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Ambitions et conséquences.

Sky_Captain
Sky_Captain
Niveau 7
01 mars 2006 à 23:35:56

Ambitions et conséquences
Ecrit par x-1-alpha

Simon m´avait donné rendez-vous au coin d´une rue obscure. Sans un mot, il me poussa dans l´entrée d´un vieil immeuble de brique. Je montai à sa suite les marches vermoulues. Au quatrième étage, Simon frappa trois coups à une porte qu´il ouvrit avant d´y être invité.
Dans la pénombre de la pièce, je ne distinguai tout d´abord que le chat noir, roulé en boule au pied d´une table ronde. Un léger toussotement me fit sursauter.
Alors, je le decouvris, debout près de la fenêtre, enveloppé dans un grand peignoir de soie. Il avait toujours les mêmes cheveux blancs, les mêmes yeux bleux emplis de malice.
- Mais non, gémis-je.
C´était la première fois que je revoyais mon grand-père depuis qu´il était mort, onze mois plus tôt.
- Assieds-toi, me dit Simon en posant une main sur mon épaule. On va tout te raconter. (...)

Mon grand-père, s’il s’agissait bien de lui, m’observa un bref instant en souriant puis s’exprima.
- Je vois que tu as changé de couleur depuis la dernière fois qu’on s’est vu, Denis. Les cheveux bleus te vont bien.
Je ne répondis pas, le considérant avec attention. Le vieil homme perdit son sourire et n’attendit pas que je prenne la parole. Il me déballa tout quasiment d’une traite.
- Bon, autant tout te dire maintenant, le temps presse. Si j’ai disparu, c’est parce que ta grand-mère est soudainement devenue folle sans raison apparente ; elle a tenté de me tuer, mais j’ai pu m’enfuir à temps malgré une blessure qu’elle m’avait infligée ; un coup de couteau dans le dos. Je me suis rendu tant bien que mal chez un ami qui travaille dans le cybernétique, et après une longue opération, il a pu transférer en quelque sorte mes organes internes ainsi que ma conscience dans un cyborg qui était ma réplique parfaite… pour preuve, tu l’as devant toi.
Cependant, tout cela a pris du temps, et j’ai du me faire passer pour mort durant presque un an, et non je n’ai pas été porté disparu lors de l’attaque des rats mutant à New York comme on a pu te le dire, mais même ceux qui t’ont annoncé ça ignoraient et ignorent la vérité.
Je pensais que ces longs mois d’absence permettraient à l’histoire de se tasser, mais ils me sont tombés dessus peu après ma sortie.
Le vieil homme s’arrêta, il dut s’apercevoir que je n’avais absolument rien compris de ce qu’il venait de me raconter. Il poursuivit cependant son histoire.
- Je soupçonne qu’on veuille me tuer, Denis. J’ignore qui commande ces hommes, ils me traquent sans interruption, mais je pense avoir pu les semer pour un certain temps.
C’est eux qui sont responsables de la « folie » de ma femme, ils lui ont greffé une espèce de puce informatique qui contrôlait son comportement ; elle a donc essayé de m’assassiner et a bien failli réussir, mais avant que je m’échappe, je suis parvenu à la mettre à terre et c’est là que je l’ai remarquée accrochée sur sa nuque. Malheureusement, lorsque j’ai enlevé cette puce, ta grand-mère a immédiatement rendu l’âme. A la suite de ça, j’ai pu récupérer… ce dont j’avais besoin et je suis allé chez cet ami.
J’étais complètement ébahi par ce que je venais d’apprendre. La version que l’on m’avait donné lors de la mort de ma grand-mère était simple : Décédée lors de l’invasion mutante.
Son corps avait été parait-il si mutilé qu’il leur avait été impossible de me le montrer. Je comprenais mieux.
- C’est un complot, dit-il pour achever son récit.
J’étais interloqué qu’il termine ainsi. Rien de ce qui avait provoqué toute cette folie n’avait été abordé. Mais je comptais bien le savoir.
- Attends, je ne comprends pas tout là, qu’est ce que tu as pu faire pour qu’ils s’en prennent à toi et à Grand-mère ?
- Eh bien… commença-t-il, mais le chat couché près de la table leva brusquement la tête vers la fenêtre, ses poils se hérissèrent et il émit un grognement.
Mon grand-père n’eut pas le temps de comprendre quoi que ce soit que la vitre se brisa, laissant entrer une sorte de ninja ; il était cagoulé et tenait un sabre dans ses mains.
Sans attendre, en une fraction de seconde, la longue lame trancha l’air et coupa mon aïeul en deux. C’est là que je réalisais qu’il s’agissait vraiment d’un cyborg. Des étincelles jaillirent et la carcasse s’écroula sur le sol. J’étais figé et sous le choc face au ninja, celui-ci se tourna vers moi, puis Simon que j’avais totalement effacé de ma mémoire depuis mon arrivée me prit par le bras en criant :
- Attaque, Fragueur !
Après quoi il sortit une minuscule télécommande de sa poche et appuya sur l’unique bouton, qui eut pour effet de métamorphoser le chat en une panthère noire menaçante.
Je la vis bondir sur l’assassin mais je ne pus contempler le spectacle qui allait s’ensuivre, car Simon me fit sortir de l’appartement en toute hâte et nous commençâmes à dévaler les escaliers vermoulus tandis que l’homme criait.
Nous descendîmes un étage lorsque les marches se dérobèrent soudainement sous Simon. Il poussa un cri et tomba sur les marches d’en dessous. J’entendis un craquement fort déplaisant.
Je le rejoignis et m’accroupis près de lui ; il tenait sa jambe droite en poussant un gémissement de douleur. Il semblait souffrir terriblement mais eut le courage de me parler.
- Oh merde ! Denis écoute, il n’y a pas de temps à perdre, tu dois continuer sans moi ! Tiens, prends ce détecteur, il est très simple d’utilisation et te permettra de repérer la valise que notre grand-père a enterrée quelque part dans la forêt au Nord Est de la ville.
Je le pris dans mes mains et le rangeai rapidement dans ma veste. Il poursuivit :
- Il ne doit surtout pas tomber entre de mauvaises mains !
- Mais quoi ? Qu’est ce que c’est pour que vous risqu…
Il m’interrompit en hurlant :
- Dépêche toi, ils vont arriver d’une seconde à l’autre ! File d’ici maintenant !
- Mais tu es mon frère ! Je ne peux pas te laisser tomber comme ça !
- On s’en fout, ce n’est pas le moment d’y penser, on se reverra dès que possible ! dit-il en sortant un revolver de je ne sais où.
Je compris que je ne parviendrais pas à le décider et le quittai donc. Je dévalai les dernières marches jusqu’au rez-de-chaussée et ouvris la porte d’entrée de l’immeuble pour me retrouver dehors. Je fis quelques pas dans la rue complètement déserte et enveloppée par la nuit. Je vis un hovercraft de voirie passer tout près de moi, le conducteur qui ne me remarqua même pas était le seul signe de vie ici.

Je rejoignis très vite la sortie de la ville au Nord Est, en rencontrant bien peu d’automobilistes.
La voie était libre, et je quittai la route qui se perdait au loin pour avancer sur l’herbe jusqu’aux nouvelles pousses d’arbres plantées récemment, témoignant de la tentative de reforestation de cette région polluée par les cheminées des usines.
Je ne perdis pas de temps et m’engouffrai dans la forêt humide jonchée de détritus délaissés ça et là.
Après une minute de marche, j’eus même la surprise de tomber nez à nez avec la carcasse d’une vieille voiture rongée par la rouille : c’était un vieux modèle à roues d’une marque européenne.
Je fis quelques pas et me souvins de la raison qui m’avait poussé à venir ici. Je pris le détecteur de ma poche et le branchai. Il émit aussitôt un signal sonore, et je vis s’afficher une fenêtre indiquant que je n’étais pas loin de la valise.
Je pressais le pas et arrivai jusqu’à elle. Tout du moins d’après le signal.
Elle était bien évidemment enterrée ici et je devais creuser pour la trouver.
Je m’emparai d’une pierre aiguisée et plate qui se trouvait tout près et creusai le sol d’une facilité déconcertante. Les pluies étaient fréquentes et la terre toujours humide.
Je n’eus pas de mal à la sortir de terre.
Maintenant que j’avais cette petite malle devant moi, je me demandais pourquoi ils avaient fait appel à moi si elle était si simple à récupérer…
Un bref examen me permit de constater que seul un gros cadenas interdisait l’ouverture. Je l’examinai et je compris qu’il s’agissait d’un modèle quasiment indestructible.
- Génial, me voilà bien avancé maintenant, pensai-je à haute voix.
Lorsqu’une idée me vint subitement. C’était sans doute mon grand père qui avait fait faire ce cadenas. Se pouvait-il donc… Je fouillai prestement mes poches et en sortis mon porte-clés.
J’essayai la clé de ma maison, mais elle refusa d’entrer, en revanche, la clé de ma boite aux lettres eut bien plus de succès. J’entendis le déclic significatif de la réussite.
J’ouvris la valise. Elle contenait quelques documents à l’intérieur, plus un mini CD informatique, et chose étrange, une sorte d’objet bizarre de forme pyramidale.
Qu’est-ce que cela pouvait avoir de si important ? Je me le demandais bien.
Je lus un document qui m’en apprit un peu sur cet objet. Cette pyramide nommée Kheops avait un pouvoir dont n’importe qui pouvait rêver : Donner un pouvoir total sur toutes les entités visées. Il était aussi mentionné que cet objet avait été découvert après le crash d’un engin spatial, et qu’il était d’origine extraterrestre.
Tout en bas, le nom de mon grand-père était mentionné ; il avait été chef du projet d’études de Kheops.
Ainsi, tout s’expliquait. Voilà pourquoi on lui voulait au point de le tuer. Mais pourquoi avoir fait appel à moi ? Je l’ignorais. Je préférais ne pas m’attarder ici, et pris soin d’emmener Kheops avec moi.
Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque, en sortant des bois, je vis mon frère debout près d’une voiture, il m’attendait, accompagné de deux hommes. Des hommes ninjas, eux aussi.
- Denis, donne moi ce que tu détiens, dit-il d’une voix calme.
Je réalisais qu’il ne semblait plus blessé et n’eu pas de mal à saisir que je venais de me faire manipuler.
- Pourquoi te le donnerais-je ? rétorquais-je. Ne me dois tu pas quelques explications, frangin ?
Simon souffla longuement, mais prit le temps de m’expliquer ou tout du moins de me raconter sa propre version.
- Notre grand-père était devenu fou depuis qu’on l’avait mis à la tête du projet d’étude, cela fait maintenant deux ans. Ses intentions n’étaient ni plus ni moins que de gouverner le monde… tu te rends compte jusqu’où ce truc l’a mené ? Je ne sais pas s’il était aussi ambitieux avant, mais Kheops lui a fait voir en grand. En trop grand. Nous devions le neutraliser par tous les moyens possibles. Et s’il a fait appel à toi, c’est parce qu’il n’avait plus confiance en personne, pas même en moi. Pendant toute l’année il t’a observé afin de voir si tu n’étais pas l’un de ses ennemis, et comprenant qu’il pouvait t’accorder sa confiance, il a fait en sorte que tu sois le seul à pouvoir te servir du détecteur grâce à quelques bidouillages. Codes génétiques et empreintes, entre autres. Ainsi que la clé du cadenas, mais ça, je vois que tu as deviné par toi-même.
Pour te faire marcher, on a du tout mettre en scène, et le vieux nous a aidé sans le vouloir en voulant te retrouver. Une véritable aubaine non ? Après, il m’a juste suffi de simuler la fracture dans l’escalier, et je n’avais plus qu’à t’attendre. Je sais que tu n’aurais jamais abandonné ton frère.
- Mais pourquoi ne pas t’être emparé de Kheops lorsqu’il était encore temps ?
- Nous ignorions jusqu’à l’an dernier les véritables pouvoirs de cette pyramide, et lorsque nous l’avons su, c’était trop tard ; il a éliminé toute l’équipe scientifique qui travaillait avec lui et a tenté de partir, mais on a pu le retarder un bon moment. C’est lorsqu’il est rentré chez lui pour avertir sa femme que cela a dégénéré pour lui.
J’étais dégoûté, il m’avouait pratiquement le décès volontaire de grand-mère.
- Bon, et que comptez-vous faire de ce truc maintenant ?
- Le mettre en sécurité évidemment, je ne suis pas fou.
Je le dévisageai un instant et lui dis ce que je pensais sous l’effet de la colère.
- J’ai franchement du mal à te reconnaître, tu as fait assassiner notre grand-mère, et maintenant notre grand-père, c’est…
Il m’interrompit en levant la main.
- Non, grand-père n’était qu’une vulgaire coquille vide sans âme, tu n’auras pas à le regretter, crois moi.
- Ca ne change rien pour moi. Quant à Kheops, je doute que vous vous contentiez de le garder bien au chaud dans une boîte jusqu’à la fin des temps.
- Je vais te dire ce que nous…
- Non ! le coupai-je. Je crois que j’ai le moyen de tout savoir moi-même.
Il me lança un regard empli d’éclairs lorsque je saisis Kheops dans mes mains.
J’ordonnai à haute voix en touchant la pyramide que mon frère me dise toute la vérité sur ses intentions mais il n’y eut aucun d’effet et celui-ci ordonna à ses deux chiens de garde de m’attraper. Ils se précipitèrent sur moi mais j’eus le temps de donner l’ordre aux hommes d’arrêter tout mouvement, mais par la pensée cette fois-ci.
L’effet fut concluant ; les deux ninja stoppèrent net leur progression.
- Merde ! jura mon frère.
- Eh oui, désolé mais je ne me laisserais pas avoir facilement, dis-je. Bon, je vais bien connaître tes intentions à présent.
Je fis donc la demande par la pensée, et il m’exposa tout d’une voix mécanique.

- Tu es complètement fou bon sang ! dis-je hors de moi.
Il venait de terminer son récit et j’étais complètement retourné, complètement choqué par ce que je venais d’entendre.
Mon frère ne faisait pas le moindre mouvement, j’imaginais qu’il était sous mes ordres tout comme les deux hommes.
Je repensais un instant à ce qu’il venait de dire concernant son triste projet. C’était tout simplement ignoble. Simplement pour sauvegarder la planète, au prix de la vie de milliards d’êtres humains.
- Tu es pathétique frérot, je pense que je vais te laisser vivre, mais j’aurais besoin de quelques temps pour décider de ce que je vais faire de cette chose. Avec moi au moins, personne ne risque rien, je ne projetterais pas d’éliminer tous les humains que tu prétends inutiles pour le profit de quelques milliers de riches.
Sans attendre plus longtemps, je m’enfuis à la hâte ; peu importait la direction que je prenais, je voulais m’isoler et réfléchir longuement.

4 ans plus tard. Liberty Island.

Sirotant mon verre, allongé sur ma chaise longue, je regardais la mer. Les vagues étaient régulières aujourd’hui et les mouettes volaient au dessus de l’île. Elles se posaient sur la Dame de temps à autre, mais cela ne la gênait assurément en rien. Je vidai mon verre de ses dernières gouttes et appelai le serveur pour qu’il me serve une autre coupe. J’étais assoiffé. En attendant, je pris mes jumelles posées sur la table basse et observais à l’horizon. La côte New Yorkaise. Les Liberty Towers étaient fièrement élevées dans le ciel, mais ce n’était pas cela qui m’intéressait. Mon regard se porta un peu plus vers l’ouest.
La pyramide avançait bien, pas de doute. Je pouvais presque voir les milliers de travailleurs tirer les blocs de pierre comme à l’époque des Pharaons pour construire ma nouvelle demeure. Pour l’éternité.
On prévoyait la fin des travaux d’ici les trois prochaines années.
Les riches avaient-ils toujours aimé le luxe ? Avaient-ils toujours aimé les grandes choses ? Dans ce cas, ils étaient servis.
- Voici votre verre, monsieur.
Le serveur me tendit le plateau et je pris le verre dans ma main. Je dévisageai l’homme avant qu’il ne rentre de nouveau à l’intérieur.
- Merci bien Simon.

Notes :
Des précisions s´imposent, je vais faire court.
Cet texte est né à partir d´un incipit (le premier paragraphe) proposé par un auteur pour un concour de nouvelle, voila tout simplement ce que j´ai pondu malgré moi, mais le longueur limite du texte m´a sacrément rebuté, j´avais plein de choses a dire et j´ai du couper de gros morceaux. J´aime point cette version, mais c´est la seule que j´ai gardé, soit celle que j´avais envoyé. See-ya.

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
02 mars 2006 à 19:04:14

Assez original en effet.
Cependant, je trouve que le rendu d´atmosphère est peu satisfaisant. Les actions s´enchainent ne nous laissant pas nous imprégner de l´ambiance des personnages.
Menfin, c´est écrit il y a un an, hein.

Sky_Captain
Sky_Captain
Niveau 7
03 mars 2006 à 12:15:55

Bah ouaip, mais justement j´ai pas pu faire grand chose en raison de la limite de pages qui etait de 4 maximum... comme on peut le constater dans la nouvelle, les informations arrivent a la pelle et ca donne un resultat plus bordelique qu´autre chose.

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