Hello
En farfouillant dans mes vieux fichiers, je suis tombé sur une courte nouvelle qui date d´environ quatre ans (javais 11 ans). J´ai décidé de le poster pour avoir votre avis. Je posterai surement bientôt une de mes nouvelles que j´ai écrites dernièrement, pour la comparaison ;)
PS : Je n´ai pas corrigé les fautes et mauvaises tournures, il doit donc sûrement y en avoir, mais ca me permettra également de comparer l´othographe ;)
Me voila seul, comme je l’ai tant de fois demandé. Me voila loin de la folie des hommes, de leurs guerres, de leurs disputes, de leurs conflits… Je me trouve à la croisée des chemins, ce lieu que tant de monde recherche, sans savoir que la route la plus sûre est le chemin du cœur. Oui, je l’ai suivi, et j’y suis arrivé. Je contemple maintenant ma vie passée, comme dans un flash-back aux visions voilées de la brume de ma mémoire. Bizarrement, l’être qui évolue dans cette vision, ce n’est pas moi. Ce n’est plus moi. J’ai tant évolué… Je me vois petit, je me vois grand, cheveux longs et courts. Les hivers laissent place aux printemps tandis que défile ma vie. Une scène s’arrête. Je la fixe, puis je me souviens… Une scène de ma vie passée, une scène datant d’un mois. Une éternité…
Ce matin-là, je m’étais réveillé de bonne heure, excité par la perspective de partir pour la première fois au combat. Si seulement je savais !
Notre bon seigneur Hemrick avait depuis peu déclaré la guerre au roi Xinaal. Des volontaires arrivaient de toutes les contrées du royaume. Moi avec eux.
Ce matin-là, je me rappelle, je m’étais rendu au ruisseau à cent mètres afin de prendre un bain avant la journée de voyage nécessaire pour arriver jusqu’au château. Cette étape achevée, je pris mes sacs que les plaçai dans les sacoches que transportait le second cheval de l’équipage. Je partis seul sur les routes, bientôt rejoint par d’autres volontaires en quête d’héroïsme. Tous rêvaient de batailles glorieuses, de duels fabuleux sous un soleil flamboyant, d’escarmouches victorieuses, et de passes d’arme célèbres. Le rêve est parfois si différent de la réalité…
Nous arrivâmes peut de temps après au château du roi, où nous rejoignîmes le gros de l’armée. Une heure plus tard, nous partions…
Pourquoi n’ais-je pas, ce jour-là, écouté mon instinct qui me disait, malgré mon impatience, de plier bagage et de repartir vers ma douce contrée ? Pourquoi n’ais-je pas saisi la folie d’une telle entreprise ?
Le roi nous avait décrit les soldats ennemis comme des démons, des créatures hideuses qui ne méritaient guère la vie.
Le combat commença.
Je me souviens encore… Le son claironnant des trompettes. La cavalerie fonçant à avant. Quant à moi, j’étais à pied, mes chevaux n’étant pas faits pour combattre.
Je me jetais dans la bataille avec la fougue de la jeunesse.
Soudain, le corps à corps.
Sans même les regarder, je tuais deux soldats ennemis d’un simple mouvement du bras. Me retournant, je parai un coup du plat de mon épée, et je balançai un coup de pied à mon adversaire. Beaucoup de soldats oublient qu’il existait d’autres façons de se battre qu’avec des armes.
Le temps autour de moi s’était figé, et je tuais ennemi après ennemi, d’un moulinet, d’une passe d’arme, d’un atemi à la gorge.
Au total, je dus tuer une trentaine d’ennemis, et je m’apprêtai à achever un autre de ces démons quand soudain je croisai son regard. Un regard humain, déformé par la terreur.
Je pris alors conscience de ce que j’avais fait. J’avais tué des hommes, de sang froid, des êtres comme moi, ou ma famille. Des êtres qui avaient des amis, qui buvaient de la bière, qui chaque matin s’éveillaient pour une nouvelle journée.
Regardant autour de moi, je me rendis compte que la guerre n’avait rien de glorieux. Nulle part, je ne voyais de duels fabuleux, de passe d’armes victorieuse, ou encore d’escarmouche héroïque. Ce que je voyais, c’était la mort, la souffrance, et la haine.
C’est alors que je tombai dans la douce légèreté de l’inconscience sous le coup d’un ennemi.
Je ne sais comment j’ai pu survivre. Toujours est-il que, lorsque je me suis réveillé, il n’y avait plus que du sang. Et des cadavres.
Il me fallait fuir le plus loin possible. Je me suis rendu à la Croisée des Chemins…