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Liste des sujets

Alienation [fanfic ALIEN]

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
13 avril 2006 à 23:18:19

Génial. :-d Vive les massacres. :-) Si t´en as encore un autre en réserve, n´hésites surtout pas hein! :ok:

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
13 avril 2006 à 23:25:33

Non la j´suis à court :-p Et je m´absente pendant plus d´une semaine, donc la suite ne sera pas pour tout de suite, de quoi me laisser le temps de mijoter tout ce qui traine dans ma tête comme il faut ^^

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
14 avril 2006 à 00:12:27

Rhôôôôôôôôô...bon eh bien, j´dirais volontiers "vivement la fin d´la s´maine prochaine", mais comme ça signifie la fin de mes vacances.... :-p Bonnes vac´s à toi! :ok: (oui, j´suppose qu´tu pars en vac"s^^)

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 14 avril 2006 à 10:22:08

J´ai tous lu -remercie Azerty, et moi aussi je le remercie d´ailleurs- car c´est une super fic j´adore!! Vivement la fin de la semaine enfin non c´est la fin de vacances après :-(

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
15 avril 2006 à 05:57:14

Eh bien que dire de ton texte... à part que j´aime assez, il est plaisant et moi qui suit un total inconnu face à l´univers du film alien, j´ai apprécié, j´ai même tout lu d´un seul trait. Il y a certes quelques erreurs ici et là mais Azerty te les a fait remarquer et sinon une ou deux répétition au début mais rien de bien grave l´ensemble est bien écrit, même très bien écrit. :ok: :-)

J´attendrai la suite ! :ok:

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
21 octobre 2006 à 01:12:28

La suite, je n´avais pas écrit depuis longtemps ^^

Chapitre 8, vers l´infini :

J’ai voyagé si longtemps. Erré ce qui aurait paru une éternité pour l’humain que j’étais auparavant. Mais si j’avais bien appris quelque chose de ces Achériens, c’était la patience. Plus qu’une qualité c’était pratiquement un sens, comme un organe greffé à mon âme.

Aucun vaisseau humain n’avait osé traverser tant de vide spatial. La voie lactée était suffisamment grande pour éviter toute envie à quiconque de voyager jusqu’à la prochaine galaxie. Mais j’avais eu quelques désaccords avec mes constructeurs, ces humains qui croyaient pouvoir se servir de moi comme d’une arme, une vulgaire machine qu’ils auraient bien huilée et programmée.
Je voulais passer à autre chose, découvrir, loin de cette galaxie viciée par les êtres humains, tout en utilisant ce nouveau potentiel que m’offrait ce contrôle nouveau sur ces créatures, les Achériens.
Et plus que des capacités meurtrières, j’avais hérité d’un savoir si vaste et varié. J’avais vite compris pourquoi il était tant convoité des humains, quand les premières brides de souvenirs furent à ma disposition, clairement, et non plus sous formes de rêves flous. Chacun des hôtes que la reine pondeuse avait pu engendrer grâce à ses œufs, avait livré son savoir. De simples expériences de vie aux complexes informations du codage génétique. Froidement fichées, cataloguées, chacune des espèces n’avait pu garder le moindre secret.
Je sus ainsi que les scientifiques avaient fait des essais d’infestation sur quelques animaux de la Terre. Probablement ramenés à la vie artificiellement puisque cette pauvre planète, témoin privilégié des talent humains pour la destruction, était stérile depuis fort longtemps.
Je savais ainsi ce qu’un aigle ressentait en plein vol, quel gène codait la fabrication du venin d’un cobra, ou bien encore quelle espèce avait apporté ces Achériens dans notre galaxie. De grands créateurs aux intentions guères meilleures que celles de mes propres créateurs.
De mémoire achérienne, l’expérience dont ils étaient le sujet s’était soldée par un échec cuisant dans cette galaxie abritant les humains, la voie lactée. À croire que tous ceux tentant de contrôler cette puissance échouaient inéluctablement. Peut-être serait-ce également mon destin… Cela m’importait peu. D’autant plus que je n’avais jamais chercher tel pouvoir sur ces êtres. Après tout je n’étais qu’une machine, j’allais voir jusqu’où ma programmation me mènerait. Simple curiosité.
C’est cette même curiosité qui me menait en ce moment même aux abords de la galaxie d’où tout avait commencé. Ces extra terrestres – voire extra lactiens – qui avaient autrefois créé les Achériens seraient-ils toujours présents après tant de millénaires ?
J’avais d’abord choisi par hasard la direction de mon voyage, puisque ignorant de leur existence. Mais je devais désormais admettre que j’étais plus guidé par mon subconscient que par le hasard.
Que voulais-je réellement à roder près de ces êtres. Suffisamment doués et dangereux pour créer telles créatures. Ces pères d’Achériens mettraient probablement fin à mon existence. Ou peut-être seraient-ils curieux à leur tour devant leur progéniture. Puisque j’étais d’une certaine façon un dérivé de leur travail, leur fils. Mais les retrouvailles entre famille ne sont pas toujours des plus cordiales.
La luminosité extérieure avait augmenté, la première étoile depuis tant d’années. Mais trop absorbé par mes propres pensées je n’avais pas prêté attention aux informations que me transmettait le vaisseau, maintenant entièrement transformé en ruche volante.
Il était méconnaissable. Les anciennes structures d’alliages métalliques avaient été recouvertes de ce que les Achériens savait faire de mieux. C’était un vaisseau vivant qui glissait à présent dans le vide spatial. On aurait pu croire qu’un de ces parasites – plié à ma volonté – y avait pondu un de ses embryons dans la gorge pour l’infecter.
J’avais fait quelques rapides haltes sur les planètes qui croisaient mon chemin en quittant la voie lactée, piochant de-ci de-là des hôtes de choix. Le vaisseau grouillait d’une vie acide, griffue et des plus hostiles, formant une unité biologique dont j’étais le cerveau, le centre nerveux.
Je serais bientôt près d’une planète abritant de la vie animale. Considérablement différente de ce que j’avais connu sur toute les autres planètes visitées dans mon ancienne galaxie. Aussi loin qu’elle pu être, je la sentais, la goûtais déjà. Les sens aiguisés de mes compagnons de voyages s’étaient associés et captaient la moindre vibration, la moindre particule lumineuse, la moindre radiation… rien ne leur échappait.
J’étais au comble de l’excitation, je frissonnais d’impatience. La ruche longtemps endormie frémissait d’une manière inhabituelle. Où était passé son calme froid et patient … ?
Des informations contraires se glissaient dans l’esprit de mes Achériens. Je localisai soudain la source de ces interférences dans mes projets. La reine pondeuse du vaisseau avait choisi ce moment pour se réveiller et manifester son mécontentement. Après tout ce temps endormie, j’étais arrivé à l’oublier et à la confondre avec une partie quelconque du vaisseau…
J’avais gagné en force mentale au long de toutes ces années. Couper et isoler les ondes télépathiques du reste de la ruche fut un jeu d’enfant.
J’allais me faire une joie de lui faire entendre raison. Après toute ses années j’avais besoin de me dérouiller. Cela aurait été déraisonnable que de descendre sur cette planète en galaxie inconnue, sans une légère remise en forme…
En s’ouvrant, la porte métallique restée fermée depuis tout ce temps brisa quelques secrétions chitineuses, dont les nouveaux résidants des lieux avaient patiemment enduits chaque recoin du vaisseau.
Furieuse, elle arracha quelques structures métalliques en se retournant vers moi, qui tombèrent lourdement au sol. Qui étais-je pour voler ce territoire qui lui était du !? Je percevais ses pensées dans les grandes lignes, par flash. Ainsi, même elle qui m’avait résisté jusqu’à maintenant, s’ouvrait à moi comme un livre.
Je la stoppai d’une main en lui saisissant la tête, que j’aurais broyée si je n’avais eu suffisamment de contrôle sur cette nouvelle force. Elle tenta vainement de m’envoyer griffes et dards par le visage, mais je parai ses mouvements d’une incroyable lenteur de ma seule queue. Il me suffit de me concentrer un minimum pour enfin parvenir à pénétrer cet esprit qui m’était si longtemps resté fermé.
Tant d’attente pour ne finalement rien trouver que je ne savais déjà. Cette majesté déchue m’était désormais inutile. Paralysée par ma pression mentale, je n’eu qu’à lui arracher la tête comme je l’aurais fait d’un vulgaire insecte. Une masse affamée d’Achériens se jeta sur le cadavre que je leur avais cédé.
Je n’avais depuis longtemps plus rien en commun avec l’être synthétique que ces piètres humains avaient voulu façonner à leur image. Leur création avait au moins cet avantage qu’elle pouvait adopter de nouvelles formes à volonté, quand elle savait s’y prendre. Et j’avais eu plusieurs années pour m’entraîner.
Le vaisseau s’approchait de la planète et je pouvais déjà goûter les quelques vapeurs qui s’échappaient de son atmosphère. Etrange planète pour le développement de la vie quand on y regardait de plus près…

Yohan-Kiefa
Yohan-Kiefa
Niveau 10
21 octobre 2006 à 01:20:46

Enfin une suite, je lis ça demain ! :-d

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
21 octobre 2006 à 13:06:30

Preum´s. :) Toujours aussi excellent (m´a fallu relire le 7 par contre, mais c´était un plaisir :) ), vivement la prochaine suite, j´avais pensé que t´avais abandonné^^

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
21 octobre 2006 à 13:19:31

Non, j´ai juste moins de temps qu´avant pour écrire ... :(
Merci d´avoir pris du temps pour me lire en tout cas ;)

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
07 janvier 2007 à 01:51:29

Me suis enfin décidé de me penché sur la suite, bonne lecture ^^

Chapitre 9 - Contact

Une masse indistincte glissait dans le vide, confondu par l’ombre d’une planète gazeuse. Elle croisa bientôt les rayons de l’étoile du système local, mais l’origine de cet objet vaguement ovale n’en était pas plus éclaircie. Des milliers de formes sombres semblaient s’être soudées ou reliées pour ne former qu’un. En y regardant de plus près, il s’agissait de créatures collées les unes aux autres. Membres squelettiques, griffes et dents métalliques semblaient morts, mais étaient en fait endormis depuis des siècles. Bien vivants, ils ne faisaient que patienter jusqu’à l’instant propice où toute leur bestialité pourrait se déchaîner. Quel genre de vie pouvait bien animer ces êtres ? Insensibles au vide cinglant de l’espace et aux radiations émises par les étoiles qu’ils encaissaient comme la plus simple brise.
Agglutinés sur le cadavre de ce qui fut un vaisseau spatial humain, ils formaient un être vivant à part entière, remanié aux besoins des ces créatures aux instincts sanguinaires. Cet étrange astronef voyageait vers un but incertain, depuis si longtemps qu’il devait n’être plus qu’une légende au sein de sa galaxie d’origine.
La planète vers laquelle il se rapprochait, semblait figée vu de l’espace. Alors qu’en réalité elle était incessamment tourmentée de tempêtes des plus violentes. Des masses de gaz colorés se mélangeaient, se percutaient, réagissaient perpétuellement. La planète toute entière paraissait vivante, vibrante d’une énergie propre au biologique.
D’étranges objets ronds glissaient dans sa haute atmosphère, là où la matière faisait lentement place au vide. Plus que des objets, c’étaient en fait des êtres vivants. Se déplaçant lentement, ils semblaient plus flotter que décrire une orbite, comme tout objet céleste se devrait de le faire pour ne pas être aspiré ici par la gravité dévorante de la planète. Comment faisaient-ils alors pour ne pas tomber ? Qu’est-ce qui les faisait ainsi « voler » ?
De longs filaments partaient de l’arrière de ces étranges créatures pour plonger au plus profond des nuages mêlés de nuances ocre, verdâtres et bleuâtres. Leurs multiples ramifications aux formes incertaines faisaient vaguement penser à des racines, ondulant au gré des vents capricieux.
On eu dit de larges panses trop gonflées, cernées d’une ossature saillante, assurant leur rigidité. Leur peau sombre aux reflets métalliques s’entremêlait en couches anarchiques - d’apparence - entre leurs os courbés. Sa surface frémissait de subtiles palpitations.
S’approchant lentement d’une de ces créatures, le vaisseau adapta sa forme pour englober la chose en son sein. Les innombrables êtres qui le composaient s’étaient mis en mouvement, ajustant au mieux leurs liaisons avec une rapidité déconcertante. Ni le vide ni la gravité oppressante de la planète maintenant plus proche, ne semblaient les gêner.
Le balai monstrueux cessa lorsque le vaisseau se fut refermé sur la créature, laissant dépasser ses prétendues racines.

La première forme de vie que je croisai dans cette galaxie était plus que singulière. Tels des ballons de baudruches, ces créatures étaient simplement gonflées de vide. Pour utiliser un terme plus approprié disons : vidées de toutes matières. Larges comme ce qui fut autrefois nommé dirigeable sur Terre, leur légèreté leur permettait de littéralement flotter sur l’atmosphère. Il paraissait presque miraculeux qu’elles n’aient pas échappé à la gravité de la géante gazeuse qui les accueillait, se perdant dans le vide spatial.
Paisibles, elles émettaient de si simples pensés que je n’eu aucun problème à les percevoir. Elles m’apparaissaient étrangement familières, comme si elles avaient été programmées, implantées dans leur esprit, aussi primitifs soient-ils. Elles se résumaient à « manger », « accumuler » et « se maintenir ».
Si on ajoutait leur physionomie biomécanique si remarquablement proche de mes monstres de compagnie, il semblait évident qu’elles avaient été construites de toute pièce par ces extralactiens (extérieurs à la Voie-lactée) comme ils avaient conçu les Achériens, ou comme les humains m’avaient mis au monde.
Ces machines organiques puisaient les éléments dont elles avaient besoin grâce à de simples racines qui se perdaient au plus profond de la planète. Imperturbablement et inlassablement elles transformaient la matière par le jeu de réactions chimiques complexes, accumulant ainsi énergie brute et quelques matériaux rares. La part qui était nécessaire à son fonctionnement était infime comparée à ce qu’elles produisaient.
La tentation était trop forte, je ne pus m’empêcher de piocher allègrement dans cette réserve, sans pour autant l’épuiser, ce qui l’aurait probablement tuée. J’avais un respect nouveau pour les bio-machines artificiellement construites qui m’étonnait moi-même. Une machine telle que moi ne devrait-elle pas réagir par froide intelligence calculatrice et dénuée de toute émotion ?
Je lançai l’ordre mental au vaisseau de recracher cette inoffensive créature dans son milieu.
Je percevais grâce à ma ruche d’autres être-vivants évoluant plus bas, au cœur même des nuages. Mais je cessai mon observation quand un objet contournant la planète avec une rapidité foudroyante, vint s’arrêter net à quelques centaines de mètres de mon vaisseau. Il ne semblait pas animé d’intentions belliqueuses mais je n’aimais pas sa fâcheuse tendance à me scanner moi et ma horde achérienne.
Gracile et élancé, ce vaisseau était en fait biomécanique comme ses congénères, qu’il semblait apparemment garder au vu de l’armement que je détectai à son bord. Son analyse m’aurait au moins permis de comprendre et d’assimiler son fonctionnement. Mais pourquoi ne m’attaquait-il pas ?
N’attendant pas plus longtemps de réponse, mon vaisseau fit feu. Mais la salve pourtant puissante, fut lamentablement dévié à quelques mètres de son objectif par une surface invisible.
Une voix s’immisça aussitôt dans mon esprit.
- Que faites-vous ici misérable ?
Non ce n’était pas une voix, mais plutôt un flux de pensés, donc non-concerné par la barrière des langages. Mais le ton était trop empreint d’intentions belliqueuses à mon goût pour y répondre.
- Oh mais vous avez quelque chose qui nous appartient semble t-il ?
La question était purement rhétorique et lourde de menaces. Ils parlaient des Achériens.
- Nous sommes loin mais ce n’est pas un problème. Nous venons récupérer notre bien. Soyez sage en attendant.
La liaison psychique fut coupée.
Mais j’avais pu piocher des informations moi aussi, sans qu’ils s’en rendent compte. La masse dense de leur esprit m’avait semblé une fois de plus familière. J’étais dans un sens un fruit de leur conception. Derrière leur apparente assurance et froide détermination, se cachait un grand étonnement face à mon existence. Ils ne s’expliquaient pas la maîtrise que j’étais parvenu à acquérir sur la création dont ils avaient perdu le contrôle. C’est ce savoir qu’ils voulaient récupérer de moi. Et j’avais au passage pu saisir pourquoi leur vaisseau défenseur ne m’avait pas détecté plus tôt comme une menace. Je lui apparaissais comme un congénère, certes étrange, mais qu’il ne pouvait se résoudre à attaquer à cause de notre similarité physiologique. Ca avait du bon d’avoir des architectes en commun. On ne pouvait aller contre la programmation d’un être si bien fabriqué. Et sans savoir comment régler mon comportement en marge, il attendait, comme pétrifié.
J’avais donc eu un premier contact avec ces êtes extralactiens. Mais ils ignoraient que moi aussi je pouvais apprendre d’eux. Comme j’étais devenu mon propre architecte, j’arrivais à les égaler sur leur propre terrain.
Je venais de terminer mon premier canon issu de leur technologie, mes chers Achériens travaillaient vite et bien, malgré leur apparente bestialité. Et par la même occasion j’avais pioché le plan de fabrication des boucliers énergétique. Il me faudrait penser à les remercier, tout ceci semblait remarquablement efficace, j’aurais fait très forte impression en ramenant ce genre de savoir-faire à mes concepteurs terriens.
Sans plus attendre leur vaisseau biomécanique fut désintégré d’une simple impulsion en un vulgaire nuage de protons et neutrons. Vu de l’extérieur rien n’avait paru. On n’avait uniquement pu percevoir la lumière se déformer le long d’une ligne, comme sous l’action d’une chaleur quelconque. Mais c’était plus du à une distorsion de l’espace-temps résiduelle.
Je n’eu pas plus de temps à perdre en réflexions scientifiques. Huit vaisseaux venaient d’apparaître à quelques kilomètres de là. J’étais aux confins de leur galaxie et il ne leur avait fallu qu’une trentaine de secondes pour me rejoindre. Voyons ce que je pouvais en tirer.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
07 janvier 2007 à 16:28:17

Excellent, comme d´habitude. Style toujours aussi fluide et descriptions aussi efficaces, scénario intéressant, bref, la suite. :coeur:

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
07 janvier 2007 à 23:36:26

Merci, j´vais essayer de me mettre sur la suite dès maintenant pour ne pas me relâcher ^^
J´ai d´autres idées que je voudrais mettre à plat, mais jamais assez de temps ... :´(

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
09 janvier 2007 à 00:54:44

Je sais pas si je tiendrais ce rythme d´écriture longtemps... Fatigué moi là =_=

Chapitre 10 - L´affrontement

Les astronefs étaient apparus soudainement, comme s’ils avaient toujours été là mais qu’on n’y avait pas porté attention. Immenses et aux formes improbables, les mastodontes spatiaux étaient doués d’une vie propre. Créés de toute pièce, ils avaient vu le jour et grandi sous l’œil minutieux de leurs créateurs, qui étaient désormais au poste de pilotage. Ils étaient branchés à leur vaisseau comme s’il s’agissait d’une extension de leur corps, d’un organe qui leur appartenait vraiment et qu’ils faisaient bouger aussi facilement que leur propre bras, par instinct. En parfaite symbiose, le pilote fusionnait également sa conscience avec celle de son véhicule-hôte. Réceptacle de son esprit, cette nouvelle enveloppe corporelle lui permettait de traverser plusieurs années lumières en un battement de cils.
Huit géants qui auraient paru être des erreurs biologiques aux yeux des humains, des aberrations résultant de l’assemblage d’os démesurés et de sécrétions putréfiées. Cette vie était tout aussi féconde et vivace que celle présente sur Terre, mais son aspect si terne lui aurait valu le qualificatif de mort-vivante sur cette dernière. Après tant de millénaires, c’était comme si son âge avait usé son apparence, comme si elle avait été lessivée, vidée de tout éclat probable. Mais elle n’avait pas pour autant dépéri, au contraire elle avait gagné en efficacité au fil des générations, ne laissant place qu’à l’utile, allant jusqu’à choisir et adapter eux même ce qui leur paraissait une évolution plus pertinente. Mais loin de jouer aux apprentis sorciers du vivant comme l’aurait fait les humains, le biologique était pour eux une science pure, simplement régit par la logique.
Face à ces ancêtres menaçants de leur supériorité mesurée se dressait la ruche volante de Phoïbs. Résidu de vaisseau humain converti et revisité par les Achériens, l’exemple concret où la logique avait dépassé les extralactiens. Eux seuls avaient échappé à leur contrôle, alors qu’une simple machine humaine les avait forcés à obéir. L’expérience ne s’était peut-être pas poussée assez loin.
Un premier tir du vaisseau, anciennement humain, fut dévié par une protection invisible. Le flux désintégrateur se perdit dans le néant, et les extralactiens s’avancèrent lentement, toujours plus menaçants.

Je ne comprenais pas. J’avais pourtant adaptée l’arme récemment construite pour qu’elle passe à travers cette technologie protectrice. Avais-je mal interprété les informations piochées dans l’étude de ce petit bio-vaisseau si simplement éliminé ?
Ces gigantesques nouveaux astronefs avaient beau paraître indestructibles, je trouverai leur faille. Les sentiments et impressions belliqueuses que j’avais perçus dans l’esprit de leurs constructeurs ne m’incitaient pas à négocier.
Un nouveau contact de leur part se fit.
- Livrez-nous simplement votre secret, et nous vous laisserons vivre.
Mon secret ? À propos des Achériens probablement. Ils pouvaient toujours rêver, je n’avais pas refusé cette arme aux humains pour la livrer à des créatures extérieures à ma galaxie.
- Nous nous nommons Iavoal, et sommes plus proches de vous que vous ne le croyez.
Ils percevaient une partie de mes pensées ? Peu, puisqu’ils me demandaient de les leur dévoiler. Reprenant mon calme, je me concentrai pour ne pas laisser échapper d’informations sur ma conception.
- Cessez ces enfantillages ! Vous n’êtes pas de taille ! Cessez de résister !
Le ton impérieux tirait sur l’impatience. Rares devaient êtres ceux qui leur résistaient. Par jeu, je voulu accroître leur irritation et me concentrai sur ces pensées :
- Je ne vous livrerez aucune information ! Venez les chercher si vous osez chers Iavoal.
La plaisanterie ne dut pas leur plaire, ils s’approchèrent. Toutefois s’ils voulaient récupérer quelques renseignements de moi, ils devraient me garder vivant, un certain temps.
Quelque chose traversa la paroi d’un de leur vaisseau, qui me rappelait dans les grandes lignes celui qui reposait sur cette maudite Achéron, où tout commença pour moi. Il s’agissait d’un de ces êtres : un Iavoal.
Quel inconscient ! Se jeter aussi sottement dans la gueule du loup ! J’allais leur montrer que leur trop grande confiance en eux-mêmes était déplacée.
L’extralactien était vaguement anthropomorphe puisqu’il avait deux bras et deux jambes, mais les ressemblances s’arrêtaient là. Recouvert de larges os pâles, il faisait facilement la taille d’une pondeuse Achérienne. Une excroissance similaire à une trompe, reliant sa tête à son torse me rappela étrangement cette reine qui avait fait irruption dans le vaisseau humain, alors que je ramenais les œufs extraterrestres. Pouvait-elle être issue d’un de ces êtres ?! J’étais encore à la solde de ses scientifiques à l’époque. Ceux qui m’avaient menti, manipulé et abusé !
Ma haine redoubla, et maintenant que cet Iavoal était à porté, je pourrais déchaîner toute ma colère contre lui.
J’envoyai une série d’ordre à mes fidèles créatures, déjà prêtes à verser le sang de leur créateur.

Imperturbablement dressé face au vaisseau monstrueux, ondulant et frémissant d’une rage sanguinaire, l’extralactien glissait dans le vide. Ce manque de matière ne l’affligeait aucunement, c’aurait été son milieu naturel qu’il ne se serait pas senti plus à son aise, mais il n’était pas sorti à découvert sans aucune protection. L’audace ne le rendait pas pour autant inconscient des risques.
Le vaisseau bouillait encore d’agitation sous les ordres de Phoïbs. Une frénésie meurtrière semblait s’être emparée de la ruche. Elle réclamait sa pitance, qui serait pour commencer plutôt maigre.
Mais la soif était trop forte. D’immenses tentacules jaillirent de l’astronef. Composées d’Achériens reliés, la fluidité et la rapidité de leurs mouvements étaient remarquables. La ruche spatiale ressembla soudain à une pieuvre chassant une minuscule crevette dans un océan d’encre épaisse.
À peine formés, les tentacules dardés de multiples griffes et dents fondirent sur leur proie dans un élan destructeur. Le choc broya net des milliers d’Achérien en une bouillie acide, qui prit rapidement la forme d’une bulle jaunâtre ondulante. Les créatures survivantes à l’assaut se rétractèrent à bord. La rage débordante de Phoïbs l’avait fait sacrifier nombre de ses serviteurs. Mais il était trop tard pour réfléchir posément.

Je bouillais intérieurement. Pourquoi avais-je réagi si impulsivement ? Peut-être étais-je plus proche de mes créateurs humains que je ne voulais me l’avouer. Je repoussai aussitôt cette répugnante idée. Je les exécrais !
Mon étonnement fut total lorsque je vis sortir l’extralactien de la bulle d’acide. Comment avait-il pu résister à cette vague achérienne ? Remarquable technologie qu’il devait transporter avec lui.
Alors que je restai pétrifié face à mon impuissance, les données qu’avaient recueillit mes créatures lors de l’attaque me parvenaient petit à petit, mais cet Iavoal avait déjà traversé les parois de mon vaisseau. C’était donc ça, il devenait intangible pour franchir la matière, et l’acide de mes Achérien n’avait pas fait exception.
- Nous avons recueilli ce qu’il nous fallait. Votre faible esprit se révèle plus indiscret sous le coup de l’émotion, Phoïbs.
Comment l’arrêter si je ne pouvais le toucher ? Et lui seul était parvenu si près.
- Rendez-vous ! L’étude de votre organisme nous intéresse. Cessez donc !
Redevenir un rat de laboratoire, je ne pourrais le supporter. Je n’étais plus un jouet, plutôt mourir. Serein j’accueilli l’heure de mon sacrifice. Mon existence aura peut-être été vaine, mais je l’aurais menée selon ma volonté.
J’orientai les canons vers mon propre vaisseau, et fis feu.

Le vaisseau s’embrasa subitement, rythmé par de sourdes explosions qui ne pouvaient émettre que de la lumière dans ce vide spatial. Point de bruit dans la chute de la ruche, aspirée par la géante gazeuse attendant patiemment de pouvoir dévorer cette maigre pâture.

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
09 janvier 2007 à 22:30:45

Et puisque je suis inspiré : Chapitre 11 :la chute ^^

Le tas informe en combustion, qui était encore quelques secondes plus tôt, un terrifiant vaisseau grouillant d’êtres assoiffés de sang, continuait sa lente chute vers cette planète aux allures de titan. En proportion, ce ne serait qu’une poussière de plus ajoutée à la masse monstrueuse. Un grain insignifiant noyé dans cette matière affamée que rien n’apaisait. Plus la géante gazeuse mangeait, plus sa faim grandissait en intensité. La matière appelait à la matière : simple gravité.
Une forme pâle se distingua, sortant indemne de l’explosion. L’extralactien n’avait rien subit de la destruction du vaisseau, et restait immobile, aussi impalpable que le vide qui l’entourait. Traverser la matière avait certains avantages. Impassible devant tant de vie et d’énergie gâché, il retourna lentement jusqu’à son vaisseau en profitant cette fois d’une ouverture dans la paroi vivante.
Comme ils étaient venus, les astronefs disparurent.

C’était beau mais étrangement sans chaleur. Comme si je ne ressentais plus rien. J’assistais vaguement à un film flou sans saveur, puisque simple succession d’images. La matière était donc beauté insipide sans la moindre sensation ?
Au moins ressentais-je la gravité, j’étais attiré, aspiré de toute ma masse. Seul repère auquel me raccrocher : cet effondrement.
J’y voyais plus clair maintenant. J’avais été trop sûr de moi, bien trop présomptueux. Mes erreurs me semblaient à présent évidentes, mais c’était bien trop tard pour réaliser. Je n’avais pas été de taille.
Ma chute se faisait plus claire. Les débris de mon ancien vaisseau en flammes se dispersaient en brûlant dans cette atmosphère qui allait en s’épaississant, dégageant mon champ de vision.
Après la beauté de la matière en combustion, j’assistais au calme paisible de nuages aux teintes bleutées s’entremêlant dans une danse qui paraissait lente de si haut. Un instant cela me rappela la Terre, cette prétendue planète bleue que l’humanité avait fanée de ses odieuses constructions grisonnantes. Tout comme moi cette civilisation était en chute libre. Errant sans but réel, sans la moindre organisation, à tâtons.
Les Achériens eux avaient une motivation réelle qui transpirait et dégoulinait de leur être sans honte aucune, car simplement ils ne ressentaient rien. Efficaces, ils croissaient et se développaient imposant leur forme de vie. Une façon épurée et simple de vivre. Aucune souffrance des tourments que pouvait apporter les sentiments.
Typiquement humain ! Une fois de plus je pensais comme ces créatures abjectes à maudire les sentiments, ces piètres créateurs qui n’avaient su garder un œil assez vigilent sur moi. À l’image des Iavoals, la création avait supplanté l’architecte.
Gagnant en vitesse, je traversai d’un trait les premiers nuages d’un bleu épais. Le noyau de la planète m’attirait à lui. L’énergie commençait à me faire défaut, je dus reprendre donc consistance. Cette petite ruse m’avait bien servie pour survivre à l’explosion de mon vaisseau, et maquiller ma mort aux yeux des extralactiens. En traversant la matière si près de moi, ils m’avaient appris. J’avais pu vite assimiler et reproduire cette capacité qui me paraissait maintenant évidente. Tant de vide était contenu dans chaque atome. Il suffisait de s’en servir convenablement pour s’y faufiler. Mais pour quel répit ? Au moins n’auraient ils pas mon corps si convoité.
N’étant que spectateur de ma chute, un nuage d’ocre et rouille s’imposa brutalement à ma vision. Les Achériens l’avaient-ils corrodé de leur acide ? Griffant même la matière au niveau moléculaire. Une hostilité sans égal, suffisamment bestiale pour être pure de toute arrogance.
La lumière ne filtrait plus aux profondeurs gazeuses que j’avais atteintes. Seul l’ombre m’entourait. Cette ombre planante et menaçante, aux couleurs ternes des extralactiens.
Leur technologie devait pouvoir être contournée. S’ils utilisaient le vide contenu dans les atomes pour y déplacer la leur, il suffisait de les transpercer d’une matière exempte de tout vide. Mais créer un projectile si dense était-il seulement possible ? Ou même seulement transportable ? Il aurait été infiniment lourd et infiniment couteux en énergie. Et plus dangereux, l’amoncellement de matière aurait généré une force de gravité incontrôlable. Mais bien sûr ! La solution était là, la matière tangible ou intangible ne pouvait échapper à la gravité, j’en étais la preuve puisque je tombais. Ce qui permettait à ces Iavoal de flotter dans les airs ne les immuniserait pas contre de minis trou-noirs. Ils ne pourraient qu’être aspirés et broyés.
Mais aurai-je seulement la chance de mettre ma théorie en pratique ? Peut-être pouvais-je stopper ma chute, mais que ferais-je ici, vidé de l’essentiel de mon énergie ?
Le noyau de la planète m’appelait, je serais broyé d’ici peu, et déjà oublié. La logique en voulait certainement ainsi après toutes les atrocités que j’avais pu commettre. En tant qu’arme du gouvernement humains ou robot libéré du joug de ses créateurs, je n’avais pu que détruire ou tuer, complice des Achériens.
Tout était mieux ainsi, après tout je …
Je venais de rebondir contre une paroi molle. Mon corps artificiel n’avait ressenti aucune douleur, mais mon esprit si accaparé de confusion n’avait pas prêté attention à la créature qui s’était approché pour me happer, avalant par la même occasion plusieurs tonnes de débris encore chauds et fumants de mon vaisseau.
D’étranges choses pas toujours organiques semblaient reposer dans l’estomac de cette poubelle volante. Avait-elle été créée à dessein par les Iavoal afin de purifier la planète d’agents étrangers ?
Toujours était-il que je disposais à présent de bien plus de temps pour réfléchir. L’insignifiant acide gastrique secrété par ses parois stomacales était encore plus doux sur mon corps artificiel que celui des Achériens.

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
12 janvier 2007 à 00:06:07

Azerty, quand tu passeras par là, de la lecture tu auras :p

Chapitre 12 - Rechute

Glissant majestueusement dans les épaisses volutes gazeuses, le léviathan affamé replongea dans l’océan de méthane. Grâce à ses sens aiguisés, il avait repéré cette proie en chute quelques secondes avant de l’avoir gobé en plein vol. Elle s’était malheureusement révélée bien fade.
D’une longueur impressionnante, la créature vorace parcourait la surface liquide de la planète, avalant tout ce qui lui semblait comestible. Autant dire que sa survie n’était pas due à son extrême intelligence.
Ondulant avec précision dans les nuages opaques, il ne pouvait compter que sur les vibrations pour « voir », et aucune ne lui échappait.
Les flancs du colosse se figèrent dans une position inconfortable, avant d’être pris de soubresauts incontrôlés. La créature se cabra une dernière fois, et repris sa lente nage comme si de rien n’était.

De plus en plus intéressante cette planète. Parvenir à contrôler l’esprit de cette chose, qui avait eu la bonne idée de m’avaler, n’avait pas été une mince affaire. Mais je pouvais désormais confirmer qu’elle avait été conçue de mains Iavoal. Du moins s’ils se servaient encore de leurs mains pour quoi que ce soit.
Les perceptions de ce monstre gourmant étaient prodigieuses. Il sentait notamment ces fameuses sphères de vide que j’avais pu observer quelques instants auparavant, flottant sur les couches supérieures de l’atmosphère. Chacune des œuvres de ces extralactiens étaient prodigieuses. Celle dont je visitais l’estomac par exemple gobait tout ce qu’elle sentait à proximité à la seule condition que sa large gueule ne soit pas trop petite. Sillonnant la surface de cet océan d’un noir d’encre avec une énergie folle, elle digérait la matière pour n’en laisser que du liquide ou du gaz, mais aucun solide. Aucun déchet ne pouvait subsister après pareil ménage, permettant aux racines des êtres sphériques de ne pas être endommagées. Mais ce n’était que le début d’un cycle mûrement réfléchi.
Quelques heures me suffirent à faire le plein d’énergie grâce aux matériaux m’entourant. Après avoir atteint un niveau si bas dans mes réserves, ma faim était telle que même puiser dans les sucs gastriques de cette créature était délectable.
Il me fallait maintenant réfléchir à un moyen de locomotion, puisque ce glouton extralactien restait limité à la surface liquide de la planète. Plus profond, la pression se faisait trop forte pour son corps pourtant robuste, et s’il sautait dans les parties gazeuses, il ne pouvait qu’inéluctablement retomber dans de vastes éclaboussures.
Atteindre le cœur de la planète serait facile en devenant intangible, mais encore fallait-il m’orienter efficacement et précisément, ou pouvoir le cas échéant remonter. Ma première idée, de simples ailes, était sans conteste trop rudimentaire. De minuscules réacteurs sciemment positionnés sur mon corps me parurent plus adéquates.
Puis il me fallait recomposer ma garde personnelle, bien évidemment composée d’Achériens. J’avais été conçu afin d’être leur souverain après tout. Le moins que je puisse faire était de leur faire honneur. Tous avaient été détruits, mais ce n’était pas un réel problème. Concevoir un œuf, comme ceux que j’avais volés dans ce vaisseau extralactien autrefois serait simple formalité. Mais je pouvais faire beaucoup mieux : de jeunes Achériens n’attendant qu’une dernière mue pour atteindre le plein âge adulte.
J’avais en mémoire humaine et achérienne tant de séquences d’ADN, que je n’avais qu’à piocher et sélectionner les plus aptes pour les combiner aux gènes si finement articulés de mes chères créatures.
Un sourire amusé se dessina sur mon visage qui n’avait plus rien d’humain. Avec cette méthode je pouvais même croiser l’ADN Achérien à des espèces que leur pondeur ne pouvait pas parasiter, du à leur taille. Je remerciai les scientifiques qui m’avaient créé d’avoir séquencé et enregistré sur la mémoire de leur vaisseau nombre de génomes d’insectes, pour ne citer qu’eux. Rien que leur six pattes étaient un avantage certain. Ajouter à ça des paires d’ailes, de puissantes et coupantes mandibules ou une carapace des plus résistantes, et j’obtiendrai un redoutable arsenal.
Mieux encore ! Pourquoi me limiter à des schémas préétablis ? Je pouvais librement composer mes propres espèces à partir de fragments génétiques remodelés et recomposés. Les légendes m’avaient toujours beaucoup amusé. On pouvait au moins accorder la qualité aux humains d’avoir une imagination peu commune. Ils me l’avaient transmis sûrement sans le vouloir. Leur esprit n’avait pas su faire abstraction du modèle : eux même.
Dans leur quête de création d’armes biologiques, mes concepteurs avaient également répertorié en partie l’ADN d’espèces éteintes, comme ces surprenants dinosaures. Bien que morcelées et incomplètes, ces informations me seraient grandement utiles.
J’imaginais déjà dragons et griffons, planant et terrorisants ces piètres humains. Plus terribles encore que ceux issus de leur imaginaire torturé mais fécond. Griffes rétractiles du vélociraptor, peau écailleuse du crocodile, mâchoires de requin et tant d’autres possibilités. Je jubilais intérieurement. Mais pour l’heure mon esprit s’égarait, j’avais plus important à réaliser.
Lançant un dernier remerciement à cette créature qui m’avait accueillit en son sein, je traversais son ventre, me laissant chuter, une fois de plus vers le cœur de la planète. Mon intangibilité me protégerait tant que je n’aurais pas atteint son centre, mais je ne comptais pas aller si loin.
Je n’avais pas remarqué la première fois, mais le son ne me parvenait pas puisqu’aucune matière n’avait de contact avec mon corps. Je tombais donc dans un lourd silence tel le morceau de plomb qu’utilise le pêcheur. La prise que je convoitais se faufilait elle aussi tel le poisson de torrent. La pression et les courants tumultueux n’étaient qu’enfantillage face à leur résistance et leur maniabilité.
Mes réacteurs récemment incorporés ajustaient continuellement ma trajectoire. Plus que quelques kilomètres et je traversai la paroi visée. Reprenant consistance dans la fraction de seconde suivante, j’atterris lourdement au sol du vaisseau Iavoal. Je pris contact aussitôt, et acquis dans la foulée le contrôle de cette jeune créature, destinée à voyager.
Heureux pour moi que cette planète fut une pouponnière à astronefs extralactiens. Chacun des êtres installés ici semblait faire converger sa force dans le but commun de faire naître et grandir ces mastodontes. Les uns leur fournissaient leur protection, les autres le nourrissaient d’énergie et matières. Les filaments de ces sphères n’étaient donc pas de simples racines.
J’allais pouvoir tester à loisir les capacités de ce nouveau jouet sophistiqué, et je m’en réjouissais à l’avance. Il frémit placidement lorsque je lui intimai mon premier ordre.

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
13 janvier 2007 à 16:19:48

J´ose un up. Ose-je à juste titre ? :p

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
13 janvier 2007 à 17:08:09

Oui. :) Tout lu d´une traite, donc inutile de dire que c´est excellent. :) Tu m´as fait peur à un moment, mais t´as trouvé une solution, ç´aurait été dommage qu´il meure maintenant. :-d Humph par contre la fin j´ai du mal à comprendre, par quel moyen il crée toute cette matière, ces réacteurs et tout ça...mais ça reste excellent, c´quand tu veux pour la suite. :-)

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
13 janvier 2007 à 17:24:45

Il ne créé pas vraiment de matière. Il recompose simplement son corps robotique, puisqu´il en a aquis le contrôle depuis le temps où s´étaient les scientifiques humains qui faisaient ces modifications. Pour s´aider il puise simplement la matière et l´énergie autour de lui, quand il y en a.
J´écris la suite là, donc je posterais ça aujourd´hui ou demain ^^

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
13 janvier 2007 à 18:21:47

Ouuuuuuuuééééééé! :fete:

:-)

fbonneca
fbonneca
Niveau 6
13 janvier 2007 à 20:30:16

Voilà les nouvelles fraîches ^^

Chapitre 13 - Chasse

Je fuyais à en perdre raison, bondissant d’arbre en arbre sans même surveiller mes arrières. La seule apparition de cette chose avait suffit à faire évaporer mon expérience de chasseur acquise au fil des âges. Plongé dans un tel état de frayeur, je me faisais honte, me dégoutais même !
Mais il fallait être réaliste. Nous étions impuissants face à cette créature, et mourir maintenant ne m’avancerait à rien. Bien sûr l’honneur guerrier était tout pour moi, mais périr sans même avoir pu infliger la plus petite blessure à mon adversaire, n’était-ce pas plus déshonorant ?
Surgissant de nulle part, cette chose avait traversé arbres et rochers tel un spectre, un fantôme. Mais il avait bien prise sur la matière, puisqu’il avait écharpé mes frères d’arme en quelques coups rapides et précis.
Je n’avais pas attendu sur place que la mort veuille bien me cueillir, et avais sauté sur une branche, comme le lâche répugnant que j’étais.
Qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Un dieu venu tester notre valeur au combat ? Notre courage et cet honneur Yautja tant vanté ? Quelle image donnais-je de mon peuple ?!
Faisant volte-face, je sortis mes lames de poignet de leur fourreau métallique. Sifflant furieusement derrière moi, il ne m’avait pas lâché.
Puisqu’il se matérialisait en parti pour attaquer, je pouvais le blesser à ce moment là. Avoir cessé de fuir m’avait déjà fait regagner fierté et force pour le combat, j’étais prêt.
Plus que quelques mètres. Je lançai mon disque qui trancha la branche sur laquelle mon poursuivant allait atterrir. Celui-ci se rétablit in-extremis en s’accrochant à une autre d’entre elles. C’était ma chance, et je la saisis en entaillant profondément ses mains ainsi que la branche qui les supportait. Ainsi amputé, il chuta jusqu’au sol où il s’écrasa lourdement sur le dos. Ayant accompagné sa chute, mes griffes se plantèrent profondément dans ses côtes, avant qu’elles ne perdent consistance dans la fraction de seconde qui suivi. J’étais parvenu à le blesser, je bouillonnais d’une joie brûlante. Mais insensible à mes exploits, mon adversaire m’envoya sa queue, me propulsant contre un tronc dans un sinistre fracas d’os brisés.
Tentant d’oublier la cuisante douleur qui me parcourait, j’esquivai la créature qui avait bondit, toute griffes dehors. Mais je ne vis pas venir le coup de queue suivant, m’injectant son venin paralysant.
Pratiquement pétrifié, je maintenais la mâchoire ruisselante de bave loin de moi, de mes bras tremblants. Chacun de mes membres me paraissaient incroyablement lourds, et je ne pouvais maintenir cet effort plus longtemps. S’approchant au plus près, les dents monstrueuses s’apprêtèrent à plonger dans ma chaire, quand dans une gerbe de sang acide, sa tête fut fendue en deux. Appelant à mes dernières forces, je roulai sur le côté pour éviter les effusions corrosives de mon adversaire, vaincu.
Je jetai un regard à mon disque, correctement réceptionné dans ma main droite. Une chance que le crâne de la créature ait été sur la trajectoire lorsque je l’avais rappelé à moi. Ce dispositif ne m’avais jamais fait défaut, et devenait officiellement mon arme préférée. Mon seul regret était de n’avoir pu me faire un trophée de cet adversaire hors du commun, sa tête étant en piteux état.
Je ne pouvais déjà plus bouger, mais ce genre de venin n’agissait pas bien longtemps sur notre organisme des plus résistant, j’y avais déjà été confronté.
Un bruissement proche me glaça le sang. Je ne pouvais tourner la tête ! De petits piétinements précipités se rapprochèrent, et dans un éclair blanchâtre je reconnus un pondeur Kainde Amehda, avant qu’un voile noir s’impose à mon esprit.

Une espèce des plus intéressantes que j’avais trouvée là. Et dire que l’humanité ignorait son existence, alors qu’elle logeait dans sa propre galaxie. Intelligente, et plus évolués que mes concepteurs, ils s’étaient apparemment tournés vers une vie de chasse sportive. Le savoir que je tirais de leur esprit était singulier, mais des plus instructif. Mes fidèles créatures, qu’ils nommaient Kainde Amehda tenaient particulièrement une grande place dans leur culture.
J’avais envoyé nombre d’œufs Achériens à travers ma galaxie natale, la voie lactée. Mais je les avais légèrement améliorés de mes récentes découvertes, en les dotant notamment de la capacité d’intangibilité. J’imaginais déjà les dégâts que causerait une armée d’Achériens traversant murs et projectiles en tout genre. Les humains ne seraient pas prêts de m’arrêter maintenant que j’étais rentré. Au moins fallait-il qu’ils se rappellent de moi, puisque plusieurs siècles s’étaient écoulés.
Quand j’avais perçu l’attaque que menait une de mes nouvelles créatures contre un groupe de ces chasseurs, je n’avais pu résister à la tentation de prendre le contrôle total de l’Achérien pour mener le combat moi-même. Je tenais à en infester un par moi-même et être sûr du résultat.
Mais ce Yautja, comme ces êtres s’appelaient entre eux, avait montré d’incroyables ressources en me terrassant au dernier moment. Il n’en aurait pas été ainsi s’il s’était confronté à l’un de mes Achériens issu de dragon.
Mais à la fin du combat, son état était si pitoyable que le parasiter d’un de mes pondeur Achérien fut une simple formalité. Leur code génétique et leur savoir était mien maintenant.
Cette collecte d’ADN à travers la galaxie se révélait fructueuse. Mes expérimentations sur les trou-noirs me prenaient énormément de temps, et ce petit divertissement m’avait apaisé et permis de prendre du recul. Je tenais peut-être enfin la solution pour contrôler l’énergie considérable que libéraient ces étoiles en effondrement perpétuel. Ces Yautja m’apportaient également une aide, leurs sciences surclassait aisément celles des humains, même si je n’étais pas tombé sur le plus intellectuel de leur espèce.
Déjà, j’avais réduit à néant deux systèmes stellaires en créant de minis trou noirs. Ces boules de matières infiniment denses avaient un appétit certain. Heureusement la puissance de mon nouveau vaisseau m’avait permis de quitter la zone à temps à chaque fois. Le retour entre la galaxie des Iavoal et la mienne avait paru dérisoire comparé à la première fois. Quelques jours terriens tout au plus.
La prise en main de l’astronef avait été rapide. J’avais achevé sa croissance en puisant dans toutes les réserves d’énergie disponibles tournant autour de la planète gazeuse. Je ne m’étais pas attardé en territoire extralactien. Je préférais être prêt pour les affronter à nouveau, et la vie entièrement remodelée par les Iavoal me paraissait bien trop terne, exempte de cette imagination hors de contrôle, dont elle faisait preuve dans la voie lactée. Bien sûr leur technologie de création du vivant était d’une remarquable efficacité, mais tout était trop bien pesé, mesuré et prévu à l’avance. Aucune place pour la surprise.
Je ne savais encore réellement où cela me mènerait, ni pourquoi je faisais tant d’efforts. Etait-ce une quête de savoir ? Une revanche que je tenais à prendre ? Etait-ce une façon de me sentir vivre ou afin de me révolter une fois de plus contre mes géniteurs humains ?
Peut-être que tout ceci devait se produire, que c’était la résultante de la grande équation régissant tout évènement dans l’univers. La place que j’y prenais était peut-être insignifiante, mais j’allais bientôt savoir ce qu’elle avait prévu pour moi.

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