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duc gulbo

jeromebatiol
jeromebatiol
Niveau 8
31 janvier 2006 à 13:40:41

Voic une nouvelle qui va bientot etre publiée (normalement). Faites pas attention aux fautes, c´est en cours de correction.

DUC GUILBO
Seigneur de Carouf

Chers amis, comme vous le savez, je suis de retour à la civilisation. C’est un être encore vivant mais meurtri qui vous écrit. Ce séjour dans cet étrange pays à fait de moi un nouvel homme, quelqu´un de plus mûr. Moi, Guilbo Delamote De Fenouil, Duc de Fenouil De Côttet, vingt trois printemps, homme de bien et amoureux des Beaux Arts, est heureux de vous présenter ce journal de bord élaboré en catimini dans un pays païen. Puisse mes mains ne point trembler alors que je m’apprête à ressusciter le passé. Laissez moi vous narrer comment cette odyssée à commencé.

Lundi 17.
11H30.
Quelle singulière journée que ce lundi. Je revenais de confesse lorsque mon palefrenier, tenant quelques lettres cachetées, me dit que le facteur était passé. « Palsembleu, fis-je, que diable voulez vous que cela me fasse mon bon Stanislas ! Les factures sont pour mon comptable, et les doléances pour Madame La Duchesse. ». Stanislas baissa la tête, ne sachant que dire. Hésitant à le renvoyer dans la puanteur crasse où il était sorti, un accès de bonté, comme il n’arrive qu’aux personnes bien nées et bien faites comme nous autres, me monta au cortex : soyons clément avec les bougres, que diable ! C’est ce qui nous différencie d’eux ! Je pris donc le courrier de mes propres mains (pour la première, et j’espère la dernière fois de ma vie) et me mit à arpenter à dos de destrier mon domaine et à trier les lettres reçues.
Quelle déception ! Encore des invitations de nababs pour la côte d’Azur et autres demandes de participation à de quelconques mariages de métayers. A croire que la roture se multiplie plus vite que les lapins de mon domaine. Soudain, mon monocle s’arrêta sur un étrange parchemin coloré. De qui pouvait venir cette missive au sceau inconnu ? Des sarrasins ?D ’un seigneur féodal convoitant mon château ? Que nenni ! Cet écrit venait d’une autre contrée, d’un royaume encore insoumis à notre Nation. Sur le papier, au dessus d’un drôle de dessin que la bleusaille appelle « photographie », était inscrit en rouge les mots suivants : « Tous les lundi, la tête de veau est moitié prix. CAROUF, le pays où la vie est bien moins chère. ».
Ce fut le déclic. Il existait donc un pays où la vie était moins chère que celle vécue dans ce pays de mécréants dirigé par la charogne socialo-communiste ! Par le Graal ! En tant que descendant par la cuisse gauche des conquistadores d’Amérique, mon sang d’explorateur ne fit qu’un tour. Fouettant mon cheval, je me rendis jusqu’au pied de mon château à toute vitesse, et, toujours monté sur Montgomery IV, j’atteignis les cuisines, non sans cravacher au passage la servante d’un coup sec.
Madame la Duchesse se tenait devant la table avec Irma, notre cuisinière, les poignets plongés dans une mixture gluante. Irma semblait apprendre à mon épousée comment préparer une tourte au caviar. La pauvre, autant essayer de convertir un RMIste aux subtilités des Stock-option, étant donné que, malheureusement, ma femme avait plus hérité des tares que du portefeuille de ses ancêtres. L’air penaud figé sur son visage lorsqu’elle me vit débarquer dans la salle m’échauffa.
- Voyons Ghislaine ! criais-je. Avez vous prit goût à la décadence ? Une De Castillière avec les mains plongées dans la pâte !? Voulez vous que je devienne la risée de la noblesse lors de nos parties de croquet ?
- Allons Guilbo, fit elle, veuillez m’éviter, de grâce, ces effusions de fiels. Que me vaut une si « agréable » intrusion en plein cours de poterie.
- De poterie ? répondis je. Je croyais que la cuisinière et vous faisiez une tourte au caviar. Et sur un autre ton, femme, ou il vous en cuira !
- Mais mon cher, vous saviez bien que le lundi matin c’est ma séance hebdomadaire «d’Apprentissage et d’éducation aux mœurs du commun ». Il faut vous moderniser, chou, les gueux sont de plus en plus nombreux, ils se multiplient…
- …plus vite que les lapins de notre domaine, coupais-je, je le sais. Ce n’est pas une raison pour vous livrer à de telles turpitudes. Si votre rang vous permet de telles pantalonnades, le mien m’astreint à une certaine dignité. De toute façon, je ne suis pas venu parler basse-peoplerie, mais d’autre chose. Jetez un coup d’œil là dessus.
Je lui jetai le parchemin à la figure. Elle le parcouru d’un œil rapide.
- Et alors ? fit elle. Qu’est ce que ce bout de papier a de spécial ?
- Vous êtes vraiment aveugle ! répondis-je. Vous avez vu l’inscription ?
- « Le pays où la vie est bien moins chère » ? Que voulez vous que cela me fasse !
- Vous êtes encore plus bête que votre cousine Berthe, qui est une ânesse. Je peux vous entendre braire. Ce que je veux vous montrer c’est que si nous féodons ce pays de Carouf, nous pourrons nous approprier ses richesses et nous vautrer dans la luxure et le pêché.
- Vous le faites déjà le premier samedi du mois… Et qu’escomptez-vous faire ? Attaquer le pays ? Cela fait deux cent ans qu’un Delamote De Fenouil ne s’est pas battu.
- Car l’occasion ne s’y prêtait guère. Je vais faire sonner mon maître d’arme pour qu’il prépare mon attirail. La seule inconnue de l’équation est : où diable se trouve ce maudit pays de Carouf ?
Il y eut un long silence. La Duchesse et Irma fixaient leurs pieds, évitant mon regard. Tout à coup, Irma leva le doigt. Je lui accorda le droit de parler.
- Che bais au Carouf tous les chours pour acheter la commission pour la manger.
La brave femme, moi qui comptais la dénoncer à l’Immigration.

jeromebatiol
jeromebatiol
Niveau 8
31 janvier 2006 à 13:42:47

Mardi 18.
093H10
Ayant renoncé à faire atteler le carrosse, ma mie m’incita a prendre la Porsche. Ayant soudoyé l’inspecteur lors de mon examen de conduite, je décidais de laisser Irma prendre les rênes. Et c’est ainsi qu’elle m’emmena hors du domaine. Nous avons donc traversé le Duché ainsi que le village touristique de Petsek, terre de pèlerinage et de Jet-Set pour tout individu gagnant plus de 100 K€ par journée. Le village, bien que seul lieu de France à ne disposer d’aucune Acedique (je ne suis pas sûr de l’orthographe) à moins de 20 lieues, était tout de même de nos jours assaillit par une vermine qui passait ses journées à se promener dans les magnifiques parc réservés aux mondains: les nouveaux riches. Je reconnus même mes voisins, les Martin, ces descendants de serfs croyant que seul un portefeuille un tant soit peu garnit suffit à faire de vous un gentilhomme ; quel dommage que certains supplices, tel le pal, soient abolis. Encore un coup des agents de Moscou.
Bref, foin de nostalgie, la monture nous amena jusqu´à un immense bâtiment. Il ne ressemblait à aucune forteresse que je connaissais et présentait des failles dans sa défense. Une aubaine pour le conquérant que j’étais. Les façades possédaient des vitraux vraiment différents de la chapelle de mon jardin. Les portes s’ouvraient automatiquement au passage de la foule, grâce à ce procédé que l’on appelle « électricité ». Je le sais car les Martin ont des objets qui marchent avec cette forme d’énergie, et ils s’en gaussent. Ce que je vois surtout, c’est que pour acquérir de telle saugrenuités, il y a du monde, mais pour signer une pétition sur l’abolition des droits de succession et le retour des bûchers, il y a plus personne. Mais je m’égare ; donc l’enceinte n’était pas gardée, chacun pouvait venir à sa guise, tel milles écus sur un compte des Iles Caïman.
- C’est ici, fit Irma, vous êtes arrivé.
- Bien ! fis je. Vous retiendrez la course sur vos gages. C’est pas une agence de voyage ici !
La cuisinières protesta, mais je coupais cour à la Jacquerie d’un revers de la mains. Irma comprit qui était le Seigneur et qui était le vassal et se tut. Haaa… le pouvoir du soufflet ! Bref, Elle gara la Porche entre des montures de pauvres. Pour le profane, des montures de pauvres, c’est comme un mendiant le dimanche à la sortie de la messe : tu as pitié mais tu n’oses pas le toucher. Enfin, je sorti de ma voiture, mon armure sur les épaules, une plume et un parchemin dans ma besace, ainsi que l’épée de mes ancêtres dans son fourreau, prête à bondir et à trancher au moindre passage d’un militant de Lutte Ouvrière, et j’entrais dans ce que ma cuisinière appelle : l’ipair- Marcher.

13H40
Diantre ! Le pays de Carouf est certes petit, mais la population au pouce/carré est plus concentré que les touffes sur le mollet de ma femme. Que de monde ! Et pas du meilleur, des manants, essentiellement. Me pinçant les narines, la main posée sur ma bourse débordant d’or, je m’avança encore plus dans l’ipair-Marcher. Le spectacle qui s’étalait devant mes yeux était renversant : les gens vaquaient , poussant de drôles de voiturettes devant eux. Après avoir remplit le chariot (dont je ne comprend toujours pas l’utilité) de denrées, les touristes se présentaient à la douane et devaient payer une taxe pour sortir. Les agents douaniers étaient tous du beau sexe et les caisses devant elles débordaient de titres d’échanges et de bons aux porteurs, de « billets », comme aime à l’appeler la populace. « Morbleu, fis-je, non seulement la vie est moins chère dans cette contrée, mais en plus les coffres du suzerain doivent contenir autant d’or que de lépreux ensevelis sous mes terres !» Voilà qui renforça ma détermination, j’allais mettre ce pays à feu et à sang, rendre gorge au roi et me nommer Empereur. Mais il me fallait un plan, je devais avant tout connaître l’ennemie. J’allais immigrer tel un touriste afin de passer inaperçu et j’improviserai. Afin de me donner du courage, je me mis à genoux et récita le Notre Père familial, septième verset :
«
Notre Père, qui est aux cieux,
Que notre règne vienne,
Que l’opulence reste,
Donne nous aujourd’hui,
Les dividendes de demain,
Pardonne nous nos dépenses,
Comme nous pardonnons aussi,
A ceux qui n’ont pas encore délocalisé,
Aide nous à supporter,
L’arrivisme des Martin,
Et ne nous soumet pas à la fiscalisation,
Mais délivre nous de la T.V.A.
Amène (la gabelle).»

Je me releva, passa le tourniquet qui disait « Bienvenue et bons achats », lorsqu’un homme avec costume noir me retint par l’épaule.
- Une minutes, où allez vous habillé comme ça ?
Que me voulait ce zouave ?
- N’aies crainte, répondis-je, je ne suis qu’un humble voyageur.
- Bon, s’énerva-t-il, assez déconné, tu es qui ? Donne moi tes papiers !
- Si je vous balance tout mes titres, c’est une saga que vous allez lire.
Ma petite galéjade ne sembla point le faire rire. Il m’empoigna par le bras, me tirant hors de la cours de la forteresse. Ne voulant le défaire afin de ne point compromettre ma couverture, je me mis à crier : « Au guet ! Au guet ! On me houspille ! » C’est alors qu’un homme, avec « G.Ronchin Chef de rayon » écrit sur sa médaille, apparut et parla à mon agresseur. Il semblait bon et censé. L’individu me lâcha.
- Holà !d is je. La Maréchaussée, enfin !
- Je ne vous attendais pas aussi tôt, fit le prévôt, mais le stand est déjà prêt, Edouard va vous briefer sur la mission.
Je n’avais rien comprit, mais comptait bien profiter de ce quiproquo. Le prévôt Ronchin Chef de rayon m’emmena donc au centre de ce petit pays sans allégeance fiscale, jusqu´à un baraquement sur lequel était pendu un écriteau « Mère Poulardous, élève de la volaille depuis 1734 ». Sous cette maisonnée, il y avait un quidam travestit de façon ridicule en poulet, et à ses cotés cuisaient, dans un four ouvert appelé Barbe Quiou, de magnifiques petites poules. Ronchin Chef de rayon s’adressa à cet ersatz de clown de Carnaval. Quel ne fut mon dégoût lorsque celui ci vint me serrer la main.
- Bonjour, me dit il en souriant, joli costume, vous êtes donc le Cédédé qui doit venir ?
Ne souhaitant commettre aucune erreur stratégique, et ne sachant ce que pouvait être un « Cédédé », j’acquiesça.
- Voilà ce que vous devez faire, continua-t-il, vous devez surveiller la cuisson de la viande et crier de temps en temps notre slogan. Vous avez comprit ?
- Je ne suis pas un serf ! dis je. Pas la peine de répéter (je m’agenouilla). La mission que vous me confiez sera accomplie, si telle est la volonté du Divin.

Et c’est ainsi que, pour la première fois de ma vie, je fus obligé de travailler. Je ne vous le conseille pas c’est fatiguant. Sans parler du déshonneur…et du ridicule ; en effet, à chaque fois que je criais « Moi, Sir Godefroy De Prinpecourt, je ne mange que de la poule Poulardous ! », le gueux déguisé en volaille hurlait « Cot Cot Cot Cooodek ! ! !» dans mes oreilles. On se serait cru sur la place de marché de Petsek, le dimanche après la messe. Drôles de coutumes, mais il ne sera point dit qu’un Delamote De Fenouil sera resté acculé face à l’immobilisme…quitte à perdre quelque peu de mon intégrité et de ma prestance. Donc, mon travail consistait à m’occuper du brasero et a beugler de temps à autres la devise de la famille Poulardous, pendant que le travesti s’occupait du chaland. Soudain, tout alla très vite et vira à la Tragédie Grecque : un très jeune manant, habillé comme ces mécréant qui taguent « Mort aux riches » sur les murs de notre Club, s’adressa à moi de manière fort cavalière.
- Houa M’sieur, brama-t-il, comment elle déchire ton armure !
- Cela m’étonnerait, fis je, elle est presque neuve. Elle a été forgée lors de la dernière Croisade. Elle est certes un peu émaillée mais ne déchire point.
C’est alors que la mère du jeune foutriquet, tenant un canidé dans les bras, me tint à peu prêt ce langage :
- Dites moi, jeune homme, excusez moi, mais comment fait on pour cuire de la volaille sur un Barbe Quiou ?
« La mégère ! » pensais-je, elle cherche à me piéger avec ses questions sournoises. Je me tourna, ne sachant quoi répondre, vers mon compagnon d’infortune. Mais celui ci était trop occupé à remuer son séant en imitant une poule pour pouvoir m’aider. Palsembleu ! Il fallait agir, et prestement. Et lorsque l’on parle d’action, un Delamotte De Fenouil n’est jamais loin, il n’y a qu’a regarder le tableau de notre hall d’entrée, sur lequel on peut distinguer mon ancêtre Pierre Delamotte chasser l’hérétique avec la Sainte Inquisition. On a ça dans le sang.
Rapidement, ni une, ni deux, je plantais ma lame dans le caniche que portait la bougresse. Le chien hurla et des cris se firent entendre tout autours de moi. Je dois dire que j’avais fait mon petit effet, et c’est avec fierté que, toujours du bout de mon épée, je posai le chien sur le brasero et commençai a expliquer que la volaille, c’est comme le chien, il y a juste à mettre la viande sur le grill, mais hélas la Maréchaussée intervint pour m’arrêter et me molester.

On m’emmena devant le roi du pays de Carouf, que l’on nomme le Dhir Ek Teurh. Celui ci me dit que j’étais interdit de séjour sur son domaine pendant quelques temps, car il qualifia mon geste de « barbare ». « Que Nenni ! » dis je, « Séparer l’Eglise de l’Etat, ça c’est un acte barbare ! Aider les PMI afin d’appauvrir les multinationales, ça aussi c’est un acte barbare. Ce que j’ai fais, c’est juste expliquer à une pauvre hère comment se nourrir. » Mais évidemment, ce maroufle ne m’a point cru, et me voilà exilé sur mes propres terres, versant une indemnité compensatrice à la bougresse.

Mais ce n’est que partie remise, lorsque mon interdiction sera levée, soyez sûr que Guilbo Delamotte De Fenouil annexera, avec l’aide de Dieu, ce richissime pays appelé «Carouf ». Je le jure sur la tête de ma cuisinière

Squall46
Squall46
Niveau 21
31 janvier 2006 à 14:42:56

Bien sympa comme texte, tu manie facilement le langage de l´an 400 avant la vie.
Pas mal du tout, c´est mieux que ce soit court, a mon avis un texte plus long aurait perdu son interêt rapidement avec ce theme.

jeromebatiol
jeromebatiol
Niveau 8
31 janvier 2006 à 15:32:44

Merki...j´ai "peut etre" possiblilité d´adapter ça en série. Je dois rencontrer une équipe de camera sur Lyon. Wait and see

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