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Element subversif

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
19 février 2006 à 22:52:14

Thomas restait assis avec le crâne collé contre la vitre. Le métro allait à un bon rythme et il était presque arrivé à la bonne station. Le visage, inexpressif et fatigué, frottait contre la paroi à la cadence des vibrations de la rame et il pensait à sa journée harassante de travail. Thomas se leva et sortit du métro. Il marchait tranquillement, le sourire attaché sur sa face, et gravit l’escalier final promptement.

Dans la gare routière, quasiment déserte, il s’installa sur un banc métallique en face d’une dame. Elle lisait le journal, puis jeta un regard à Thomas. Son doux visage était rempli de joie et elle ne masquait pas son plaisir. La même expression béate se dessina sur la tête de Thomas.

Le bus venait d’arriver, il grimpa à l’intérieur, montra sa carte de transport, au conducteur qui semblait être très satisfait, et s’installa dans une des places au fond de l’engin.

Thomas regarda les pavillons, se ressemblant pratiquement tous, défiler devant ses yeux curieux. L’autocar s’arrêta à l’arrêt douze, situé à cent cinquante mètre de l’habitation de Thomas.

Le grand blond remercia, salua le chauffeur puis abandonna la machine. Le vent soufflait un air qui secouait les arbres et faisait tomber les feuilles. Thomas arriva devant son pavillon, marcha jusqu’au pas de la porte puis sonna. Sa femme vînt lui ouvrir, le visage joyeux lui sauta dans les bras et l’embrassa. Il rejoignit ensuite ses enfants devant la télévision. Thomas envoya sa marmaille travailler et se mit à regarder le poste avec intérêt.

L’émission diffusée sur la douzième chaîne était ridicule et inintéressante. Thomas le pensait et détestait, la, ce genre de programmes abrutissants. La présence lumineuse le fascinait, cette petite boite avait un pouvoir immense. Il avait pensé à zapper ou à stopper l’engin. Les pupilles dilatées, Thomas demeurait fixe sur le canapé usé en cuir. Il continuait de regarder l’émission avec un visage calme et empli de béatitude.

Sa femme s’installa à côté de lui, prit deux verres et servit un apéritif. Le mélange était infâme, mais ils souriaient quand même. L’émission paraissait intéressante aux yeux de Thomas et il ne voulait plus arrêter la télévision.

Le temps s’écoulait au rythme des flux lumineux et des sons divers animant le flamboiement télévisuel. La soirée se passa comme d’habitude, un repas, encore des programmes sur le poste puis le couché.

Les jours suivant se déroulèrent de la même façon, jusqu’à un lundi. Thomas ce jour la, s’était dit que ce serait intéressant de noter ses pensées sur un petit calepin. Cette idée l’angoissait un peu quand même, car il était mal vu d’écrire. Cependant, il était très discret et adorait braver les interdits. Le soir même il acheta l’objet et le cacha dans sa veste.

Jeudi, dix neuf heures, Thomas était dans son bureau assis et fatigué. Il prit son carnet et nota ses pensées. « Je suis épuisé, je rentre tout de suite à la maison. Je ne supporterais pas de faire du travail supplémentaire. Jeudi, 19h. »

La photo de sa femme et de ses enfants trônait à la droite de son pupitre. Il l’observait un long instant, puis fut coupé par l’arrivée de son supérieur hiérarchique. Boris, toujours bien habillé et assez nerveux, pria à Thomas de rester deux heures en plus. Tout deux se fixèrent des yeux sans bouger. Des sourires naquirent des lèvres de chacun. Boris repartit avec grand fracas et Thomas redoubla d’efforts dans sa tâche.

Il quitta l’immeuble de bureau vers vingt et une heures et s’installa laborieusement dans le métro. Thomas, le crâne collé contre la vitre, laissait son esprit divagué. Il se saisit de son calepin et fut surpris. Thomas venait de sortir du bureau content mais il lisait qu’il voulait partir à dix neuf heures. Et il était bien vingt et une heures passées. Thomas restait perplexe et cherchait à comprendre. Non, il n’avait pas écrit n’importe quoi mais cela ne correspondait pas à ses pensées.

Intrigué et perdu, il se concentrait sur son carnet. Thomas posa son stylo sur une page blanche. « Première loi : tout ce qui est écrit sur ce papier l’a été pensé par moi-même. » Il appuya son menton sur sa main gauche et balaya du regard la rame. Le bic grattait nerveusement le papier. « Deuxième loi : Ces écrits ne peuvent pas être remis en cause. ». Un quidam passa à coté de lui et Thomas glissa dans une poche son calepin.

Il se lève et sort du métro. Machinalement, il gravit l’escalier et entre dans son bus. Thomas guette autour de lui, et tout excité se remit à écrire. « Troisième loi : le calepin ne doit être montré à personne. »

Arrivé au bon arrêt, il rangea définitivement son carnet pour la soirée.

Un mois après avoir fait le choix, du « calepin », il en fit un bilan. Presque à chaque pensée ou volonté notée, la suite des événements allaient contre cela et avec son approbation. Thomas n’avait pas noté de changement d’avis ou de comportement dont il eu conscience. Il se demandait alors si le problème venait de lui.

Trois jours plus tard, bien que sa femme le trouvait bizarre et stressé, Thomas venait de trouver une nouvelle idée. Il allait faire de même pour sa tendre épouse mais sans le lui dire. La tâche fut difficile, car il ne fallait pas qu’elle remarque le procédé. Le second problème, était que entre différentes modifications de volonté ou de sentiment, le laps de temps se révélait être court.

Deux mois s’étaient écoulés, il venait de choisir d’appliquer le procédé à un ami et bien sur sans lui dire.

Thomas, seul dans la chambre un mardi soir, examinait tout ses carnets. Il en faisait une synthèse et regardait les « lois ».

« Première loi : tout ce qui est écrit sur ce papier l’a été pensé par moi-même. »

« Deuxième loi : Ces écrits ne peuvent pas être remis en cause. »

« Troisième loi : le calepin ne doit être montré à personne. »

Il les connaissait par cœur et se les répétait comme une litanie religieuse en secouant sa tête. Thomas venait de rédiger les conclusions. Il avait relevé un problème qui n’était pas personnel. Le principe était que chacun ne respectait pas ses volontés ou pensées et allait même contre d’un coup. Thomas cherchait une logique à tout cela, mais ça lui échappait. Des comportements massifs si irrationnels… Sa vie reprit un cours normal.

Ce samedi matin, Thomas eut une idée. Deux mois après ses conclusions, il avait trouvé un nouveau terrain à explorer. Les carnets étaient déballés et étalés sur une table. Le stylo s’affolait sur une grande feuille et Thomas regardait chaque page de chaque calepin avec attention. Après plusieurs heures de travail solitaire acharnées, il allait compiler les résultats. Les changements de pensées se faisaient avec un unique dénominateur commun, la stabilité. Ces modifications garantissaient la stabilité de ce monde. Plus précisément, elles permettaient aux couples de ne plus être en crise, de gérer les débordements de la jeunesse, de restreindre la réflexion des masses, d’augmenter la productivité en rendant les employés dociles… Tout cela sans que personne n’en s’apercevait pas. Bizarre et dément.

Thomas venait d’aller dans la salle de bain. Il s’inspectait le visage des yeux et jeta de l’eau froide contre sa peau grasse. Il rouvrit les yeux et se demanda s’il était normal mentalement. S’il ne devenait pas fou, paranoïaque…

Les semaines suivantes furent parfaitement normales. Puis il se questionna sur la manière dont les gens étaient influencés.

Thomas inspecta tout les engins de la maison et se mit à récupérer en cachette des ouvrages scientifiques. Il travailla très dur sur cette littérature.

Cinq mois après avoir commencer à étudier les sciences, il mit au point un plan afin d’éclaircir quelques zones d’ombres. Thomas se dirigea vers l’hôpital le plus proche avec des outils. Il pénétra à l’intérieur et se dirigea vers le service radio. Thomas se faufila à côté d’un appareil et verrouilla les issues. Il s’exécuta vite et débuta son travail.

En premier lieu, grâce à l’engin, il s’examina la boite crânienne et son contenu. La radio obtenue était parfaitement normale.

Il débuta la deuxième phase de son opération. La boite à outils ouverte, la machine commençait à être démonté.

On frappa à la porte et il répondit qu’il réparait l’appareil pour le mettre aux nouvelles normes. Thomas était angoissé et accéléra. Il trouva enfin un module bizarre. On ne pouvait pas l’ouvrir, les parois étaient blindées. Il retira la partie inconnue et rebrancha l’appareil. Il se fit une radio du crâne.

Tremblant et couvert par la transpiration, il alla voir à la fin le moniteur de contrôle pour voir le résultat. L’écran affichait sa boite crânienne avec une boule tentaculaire noire dans son cerveau. On frappa à la porte, c’était la sécurité et la police…

supreme2
supreme2
Niveau 10
20 février 2006 à 21:00:03

Hmm j´ai lu et j´approuve bien que je ne suis pas certain d´avoir compris la fin/chute ?

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
26 mars 2006 à 17:13:49

up

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
30 avril 2006 à 21:40:51

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Elnanar
Elnanar
Niveau 8
04 juin 2006 à 19:56:02

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Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
05 juin 2006 à 01:10:31

J´ai pas lu en entier, le texte est bancal, il manque de fluidité.

Elnanar
Elnanar
Niveau 8
10 août 2006 à 22:13:46

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Elnanar
Elnanar
Niveau 8
16 septembre 2006 à 15:33:11

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