Toujours aussi excellent.
(oui j´me répète
) Par contre, comment il peut emmagasiner suffisamment de puissance pour échapper à un trou noir, dont même la lumière (entité matérielle la plus rapide connue) ne peut réchapper?
Son vaisseau se déplace largement plus vite que la lumière. Dont à partir de là, ça ouvre la porte à toute les fenêtre :p C´est beau la science fiction. Enfin j´essaie de pas virer dans le n´importe quoi ^^
Alors dans ce cas, désolé de te le dire mais, selon les théories actuelles, aucune matière ne peut aller plus vite que la lumière. =) Donc, ça dépasse le cadre de la science-fiction, du moins à mon goût.
Ou alors t´es un génie et tu trouves un moyen d´aller plus vite que la lumière. ![]()
En thérie il est possible d´arriver avant la lumière d´un point A à un point B, il ne faut juste pas prendre le même chemin que la lumière. C´est une sorte de raccourci.
Et quand il est question de vaisseau en science-fiction, la lumière est bien souvent dépassée. ^^
Humph oui au temps pour moi j´avais oublié ce "détail".
La suite? ![]()
La suite ? Ben il suffisait de demander ... Quoi j´ai mis presque un mois !? =)
Chapitre 14 - Origine
Le vaisseau de Phoïbs semblait avoir atteint sa taille adulte. La mue qu’il venait de perdre flottait à présent à ses côtés dans le vide. C’avait été impressionnant vu de l’intérieur. Toutes les parois s’étaient mises à frémir tout en s’étirant et se tordant dans une ultime poussée de croissance, résonnant tel un amas de caoutchouc gigantesque se froissant. Il était désormais plus spacieux et plus résistant.
Résidu d’une époque révolu, la mue déchirée s’éloignait peu à peu, bercée par les courants gravitationnels de l’espace. Elle faisait penser à une coque de noix qu’on aurait brisée pour en extraire l’amande solidement gardée. Ce vaisseau n’avait été qu’une chrysalide, n’attendant que de se libérer de sa gangue protectrice pour mieux pouvoir s’envoler.
Son aspect grisâtre et terne l’aurait parfaitement confondu avec le sombre paysage désertique séparant chacune des étoiles. Planant, telle une omoplate géante, elle paraissait avoir été extraite du corps d’une planète, vibrant et palpitant d’une vie titanesque.
Il paraissait endormi, mais il régnait en son sein une agitation ininterrompue. Des créatures toutes plus étranges les unes que les autres voyaient le jour dans les couloirs sombres du vaisseau. L’imagination fertile de leur créateur travaillait sans relâche, puisant dans son savoir qui ne cessait de croître.
Le temps n’avait jamais été un problème pour les Achériens, patients et placides lorsque nécessaire. Mais désormais, ils se jouaient de la matière même. Projectiles offensifs ou parois défensives seraient vains face à leurs irrésistibles assauts. Cette nouvelle génération marquait une étape remarquable dans l’évolution créatrice. Un échelon gravi d’un bond prodigieux. Quelle serait leur prochaine avancée ?
Les Yautja, fascinante espèce. En me basant sur la mémoire du simple mais valeureux chasseur que j’avais parasité voici quelque temps, j’étais parvenu à localiser une planète où l’élite scientifique de ce peuple se terrait. Ils avaient été nettement moins courageux et audacieux au combat que leurs guerriers, pour qui ils s’évertuaient à inventer et améliorer armements, moyens de transports et autre technologie à la complexité séduisante. Les seules pertes pendant l’attaque furent causées par les guerriers assignés à leur protection, mais je n’avais pas lésiné sur le nombre, et mes chères créatures infectèrent aisément ces grands cerveaux.
Quelle impressionnante mine de savoir ! Leur apparent attachement à la nature ne les empêchait pas de maîtriser des technologies des plus pointues, sans toutefois égaler celles des Iavoal, et de loin. Les humains se croyaient les maîtres de leur galaxie, alors que ces Yautja invisibles mais puissants auraient pu à tout moment les terrasser. Voyageant à travers les étoiles alors que l’humanité n’en était qu’à la découverte du feu, ils avaient su perfectionner leur discrétion pour se mêler à notre civilisation.
Jamais pourtant ils n’avaient quitté la Voie Lactée, ce terrain de chasse leur suffisait amplement, et s’était en quelque sorte le territoire de leur ancêtre. Leurs traditions sacrées les maintenaient dans un certain mode de vie.
Physiologiquement, leur corps était doué de force et de résistance surclassant aisément les humains. Mais les ressemblances étaient trop frappantes entre ces deux espèces pour êtres négligées. Les mêmes membres au même nombre fonctionnant similairement. Mais alors que mes concepteurs étaient des mammifères, ces Yautja semblaient appartenir aux batraciens. Ayant cependant pris un chemin détourné de ceux que nous connaissions sur la Terre. Le sang par exemple ne contenait pas de fer, donnant cette couleur rouille aux créatures terrienne, mais un métal bien plus efficace pour fixer l’oxygène, qui lui virait au vert vif.
Mais le plus important était qu’ils m’avaient permis de progresser dans ma maîtrise des trous noirs. Bien qu’encore imprécise, ma technique m’avait permis d’écraser une planète sur elle même, sans effets imprévus ou débordants. En une fraction de seconde, cet immense amas d’atomes avait été avalé en un point d’une dizaine de mètres. Mais comme si elle avait rebondi sur elle-même, toute cette matière avait été recrachée reprenant des proportions plus étendues dans un mélange anarchique. La densité devait être réduite pour que les effets du trou noir s’apaisent. Ainsi la planète était devenue une purée méconnaissable.
Cependant autre chose avait éveillé ma curiosité. Un signal familier que j’avais entendu aux prémices de ma vie. Autant dire que je l’avais plutôt bien mémorisé, et le réentendre ainsi me réjouissait dans un sens. La position de l’émission était changeante, donc les humains avait du réussir à le piloter. Au vu de leur capacité, c’était plutôt impressionnant. Ce vaisseau Iavoal abandonné sur Achéron, chargé d’une pleine cargaison d’œuf Achérien, était leur seule ressource après que leur précieux sujet d’expérience – moi-même - se soit retourné contre eux et ait quitté leur galaxie.
J’étais impatient de voir quel genre de progrès ils avaient fait, autant technologiquement que mentalement. Avaient-ils recommencé leur expérimentation sur les Achériens ? D’autres androïdes tels que moi avaient-ils été créés ? Leur échec avec moi avait du échauder mes frileux concepteurs, mais je les savais suffisamment aventureux et imprudents pour essayer à nouveau les plus folles expériences. Ce serait sûrement divertissant.
Je fus sur place le temps d’y penser. Les humains qui pilotait le vaisseau extralactien n’avaient parcouru que quelques années lumières avec. Soit il était endommagé, soit plus probable, ils ne parvenaient pas à exploiter le plein potentiel de l’astronef, trop étranger à leur étroite conception psychique.
Il flottait à quelques kilomètres de ma ruche spatiale, méconnaissable. Etait-ce bien ce même vaisseau que j’avais exploré en quête d’œufs ? C’en était presque écœurant, toute sa structure externe avait cette répugnante touche humaine. Des structures métalliques déchirées s’entrecroisaient dans un désordre déplaisant. La complexe structure réfléchie des Achériens, elle, me rassurait par sa beauté. Jamais les humains ne sauraient accomplir une telle œuvre. Tout n’était qu’agressivité esthétique et forme indigeste pour mon œil habitué à l’art des Iavoal.
Sa surface remua. Les alliages tranchants s’entremêlaient, se repositionnant et me considérant avec intérêt.
Poussant un peu plus l’examen, je compris. Il s’agissait de milliers de robots-spatiaux munis d’une intelligence et d’un arsenal taillés pour la bataille. Au lieu de s’adapter, ils n’avaient pas trouvé mieux que greffer leur frêle technologie à celle des extralactiens. Une débauche impressionnante d’énergie dépensée. Mais s’était sans compter sur ma monstrueuse armada, dont les griffes commençaient sérieusement à s’impatienter.
Les capteurs et canons des vaisseaux de combats s’étaient pointés sur moi. Je ne devais pas leur faire l’effet d’un allié. Malheureusement pour eux, cette animosité était partagée.
Des voix humaines furent émises, désespérante tentative de négociation.
- C’est toi Phoïbs ? Bienvenue parmi les tiens, nous t’avons appelé.
M’appeler ! Quelle idée arrogante ! J’étais venu leur rendre une visite. Bien vite écourtée …
- Rends-toi de ton propre chef, nous devons agir ensemble contre cet envahisseur. N’agis pas inconsciemment, nous t’avons créé suffisamment raisonnable pour …
- Je n’ai plus rien à faire avec vous ! crachai-je à leur encontre. Vous êtes donc pressés de mourir exécrables humains !?
Le silence plana quelques secondes. La peur avait du s’éveiller en eux.
- Cesse ces enfantillages ! répondirent-ils. Nous avons de quoi te maîtriser, admets ton infériorité face à tes créateurs.
- Misérables ! Mais quelle autorité croyez-vous avoir sur …
Un sourd et lancinant grésillement naquit dans mon esprit. Se clarifiant, il prit l’aspect d’une voix impérieuse. Des directives lancées à qui on ne sauraient désobéir.
Les Achériens s’écartèrent pour laisser passer Phoïbs qui quittait sa ruche. Il glissa lentement dans l’espace jusqu’à l’astronef humain. Les androïdes-spatiaux qui en gardaient l’entrée reculèrent pour libérer l’accès au sas le plus proche, causant quelques étincelles en s’heurtant dans la précipitation.
De retour parmi les siens. Mais ce robot avait-il été réellement construit de mains humaines ? Plusieurs queues aiguisées s’enroulaient autour de son corps métallique, et son aspect squelettique rappelait étrangement celui de ses propres créatures. De longues griffes argentées ornaient ses multiples bras, mais aucune intention belliqueuse ne transparaissait dans ce monstre de technologie. Une volonté ferme l’appelait de l’intérieur du vaisseau, qui se referma derrière lui.
Naaaaaaaan!
Il va les massacrer, hein, dis?
La suiteuh! C´est intolérable de m´faire attendre à c´moment, euh! ![]()
Je l´écrirai peut être avant la fin de la semaine, sinon comme je part au ski la semaine prochaine, ça sera pas pour tout de suite :p
Chapitre 15 - Manipulation
L’être métallique flottait légèrement au dessus du sol sans mouvements parasites, comme hypnotisé. Il vint paisiblement jusqu’à un petit groupe d’hommes affichant des sourires retords, et se posa dans un lourd bruit accompagné de grincements. Le planché supportait difficilement cette énorme masse, et les épreintes de ses pas se dessinaient déjà dans l’acier pourtant épais. Une dizaine de soldats prêts à tirer encadraient la créature qui s’était rendue pacifiquement là où on l’avait appelée.
- N’est-ce pas mignon ? Un vrai petit chienchien en laisse, lança un des hommes.
Phoïbs ne réagit même pas à la provocation. Le regard dans le vague, il attendait.
- Un peu de respect Mobridon ! Tu as devant toi une œuvre d’une valeur inestimable, rectifia un autre, le regard plein d’admiration.
Celui-ci s’avança sans crainte vers l’objet de toutes ces attentions, Phoïbs, et fit glisser négligemment sa main sur le corps monstrueux en une douce caresse. Ses yeux examinaient chacun des détails qui distinguaient la machine de ce qu’elle avait été, une création humaine.
Dressé sur ses jambes arquées pareilles à des barbelés, il dominait ces êtres insignifiants de sa haute silhouette. La surface de sa peau ciselée et percée de nombreux dards, laissait apparaître quelques trous faisant office de réacteurs. Ceux-là même qui lui permettaient de se déplacer dans les airs. Deux paires de bras griffus pendaient mollement sur ses flancs. Le visage avait gardé un aspect humain, mais comme pour se rebeller contre l’image de ses concepteurs, ses yeux entièrement noirs n’avaient ni iris ni pupille, si bien que son regard semblait posé partout et nulle part à la fois. Trois queues s’enroulaient autour du corps aux mêmes reflets sombres que ses Achériens. Les deux premières, longues et fines, étaient faites de segments aiguisés qui auraient déchiré les parois du vaisseau comme du papier. La troisième, plus épaisse et courte semblait avoir une fonction plus utilitaire, sûrement l’appendice qui lui permettait de pondre ses propres créations.
- Du respect ? Pour ce meurtrier !? Dois-je te rappeler combien sont morts à cause de lui avant qu’il ne déserte la galaxie ? Toi et tes passions morbides … Tu me dégoutes Dilkel !
L’homme qui venait de cracher ces paroles lançait sur Phoïbs un regard méprisant et emplie d’amertume. Le dénommé Mobridon s’avança et posa une main sur son épaule pour l’apaiser.
- Du calme… Pense à ce que nous allons pouvoir accomplir maintenant que nous le contrôlons.
Il se tourna vers Phoïbs pour s’adresser à lui.
- Vois-tu mon cher, les Iavoal nous ont rendu visite pour mettre la main sur la technologie qui t’a fait naître. La démonstration de pouvoir que tu leur as fait, les a séduit figures-toi. Mais pour une raison obscure, ils t’ont cru mort, et se sont imaginés que nous leur livrerions tes plans de fabrication.
Il se rapprochait nonchalamment de son interlocuteur, réajustant et pianotant sur l’étrange casque qu’il portait.
- Après l’échec que tu as infligé à nos ancêtres, personne n’a osé retenter l’expérience d’un contrôle mental sur les Achériens … Mais ces Iavoal n’attendaient pas ce genre de réponse… Ils m’ont l’air plutôt susceptibles quand ils n’obtiennent pas ce qu’ils désirent.
L’homme plaqua sa main droite contre son casque, et se concentra pour envoyer un ordre mental à Phoïbs. Ses deux queues acérées se déplièrent pour se tendre dans une posture agressive au dessus de sa tête. Dans un éclair métallique, elles allèrent se planter dans les pieds de Phoïbs, qui ne changea pas d’expression.
- Ressens-tu la douleur toi qui n’es qu’une vulgaire machine ? continua Mobridon comme si de rien n’était. Car celle que nous a infligé ces Iavoal était de taille … Savais-tu qu’ils se prennent pour nos dieux ? La vie présente dans la Voie-Lactée aurait été leur œuvre … Plutôt prétentieux non ?
Et l’homme parti dans un rire nerveux, avant de continuer.
- Mais tu vas nous permettre d’anéantir cette nouvelle menace. Ils sont peut-être télépathes, mais ils ne te contrôlent pas. Et puisqu’ils cherchent à acquérir le contrôle sur ces Achériens, c’est que ce pouvoir peut se retourner contre eux. Nous ne nous laisseront pas détruire par ces orgueilleuses créatures !
Il se tourna vers un écran de contrôle affichant un visuel extérieur.
- Voyons ce vaisseau que tu nous as amené maintenant. Si tu le débarrassais de tes bestioles. Appelles les sur le notre que nos experts puissent l’étudier en paix.
Il appuya son ordre vocal d’une douce pression de son casque. Il attendit patiemment, mais la seule chose qui changea fut le visage de Phoïbs, qu’un large sourire dément déforma.
L’homme ayant subitement oublié toute sa confiance en lui, pianota rapidement sur son casque, la panique désordonnait ses mouvements déjà moins fluides.
- Tirez !! Tirez-lui dess…
Mais sans prévenir, tous tombèrent au sol, les mains plaquées contre leur crâne. Seul Phoïbs resta debout. Il retira la pointe de ses queues qu’il s’était planté dans les pieds, et relâcha l’étreinte psychique qu’il avait lancée sur les humains pour les assommer.
Les soldats, apparemment plus résistants, se relevèrent rapidement et firent feu. Mais leurs balles traversèrent Phoïbs. Disposés en cercle autour de leur cible, les militaires ne comprirent que trop tard qu’ils s’étaient tirés l’un sur l’autre. Les survivants furent découpés de grands mouvements circulaires étincelants.
Cet humain si bavard qui avait osé pouvoir contrôler Phoïbs se relevait enfin, difficilement. Le robot avança calmement vers lui, il comptait bien une fois de plus se retourner contre ses créateurs.
C’avait été si hilarant de voir leur réaction. Cette peur froide pour un simple sourire. J’avais bien fait de jouer à leur jeu de soumission feinte. Les détruire trop rapidement aurait été ennuyeux, alors que leur donner l’illusion d’une victoire avait été un réel bonheur. Je m’étais fait un plaisir de les décevoir. Je ne serai pas leur gentille marionnette fidèle et apathique.
Cet homme qui se croyait pouvoir me donner des ordres. Malheureusement pour lui, j’avais revu il y a déjà bien longtemps chacun des composants de mon corps et leur programmation. Je n’étais plus un pantin, mais mon propre maître.
Il se dressa de nouveau face à moi et jeta un regard vers les soldats mutants étalés au sol en morceaux sanguinolents. Dommage, l’idée de ces humains à l’ADN croisé à celui des Achériens semblait plus dans le périmètre de leur contrôle que je ne l’avais été.
Il me lança un regard plein de haine et tenta à nouveau de faire fonctionner ce ridicule dispositif qu’il s’était accroché au crâne.
Pour toute réponse à ses ordres qui parvenaient à mon esprit, je continuai ma marche lente vers lui. Alors que je n’étais plus qu’à un mètre, il se figea, implorant au plus profond de lui une fin rapide. J’avais autre chose à lui proposer.
Un long filament flexible jaillit d’une de mes mains pour aller se planter dans son dos, à la base de sa nuque. Un bref sursaut secoua sa frêle carcasse quand j’en pris le contrôle.
Je lui fis faire volte-face, ses compagnons humains assistaient toujours à la scène, tenant leur tête douloureuse.
Ma nouvelle marionnette avait cette particularité qu’elle ressentirait tout ce que je lui ferai subir, sans avoir la moindre possibilité d’agir sur son propre corps.
Je lui fis tendre son bras droit devant lui, et s’aidant de son gauche pour le tordre, celui-ci se déboita dans un frottement d’os sonore. Tendus au-delà de leur capacité, ces muscles soumis à ma volonté impérieuse rendaient ma torture distrayante. Se lançant vers le sol, l’homme brisa son propre bras sans émettre la moindre protestation. Sa souffrance bien réelle était silencieuse, mais moi je l’entendais via la connexion nerveuse que je maintenais avec lui. Quelle douce liqueur. Parfait breuvage pour étancher la soif de vengeance qu’ils avaient fait naître en moi.
Son bras saignait abondamment maintenant. Un os brisé perçait la chair au dessus du coude. De son bras valide, il parvint à arracher ce membre rompu, en quelques vives torsions. Il tenait enfin l’arme avec laquelle je voulais lui faire massacrer ses propres amis, car aussi futiles qu’elles puissent être, j’avais pu lire dans son esprit la nature de leurs relations.
Trop occupés à répandre le contenu de leur estomac au sol, ses compagnons n’offrirent qu’une maigre résistance avant de mourir, poignardé à maintes reprises de cet os brisé.
La douleur affluait dans ce corps malingre. Il était en piteux état, et aurait sombré si je n’avais pas agi en permanence pour le garder en vie et éveillé. Je lui fis passer ses derniers instants à labourer la chair de ses jambes et ses viscères de son propre bras arraché. Il mourut simplement quand je coupai la connexion nerveuse avec son corps.
J’admirai un instant le spectacle des corps éparpillés et démembrés baignant dans leurs entrailles dégoulinantes d’un rouge visqueux.
Un ordre mental, et une petite centaine de mes créatures s’élancèrent de mon vaisseau pour me rejoindre et achever les survivants.
Eux qui croyaient me leurrer en émettant ce vieux signal de détresse à travers l’espace. Ils n’avaient réussi qu’à m’offrir le vaisseau d’où tout avait commencé. Si seulement ils avaient tenu compte de l’avertissement dissuasif que lançait en boucle l’astronef extralactien. Mais demander aux humains de se tenir à l’écart était un affront à leur fierté, une provocation irrésistible à leur bêtise congénitale.
MWAHAHA.
Un chapitre génial, délectable à souhait.
Un pur régal.
Vivement la suite. ![]()
Tu as une bonne part de sadisme toi aussi alors ? me trompe-je ? ^^
Pas pour tout de suite le prochain chapitre, je vais être plutôt occupé pendant au moins deux semaines.
Toi qui avais un soucis du détail dans les chapitres concernant les trous noirs, le réalisme des scènes de charcuterie ne t´ont pas gêné (je pense à l´auto déboitage et l´auto cassage de bras). Je met tout ça sur le compte de l´utilisation des réssources inexploitée (ou mal) du corps humain par Phoibs ^^
Disons que, surtout en ce moment en plus, j´ai un côté misanthrope assez poussé, et j´adore les Achériens (j´trouve ces bestioles magnifiques, il a eu une idée d´génie le mec qui les a dessinées
).
Sinon, comme j´y connais rien en anatomie, autant les trous noirs et tout j´pouvais me la ramener, autant là j´vais éviter.
Et puis un os humain c´est fragile, ça doit pouvoir se tordre dans tous les sens^^
La suiteuh, même si pas pour tout d´suite malheureusement. Schnirf. ![]()
Ca faisait un bout de temps que j´avais pas écrit. Ca va pas du tout ça, faut que je me reprenne !
Chapitre 16 - Trou-noir
En orbite, je contemplais cette planète qui serait bientôt réduite à une tête d’épingle, suite à l’action d’un de mes trou-noirs. En restant très prudent, je commençais à pouvoir appliquer le résultat de mes recherches. Mais l’énergie déployée m’obligeait pour l’instant à déchaîner cette force contre rien de moins petit que des planètes.
L’ombre de mes deux vaisseaux glissait à sa surface, accompagnant les nuages dans leur lente progression. Aucune vie ne fleurissait sur ce pauvre caillou stérile, hormis quelques installations automatiques humaines d’extraction de minerais. Si je n’avais pas eu à effectuer tant de tests, j’aurais probablement essayé d’y implanter des formes de vie. Je préférais largement la création à la destruction, mais on m’y contraignait malheureusement. Je devais pour l’heure régler quelques besognes avant de pouvoir m’adonner à mon art favori qu’était le biologique. Complexe et logique à la fois, de vrais casse-têtes fascinants. Mes créateurs m’avaient au moins légué ce goût pour les expériences génétiques, à la différence qu’eux ne procédaient que par tâtonnements irréfléchis et hasardeux.
Leur histoire entière était parsemée de maladresses en tout genre, comme celle qui m’avait vu naître. Et la période où je m’étais absenté de la Voie Lactée n’y faisait pas exception, bien au contraire. Les archives du vaisseau que j’avais dernièrement acquis les retraçaient intégralement, avec son, image et hémoglobine.
Leur cheminement titubant était si pitoyable, parfois dur à comprendre pour un œil externe. L’autodestruction était-elle leur principal plaisir ?
Après que je sois parti de leur galaxie, ils se concentrèrent d’abord sur le problème martien. Ils l’avaient en effet contaminée d’Achériens alors que j’étais encore leur sujet d’étude. Mais face à une puissance qui les dépassait de loin, tout ce qu’ils avaient pu faire, c’était empirer les choses.
La contamination achérienne s’étendit d’abord aux planètes du système solaire, puis à d’autres beaucoup plus lointaines.
D’autres expérimentations avaient été menées pour contrôler ces créatures, différemment de la première fois, mais se résumant à des échecs tout aussi cuisants.
Le sang se répandait largement, impliquant dans les conflits toute l’humanité. Cela ne manqua pas de faire naître de nouvelles hostilités entre planètes, des guerres intestines. N’étaient-ils pas de la même espèce après tout ! C’était comme s’attaquer à son propre organisme, de l’automutilation. Ces actes morbides me répugnaient.
L’éparpillement de leur colonies dans la galaxie et les mutations parfois de taille, dues aux radiations stellaires, amplifiaient les ressentiments que chacun pouvait avoir pour l’autre.
Les Yautja qui peuplaient bien plus largement la galaxie ne se montraient pas aussi puériles. Ils vivaient entre eux avec sagesse, tout en se consacrant à l’art de la guerre, et leurs seules altercations avec les humains furent des plus timides.
Voilà sur qui mes créateurs devraient prendre exemple. En suivant leur pas, peut-être pourraient-ils grandir. Mais à quoi bon garder espoir pour cette espèce désespérante !
Des siècles avaient passés ainsi, puis les Iavoals firent leur apparition. Ma rencontre dans leur galaxie les avait incités à faire tout ce chemin pour tenter de mettre la main sur la technologie de contrôle des Achériens. Malheureusement pour eux, les humains n’en disposaient pas puisque j’avais pris soin de tout emporter avec moi.
Les extralactiens en vinrent alors aux menaces et à l’autorité. Ils se disaient les créateurs de la vie dans la Voie Lactée. Tout y était artificiel et de main Iavoal. Pour simplifier les choses, ils voulaient bien se faire appeler Dieux.
Les humains avaient inévitablement refusé de telles origines. Qu’on ose toucher à leur croyance leur paraissait inconcevable. Ils avaient donc ouvert le feu sur le vaisseau extralactien, bien évidemment en vain.
Ne répliquant que mollement pour la forme, réduisant en poussières quelques vaisseaux de-ci de-là, les Iavoals prévinrent qu’à leur prochaine visite dans la galaxie, les humains devraient leur fournir mes plans de fabrication, sans quoi toute vie dans la Voie Lactée serait annihilée. A leur yeux, elle avait pris une mauvaise direction qu’il fallait corriger, nettoyer. Laissée ainsi trop longtemps à fermenter, la vie prenait des formes aberrantes, bien loin de la pureté à laquelle ils aspiraient.
Alors quand ils avaient eu vent de mon retour dans leur galaxie, les humains émirent ce vieux signal pour m’attirer. Il faut dire que je n’avais pas fait d’effort particulier pour rester discret. Faire disparaître des parties de l’espace grâce à mes trou-noirs, et envoyer ma nouvelle génération d’Achérien visiter les planètes avait du attirer leur attention.
En croyant pouvoir me piéger, ils m’avaient en réalité offert un magnifique vaisseau, qu’il m’avait fallu cependant débarrasser de tous les gadgets électroniques ineptes dont ils l’avaient rapiécé. Ne comprenant pas la technologie Iavoal, ils l’a contournaient dans d’interminables détours des plus ambigües.
Alors que moi, j’approchais du but. J’aurais bientôt la maîtrise et la puissance suffisante pour réduire ces prétentieux extralactiens au silence.
Un de mes Achériens bondit hors du vaisseau où je me trouvais. Sombre et paisible, il glissait, attiré par la pesanteur de la planète. Ce n’était qu’un microbe osant affronter un objet céleste aux proportions démesurées. Même les vaisseaux devaient s’adapter à la gravité qu’elle exerçait. Pourquoi ce petit être ne se résignait-il pas lui aussi ?
Glissé dans son esprit, je sentais la planète grossir, se rapprocher. Bientôt elle pourrait me dévorer de son féroce appétit.
Pour éviter les désagréments du contact avec l’atmosphère, je lui fis perdre consistance. La chute vers le cœur de la planète n’en serait que plus rapide, puisque non freinée par la matière qui allait en se densifiant.
Traverser les différentes couches en fusion de ces gigantesques sphères était très instructif. Beaucoup de scientifiques humains se seraient arrachés les données que je collectais ainsi. Pénétrer par des chaleurs et des pressions si intenses n’était même pas envisageable pour eux.
Je déclenchai la réaction un peu avant d’arriver au cœur de la planète, je ne voulais pas que ma créature s’écrase sur elle-même.
Je perçus alors de puissant tremblement de terre à la surface de ce monde. Je me délectais à chaque fois de voir de telles forces naturelles se déchaîner. Des pans entiers de roches s’affaissaient sur des kilomètres de profondeur. Les océans se versaient dans les gouffres ainsi formés, s’évaporant en partie au contact des roches rougeoyantes.
Puis tout s’accéléra encore, alors que je prenais lentement de la distance avec mes vaisseaux. La planète rapetissait à vive allure et commençait à s’assombrir. La lumière qu’elle recevait de son soleil n’avait pas assez de vitesse pour s’échapper.
Le tout tint dans un minuscule point noir dans l’espace durant plusieurs secondes, puis toute la matière fut recrachée en une bouillie de particules.
Je rendis mes vaisseaux intangibles quelques minutes le temps que cette pluie cesse.
J’avais réussi cette fois à renverser le processus avant que le trou-noir ne soit réellement formé. Mais cela suffisait à broyer n’importe quoi se trouvant assez près.
J’allais à ma façon purifier la galaxie des extralactiens. Leur froide vie biomécanique me paraissait bien trop terne et prévisible, je leur donnerais de quoi pimenter un peu leur existence.
Ca c´est bien vrai, c´est inadmissible de me laisser attendre aussi longtemps.
Enfin l´essentiel est que la suite soit arrivée, et j´te rassure elle est toujours aussi bonne.
Chapeau d´ailleurs, pour réussir à maintenir le même ton entre deux chapitres distants de trois mois.^^
Bref, la prochaine suite sera-t-elle plus proche? Ce s´rait mieux, nan? ![]()
C´est un peu plus proche là non ? ^^
Enjoy~
Chapitre 17 - Sous l´eau
La base humaine flottait paisiblement, ballotée par les vagues limpides et irrégulières. Les scientifiques avaient préféré s’installer au beau milieu de l’océan d’une planète submergée, que dans le vide intersidéral. La station aquatique plongeait de plusieurs kilomètres sous des eaux chaudes et poissonneuses.
La pression de l’eau sur les parois de l’installation n’était qu’un maigre problème à régler comparé à la dépression causée par le vide affamé de l’espace. Ici au moins, il était possible de sortir à l’air libre, de respirer un air non recyclé artificiellement. Et le paysage environnant n’était pas une déclinaison de couleurs ternes et sombres. La nuit comme le jour était un enchantement pour les yeux.
L’étoile autour de laquelle gravitait ce système solaire diffusait une forte lumière bleutée qui se reflétait sur les flots translucides. Les espèces aquatiques locales les nuançaient en arborant toutes sortes de couleurs, si bien qu’on croyait voir nager dans ces eaux un arc-en-ciel vivant.
Quand cet astre se couchait sur l’horizon, une seconde étoile moins lumineuse prenait le relais ou non, selon son alignement avec la planète. Celle-ci baignait le ciel de teintes rougeâtres, de telle façon que la nuit semblait être un long couché de soleil.
Ce phénomène aurait peut-être pu se produire sur Terre, si les masses de Jupiter et de Saturne jointes avaient été suffisantes pour allumer une étoile. Les soirées de contemplation de ciels étoilés, rythmées par les chutes d’étoiles filantes, se seraient malheureusement faites plus rares.
Les dispositifs d’observations et les robots patrouilleurs se braquèrent tous vers la même direction, quand sans un bruit ni même une éclaboussure, une énorme masse noire tomba dans l’eau, non loin de l’horizon.
De hautes vagues s’y formèrent dans les secondes qui suivirent, donnant confirmation qu’un évènement anormal se produisait.
L’alarme de la base flottante retentit aussitôt.
Des hommes pianotaient sur une multitude de clavier. Leurs doigts courraient sur les touches avec une précision et une vitesse déconcertantes. Plusieurs écrans couvraient l’ensemble des évènements se passant près de la surface, sur et sous l’eau. Chacun récoltait des informations et donnait des ordres via une multitude de micro implantés dans les murs de la base et sur leur corps, formant un vaste brouhaha incompréhensible.
Le silence se fit rudement lorsqu’un nouvel homme entra brusquement dans la pièce, l’air manifestement mécontent.
- C’est quoi ce foutoir ? Pourquoi l’alarme a été déclenchée !?
Seuls quelques avalages de salives se firent entendre, puis l’un d’eux s’avança calmement.
- Ce n’est rien, tout est sous contrôle Mobridon. Une simple attaque que nous contenons.
Les visages qui l’entouraient n’affichaient pas une telle confiance. La crainte provenait en grande partie de l’engueulade qu’ils allaient subir. Le responsable des lieux, un éminent scientifique militaire, venait d’essuyer une cuisante défaite contre une simple création humaine. Un simple robot dénommé Phoïbs.
- Assez Kaupt ! C’est encore lui n’est-ce pas ? Comment nous a-t-il trouvé ? Cesse de te croire tout puissant ! Et dis-moi quelle est la situation ?
- Quelques pertes, mineures. Il sera bientôt éliminé, ou capturé s’il a de la chance.
- Crétin ! Tu sais bien qu’il nous le faut vivant ! répliqua Mobridon d’un ton cinglant.
Chacun retenait son souffle, attendant que la tempête soit passée.
- Je te répète que nous n’avons pas besoin de cette vermine synthétique ! cracha l’autre.
L’interpelé reprit calmement :
- Dois-je te rappeler aux ordres de qui tu réponds sur cette maudite planète ?
Il se contentait de le fixer du regard, quand Kaupt tremblant, posa un genou au sol, les mains fermement collées contre ses tempes.
- Tu sais que je n’aime pas me servir de ça ! Alors pourquoi m’y forcer ? Réponds maintenant ! Quelle est la situation ?
Malgré la douleur, il se redressa rapidement pour faire face à son supérieur direct. Sur cette base à desseins scientifiques, aucun grade n’avait cours, mais une certaine hiérarchie existait, et celle-ci plaçait Mobridon à son sommet.
De mauvaise grâce Kaupt répondit :
- Avant que la chose ne disparaisse, les hommes sur place ont signalé être attaqués par un … un dragon.
- Absurde ! Que me chantes-tu là ?! Je n’ai pas le temps de …
Une image venait d’apparaître sur un des écrans, montrant l’attaque qui venait de se dérouler. Elle était floue et sombre, car prise sous l’eau, mais on y voyait clairement une masse noire longue et trapue munie d’ailes légèrement repliées. Le cou tordu vers l’objectif, se terminait par une large gueule criblée de dents s’apprêtant à se refermer sur ce fou qui avait osé prendre sa photo.
- Nous sommes donc deux à ne pas avoir de temps pour jouer. Nous allions justement passer à l’offensive quand …
- Un des vaisseaux l’a repéré chef ! l’interrompit un des hommes.
Tous regardèrent les écrans, l’eau semblait plus agitée brusquement.
De nombreux vaisseaux robotisés filaient au ras de l’eau, la pulvérisant dans leur sillage. Ces armes à l’intelligence artificielle étaient bardées d’armements en tout genre, leur donnant une allure féroce. Comme ciselées dans l’acier, elles faisaient penser à des épaves en fin de vie, mais leur force de frappe était des plus redoutables.
L’essaim métallique émettait un faible bourdonnement qui fut couvert par les bruits d’éclaboussures. Il venait de pénétrer sous l’eau en ouvrant le feu. Une longue queue noire jaillit alors des flots, pulvérisant quelques vaisseaux au passage, pour disparaître aussitôt sous la surface.
L’eau bouillonna en de nombreux endroits alors que des projectiles incandescents allaient se perdre dans les airs. Puis une longue silhouette fit peu à peu son apparition sous la surface de l’eau, ondulant sinueusement tel un serpent. Flanquée des vaisseaux qui la poursuivait, elle paraissait danser dans ses manœuvres d’esquives, se jouant des tirs ennemis.
Puis lassée de l’élément liquide, elle déploya deux grandes ailes pour s’extraire vers les airs. Un grand dragon noir ruisselant d’eau, qui n’était autre qu’une créature issu de l’imagination de Phoïbs, glissait maintenant dans les airs. Il virevolta, évitant un tir nourrit. Puis il ouvrit largement la gueule et déversa d’épaisses flammes vers les flots, bloquant les projectiles qui suivirent.
Simplement échauffés, les vaisseaux traversèrent aisément ce rideau de feu, mais alors qu’ils allaient percuter l’étrange créature volante, celle-ci devint immatérielle. Passant au travers sans lui causer de dégâts, les véhicules lourdement armés s’entrechoquèrent dans son dos, arrachant et broyant leurs propres composants dans la collision.
Le dragon prit davantage d’altitude. A chaque battement d’ailes, retentissait dans les airs un claquement sourd, comme si un pan entier d’atmosphère était arraché. Ainsi comprimé, un sillage brumeux se forma sur son passage. Puis il se perdit dans les nuages. Ses assaillants se lancèrent aussitôt à sa suite. Mais avant d’atteindre les premiers cumulus, une pluie d’acide vint corroder leur cuirasse. Elle était censée être à toute épreuve, de légères crevasses se formèrent pourtant à leur surface.
Les ailes repliées contre son puissant corps, la créature fantastique fit demi-tour en plongeant vers l’océan, percutant quelques vaisseaux au passage. Ceux-ci désorientés par la rudesse du choc, perdirent de longues secondes avant de le poursuivre, s’enfonçant à nouveau dans les profondeurs sombres aquatiques.
Bien affairés qu’ils étaient par ce monstre tout droit sorti d’un roman fantaisiste, les humains ne firent pas attention à la soudaine attaque qui survint sur le flanc opposé de la base.
Phoïbs avait soigneusement tout calculé. Il aurait tout aussi bien pu arriver en force, mais cela aurait gâché cet affrontement. De plus il voulait tester ses nouvelles créatures en combat réel, et le milieu s’y prêtait parfaitement.
Il n’avait eu qu’à lâcher son premier monstre plein sud, bien au-delà de l’horizon. Puis le dragon avait plongé juste sous leur nez au nord, leur faisant croire à une attaque furtive. Il n’avait pour but que de les attirer. Alors qu’il passait de l’air à l’eau, une armée de robots collée au train, la première créature se rapprochait, se servant des courants de profondeur pour fondre avec rapidité et discrétion.
De longs tentacules venaient d’entourer la base en son milieu, à plusieurs centaines de mètres sous la surface. Les dispositifs automatiques de sécurité n’avaient pas attendus pour mitrailler l’assaillant, mais déjà les structures de l’édifice ployaient sous l’incroyable force, dans un grondement métallique plaintif.
Une pieuvre géante avait entouré la base de ses bras démesurés, et s’appliquait à l’étrangler pour la sectionner en deux. Loin de n’être simplement qu’une copie de l’original en plus grand, ce poulpe géant secrétait une substance corrosive qui creusait dans les parois si solides, comme dans du beurre.
L’installation scientifique céda, laissant pénétrer des tonnes d’eau salé dans les couloirs, alors que les sas de sécurité se refermaient pour endiguer les multiples inondations. Tout était prévu pour parer à ce genre de catastrophe.
Des vaisseaux de combats furent vite sur les lieux pour arroser de leurs tirs ce monstre qui osait s’en prendre à leur centre de commande. Quel sans-gêne tout de même !
Les projectiles freinés par l’eau fortement pressurisée ne blessèrent que légèrement l’épaisse carapace de l’animal, répandant un sang violacé malheureusement peu visible dans ces profondeurs peu éclairées.
Répliquant par de cinglants fouettés de ses tentacules, la pieuvre broya plusieurs de ses assaillants contre la station. La pression de l’eau ne la gênait nullement. Puis elle entama une descente le long du moignon inférieur de la base, plantant sur son passage les extrémités aiguisées de ses bras. L’eau y circulerait plus facilement ainsi.
De petits vaisseaux s’éjectèrent en urgence, prenant la direction de la surface. Ils furent rapidement cueillis par le poulpe, qui broya délicatement leur coque de son puissant bec et avala le contenu humain de chacun, veillant à ne pas les blesser prématurément.
Satisfait de sa récolte, Phoïbs rappela son monstre qui se propulsa suffisamment haut dans les airs pour être récupéré au vol par son dragon.
N’ayant plus envie de jouer, il tira une simple salve depuis son vaisseau placé en orbite. La base n’était plus qu’un tas de poussière troublant légèrement la limpidité de l’océan.
Phoïbs se réjouissait déjà à l’idée des tortures qu’il infligerait aux humains qui désormais étaient siens. Ils avaient voulu le leurrer en ne lui présentant que des copies, contrôlées à distance, la première fois. Mais ceux là n’étaient pas des pantins. Il s’agissait des originaux, il le lisait dans leur esprit.
Laissant la planète océan derrière lui, Phoïbs décida d’y laisser une trace de son passage, en souvenir de cette bataille. Il créa tout spécialement pour elle, une espèce de dragon inédite. Nageant et volant, il leur attribua une intelligence qu’il jugea plus saine que celle des humains. Sur cette terre encore jeune, se développerait peut-être une civilisation de qualité.
Ouais, c´est plus rapproché mais pas encore assez.
Sinon, toujours aussi bien et agréable à lire.
Sympa le coup du dragon.
La suite? ![]()
Bon j´ai essayé de maintenir un rythme pour écrire, mais avec les week end de montée aux cieux et compagnie, pas toujours facile :p
Enfin bon, bonne lecture ^^
Chapitre 18 : De créature à créateur
Imperturbable, Phoïbs attendait dans une des grandes pièces de son premier vaisseau. Sa créature venait à lui, se glissant dans les couloirs de l’astronef. Bien que larges, ils étaient pour elle d’étroits goulets qui forçaient la pieuvre à effectuer maintes contorsions pour les traverser. Son corps, ne contenant heureusement aucun os, était des plus flexibles. Rien d’étonnant que son espèce appartint aux mollusques, bien que dans son cas la nature n’avait pas été la seule à travailler. Phoïbs y avait porté sa contribution.
Lui-même avait vu le jour de l’imagination de scientifiques humains. Et les humains devaient probablement leur existence, voire même celle de leur galaxie, à ces Iavoals. Phoïbs se proposait de boucler le cycle en détruisant ceux-là même qui étaient à l’origine de sa vie, à travers quelques intermédiaires.
La pieuvre arriva dans la salle qu’occupait son maître et créateur, dans un long bruit de succion. Son bec crochu s’entrouvrit, cognant à la fois au sol et au plafond, et elle vomit les quelques humains qu’elle avait récolté dans l’attaque de la base scientifique. Ils roulèrent pitoyablement au sol dans le liquide visqueux et collant qui venait de se déverser par litres. L’estomac de ce poulpe géant n’était heureusement pas baigné d’acides gastriques trop forts et la digestion s’y faisait calmement.
Glissant maladroitement sur leurs frêles jambes, ils se débarrassaient par de vifs gestes écœurés des mucus collés à leur peau et vêtements. Quand ils y virent plus clair, désorientés, ils jetèrent des regards alentour pour tenter de comprendre où ils se trouvaient. Être ingurgité puis régurgité par une telle créature devait probablement laisser quelques séquelles.
Phoïbs fit quelques pas dans leur direction.
- Ce petit séjour intestinal vous a-t-il plu ?
En réponse, certains émirent quelques haut-le-cœur. Cependant aucun n’avait vomi, si ce n’était la bile de pieuvre qui les recouvrait.
- Vous trouver n’a pas été bien difficile. Même s’ils sont faibles, les signaux de contrôle que vous envoyez vers vos clones sont facilement détectables pour moi …
Phoïbs était seul face à ce groupe d’humains, mais sa réputation et le fait qu’il se trouve dans son propre vaisseau lui prêtaient une allure impressionnante. Pourtant l’un d’eux se précipita sans crier gare vers lui, envoyant avec une rapidité surhumaine son poing vers son visage. Phoïbs ne bougea pas d’un cil, et le poing de l’humain passa à travers sa tête, comme s’il eut traversé un nuage de brume. Emporté par son élan, l’imprudent chuta au sol, roulant à nouveau sur lui-même.
- Torm, c’est ça ? J’ai cru comprendre que tu nourrissais une haine particulière envers moi ? lança Phoïbs à l’homme à terre sans même lui faire face.
Un Achérien sortit de l’ombre, ramassa le dit Torm avec brutalité et le ramena avec les autres scientifiques. D’autres de ses créatures firent ensuite leur apparition, approchant lentement du groupe apeuré.
- Ceux là vous éviteront de faire d’autres gestes imprudents. Il serait dommage que vous vous blessiez inutilement… Je pourrais avoir besoin de vous.
Modridon qui avait récupéré, s’avança vivement pour prendre la parole :
- Crois-tu que nous nous abaisserions à t’aider. Je te rappelle que tu es une machine que nos ancêtres avaient construite pour nous serv…
Sans prévenir il se figea, ne finissant même pas sa phrase. Tous avaient soudain l’air hagard. Phoïbs venait simplement de prendre le contrôle de leur corps.
- Vous ne voyiez donc pas que je n’avais pas fini de m’adresser à vous. Je pourrais m’éviter toutes ces explications, mais c’est tellement plus jouissif de vous voir souffrir. Sachez simplement rester patient, mes chers créateurs !
Il avait plus craché que prononcé ces derniers mots.
La pieuvre géante ne servait plus ici, et prenait trop de place, il la laissa donc rejoindre son recoin favori. Elle disparut dans les boyaux sombres de l’astronef biomécaniques, diffusant alentour de visqueuses sonorités.
- Pour des humains, je trouve votre système de réseau de clone très efficace et plutôt au point. Je me suis fait avoir d’ailleurs la première fois où je vous ai rencontré. Le fait que vous essayiez de me contrôler comme un vulgaire chien m’avait probablement échauffé plus que de nécessaire … Vous m’en excuserez j’espère ?
Phoïbs s’approcha d’un de ses Achériens, laissant glisser sa main en une négligente caresse. Les humains, incapables de bouger, assistaient à la scène. Le contrôle mental qu’ils subissaient était ferme.
- Puisque par un heureux hasard, il s’avère que je vous ai sous la main, et que vous êtes inspirés des plus généreuses volontés, vous ne me refuserez pas un petit service ? D’autant plus qu’il s’agit là d’anéantir purement et simplement ces cher Iavoals qui vous ont eux-mêmes menacé d’extinction, me trompe-je ?
Comme s’il avait réellement attendu une réponse, il laissa planer un court silence poli. Mais prisonniers de son étreinte psychique, ils ne pouvaient absolument lâcher mot. Il poursuivit donc.
- Je prends votre mutisme pour un « oui ». Mon plan est assez simple. Puisque vous avez actuellement sous votre contrôle des milliers de clones, chacun dirigeant une flotte de vos vaisseaux plutôt importante, j’ai pensé y glisser quelques unes de mes créatures. Ainsi quand les Iavoals se montreront à nouveaux dans la Voie Lactée, le comité d’accueil sera plus digne de respect. Mais n’ayez crainte, mes Achériens sauront se montrer sages envers vos équipages. Ils savent se fondre dans le paysage, depuis que je leur ai appris à traverser les murs.
Phoïbs partit d’un petit rire clair. Ridiculiser ainsi ses propres créateurs humains le rendait des plus joyeux. Et qu’ils soient d’accord ou pas avec sa proposition, ils devraient de toute façon s’y plier puisqu’il les tenait entre les serres de son esprit.
- Tout de même, ce n’était franchement pas malin d’intégrer à vos propres corps tant d’informatique. D’accord, cela réduit un peu votre faiblesse, physique et mentale. Pour sûr la nature n’a pas gâté l’espèce humaine. Mais de tels implants vous place totalement à ma merci ! Regardez quels dociles pantins vous êtes à présent ! C’en est risible !
Il rit à nouveau, mais plus brièvement cette fois-ci. Il avait fini de jouer avec ces piteuses marionnettes, qu’il comptait bien exploiter sans retenue pour mettre en œuvre ses plans.
L’ordre mental fut instantanément lancé vers tous les clones que ce groupe d’humain contrôlait. Un réseau composé de leurs propres répliques, agissant comme un seul et même organisme, puisque chacun se sentait le devoir et la motivation de réaliser les moindres volontés de l’humain auquel ils étaient connectés. Un parfait système pour étendre son influence, ce qui devenait nécessaire avec les distances entre planètes sous leur autorité. Mais c’était surtout la sécurité de pouvoir agir sans craindre de mourir. Aucun de ces clones n’étaient irremplaçables, l’original si.
Phoïbs tirerait de ces armées humaines une ressource non négligeable. Il avait perdu bien trop de temps dans l’élaboration de ses trou-noirs, et la moindre diversion lui serait profitable. S’en prendre à une galaxie entière nécessitait une once de stratégie.
Les vaisseaux des clones humains venaient dans sa direction, prêts à recevoir à leur bord les Achériens que Phoïbs leur avait promis.
Puis pour patienter, il libéra leur langue aux scientifiques, qui gardaient cependant leur attitude rigide. Il voulait bien les entendre débiter leur fiel sans pour autant qu’ils ne s’agitent. N’être capable que de parler augmenterait encore leur sentiment d’impuissance, divertissant leur hôte de plus belle.
- Avant que tout ne commence, vous avez peut-être des questions ? leur lança t-il, un sourire sadique aux lèvres.
Ils se rendirent alors compte qu’ils avaient retrouvé la parole.
- Crétine de machine ! Libère moi et affronte-moi sans tour de passe-passe cette fois-ci ! cracha Torm, celui-là même qui avait essayé de le frapper.
- Ne gaspille donc pas ta salive, ne vois-tu pas que tu n’as aucune chance contre lui. Il te …
- Tu es encore plus déglingué que lui à l’admirer ainsi Dilkel ! Tu me donnes envie de vomir. Si seulement je pouvais te ... !
- Assez ! Ne comprenez-vous pas qu’il se moque de nous !? Taisez-vous donc !
Mobridon les aurait volontiers frappés à mort pour être tombé si facilement dans son jeu. Parler naturellement était bien la seule chose que Phoïbs ne pouvait pas les forcer à faire, et il espérait bien l’en priver.
Phoïbs ne s’en formalisa pas pour autant. Il lisait bien assez de frustration et de haine mêlées dans leurs pensées pour être rassasié.
Une myriade de vaisseaux humains s’approchait déjà de leur position. Les autres ne tarderaient pas. Le premier pion serait alors en place sur l’échiquier.
Excellent, rien à dire.
9 jours d´écart à chaque fois, tu tiens bien ton rythme...mais ce serait mieux s´il était plus rapide quand même. ![]()
Magnifique.
Bravo à toi : une histoire menée d´une main de maître de bout en bout, un style très efficace (bah ouais je récapitule maintenant.
) et une histoire qui me plaît vraiment, adorant les Achériens.
Et la fin est très bien trouvée, aussi.
Nan, chapeau vraiment, et au plaisir de te lire encore prochainement. ![]()
merci à toi ^^
Une histoire qu´il m´attriste de finir, mais toute chose doit avoir une fin :p Puis je veux passer à autre chose...
Dis ôte moi d´un doute, la fin est assez claire ? Phoïbs se fait prendre dans l´enchainement de trou-noir qui détruit la galaxie Iavoal, et les dragons sont le résultat, après quelques siècles disons, de l´espèce qu´il avait laissé sur la planète océan où il avait attaqué la base scientifique humaine (grace à un dragon et un kraken).
Parce que j´ai quelqu´un qui l´a lu et n´a absolument pas vu ça ...