Chapitre 1
Dring….
Dring….
Il est deux heures du matin. Qui peut appeler à une heure pareille ?
Dring…
Dring…
Bon sang, faîtes que cette sonnerie cesse !
Dring…
Dring…
Je ne peux compter sur mes parents pour aller décrocher, ils sont trop loin pour entendre ce maudit téléphone.
Quand à mes frères, ils ne bougeront pas.
Dring…
Dring…
C’est encore moi qui m’y colle. Je commence mal la journée ; je suis déjà de mauvaise humeur..
Dring…
Dring…
Je traîne les pieds. Aucune envie de répondre. Une blague, ça doit être une blague….
Je décroche. Oh oui, je vais l’engueuler celui qui s’est permis de m’emmerder en plein sommeil...
-« tous morts. »
Je reste béat, je n’ai rien eu le temps de dire, une voix grave m’a coupée.
Toujours une blague ? Je restai figée avec le combiné dans la main ne sachant que faire.
Prévenir les parents. Je ne suis pas rassurée du tout.
Courir ça vaut mieux. Il faut les prévenir au plus vite.
Trop tard, je reste interdite. Les murs blancs ont laissé leur couleur pure pour une autre plus sanglante. Les draps en regorgent et dessus, mes parents à moitié égorgés. Je ne peux plus rien pour eux. Impuissante, je suis impuissante.
Le sang est frais.
Le tueur est encore dans la maison. Cette idée me traverse comme un flash. Je suis à présent guidée par l’instinct de survie. Je goûte à la peur, la vraie, celle qui ne vous rend plus maître de vos mouvements.
Je suis dos au mur, la main sur la bouche. J’attend de savoir si ma nuit se transforme en cauchemar ou s’il s’agit de ma vie. La réponse ne vient pas. Courir c’est encore une fois ce qui me vient à l’esprit et je hurle, je hurle le nom de mon frère aîné.
Je retraverse le couloir, le hall. Je grimpe l’escalier à grandes enjambées. Je redescend aussitôt. Ça n’était pas prévu au programme. Ce n’est plus seulement du sang qui est éparpillé mais aussi des morceaux de chair.
La fièvre me prend, les vertiges aussi. Je veux mourir, disparaître. La vie ne vaut la peine d’être vécue que si on a de quoi la vivre. Je n’ai plus rien. Je me sens petite dans cette maison qui n’est plus mienne mais le terrain de jeu d’un malade. Je suis le dernier pion en course ,je le sais. Je laisse la partie ? Non. La colère, la peur laisse place à la colère. Elle m’envahit. Je doit vivre pour mes parents et mes frères, pour mettre ce salaud en taule pour le restant de sa putain de vie. Oui, pour ma famille, je les vengerai.
Il est derrière moi, je le sens. Il respire doucement. Je me colle à la porte. Fermée à clé. Je longe le mur dans le noir. La fenêtre, je l’ouvre d’un coup et je bondis, il m’accroche à la jambe. Je me débat et je sors un son suraigu mais puissant. Il me découpe la jambe en fines lamelles comme une tranche de jambon. Une petite faim ?
J’avais l’estomac trop noué pour avaler quoi que ce soi, surtout un bout de mon mollet.
Une lumière s’allume devant moi. Ça y est j’arrive dans le tunnel.
Une silhouette. De mieux en mieux.
Ma cuisse. Le tueur s’amuse dessus à présent.
Il s’arrête, peut-être lui aussi à vu cette lumière et qu’il ne veut pas mourir. Moi non plus je ne le souhaite pas mais je suis trop épuisée pour lutter.
A cheval sur la fenêtre du hall, est-ce ainsi que je passe dans le monde des morts ?
J’en connais qui doivent bien se marrer, mourir si facilement.
Beaucoup on peur de la mort, pour d’autre elle devient une solution ou une raison de vivre.
La silhouette s’approche en courant. Tiens, elle ressemble étrangement à mon voisin.
Peut-être est-il mort lui aussi. Ça devient une manie dans le quartier. Voilà la voisine à présent. Une chose est sûre j’ai bien choisi mon jour ; je ne serai pas seule pour le paradis.
La lumière est devenue rouge et bleue, elle est belle. Pleins de gens se précipitent autour de moi. Bel accueil.
Chapitre 2
Dring…
Dring…
C’est bon ,ça sonne.
Dring…
Dring..
Des jours que j’attend ce moment.
Dring…
Dring…
On dit qu’il est facile de tuer, je vais bien le voir.
Je suis à l’essai, je n’ai pas le droit à l’erreur.
Dring…
Dring…
Tout est prêt, j’attend.
Dring..
Dring..
Elle vient, c’est bien elle.
Elle n’ouvre pas la lumière. Elle décroche.
-« tous morts »
je lui dit calmement avant de raccrocher.
Elle réagit tout à fait comme je l’espérais, elle court vers la chambre de ses parents.
Je lui ai préparé une belle surprise…inoubliable.
La voilà qui revient. Les chambres du haut, elle est plus rapide que je le pensais
Je me dépêche.. Je n’ai pas le temps, tant pis, ce sera pire.
Elle hurle le nom de ce qui devait être l’un de ses frères. Elle se débrouillera pour trier, ça n’est pas mon problème, ça ne l’ai plus. J’ai mal calculé, j’aurais dû retenir plus longtemps son attention dans l’autre pièce. Une leçon qui sera à retenir pour les prochaines fois. Elle arrive dangereusement. Je descend en silence. Elle suit mon parcours en montant les escaliers. Elle redescend presque aussitôt en poussant des cris inhumains. Un mélange de peur et de douleur.
Elle sait que je suis là, elle me cherche des yeux dans le noir en tourbillonnant.
Elle se déchaîne sur la porte en vain ; fermée par mes propres soins. Elle bondit sur la fenêtre qui s’avère être à présent sa dernière chance. Je l’attrape à la cheville et la ramène à moi.
Elle hurle, se débat. Les voisins ne vont pas tarder, j’accélère. Vu les circonstances je commence par le bas, le mollet. Je découpe comme on me l’a enseigner.
Elle ne me facilite pas la tâche, en tout cas elle perd beaucoup de sang et bientôt elle commence à délirer.
Deux ans que je suis cette garce attendant le bon jour pour passer à l’acte et me faire engager.
Il faut avoir tuer pour ça. Facile à dire, si la paye n’était pas celle que l’on m’a proposée, je me serai bien garder, à cause d’elle, j’ai perdus cinq nuits de sommeil au moins.
Et tout ça je l’ai fait gratis, juste pour une petite signature sur un contrat. Allez, c’est pour après les choses sérieuses. Dès demain je commence.
Et voilà la cavalerie qui arrive. C’est qu’elle va s’en sortir. De toute façon si je ne l’ai pas aujourd’hui ce sera un autre jour. Je l’ai marquée, je la retrouverai. Encore faut-il partir vivant pour ça.
Je la lâche et je commence à me diriger vers la porte vitrée du salon, celle par laquelle j’étais entré. Je cours jusqu’à la voiture et démarre en trombe. Ce n’est pas le moment de ce prendre les flics. Je finis mon boulot, ma carrière et puis à ce moment là on voit. J’ai encore rien fait. C’est juste l’apéro de quoi se divertir un peu.
Je l’aurai et je la finirai. Si j’arrive à l’embauche avec du travail pas terminé je peux oublier tout de suite. J’ai encore un mois pour le remplir, ça sera fait.