51:48

Et merde, ça commence bien, j´ai mal copié-collé la fin. :-p
"Et là, stupéfaction : le cadavre du groom était toujours à terre…"

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