Bonjour tout le monde!
Une petite nouvelle, un peu bizarre, enfin je trouve... Je crois pas que j´ai réussi à lui donner l´effet que je désirais, mais je sais pas vraiment bien ce que je voulais lui donner comme effet en fait...lol
Bonne lecture! (enfin, j´éspère lol)
"-Où tu vas?
-En bas, je vais me chercher à boire. Tu veux que j´te ramène quelque chose?
-Non non, c’est bon. »
Je m’appuie sur la rampe des escaliers de mon duplex. Les marches grincent sous mes pas et le froid s’empare de tout mon corps en pénétrant par la plante de mes pieds. Arrivé en bas, je me dirige vers la cuisine, ouvre les volets et je dois plisser les yeux pour qu’ils s’habituent lentement au soleil qui irradie.
Après quelques secondes à contempler le paysage désertique au loin, je me retourne vers l’intérieur et ouvre le frigo. J’en sors une canette de soda que j’ouvre rapidement et boit quelques gorgées.
Il est tôt, je me dirige vers la porte mais le facteur n’est pas encore passé. Je remonte doucement et retourne dans la chambre avec Cylia.
Deux heures plus tard, je suis dans les rues de la ville et je marche vers le désert. Je fume lentement une cigarette que j’ai empruntée à un passant et je laisse mon esprit vagabonder après cette soirée.
Nous nous sommes d’abord rendus dans un bar, Cylia et moi, en compagnie d’amis. Nous y avons discuté, de tout et de rien, refait le monde ainsi pendant quelques heures, comme nous avons l’habitude de le faire, comme il est commun de s’adonner à cette remise en ordre de tout ce qui part en sucette. L’ambiance décontractée et le calme qui y régnait ont marqué la soirée de leur empreinte.
Nous avons bu, un peu, beaucoup, puis nous avons rejoints d’autres amis dans un restaurant en centre-ville. Le dîner s’est passé dans une excellente ambiance, celui-ci étant même l’occasion de retrouvailles avec des personnes que je n’avais pas vu depuis longtemps. Des gens avec qui j’avais fait mes études et qui étaient partis à l’étranger, soit pour les poursuivre, soit pour leur job. Une soirée comme j’en ai vécu des dizaines.
Ensuite, nous sommes sortis tous ensembles, avons fait un nouveau tour dans un bar, celui dans lequel ceux qui étaient mes camarades au lycée et moi-même nous rendions régulièrement pour fêter nos (rares) réussites ou nos (nombreux) déboires. Nous avons retrouvé la patronne(une femme toujours belle pour son âge que nous avons toujours regardé avec des yeux troubles) qui nous reconnaît à chaque fois que nous revenons. Avec elle, nous avons évoqué certains de nos grands moments passés ici. J’ai notamment passé plusieurs longues minutes avec Juan, mon meilleur ami de l’époque à me remémorer avec mélancolie la soirée que nous avions passé au « Twiny » (le nom du bar) après avoir terminé les épreuves de nos examens terminaux. Nous nous sommes mutuellement rappelé la façon dont nous avions descendu consciencieusement chacun de nos professeurs, ainsi que le moment où Phil avait débarqué pour nous annoncer que le proviseur avait eu un accident de voiture et le rire sardonique que nous avions tous les trois poussé en nous regardant, les yeux noirs de rancœur envers lui.
Je termine ma cigarette que j’écrase au sol et je pénètre dans un magasin de vêtements. Je flâne doucement entre les allées, jette un coup d’œil à différents sweats et t-shirts susceptibles de me plaire, puis, à l’étage, essaie une paire de bottes que j’avais repéré quelques jours auparavant. Mon portable se met à sonner. J’ai besoin de quelques secondes pour parvenir à l’extirper de ma poche et vérifier qui appelle. C’est Cylia. J’esquisse un sourire et réponds.
« -Allo Cylia ?
-Salut chéri. T’es où ?
-Chez « For Y’All », au centre.
-Hum, okay. J’t’appelais juste pour te dire que j’allais chez Alana, et que je rentrais ce soir.
-Je suis pas là moi ce soir…
-Ah oui… J’avais oublié… Okay, très bien. On se voit demain alors ?
-Yep. J’dois te laisser. Je t’embrasse. »
Je raccroche, dis à la vendeuse qui s’occupe de moi que je prends les bottes, descend pour les payer et ressors du magasin. Je continue à me promener, jette des œillades à quelques jolies filles qui me les rendent, puis je rentre chez moi pour déposer les bottes.
Hier soir, après avoir passé quelques heures au « Twiny », nous sommes allés dans une boîte située à la périphérie de la ville. Devant « Le hangar » (c’est son nom), la queue était impressionnante, mais grâce à Cylia qui connaît le videur (un ex-petit ami devenu gay par la suite, sans qu’on sache vraiment pourquoi)(pas à cause de Cylia en tout cas, je peux vous l’assurer), nous avons pu rentrer rapidement. A l’intérieur, le bruit assourdissant nous poussa à nous mettre les mains sur les oreilles quelques secondes afin de s’habituer au brouhaha ambiant, puis, comme il était encore tôt, nous nous sommes dirigés vers l’un des bars luxueux de la boîte.
Là-bas, j’ai retrouvé Merry, une amie d’enfance que je n’avais pas vu depuis plusieurs semaines, malgré le fait qu’elle habite à quelques blocs de chez moi. Nous avons discuté quelques minutes, et quand j’ai vu que mes amis commençaient à s’impatienter, je l’ai laissé en lui promettant de passer la voir la semaine suivante. J’ai rejoint Cylia et les autres et nous avons cheminé jusqu’à la grande piste de danse de la boîte.
Chez moi. Je dépose le carton contenant les bottes sur la table du salon, écoute le message laissé sur le répondeur (un collègue qui me rappelle une réunion pour le lundi suivant), saisis un carnet dans un tiroir de mon bureau, attrape les clés ma voiture et ressors.
Je conduis lentement, faisant plusieurs détours dans le centre-ville et m’arrête à la frontière qui sépare la ville du désert. Je coupe le contact, me laisse tomber dans le siège et regarde le vent soulever la poussière.
Juan, Tim, Clara et les autres sont immédiatement allés danser tandis que j’ai gardé Cylia près de moi pour parler avec elle, malgré le bruit de la boîte. Je lui ai dis qu’elle m’avait manqué après son séjour en Europe, que j’espérais qu’elle n’avait pas rencontré d’homme à même de lui plaire là-bas, ce à quoi elle a répondu par un baiser sur mon oreille gauche et en me susurrant un « je t’aime » délicieux. Je l’embrassais à mon tour, sur la bouche cette fois, et nous avons rejoint les autres.
Après plusieurs heures passées à danser, entrecoupées de passages au bar pour discuter et se réhydrater, nous avons finalement quitté « Le hangar » tard dans la nuit. Nous n’étions pas véritablement éméchés, mais nous avons préférés rentrer à pied. Une fois arrivés dans le centre, près de chez moi, nous nous sommes séparés et chacun est reparti vers chez lui. J’ai dis à Cylia de rentrer, que je la rejoignais, et je suis parti avec Juan vers chez lui.
Puis je suis rentré, en nage, débraillé, les cheveux en bataille...
Je reste quelques minutes ainsi, à observer « vivre » le désert, la nature le mettre en branle. Puis je saisis le carnet que j’avais déposé sur la place du mort.
Vous connaissez ces listes que l’on fait, ces listes dans lesquelles on se fixe des objectifs à atteindre avant une date limite ? Ces listes que l’on dresse en espérant qu’elles nous donneront la force de parvenir, si ce n’est à faire quelque chose de notre vie, au moins à toucher du doigt des petits évènements qui nous paraissent importants.
J’ouvre le carnet à la page de la liste que je suis en train de compléter et que j’ai intitulé « A éliminer».
Je lis à haute voix quelques-uns des noms qui y sont inscrits. Parmi eux et déjà barrés, une prostituée, un/une insituteur/trice du primaire, un prêtre, un clochard…
Soudain, mon portable se met à nouveau à sonner. Cette fois, c’est un numéro que je ne connais pas.
« -Monsieur Sean Denton ?
-Oui, c’est moi. »
Ma voix est calme, assurée.
« -C’est l’hôpital central à l’appareil. Vous connaissez monsieur Juan Latner ?
-Oui, bien sûr. Qu’est-ce qu’il se passe ? »
Je feins la surprise.
« -Il est décédé cette nuit… Je suis désolé… Votre nom était noté dans son portefeuille, et n’ayant plus de famille proche, c’est vous que nous avons appelé.
-Merci… Mais de quoi est-il mort ?
-Il semblerait qu’il ait été tué de plusieurs coups de couteau à… »
Je raccroche sans laisser le temps à la femme de terminer sa phrase. J’attrape le crayon dans ma boîte à gant, pointe la mine vers la feuille du carnet et raye une nouvelle ligne : un de mes meilleurs amis.
Je referme le carnet, le redépose sur le siège passager et me remet à observer le désert avec un léger sourire.