Je ne laisserai peut etre pas ce topic longtemps. C´est juste pour recueillir quelques avis. J´ai écris le texte qui suit pour un exercice d´écriture avec puor thème "flamme". Bonne lecture et merci pour vos commentaires.
Tout feu
J’en ressens la chaleur sur mon visage fin et le vent le tourmente. Il s’élève face à moi et se tortille à la cadence des rafales fraîches. La sève du chêne s’évapore et le bois chante sa propre mort au contact des flammes. Le granit est froid dans cette nuit naissante de printemps et je glisse dessus pour m’approcher du flamboiement. Ces grandes dames effilées s’arquent éperdument au dessus des braises rougeoyantes et vociférantes.
Le Soleil, mourrant, distille ses larmes de sang à travers les hautes herbes, désormais orangées. Par delà les arbres bourgeonnants, la lune projette sa lueur fantomatique blanchâtre sur les branches dépéries. Je reste intrigué et contemplateur face à ce kaléidoscope truculent. La mélodie de l’embrassement est accompagnée par des cris mystérieux de bêtes nocturnes. J’aperçois une chauve souris se glisser entre deux brises à la cime d’un vieux noyer noueux. Un hibou reste impassible sur un épais rameau d’un hêtre tordu. Je me retourne et entrevois quelques rongeurs fourmillant dans le champ.
Le feu du ciel s’éteint et les étoiles deviennent uniques maîtresses de la voûte céleste orpheline de l’astre solaire. Mes pieds foulent le sol sec et je m’installe à quelques pas du bûcher. Les flammes rutilantes surgissent avec vigueur et grandissent avec beauté. Ma peau devient rubescente et la fraîcheur nocturne m’a quitté.
Soudain, des bruits de plantes asséchées écrasées, atteignent mes oreilles. Un renard curieux s’approche du feu et me considère malicieusement. Mon crâne empourpré fixe l’animal au pelage roux. J’attrape une branche abandonnée et la plonge dans les enfers un court instant. Elle en ressort animée d’une flammèche, fébrile et fluette. La bête intrépide me quitte et repart dans la foret à pas de loup.
Le feu croit de plus bel et mes sens paraissent se séparer de mon enveloppe physique. Elle s’approche de moi et danse au gré des vents. Le froid n’ankylose pas son ardeur et sa vivacité. J’ai l’impression qu’elle va m’effleurer, puis me toucher. Cette pensée me fait peur et tressaillir. Le feu d’un regard me parait fou. Je ne voulais pas m’y brûler mais je crois qu’il est trop tard. La chaleur emporte mon esprit pour un long voyage. Mes prunelles noisette regardent une dernière fois une bluette s’effilant avec les bourrasques.
Elle m’enflamme et je me couche dans la prairie fauve. Mes yeux se ferment doucement et je vois une étincelle naître dans cette fournaise. Je suis tout feu tout flamme et mon cœur brûle.