Bon, un p´tit texte que j´étais persuadé d´avoir déjà mit mais dont personne ne se souvient...
En y réfléchissant bien, je ne suis pas sûr de devoir le poster, mais trop tard j´y suis...
C´est du vieux, du de l´époque à laquelle j´en écrivait des masses, mais j´avoue avoir à présent du mal à estimer sa valeur (pour autant qu´il en ait une)
Or donc,
Morphine !
J’entrouvre les yeux. Comme à chaque fois depuis quelques jours, je vois un plafond blanc. Des cloisons blanches. Et, planté dans mes souvenirs, un mur blanc. Entendons nous bien : je me rappelle qui je suis, ce que j’ai fait dans ma jeunesse et même après. Et d’un coup, plus rien. Mais je sais que j’ai vécu, et un bon bout de temps, entre ce trou et aujourd’hui.
Et cela fait deux jours que je suis cloître dans cet hôpital automatisé aseptisé désinfecté. Des sangles, assez lâches pour me permettre de bouger un peu, restreignent mes mouvements à mon lit. Les repas descendent d’une trappe au plafond au bout d’un bras mécanique. Je ne sais ni ce que je fous là, ni ce que j’ai – au moins n’est ce pas une blessure apparente -, ni combien de temps je vais devoir rester. Je m’ennuie. Rien à faire. Pas de bouquin. Pas de visite. Rien. Quand le soir venu je contemple ce que j’ai fait de ma journée, une seule expression me vient à l’esprit. « Je me suis fait chier comme un rat mort ». Et c’est exactement ça. Un rat de labo que l’on a oublié.
Heures après heures, le soleil monte dans le ciel. Enfin, je le devine car les épais stores, baissés, ne let pas le sun shine in.
J’ai mal. D’un coup. Ça me l’a déjà fait hier, mais ça n’avait alors duré qu’un instant. Maintenant, ça ne veut pas partir. C’est un peu comme si tous mes muscles se tendaient à en avoir des crampes. Cela s’accompagne, outre de douleur donc, d’une envie belliqueuse de faire souffrir, de détruire. De tuer. Sans raison. Ce qui ne m’était jamais arrivé avant.
P’tain, ça veut pas se calmer ! Allô ? Allô ? Oui, ici le patient de la chambre n° ce que vous voulez. Je voudrais que vous me foutiez sous morphine, s’il vous plaît… comment ça je suis seul ici ? Ah, vous êtes tous morts ! Bien sûr, je comprends… bonne fin de journée à vous aussi.
Et ça devient de plus en plus insupportable. Arrêtez ! Morphine, s’il vous plaît… je vous en prie. Morphine…
Ou cutter, peu m’importe, à présent.
Que ça finisse, point barre.
Ah ?
Tiens ?
Mais oui !
Je n’ai plus mal. Cela a disparut d’un coup, comme c’est venu. Espérons que ça ne recommencera pas. Même si je sais pertinemment que si. L’espoir fait vivre, dit le proverbe. Mais là je commence - si vous me passez l’expression – à en avoir ras-le-cul. Et si vous ne me la passez pas, l’expression, vous pouvez vous la carrer là où je pense. Bonne nuit.
La journée continue monotonement. Alors que le soleil se couche, on pousse ma porte. Pas trop tôt. Qui entrera ? Quelqu’un de ma connaissance ? Un ou une ami ? Un collègue ?
Ah non. Juste un médecin. Il porte une drôle de combinaison étanche. Ben quoi ? Je pus ? Pourtant pas faute d’avoir été désinfecté par vos saloperies de machines… ou bien alors suis-je radioactif ? En tout cas, heureux d’avoir un peu de compagnie.
- What’s up, doc ? Vous allez m’expliquer ce que je glande ici depuis deux trois jours, parce que votre petit jeu laissons-le-seul-on-verra-s’il-comprend commence à doucement me les briser.
- Patient n°213 ?
Bien sûr ! Déjà tout petit on me nommait 213. « Eh, 213 ! Tu viens jouer ? » « J’arrive 532 ! » Comment voulez-vous que je le sache, vous ne m’avez rien dit ! Alors vous laissez tomber le numéro s’il vous plaît merci…
- Vous souvenez vous de ce qui vous est arrivé ?
Non. Rien. Que dalle. J’ai oublié la saveur du pain et la caresse du vent. Oui mon précieux.
- Nous vous avons retrouvé inconscient dans la Zone.
Eh là ! Pas de blagues…
- Il y a un fort risque que vous ayez été en contact avec « eux ». toujours est il que vous êtes atteints…
- Et que vas-t-il m’arriver, bon sang ? Vous allez me piquer ? Me gazer peut être ? Et vos satanées machines pourront une fois de plus faire place nette.
- Ce n’est pas notre faute si vous êtes allé sur la Zone sans aucune protection. C’est très déconseillé. Vous savez pourtant bien qu’ »ils » sont contagieux, non ?
- Si, bien sûr que si… Mais qu’est ce qui m’a prit ? Et qu’est ce qui m’arrive ? Doc’ ?
- Vous allez vous changer en l’un d’entre eux. Ca a déjà commencé. Vous devenez humain.
Voilà, je suis parti hors d´atteinte...
