Voilà, je voudrais poster ici ma première fic, qui a vu le jour sur le forum Resident Evil 3 et qui s´intitule " Shadow in Raccoon City":
La nuit était tombée. Et à la tombée de la nuit, le Shadow ne reconnaissait que trois réalités: l´infini ruban de bitume qui s´étalait devant lui, coupant les champs du Middle West, le puissant et calme ronronnement de sa Harley, dont le triple phare projetait des flaques de lumière sur la route, et le plus important: sa mission.
C´est en diffusant en boucle dans son esprit le souvenir de son entretien téléphonique tout en roulant sur la voie déserte à une vitesse approximative de 87mph qu´une quatrième réalité s´imposa à lui: un simple panneau bleu, sur le bord de la route: RACCOON CITY 63 miles.
Cela signifiait une chose: dans un peu moins d´une heure, il allait arriver sur le lieu de sa mission, à Raccoon City.
Peut-être devriez-vous d´abord savoir qui est le Shadow, au cas où vous le rencontreriez.
Outre sa Harley-Davidson noire au moteur chromé équipée d´un sissibar et de sacoches en cuir clouté, le Shadow aimait porter du noir. C´est même de là que venait son nom. Pantalon en cuir noir. Blouson de moto également en cuir noir, qu´il aimait porter en fermant tout ce qui pouvait se fermer. Même au coeur de l´été, vous ne le voyiez jamais ouvrir son blouson. Il portait également des gants noirs et des bottes John Cooper. Accroché dans son dos, un sabre japonais de classe Shinobi-Katana. Et surtout, il portait un casque de moto noir verni avec un écran fumée quasiment opaque qu´il ne retirait presque jamais en public. Et quand il l´enlevait, c´était pour montrer son passe-montagne.
Personne n´avait vu son visage. On ne connaissait ni son nom, ni son âge, ni son plat préféré, rien. Rien du tout. Aux yeux de tous, il n´était qu´ombre, et il savait en profiter. En effet, le Shadow était un mercenaire très polyvalent et extrêmement efficace. Vous pouviez l´engager aussi bien pour une escorte que pour un transport ou un assassinat. Pourtant, il ne pratiquait pas d´arts martiaux, il n´avait jamais appris à utiliser des armes, ni les techniques d´infiltration, ni la façon de manipuler une bombe, il n´avait rien appris de tout ça. Il le savait, tout simplement. Un savoir inexplicable, que les gens appellent " le génie". Mais si vous vouliez l´engager, vous deviez vous plier à ses règles non négociables:
1. Un contrat est un contrat. Tout élément non compris dans le contrat d´origine sera ignoré ou éliminé s´il gêne le déroulement de la mission.
2. Dites-lui seulement ce que vous lui voulez. Le contexte de ses missions ne le concerne pas, sauf s´il peut avoir une conséquence sur le déroulement de ladite mission.
3. C´est lui qui décide des méthodes qu´il va utiliser.
4. C´est lui qui fixe le prix minimal de ses opérations en fonction des paramètres de mission. Ses honoraires varient entre 4.000$ et 500.000$.
Maintenant vous vous demandez sûrement ce qu´il vient faire à Raccoon City, cette ville où se propage de façon alarmante une maladie inconnue, une sorte de peste virulente. A tel point que la ville est isolée par des barrages militaires. Ce qu´il fait, c´est simple: un client anonyme avait pris contact avec lui par téléphone et lui avait promis la somme de 25.000.000$ cash s´il se rendait à Raccoon pour descendre un type, un certain Luc Redman. Aucune indication quant à l´apparence de ce Luc ou au lieu où il serait le plus à même de le trouver. On lui a juste dit qu´il le trouverait forcément. Une somme pareille, ça ne se refuse pas.
Voilà que le Shadow se présente devant un barrage à l´entrée de la ville. Un militaire en masque à gaz lui annonce que la ville est condamnée pour éviter l´épidémie nationale. Personne ne doit sortir. Le Shadow lui dit qu´il veut seulement entrer. Le militaire répond que c´est du suicide. Le Shadow lui répond que ça ne regarde que lui et lui promet que si il le laisse entrer, il n´entendra plus parler de lui. Le militaire accepte. Et sans le savoir, le Shadow a raison: le militaire n´entendra plus parler de lui, vu que ce brave petit soldat n´a à l´instar de ses camarades que quelques heures à vivre...
Il était très exactement 22h18 en cette belle soirée du 26 Septembre 1998 lorsque le Shadow gara sa moto sur le parking d´un motel à la périphérie de la ville. Ce qu´il ignorait, c´est que le patron du bar voisin allait dans trois jours se prendre une balle dans la tête de la part d´un certain Leon Kennedy. Les gens ignoraient tout des formidables propriétés du virus. Tout ce qu´ils savaient, c´est qu´il était mortel. Les trois personnes qui marchaient sur le trottoir étaient tristes à voir: deux d´entre eux ne pouvaient pas faire deux pas sans tousser, quelques fois recrachant un abominable glaire. Quant au troisième homme, il traînait des pieds, respirait bruyamment et était affreusement maigre. Il était foutu. Quelques fois, on pouvait voir des corps recouverts d´un drap blanc gisant sur le trottoir, attendant que les services de santé débordés viennent les récupérer.
Le Shadow entra dans le motel. Le réceptionniste semblait tellement préoccupé par sa toux grasse qu´il trouva parfaitement normale l´allure de son client.
" Il veut quoi, le ninja ?
_ Je voudrais une chambre. S´il vous en reste.
_ Vous voulez rire ? Avec les barrages, on n´a plus de touristes. D´ailleurs, je me demande pourquoi vous êtes venu. Marre de vivre ?
_ C´est compliqué.
_ Je vois. Je vous ennuie avec mes questions. Prenez la chambre que vous voulez.
_ Je vous remercie."
Il récupéra une clé au hasard: la chambre 7. Parfait.
Il démonta les sacoches de sa Harley et les posa sur le lit de sa chambre. Il ferma sa porte à clé avec la mention: Ne Pas Déranger.
Qui irait le déranger, de toutes façons ? Mais Shadow était un homme prudent. Il retira son casque, mais garda son passe-montagne. Il était toujours très prudent.
Puis il entreprit de vider ses sacoches, dispersant pêle-mêle les quelques vêtements qui s´y trouvaient. C´est ce qu´il y avait sous les vêtements qui l´intéressait. La première sacoche contenait outre les vêtements un ordinateur portable avec modem intégré, un couteau de survie militaire, une lampe-torche halogène, trois charges de SemTex avec détonateur, cinq torches incendiaires et un jeu de 54 cartes. La seconde sacoche contenait une boîte rectangulaire en métal, un revolver Raging Bull Taurus de 40cm de long ( taille réelle ) avec barillet de 5 balles ( capacité réelle ) , deux boîtes de munitions de type Casull 454 ( chaque boîte contenant 15 balles ) , quatre chargeurs de 7.65mm, chaque chargeur contenant 50 balles, un objet ressemblant à un téléphone cellulaire, qui était en fait un gadget multifonctions, pouvant faire téléphone, caméra, détecteur GPS et un tas d´autres choses, du fil à plomb et un briquet-tempête. A vrai dire, tout le High-Tech était dans les sacoches, il préférait porter sur lui du matériel plus traditionnel: un sabre, et dans son blouson il cachait un poignard, une sorte de couteau suisse qu´il a fait lui-même et tout un lot de shurikens et shakens. Quant au boîtier métallique noir accroché à sa ceinture, il renfermait toute une gamme d´herbes et de petits outils lui permettant de fabriquer lui-même et en peu de temps des remèdes, des poisons ou d´autres produits plus ou moins agréables, mais en toutes petites quantités. Son grand intérêt pour les ninjas et sa grande facilité à manipuler des appareils de haute technologie offraient un contraste saisissant qui lui était très utile: en effet, la plupart des mercenaires ne valaient rien sans armes à feu ou autres technologies. Lui restait redoutable avec les méthodes les plus traditionnelles.
Il brancha l´ordinateur à la prise de courant et le modem à la prise du téléphone. Il se mit sur InterNet et tapa www.raccoon-midwest.us pour arriver sur le site officiel de Raccoon City. Ensuite il alla sur la section Annuaire et tapa comme nom: Redman.
Aucun résultat.
Donc Luc Redman était soit sur liste rouge soit un touriste. OK, changement de tactique:
Shadow était maître du piratage, donc pour lui, trouver l´IP et franchir le firewall des ordinateurs de la banque centrale de Raccoon était un jeu d´enfant. Une fois introduit, il lança un petit programme, un décrypteur de mots de passe. Une fois loggé, il chercha des informations sur Redman. Et là, c´était bingo:
REDMAN, LUC
1023 Simons Street
Appartement 4
Il étudia l´historique des transactions de Redman et vit qu´il utilisait des chèques voyage. Dans ce pays, si on n´utilise pas la carte American Express, c´est qu´on est étranger. Peu importe. Il avait trouvé l´adresse, c´est le principal.
Il pouvait donc se déconnecter et dormir un peu. Il partirait chasser le lendemain.
Voilà, je sais que pour l´instant ça fait plutôt " Tenchu-James Bond", mais vous inquiétez pas, le côté RE va finir par apparaître.
SVP, dites-moi ce que vous en pensez ( en évitant au possible les commentaires du style " Shadow, c´est un nom ringard" )
!
Bon ben pas de réponses, alors je continue...
27 Septembre, 8h du matin...
La salle de classe N°18 du Raccoon City High School avait une bien triste allure: la classe de 2e B était supposée comprendre 39 élèves, mais seulement 22 étaient présents, 10 garçons et 12 filles. Trois élèves étaient morts de la maladie, et les 14 autres étaient trop faibles pour sortir de chez eux. Et parmi les 22 présents, 15 étaient en bonne santé, 6 garçons et 9 filles. Les cours continuaient malgré tout, et tous les mercredis, des soldats en combinaison de protection NBC ( Nucléaire, Bactériologique et Chimique ) choisissaient un élève malade et l´emmenaient à l´infirmerie du lycée pour essayer des nouveaux médicaments. Les chercheurs sur place s´arrachaient les cheveux: aucun vaccin n´avait pu être trouvé.
Comme ses camarades, Veronica Shelton se rendait en cours avec une bonne humeur forcée. Tout le monde avait peur, mais cette petite rousse de 15 ans maigre comme un clou, qui rafollait des jeans moulants et des chemises fantaisie avait réellement l´impression qu´ils étaient sur le fil du rasoir, comme si une épée de Damoclès tournait lentement au-dessus de leur tête. Même avec une impression aussi forte, elle était loin de se douter que dans la journée allaient survenir des évènements horribles, qui conduiraient à la nuit du 27 Septembre 1998, la Grande Hécatombe qui signerait inexorablement l´arrêt de mort de Raccoon City.
Mais pour l´instant, tout ce qu´elle savait c´est qu´elle allait devoir survivre au cours d´histoire chiant à mourir de Mr. Williams...
8h30
Un corbillard solitaire arpentait les rues de Raccoon à la recherche d´un coin désert. Il se gara finalement dans une ruelle. Les deux croques-morts en sortirent et le déchargèrent du cercueil qu´il transportait, en pestant contre le poids du " client". Puis ils remontèrent en voiture et l´un d´eux prit son portable. Il composa un numéro et dit simplement " Paquet largué. Nous évacuons".
Le corbillard fut détruit un peu plus tard par l´armée alors qu´il tentait de forcer un barrage.
Le cercueil abandonné s´entrouvrit légèrement, laissant voir une énorme main gantée de cuir noir, tandis qu´un murmure caverneux s´en échappa, en prononçant le mot STARS...
C´est à cette même heure que le Shadow quitta l´enceinte du motel avec sa moto. En arrivant sur la route, il évita de justesse un corps couché en travers du passage. C´était le corps du grand malade sur le trottoir, la veille. Il n´aura donc jamais fini sa nuit et restera là à se faire manger par les corbeaux jusqu´à ce que ce cher Monsieur Kennedy lui mette un pruneau dans le buffet...
La maison de Simons Street se trouvait en centre-ville. Ce n´était pas dur: il suffisait de rouler tout droit jusqu´au grand carrefour ( qui allait être définitivement bouché dans un spectaculaire carambolage deux jours plus tard ) et de prendre à droite. Ensuite on continue tout droit jusqu´au lycée de Raccoon City. La maison se trouvait juste à côté. C´était un bâtiment gris tout en longueur, avec sur la façade une simple annonce:
Appartements à louer.
C´était donc ça. Luc Redman était venu ici et avait loué un appartement. Puis il s´était rendu à la banque pour acheter un carnet de chèques. Comme il était étranger, il avait dû donner son adresse de Raccoon. Pour l´instant, c´était tellement facile que ça en devenait inquiétant: où sera le plaisir ?
Sur le côté rue du bâtiment se trouvaient six portes: l´une d´elles, la seule ayant un perron, était surmontée du nombre 1023. Les autres étaient numérotées de 1 à 5.
Luc Redman: appartement 4.
Shadow s´approcha prudemment et regarda par la fenêtre à-côté de la porte de l´appartement. Il faisait sombre à l´intérieur, il ne voyait rien.
Très bien...
Il commença alors à examiner le chambranle de la fenêtre. S´il ne trouvait pas ce qu´il cherchait, il allait devoir tailler la vitre, et ça ne lui plaisait pas.
Finalement, il trouva: il y avait un trou dans le chambranle, du diamètre d´une cigarette. Avec le temps, ce type de trou se forme. Là, il avait eu de la chance.
Il alla chercher son téléphone multifonctions et déplia l´antenne. Il glissa ensuite ladite antenne dans le trou. Elle y entrait entièrement, ce qui voulait dire que le bout de l´antenne dépassait à l´intérieur. Parfait.
Il alla dans le menu et fit défiler la liste des softwares. Il sélectionna le programme " Dolphin".
L´écran du téléphone devint vert quelques instants, puis des parasites apparurent. Cela voulait dire que le Dolphin travaillait.
Le Dolphin est un programme spécialement conçu pour ce téléphone. Quand on il est actif, le téléphone envoie depuis l´antenne des salves continues d´ultrasons de 500 mètres de portée que le programme convertit en images 3D temps réel. Cela permet à l´utilisateur non seulement de se renseigner sur la topographie des lieux mais en plus de savoir si des personnes se trouvent à l´intérieur.
D´après les images qu´il recevait, le Shadow savait deux choses:
1. L´appartement est constitué d´une grande pièce comprenant un petit vestibule, un petit couloir menant à la salle à manger et d´une kitchenette. Une porte s´ouvrait dans le petit couloir et une autre en face de l´entrée, au bout de la salle, près de la kitchenette.
2. Personne n´était dans la grande pièce.
C´était le moment d´entrer. Shadow sortit de son blouson le couteau suisse et choisit deux outils: deux aiguilles tordues. Il inséra les aiguilles dans la serrure et tourna une minuscule mollette qui se trouvait sur le manche du couteau. Il tourna jusqu´à ce qu´il entende un déclic. Il rangea son couteau, dégaina son sabre, ouvrit lentement la porte et s´aventura à l´intérieur...
27 Septembre 1998, 9h45, lycée de Raccoon City.
Cours de chimie. La classe de 2e B se trouvait depuis trois quarts d´heure dans un labo du 3e étage du bâtiment 1. Le lycée comptait 5 bâtiments: le bâtiment 1 se trouvait à gauche de l´entrée de Simons Street, autrement dit l´entrée principale. Il comprenait au rez-de-chaussée le hall, les salles des profs, les salles d´informatique, la salle de réunion et les bureaux des surveillants. Aux 1er et 2e étages, les salles de classe générale et au 3e étages, les laboratoires. Le bâtiment 2, plus petit, se trouvait à droite de l´entrée principale, et aucun élève n´osait l´approcher à moins de 10 mètres. C´était le repère du proviseur et de tout ce qui touchait aux tâches administratives. Le bâtiment 3 se trouvait en face de l´entrée principale, mais à l´autre bout de la cour. On y trouvait au rez-de-chaussée les salles d´étude, la bibliothèque, une salle de bar sans alcool et le grand réfectoire. Au 1er étage, l´infirmerie, la salle de musique et les chambres des internes. Les 2e et 3e étages étaient également occupés par les chambres des internes. L´entrée secondaire se trouvait entre les bâtiments 3 et 2. Elle débouchait sur une allée fermée d´un côté par les grilles du lycée et de l´autre par une palissade entourant la propriété du 1023, Simons Street. Derrière le bâtiments 3, on trouve un grand terrain de sport polyvalent pour le foot, le rugby et l´athlétisme. A gauche de ce terrain, le gymnase, ou bâtiment 4. Derrière le gymnase, un terrain goudronné pour jouer au handball ou au basket. Et à droite, le bâtiment 5, le bâtiment technique, aménagé comme une mini-usine pour former les futurs ingénieurs.
Mais pour le moment, Veronica et sa classe se trouvaient dans le labo quand un brouhaha insupportable se fit entendre depuis le couloir, un mélange de bruits de course et de hurlements paniqués. Quand le prof, furieux, ouvrit la porte, ce fut pour voir une cavalcade d´élèves et de sacs se bousculant vers l´escalier. Et quand le prof regarda dans la direction d´où venaient les élèves, la chose qu´il vit le terrorisa au point qu´il en oublia ses élèves et prit ses jambes à son coups.
Dans le labo, des murmures inquiets commencèrent à se faire entendre. Un des élèves, un type un peu simple du nom de Matt Buck, alla regarder dans le couloir et cria joyeusement:
" Venez voir, c´est Spider-Man ! "
Curieux, tous ses camarades se massèrent à la porte pour voir.
La chose avait l´anatomie d´un humain et se déplaçait au plafond en rampant comme une araignée. Mais elle ne portait pas le collant flashy bleu et rouge du superhéros. Elle était entièrement nue et sa peau pourrissante révélait en grande partie ses organes. Ses doigts étaient des griffes comme des lames de rasoir et de sa gueule s´échappait une longue langue de reptile.
Matt avait enfin compris ce que c´était et courut en hurlant, suivi de toute sa classe.
Mais dans la précipitation, Veronica trébucha et s´étala par terre. Personne, mis à part la " chose" n´avait remarqué. Et voyant cette proie à terre, le monstre se laissa tomber sur l´adolescente en poussant un hululement de raptor. Veronica voyait cette énorme main griffue s´approcher de son visage et fit ce qu´elle avait de mieux à faire: elle s´évanouit.
Quelques minutes plus tôt, appartement de Luc Redman.
Le Shadow referma la porte derrière lui. Dans l´obscurité quasi totale, le " petit système" se déclencha instantanément. De l´extérieur, vous n´auriez rien remarqué. Aucune lumière ne venait de lui. C´est à l´intérieur de son casque de moto que ça changeait. A travers l´écran noir du casque, Shadow voyait le monde en nuances de rouge avec une netteté parfaite. Ce dispositif expérimental venait directement de Séoul et lui avait coûté la bagatelle de 12.328$. Le portable, lui, avait coûté 118.749$. Bref, ce dispositif incorporé dans l´écran de son casque permettait de voir dans l´obscurité, de détecter des corps chauds, au-dessus de 30°C, donc des humains, qui apparaissaient sur l´image en surbrillance rose, et de voir des rayons infrarouges. Mais il avait quand même sa lampe de poche dans sa ceinture. Il ne faut jamais avoir totale confiance en la technologie. Il avançait prudemment, son sabre dans la main gauche et trois Shakens dans la main droite, jusqu´à la porte du couloir. Il ne détectait aucune chaleur derrière celle-ci. Il l´entrouvrit et se plaqua contre le mur. Aucun coup de feu, rien. Bien. Il entra donc rapidement dans la pièce, sur ses gardes, et vit qu´elle était vide. C´était une chambre à coucher banale. Une seconde porte dans la chambre menait à une salle de bain-WC également vide. Redman n´était pas là. Il rangea son sabre mais garda ses Shakens. Il commença à fouiller minutieusement. Il ne trouva rien qui pourrait l´aider, et le placard de la chambre contenait un cercueil vide. Charmant. Il revint dans la pièce principale et alla essayer la porte au bout de la salle à manger. Quand il l´ouvrit, un flot de lumière envahit la pièce et la vision nocturne se désactiva automatiquement. Il se trouvait dans une cour commune aux cinq logements, fermé par une palissade. Rien d´utile ici, donc. Il retraversa l´appartement et se retrouva dans la rue. Il alla frapper à la porte du propriétaire. Une grosse femme de 40 ans lui ouvrit.
" Madame, veuillez m´excuser, je recherche Luc Redman, il n´est pas ici ?
_ Redman ? Le N°4 ?
_ Oui.
_ Ben à cette heure-ci, il bosse.
_ Pardon ?
_ Vous n´avez pas l´air au courant, vous.
_ C´est-à-dire, Madame, je n´ai pas eu de ses nouvelles depuis longtemps.
_ Ah bon ! Et bien en fait il est arrivé ici en Août pour remplacer à la rentrée l´ancien surveillant principal du lycée.
_ Ah ? Qu´est-il arrivé à l´ancien ?
_ On l´a retrouvé mort pendant une randonnée en Juillet.
_ Je suis désolé.
_ Ne le soyez pas, vous ne pouviez pas savoir.
_ Bien, en tous cas, je vous remercie.
_ Mais dites-moi: vous n´enlevez jamais votre casque ?
_ Pour tout vous dire, j´ai eu un grave accident il y a de cela quelques années, et je suis défiguré. Je préfère ne pas me découvrir.
_ Ah. Et le sabre ?
_ C´est pour la frime.
_ Bien. Alors au revoir."
Défiguré. L´excuse qu´il employait à chaque fois et qui marchait toujours. Il ne pouvait évidemment pas leur dire la vérité.
" En fait, Madame, je suis un dangereux chasseur de prime et de ce fait je préfère garder l´anonymat. Il est évident que Mr. Redman n´est en rien un ami et que je suis payé 25.000.000$ pour sa tête. Bonne journée."
Il en rit dans son casque tellement il trouvait l´idée absurde. En chemin vers l´entrée du lycée, il vit un troupeau de jeunes qui s´enfuyait en hurlant dans la rue. Et en levant la tête, il vit ramper sur la façade d´un des bâtiments trois bestioles humanoïdes. Il décida donc de revenir vers sa Harley et de transvaser tout son matériel dans une seule sacoche pour la porter plus facilement. Puis il revint, sacoche à la main gauche et sabre à la main droite, vers le lycée et commença à réfléchir sur le meilleur moyen d´entrer sans se faire repérer par les monstres...
C´est trop gros, une sorte de super-heros megaéquipé, j´aime pas du tout ce style de personnage. Peut être que la suite permettra une meilleur immersion psychologique du personnage, du moins, je l´éspere. Et puis, " Shadow c´est un nom ringard" 
Oui, je sais, ça commence comme ça, mais plus tard, ça fera plus Resident Evil. Au début, c´est vrai qu´il y a pas de psychologie du perso, je voulais qu´on le voit " hermétique".
Du moins au début...
Vous êtes pas sympas avec snake, sur le forum de RE3 elle a bien avancé, et je la trouve super. C´est assez stylisé, et on est a un stad ou on découvre le visage du héro et sa vraie nature sympatique. Je pense que vous devriez l´encourage a continuer plutot, car ca vaut la peine ![]()