Argh! Hobbit je vais te tuer! Sache que je tremble en écrivant ce message, espece de tortionnaire dégénéré!
Bref, salut à tous. "J´ai" décidé de poster ici une petite nouvelle de ma composition (logique en même temps). En esperant ne pas trop me faire descendre, bonne lecture!
ps: non, je n´ai pas peur de recevoir des comentaires "négatifs" mais...un peu quand même
Il est seul, en plein centre de cette clairière. Seul peut-être mais loin d’être sans défense. Ses bois immenses sont une menace permanente. Un coup de ceux-ci pourrait tuer n’importe quel animal. Son pelage est brun foncé, presque noir. C’est déjà l’automne et il n’est pas encore partis. Il broute, relève de temps à autres la tête pour surveiller les environs, prêt à fuir à la moindre alerte. Vigilance constante. Une proie difficile. Mais je n’ai rien trouvé d’autre. Et j’ai faim. Moi, je ne pars pas, alors je dois me préparer à passer l’hiver. Faire mes réserves. Je dois faire attention, très attention. Pas de mouvement brusque, pas de bruit, rien qui pourrait l’alerter. J’avance contre le vent, pas à pas, le ventre collé au sol, tous les sens en éveil. Encore quelques mètres et je pourrais lancer la course qui lui sera fatale. Il n’aura pas le temps de réagir que je lui aurais saisi le cou, le vidant de son sang, le vidant de sa vie. Oui, mais pas tout de suite. Il faut avancer encore un peu, juste un peu. Soudain, un craquement sec résonne dans la forêt. Il a entendu lui aussi, et a fui sans se faire prier. Je me relève, mais il est trop tard pour le poursuivre. Et ce bruit m’intrigue. Ce pourrait n’être qu’un animal, mais non ! Voilà que ça recommence ! Je ne sais pas, ou plutôt je ne sens pas, ce qui fait ce bruit. C’est contre le vent. Ah c’est trop bête ! Je vais voir. Et voilà que je me mets à courir, moi, vers l’inconnu et au beau milieu de la nuit qui puis est. On aura tout vu !
J’y arrive enfin. Là devant moi, une lumière tremblotante. Mais vive. Un feu. Et s’il y a un feu, cela signifie forcément… Oui, je le vois, de l’autre coté. Ma curiosité me perdra ! Un vertical ! Je suis juste en face de lui. Je ne suis pas caché à sa vue et n’essai pas de l’être. Et malgré ça, il ne m’a pas vu.
-Qu’est ce que… ?
Ou peut être que si.
-Qui est là ?
Qui est là ? Mais c’est moi mon vieux ! Moi, Taho. Taho du nom que m’ont donné tes semblables. Et oui, je suis connu par ici, moi. Taho le vil, qui tue les moutons par dizaines, que dis-je ? Par centaines ! Taho le monstre, qui dévore les enfants, et parfois même les parents s’ils se montrent trop attachés à leur progéniture. Quelle imagination, s’il vous plait !
Et sais tu ce que signifie mon nom, Taho, dans ta langue ? Démon. Voilà, je suis le démon noir. Parce que, vois tu, je suis noir, étrange non ? Mais je suis aussi Taho le solitaire. Taho qui a été chassé de sa meute, sans doute parce qu’il faisait de l’ombre au dominant, mais qui préfère maintenant se débrouiller seul. Tant bien que mal. Enfin ça, c’est moi qui le dis !
Mouais, à voir ton regard vide, j’en conclus que je dois pas vraiment t’intéresser. Tiens, ça y est, tu m’as vu ! J’ai grogné, vraiment ? Désolé, ça a du m’échapper. Bah, qu’est ce qu’il t’arrive, tu as peur ? Et qu’est ce que tu cherches, comme ça ? Un bout de bois, pour te faire une torche ? T’as pas encore assez de lumière ? Eh ! Fais gaffe avec ça, c’est dangereux ! Ma parole, c’est qu’il me menace, le bougre ! Mes poils se hérissent. Je fléchis les pattes, baisse la têtes et la queue d’un air inquiétant. Je retrousse mes babines sur des crocs assez impressionnants et me met à grogner, sans retenue cette fois. En général, ça leur fait peur. Mais celui-là à l’air un peu plus coriace : il hésite mais continu d’avancer vers moi, tenant son brandon enflammé à bout de bras et faisant de grands moulinets. Si tu veux jouer à ça, on va être deux ! Je m’avance à mon tour, dans la même attitude menaçante. Et une fois arrivé tout prêt, j’aboie. Cette fois il recule. Il pu la peur à pleine truffe. Aller, la touche finale : un bon gros hurlement.
Ah regardez-le détaler ! On croirait qu’il a le diable à ses trousses. Mais non ! Juste un démon, un démon noir. Oui, je n’ai pas pu m’empêcher de le poursuivre, histoire d’être sûr qu’il sorte de ma forêt. Ca y est, on arrive à la limite des arbres. Je te laisse ici. Et il continu à courir dans la rase campagne ! Il va sûrement retrouver les siens. Je me demande ce qu’il va bien pouvoir leur raconter. Quel sera mon nouveau nom ? Taho le terrible qui agresse les voyageurs sans défense ? Ou Taho le sauvage, qui chasse les verticaux comme des lapins ? Quoique un lapin est plus difficile à attraper qu’un vertical. Bah, qu’importe, pour moi ça ne change rien. Oui, enfin, a part que cet idiot m’a fait raté ma chasse. Et le jour va se lever, trop tard pour chercher une nouvelle proie.
J’ai plus qu’à rentrer me coucher…
* * *
-Il était terrible ! ‘L’avait des crocs énormes, et des griffes qu’auraient pu m’déchirer l’ventre sans problème. ‘L’avait aussi les poils noirs et les yeux du Démon. Mais j’ai pas perdu mon sang-froid, ça non ! J’me suis approché d’lui, armé qu’d’un bâton. J’lui ai flanqué un coup qu’aurait assommé un bon sanglier. J’peux vous dire qu’il a pas fait long feu. ‘L’a déguerpi sans d’mander son reste.
J’éclate de rire, imité en cela par les autres clients de l’auberge du « Grand Loup ». Je me lève et m’approche de ce jeune voyageur sans cervelle. Il a l’air impressionné. P’tet à cause de mon allure, il parait que j’ai un air de bandit avec ma barbe de trois jours et mes cheveux en bataille.
-J’vais t’dire mon gars, si t’avais vraiment essayer d’frapper l’Taho, tu s’rais pas là pour t’en vanter.
-T’insinues que j’mens ?
-Non gars, j’insinue rien du tout. Je dis. Parce que nous, on le connaît bien ton loup, et j’peux t’dire qu’personne a jamais réussi à l’descendre. Alors c’est pas un p’tit gringalet comme toi qui va l’avoir frappé ! J’vais te dire c’que je pense, moi. Moi j’pense que t’as ben rencontré le Noir, mais qu’c’est toi qu’a déguerpi vite fait, pas lui.
Nouvelle crise de rire dans la petite salle. Je me lève et vais chercher mon fusil. Cette fois, Taho est allé trop loin. J’ai renoncé à le tuer depuis bien longtemps, et ce loup s’est tenu tranquille. Mais attaquer un voyageur, même s’il ne lui a pas fait de mal, c’est une véritable déclaration de guerre. Je ne peux pas laisse passer ça. Question d’honneur. On ne joue pas à ce petit jeu avec un chasseur, et encore moins si ce chasseur et moi ne faisons qu’un. ‘Fin bref, mon arme est vérifiée, chargée, plus qu’à sortir et à trouver ce loup. Avant de lui loger une balle dans la tête. Bien, c’est ce que je fais, je sors, suivi par une bonne partie des occupants de l’auberge. Ils ont compris où je voulais en venir. Ils sont pas aussi bêtes qu’ils en ont l’air. Enfin, Ils peuvent bien tous le chercher, ils ne l’auront pas. C’est moi qui l’aurais. Ca prendra le temps qu’il faudra mais c’est moi qui l’aurais. Moi et personne d’autre.
***
Ca fait des jours qu’ils me traquent. Ils fouillent ma forêt dans tous les sens. Pourquoi ? c’est à cause du vertical de la dernière fois ? Sans doute. J’aurais du me méfier. Oui, ma curiosité me perdra. Mais c’est pas le moment de regretter et de pleurer sur mon sort, il y en a un juste derrière moi. Tout prêt. C’est sûrement pas un professionnel, il n’a même pas penser à se mettre contre le vent. Les verticaux peuvent être d’une de ces stupidités des fois ! Souvent même. Mais il se rapproche quand même, il a un cheval. Je dois fuir. Fuir pour sauver ma peau. Alors je fui. Le prédateur est devenu proie, le chasseur, chassé. Je cours, je cours sans m’arrêter, sautant par-dessus troncs et rochers, zigzaguant entre les arbre gigantesques. Il ne m’aura pas, pas lui ! Je ne me laisserais pas tuer par un novice incapable de différencier une chasse d’une promenade en forêt. Si je meurs, ce sera face à un homme de valeur, un homme qui n’entachera pas mon honneur, qui ne mentira pas, qui ne déformera pas la réalité. Non ce ne sera pas lui. Ce sera l’autre. Quel idiot ! Le démon est tombé dans un piège grossier, tout ça parce qu’il pense au lieu de courir. Lui m’aura. Lui qui tiens son fusil à quelques centimètres à peine de ma tête. Plus qu’une pression, un tir, une détonation. Et ce sera la mort.
***
Je n’ai pas cessé de le traquer depuis ce fameux jour où ce jeune homme a débarqué à l’auberge du Grand Loup. Nom qui lui vient justement de toi, Taho. Combien de fois t’ais-je chercher, Démon ? Et combien de fois m’as-tu trouver, toi, alors que je ne pouvais que te regarder ? Mais cette fois est la dernière. Parce que cette fois, je suis prêt. Je ne te reconnais pas, mon loup. Tu t’es littéralement jeté sur moi, comme un louveteau sans aucune expérience. Pourquoi ? C’est à cause des autres, hein ? C’est l’un d’eux qui t’as lancé vers moi ?O ui, c’est ça, je le vois dans tes grands yeux jaunes. On croirait presque que c’est un piège. Mais ce n’est pas le cas. Ca n’est du qu’au hasard et à la chance. A la chance… Et maintenant je vais t’avoir. Oui, je vais t’avoir. Tu le sais aussi bien que moi. Et pourtant, je ne vois ni crainte, ni tristesse dans tes yeux. Juste ton éternel fierté. Mais vois-tu, je tiens mon fusil à quelques centimètres à peine de ta tête. Il ne me reste qu’à tirer. Et ce sera la mort.