Voila une nouvelle que j´ai écrite pour un concours, le nombre de mots est limité a 4500 mots, donc les descriptions sont pas très présentes.
J´aimerai avoir votre avis sur ce texte, les fautes qu´il y a ...
Enjoy (j´espère)
(un skyphos, c´est un grand vase de la grece ancienne.)
C’est moi, oui, c’est bien moi qui aie ordonné la réalisation de ce skyphos. Lorsque ma mère mourut, ma tristesse fut telle que je ravageai le palais de mes poings vengeurs. Les dieux sont cruels, c’est une évidence, mais pourquoi s’étaient-ils acharnés sur mes parents ? L’unique personne capable de m’éclairer était Athéna, ma protectrice depuis de nombreuses années : je me rendis donc au centre d’Ithaque où une statue à son effigie trônait au milieu des boutiques des petits artisans. Mon regard dut être d’une férocité animalière car à peine eus-je fait quelques pas en direction de l’autel de marbre que la déesse m’apparut, dans sa grande toge blanche. Nous discutâmes longtemps, seuls, comme projetés hors du temps : elle calma temporairement mes ardeurs et me conseilla de regagner ma demeure. Ayant toujours eu de justes conseils à mon égard, j’exécutais ses recommandations.
Cependant, ma rancœur toujours présente, je me persuadai que je me devais de faire quelque chose afin que le souvenir de mes parents soit impérissable. L’idée me vint alors que je somnolais sur le fauteuil de bois que m’avait offert Mentor. Qu’y a-t-il de plus commémoratif qu’un objet de la vie quotidienne ? Le simple fait de se servir de cette chose remémorerait la magnificence de mes parents. Mais, d’autres questions demeuraient floues. Je m’enfermais dans une pièce bénéficiant d’une meilleure quiétude. Mes réflexions ne seraient que plus productives.
Ainsi, je marchai, mes pieds décrivant un trajet de forme plus ou moins ronde. Mon regard balayait la pièce : dominée par des teintes rouges et orangées, celle-ci revétissait une sensation de douceur et de finesse. Les meubles de bois luisaient. Les courbes qu’ils dessinaient démontraient leur provenance troyenne. Un lit à baldaquin était adossé à un des murs. Les draps de soie qui le recouvraient semblaient si fins et fragiles. Aussi fragile que moi au même instant. Nombre furent les questions qui assaillirent mon esprit tourmenté. L’œuvre qui prendrait vie n’aurait rien laissé au hasard… La personne qui la réaliserait fut la première chose qui me vint à l’esprit, ce serait le peintre de ma mère, celui qu’elle admirait tant et dont elle trouvait que ses travaux exprimaient une rare sensibilité. Aucune autre réponse ne se présentant, je quittai la salle en claquant la porte. Je regagnai mes appartements et m’allongeai sur le lit aux draps blanc cassé. La longue réflexion que je m’étais imposée m’avait permis de comprendre la difficulté d’un tel pari.
Les jours qui suivirent, je fus maussade. Je traversai nonchalamment la ville, traînant du pied. J’étais visiblement ailleurs, obsédé par ce que je considérais comme une réelle quête. Un détail qui me tenait à cœur était celui de la scène qui serait représentait. Elle devait représenter au mieux l’amour que mes parents se vouaient. Le voyage que j’avais réalisé avec Mentor entravait bien sûr le nombre de mes souvenirs. Alors que je déambulai dans une rue déserte, l’idée me frappa telle une évidence. Serait représenté le moment où après que j’eus retrouvé mon père, celui-ci se travestit en mendiant.
<< Il s’était rendu dans le palais voir ma mère : elle ne l’avait pas reconnu, son pari était gagné. Maman l’avait envoyé auprès d’une ancienne nourrice de mon père pour que celle-ci le lave. Euryclée, la nourrice comprit que le vieil homme n’était autre qu’Ulysse. Il la fit taire. Au même moment, j’avais rejoint ma mère et lui avait menti en lui annonçant que mon père était introuvable. Les larmes avaient coulé sur ses joues empourprées.>>
Et le temps se fige, c’est cette image exactement qu’il fallait. Toutefois, la nécessité de rajouter un détail qui montrerait qu’il s’agit bel et bien de Pénélope se faisait ressentir. Qu’est-ce qui pouvait caractériser ma mère ? Son métier à tisser évidemment ! Ce fameux objet qui fit languir des dizaines de prétendants. Une ruse plus qu’ingénue, aussi réputée que le cheval de Troie de mon père… Un stratagème qui avait été dénoncé par la servante la plus proche de ma mère. Satanée servante ; elle avait été congédiée sans ménagement. Cet événement avait obligé ma mère à trouver une autre fourberie. Sa malignité s’était manifestée sans tarder : « Quiconque arrivera à tendre l’arc d’Ulysse deviendra mon époux ». Un défi qu’elle savait impossible. Quelle n’avait pas été sa surprise lorsqu’elle avait vu le mendiant qu’elle avait accueilli tirer sur la corde avec autant de poigne que son mari. Elle avait cru qu’il s’agissait d’un cauchemar, ses mains s’étaient plaquées contre ses joues et elle avait étouffé un hoquet de surprise. Ulysse s’était alors fait connaître, surprenant l’assemblée réunie. Ma mère avait sauté dans ses bras et l’avait embrassé avec fougue.
Maintenant que j’avais trouvé quasiment la totalité des détails de l’œuvre, il fallait que je me rende chez le peintre de ma mère. Je le trouvai sans difficulté. J’entrai dans sa petite maison de pierre sans frapper à la porte : je le découvris, une poterie en argile dans les mains. Je n’eus pas de mal à le convaincre de réaliser mon souhait. Il vint au palais quelques jours plus tard, le vase sous le bras. « Perfection » fut le premier mot que je prononçai en le voyant. Comme je le lui avait demandé, le skyphos était très large et profond, avec ses deux anses aux antipodes, afin de représenter la profondeur de l’amour de mes parents malgré la distance qui les avait séparé durant une vingtaine d’années…