La sentence
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1. L´homme inhumain
- Coupable !
La sentence venait de tomber. Le public, composé de hauts fonctionnaires, de très grands savants et autres sommités, assistait impassible. Tous, regardaient au centre de l’immense salle grise, tous avaient le regard fixé sur une seule chose. Une chose horrible à leurs yeux, une chose qui ne méritait même pas de respirer le même air que le leur. Cette chose, c’était un homme.
Bien qu’assis, il était évident qu’il était de grande taille mais avec une musculature à peine visible. Il avait les mains crispées sur les accoudoirs de son siège et des perles de sueur dégoulinnaient lentement le long de son visage rond et émacié.
Cette chose, l’homme, ne jeta pas un regard à la masse curieuse et inquistrice. Il avait payé les meilleurs avocats, s’était éfficacement défendu et fait des efforts considérables, mais en vain. Ce qu’il avait accompli était indéfendable, et bien qu’il le savait, il avait toujours lutté pour survivre.
L’écho du mallet, violoment frappé par le juge, n’en finissait pas de résonner comme le glas. L’homme était fini, son travail, ses recherches, sa réputation, toute sa vie était anéantie à cause de ce qu’il avait fait et maintenant il attendait la sentence. Il se demandait bien qu’elle peine pourrait-on bien lui affligé pour la monstruosité dont il était coupable. Malgré son angoisse grandissante et son malaise apparent, il se forcait à paraître droit et calme, même réduit à néant.
Le juge se leva et descendit de son estrade, faisant grincer les marches de façon sinistre. Il s’avança vers l’homme et lui fit face. Il n’avait pas peur, il avait devant lui une loque, un être qui n’était même plus considéré comme humain au vu de ses actes. Il n’épprouvait même pas une once de pitié pour ce monstre qui avait osé tenté de se défendre en dépit des preuves accablantes. Malgré son dégout, il dû se résoudre à parler à l’homme pour lui annoncer la sentence.
- Jaro Loadi, la cour vous juge coupable et entier responsable.
Le juge salivait en repensant à la peine. Gardant le silence un long moment pour se donner plus d’effet. Il se délectait de voir l’homme en complète expectative, et se dégouta lui-même en constatant la perversité qui l’habitait. Même muet et immobile l’homme continuait à détruire, pensa le juge, il rendait fou les gens, il déroutait la raison et la notion même de bien disparaissait en sa présence.
L’homme, quant à lui, ne pensait à rien. Tout son esprit était focalisé sur les lèvres humides et nerveuses du juge, qui le défiait du regard. Il se demandait quelle imagination les jurés avaient déploié afin de concocter une peine à la hauteur de ses actes.
Le juge, qui avait commençé à se tortiller les doigts, était à présent en train de se tordre les articulations sous la fureur. Il se détourna vers l’assemblée et lâcha dans un demi souffle l’horrible sentence.
Certains rièrent, d’autres conspuèrent tandis que des personnes en profitèrent pour insulter l’homme. Le juge interpella d’un geste de bras les policiers qui emmenèrent l’homme à l’extérieur de la salle d’audience.
Il était en état de choc, les yeux convulsés et les muscles au bord de la rupture. Le châtiment était cruel, certes, mais à la mesure des atrocités dont il était responsable. Lui qui croyait que la Mort était la fin de toute chose et la pire des souffrance, il se dit que l’Enfer devait avoir des allures de Paradis en comparaison de ce qui l’attendait : l’exil sur la Terre.
J´ai bien aprécié ton texte,vraiment très bien ![]()
C´eût été original, si ce n´avait été pompé sur "Nous, les dieux" (enfin, le deuxième tome exactement). C´est peut-être une coïncidence, mais ça m´étonnerait gradement quand même. Mes excuses si jamais c´est l´cas^^. ![]()
(ATTENTION : je dis pas que c´est du plagiat, c´en est absolument pas. Juste que le sujet est le même)
Ceci dit, à part ça c´est quand même bien écrit, et malgré quelques fautes (mallet==>maillet) le texte se lit facilement. La chute doit surprendre, malheureusement pour moi je l´ai aperçue par inadvertance en regardant le post en-dessous, donc ça m´a gâché la surprise. ![]()
Bref, bon texte quand même. ![]()
Merci de m´avoir lu. Je n´ai pas lu Werber et s´il y des ressemblances, c´est totalement fortuit. Mais le chapitre n´était qu´un prologue à ma fiction, et je doute qu´il y ait un rapport entre les deux. D´ailleurs je vous propose de juger par vous même en lisant la suite.
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2. La rencontre
James Hartigan soupira. Cela faisait maintenant une peu plus de trois heures qu’il patientaient dans sa voiture sous une pluie battante. Un de ces indicateurs l’avait prévenu qu’une importante vente de méthamphétamine devait avoir lieu sur les docks. Les conditions étaient idéales, il faisait froid, il pleuvait à noyer, et il n’y avait personne dans les environs.
New York était une puissante mégalopole, mais toute lumière engendre sa part d’ombre, et James baignait dans les ténèbres. Tous les jours, il était confronté aux vices, à la violence et aux délits en tous genres. Ce soir, il espérait être le grain de sable qui allait coincer cette mécanique malsaine.
James commençait à somnoler mais il reprit toute son énergie en apercevant à l’angle de la rue une limousine aux vitres teintées qui se rangeait non loin d’un entrepôt. Il ne se passe rien pendant quelques minutes, mais James ne décrochait pas son œil du véhicule. Finalement, une seconde voiture s’approcha, elle passa tout près du vieux tacot de James et alla se garer juste en face de la limousine.
James ne bougea pas d’un iota, il attendit, puis fut surpris. Les portières s’étaient ouvertes et John Rafferty, la star de la télévision new yorkaise venait de sortir de la limousine, vêtu d’un costume tiré à quatre épingles. Il était abrité par un parapluie qu’un assistant s’efforçait de tenir droit malgré les cordes qui tombaient. Il sortit de l’autre véhicule des gens douteux qui montrèrent à la vedette quelque chose dans le coffre. John eut l’air soulagé.
James comprit alors ce qui se passait, les hommes devaient être des trafiquants d’art ou des voleurs et ils revendaient à la star de la télévision un objet d’une grande valeur. Ces gens étaient souvent friands de collections et d’objets insolites telles des manteaux de fourrures de pandas ou des toiles de maître volés chez des héritiers égoïstes. Il toucha son aine pour vérifier que son arme était bien là. James toucha par la même occasion ses bourrelets et se dit qu’il devrait faire plus d’exercice au lieu de se goinfrer de friandises.
Il s’apprêta à sortir de sa voiture mais se ravisa au dernier moment. Il devait prévenir ses collègues au cas où les trafiquants tenteraient de fuir ou que l’interpellation tournerait mal. Après confirmation du central, il appuya sur un loquet rouillé et ouvrit la portière, il fut trempé la seconde suivante pas un flot tonitruant qui s’abattait lourdement sur sa tête. La pluie était certes avantageuse pour les transactions illégales mais elle l’était tout aussi pour les policiers qui pouvaient s’approcher en étant moins vu et sans être entendu.
James s’approcha suffisamment des gens, visiblement en train de négocier le prix de l’objet, et les interpella. Les marchands d’art n’étaient pas dangereux car ils s’affolèrent en voyant James et John Rafferty parut horrifié.
- Ce n’est pas ce que vous croyez, dit-il en tentant de cacher le coffre. Je … je vous paierai vous aussi.
James n’eut que faire des supplications de la vedette. D’ailleurs, il préférait ne pas être tenté car depuis presque deux décennies, une masse considérable de personnes avaient tenté de le corrompre. James aurait volontiers eut besoin d’arrondir ses fins de mois mais il était hors de question qu’il finissât comme la plupart de ses collèges, de pauvres flics véreux, la bouclant tout le temps en contrepartie d’une enveloppe bien fournie. Il braqua son arme vers les marchands et leur ordonna de se pousser, chose qu’ils firent sans discuter.
L’attitude des marchands intriguait James. En temps normal, les responsables, lorsque la transaction était avortée, se montraient agressifs et insultants. Là, ils semblaient gênés, presque effrayé.
James se pencha pour voir dans le coffre ce qu’il y avait à l’intérieur en faisait bien attention que personne ne le prenne par derrière. Il vit alors une liasse de photos éparpillées. On pouvait nettement distinguer John Rafferty en train d’embrasser et de copuler avec une femme, et pas n’importe quelle femme. C’était la weatherwoman la plus connue de New York et elle travaillait sur la même chaîne de Rafferty. Le problème était que les deux célébrités étaient mariées, mais pas entre elles. Il y avait là, de la matière première pour un scandale à sensation.
James comprit l’embarras qui régnait et préféra rengainer son arme. Il se tourna vers les marchands, qui s’avéraient entre en fait des paparazzis. Ceux-ci n’avait pas dû avoir obtenus de bon prix de la part de leur patron et maintenant ils tentaient de revendre à la personnalité les clichés à un prix d’or. James ne dit rien et se dirigea vers sa voiture.
- Vous … vous ne direz rien ? demanda John avec une voix chevrotante.
- C’est votre vie privée, répondit James, et tant que vous ne faites rien de préjudiciable, ça ne me concerne pas.
Rafferty alla lui serrer la main en remerciement. James eut un sourire hypocrite car il aurait préféré cracher sur Rafferty plutôt que lui serrer la main. C’était une personne arrogante et extrêmement égocentrique, et de plus, James détestait les hommes infidèles. Il lâcha la main moite de John et entreprit de rejoindre sa vielle voiture. Il pensa à la tête que sa femme ferait quand il lui réconterait ce qui c’était passé ce soir car c’était une personne avide de potins. Il entendait les sirènes des voitures venues en renfort et il préparait déjà dans sa tête ce qu’il allait dire pour justifier leur intervention inutile.
Cependant, un phénomène étrange se produisit. Le silence s’installa aussi rapidement que l’ombre disparaît à la lumière. James s’arrêta sur lui-même et regarda autour de lui, croyant avoir un vertige. Les gouttes de pluie étaient en suspension et ne tombaient plus. A dire vrai, le temps s’était comme figé, tout était immobile à l’exception de Rafferty, son assistant et les deux paparazzis. Ces derniers paraissaient tout aussi interloqués que James.
- Qu’est-ce qui se passe ? demanda le petit assistant qui retirait le parapluie de dessus la tête de Rafferty.
James aurait bien voulu répondre à cette question. Jamais il n’avait vu ça et se demandait même comment cela pouvait être possible. En plus des questions incessantes de Rafferty de des deux escrocs, un autre son se distingait dans ce silence froid et opréssant. Il provenait de l’entrepôt et était un ton fluide, doux mais répétitif et mécanique.
James marcha vers l’entrepôt et les gouttes s’écrasaient sur son manteau sans que l’eau ne ruiselât. Il n’eut aucun mal à briser le cadenas complètement oxydé et pénétra dans l’édifice usé. Au centre du bâtiment, un point lumineux transperçait l’obscurité muette. Le point se mua en une sphère blanche qui se tordait sur elle-même.
La boule éclatante gonflait en même temps que le son gagnait en intensité. James voulut s’approcher du globe blanc mais un flash aveuglant le terrassa. Le son étrange se dissipa et le temps parut reprendre son cour car une grondement violent éclata. La pluie s’était remise à tomber et James maudit le bruit que faisait l’eau en venant choir sur la toiture métallique de l’entrepôt en créant un vacarme assourdissant. Il braqua sa torche vers l’emplacement de la lumière et c’est là qu’il aperçut une silhouette étendue par terre, un homme.
Il avait la peau très pâle et apparemment il était très affaibli car il avait les côtes saillantes. James fut horrifié de voir que l’homme n’était pas inconscient car il se releva péniblement. Il bougeait de manière très étrange et ses gestes paraissent obéir à une logique différente.
- Vous allez bien ? s’enquit James en remarquant que l’homme était littéralement nu. Qui êtes-vous ?
L’homme fut légèrement surpris, non pas par la présence de James mais par ses paroles. Il regarda James avec un regard indescriptible, rempli d’amertume et d’une profonde tristesse. Il parla à James et c’est là que celui-ci s’aperçut de l’anormalité de son interlocuteur.
L’homme parlait une langue totalement incompréhensible et qui ne ressemblait à aucune de celle que James connaissait. L’homme avait les cheveux d’une couleur sang et des yeux jaunes. Le détail le plus troublant pour James était que l’étrange homme possédait un sixième doigts à chacune de ses mains. James s’approcha mais l’homme s’enfuit au dehors de l’entrepôt, dans les ténébres d’une nuit diluvienne.
J´aime beaucoup. J´attends avec impatience la suite
Il n´y a effectivement aucun rapport avec le texte de Werber^^. Mais le prologue portait à confusion^^.
Bon...c´est plutôt bien, quelques fautes (mais rien de grave), et un scénario assez original pour l´instant. Je suppose que tout le texte va être le récit de la vie de cet "être" (démon?), non? Ah, et le vocabulairre est visiblement recherché, c´est une bonne chose. ![]()
3. L’hôpital
L’homme était en fuite. Il avait terriblement froid et la pluie lui glaçait la chair de ses membres. Il voulait courir plus vite mais ses muscles étaient trop engourdis. Jaro ne savait absolument pas où il allait, mais il ne devait pas hésiter et fuir. Personne ne devait le trouver, du moins pas tant qu’il ne connaîtrait pas davantage ce monde, si étranger pour lui.
Le revêtement du sol lui faisait mal au pied, il aurait bien voulu s’arrêter un instant pour calmer la douleur mais un homme le coursait et une sonnerie plaintive semblait être très proche. Jaro s’était longtemps caché après ce qu’il avait fait, et il connaissait bien l’art de la dissimulation. Toutefois, il ne connaissait pas ce monde et il serait difficile pour lui de trouver dans l’immédiat un endroit approprié.
Jaro examina rapidement la rue et constata un quai avec un fleuve, il aurait pu plonger et disparaître facilement. Il se mit alors à courir en direction des eaux aux couleurs d’encres et ce fut alors que l’homme de l’entrepôt réapparu derrière lui à quelques dizaines de mètres, hurlant des injonctions incompréhensibles. Jaro fit l’erreur de regarder derrière lui : il glissa dans une flaque d’eau et tomba maladroitement sur le sol humide.
Des appareils, sans nul doute motorisés, roulèrent rapidement et s’arrêtèrent près de lui tandis que le poursuiveur parlait à Jaro d’une voix compatissante. Des hommes en uniformes tenaient entre leurs mains un agrégat métallique. Jaro était un homme intelligent et comprit que c’était une arme en voyant la confiance que les hommes semblaient portés en ces objets.
Il était à présent encerclé et toute fuite était impossible, ou suicidaire. Jaro demanda à l’un des hommes en uniforme :
- Bien, à présent donnez moi quelque chose pour m’habiller je vous prie.
Comme il s’y attendait l’homme ne comprit pas un mot et vu le ton auquel il rétorqua, il exprimait à son tour une question. Il était évident qu´aucun dialogue n´était possible. Jaro se résigna, se dirigea vers celui qui l’avait traqué et s´agenouilla devant lui en signe d´obéissance et d’abdication.
L’homme sembla étonné de voir Jaro agir de la sorte et lui passa des bracelets métalliques autour des poignets, ceci dans le but de l’empêcher de se battre. Il parla longuement avec les autres hommes qui étaient sortis des véhicules et jetait parfois des regards vers Jaro qui était assis sous un abri. Quelques minutes plus tard, un autre véhicule, bien différent des autres, arriva. Il émettait également une sirène, il était blanc et très volumineux. Des hommes vêtus de costumes blancs surgirent de l’arrière du véhicule et se dirigèrent directement vers Jaro sans parler à personne.
Jaro coopéra et il fut placé sur une table roulante puis à l’intérieur de l’engin. A cause de la pluie, l’opération dura un bref instant et les hommes en blancs s’afféraient en utilisant divers appareils électriques et des outils fragiles pour faire des mesures. Jaro comprit que c’étaient des savants ou des personnes spécialisées dans la médecine.
Un de ces savants voulut refermer la porte arrière mais l’homme de l’entrepôt fit irruption et entra presque de force dans le véhicule malgré la réticence des spécialistes médicaux. L’engin se mit légèrement à vibrer et Jaro constata qu’il se déplaçait au vu des bâtiments qui défilaient rapidement à la fenêtre.
De tout les hommes présents, Jaro avait le plus confiance en son poursuiveur. Son visage rondouillard et ses cheveux grisonnant inspiraient la sympathie. Il devait être plus grand que lui mais moins fort en raison de sa silhouette filiforme. Jaro se sentait tout de même mal à l’aise avec tous ces fils et ces aiguilles que les savants lui avaient implanté dans les bras. En réalité, sa véritable sensation de malaise venait du fait qu’il était captif et que toute fuite était vraisemblablement impossible.
Le temps passait et Jaro commençait à se lasser. Bien que l’homme en uniforme ne parlait pas la même langue que lui, il tenta néanmoins de communiquer avec lui. Il dirigea ses longs doigts vers sa poitrine et dit :
- Jaro Loadi !
L’homme fronça les sourcils. Sa mine montrait qu’il avait visiblement compris la démarche mais l’accent de Jaro l’intriguait ; sans doute cherchait-il à l’identifier. Jamais il ne trouverait, pensa Jaro en se remémorant son monde d’origine. L’homme l’imita et répondit :
- James Hartigan.
Un prénom et un nom, comme chez lui. Jaro se sentit d’un coup beaucoup moins dépaysé qu’il ne l’avait été dans la rue, en plein déluge. L’homme, James, ne voulait pas en rester là et il s’embarqua alors dans une gestuelle compliquée. Jaro saisit ce que voulait savoir James : d’où il venait. Il se refusa un instant à donner l’information, mais vu comment il avait été traité il s’en fichait et il assouvit donc la curiosité de son interlocuteur. Calmement, il ferma les doigts de sa main à l’exception de son index avec lequel il désigna le plafond du véhicule.
La réponse ne sembla pas satisfaire James qui fronça de nouveau ses sourcils et se croisa les bras. Il examina alors Jaro comme un animal, un vulgaire bout de viande animée. Jaro eut alors la désagréable sensation d’être passé au rayon X et se détourna alors de James.
De toute façon, le véhicule était arrivé à destination et le manège des savants recommença, mais à l’envers car on lui retira tous les tubes et on le sortit de l’engin. Dehors, la pluie était moins forte, avec juste de faibles gouttes, et un imposant bâtiment s’étendait en long. L’édifice était massif et comporté des barreaux à la majorité des fenêtres. Jaro pensa de l’extérieur que ce devait être une prison mais une fois à l’intérieur, cela ressemblait plus à un hôpital. Il ne réussit alors pas à identifier la fonction du bâtiment et continua à se laisser faire.
En effet, d’autres hommes en costume blancs, plus âgés, s’occupèrent de Jaro en l’emmenant à travers une succession interminable de couloir gris et aseptisés. Ils pénétrèrent en fin de compte dans une vaste salle avec de nombreux instruments et outils médicaux. Jaro nota qu’un bon nombre comportait des parties tranchantes et la panique commençait à l’envahir. Il voulait voir James, un visage de confiance. Mais après un rapide coup d’œil, il s’aperçut que l’homme n’était pas là et il en déduit qu’il avait du restait à l’extérieur.
Après un rapide examen de ses fonctions vitales, et d’autres vérifications inconnues pour Jaro, ce dernier fut conduit dans une autre salle, cette fois-ci moins grande. A dire vrai, elle était minuscule. Si petite que Jaro pouvait toucher les deux murs en tendant ses bras.
L’ameublement était sommaire avec un lit de fortune et un appareil qui procurait et évacuait de l’eau. Jaro se dit alors que son exil avait bien mal commencé mais il s’abstint de se plaindre en sachant ce qu’il avait fait il y des mois. Il vit que des savants l’observaient par une petite fenêtre logée dans la porte, et Jaro se comporta le plus calmement possible. Il valait mieux être le plus discret possible dans un monde étranger que de se pavaner. Seulement Jaro ne savait cependant pas quoi faire, après tout ce qui pouvait paraître normal pour lui pouvait être mal perçus par les savants. Il réfléchit un court moment et trouva.
Jaro fit une chose que tout humain fait, quelque soit son origine et sa culture, une chose universelle : il se coucha et s’endormit.
J´avoure que le titre n´était pas accrocheur mais en fin de compte l´histoire s´annonce intéréssante. Je ne fais pas de com hyper détaillé car j´ai pas le temps mais je le ferai sûrement plus tard dans la soirée.
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Plutôt intéressant, je ne suis pas totalement sûr que tu ne te sois pas inspiré de Werber mais ça n´a pas grande importance.
La qualité du texte est indéniable, j´aime beaucoup ton style. L´histoire est en train de se mettre en place, j´attends la suite pour juger.
Pour un premier essai, c´est vraiment très encourageant!
En tout cas, moi, je lirai la suite, et je pense que vous devriez en faire autant. C´est pas tous les jours qu´on voit une première tentative aussi réussie et intéressante.
En plus, tu as aimé le film Sin City!^^
Bravo pour ton texte, et bonne chance pour la suite.
Ne te décourage pas si tu n´es pas lu tout de suite, la notoriété sur le forum, ça ne vient pas tout de suite, persévère!
C´est tous les conseils que je pouvais te donner^^.
Merci encore à vous de m´avoir lu. J´espère avoir un peu plus de lecteur et que cette suite vous plaise.
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4. Une nouvelle vie
James ne dormait plus depuis trois semaines. Tout son esprit était omnubilé pas cet personnage bizarre depuis qu’il l’avait vu dans l’entrepôt. Qui était-il ? D’où venait-il ? Que faisait-il là-bas ?
Ce n’était pas la première fois que James tombait sur un exhibitionniste, un clochard ou un autre détraqué, pourtant celui-là l’intriguait. En particulier son language. James avait passé des jours à la bibliothèque pour tenter de découvrir quel idiome l’homme parlait, en vain. Cet individu était une véritable énigme, un mystère ambulant, en commençant par son apparition avec cette lueur irréelle. James passait de longs moments à réfléchir, à penser et à chercher des réponses à des questions que personnes ne s’était posé.
Cependant, son attitude commençait à exaspérer son entourage, ses supérieurs et sa famille. Il s’intéressait moyennement à son travail alors que d’habitude il adorait ce qu’il faisait, et il passait moins de temps à son appartement. Et quand il y était, c’était en étant perçu comme un étranger.
Finalement, le commissaire Bancroft le convoqua dans son bureau et lui donna une nouvelle affaire : identifier l’homme et savoir ce qu’il faisait. James était inspecteur, il savait que s’occupait de chose aussi futile signifiait que c’était une sorte d’avertissement. Mais il n’en avait cure car il allait enfin avoir l’opportunité de revoir l’étrange homme.
Celui-ci avait été placé dans le centre hospitalier Saint Mathew’s de Providence, et James s’y était donc rendu en début de matinée afin d’avoir le reste de la journée libre.. D’après ce que lui avait dit la standardiste de l’hôpital au téléphone, les visites n’étaient autorisées qu’à partir de 10h. Il lui restait donc une bonne vingtaine de minutes qu’il mit à profit pour lire l’édition du New York Times du jour, qu’il avait acheté en venant.
James tomba sur un article déplaisant. Depuis quelques temps, une série de meurtre atroce avait été perpétrés et l’affaire n’avançait pas à cause du manque d’indice. L’auteur se faisait un plaisir de clamait l’incompétence de la police tout en rappellent l’horreur des précédents crimes. James aurait bien aimé avoir cette affaire mais elle avait été confié à un inspecteur plus jeune : comme il était tout fraîchement diplômé, tout le commissariat lui vouait un culte. En attendant, le tueur tuait et cet inspecteur ramait, pensa James.
Il replia le quotidien avec une grimace puis regarda l’heure qui s’affichait en chiffres verts sur le cadran de l’autoradio. 9h52. Il ouvrit la portière et sortit de la voiture usée. Il faisait froid. L’autonome était en train de s’installer doucement et le mercure descendait un peu plus chaque jour. Heureusement, il n’y avait pas de vent. James réajusta son écharpe puis se dirigea vers l’entrée. L’hôpital était à la lisière d’une forêt et de ce fait on ne pouvait distinguer sa dimension exacte à cause des arbres qui le cachaient. C’était tout de même un bâtiment grand et imposant, inspirant presque la crainte tant il était sinistre.
L’intérieur était aussi décrépi que l’extérieur. Un papier peint délavé, des peintures à l’unisson le cas échéant, peu de plantes vertes. Il s’approcha d’un bureau au-dessus duquel était marqué sur un panneau : « Accueil ». Le jeune réceptionniste le regarda comme s’il voyait un visiteur pour la première fois de sa vie. Avec un mélange d’ennui et de maladresse, il saisit un livret jaune qu’il ouvrit devant James.
- Vous désirez ? demanda-t-le jeune homme d’une voie morne.
- Bonjour, je viens rendre visite à un patient interné.
- Son nom, s’il vous plaît ?
James eut un mouvement de recul. Il ne le connaissait même pas. Il fouilla dans ses souvenirs et se rappela que l’homme le lui avait donné dans l’ambulance. James n’avait pas très bien compris à cause de son accent et avait donné ce soir là aux médecins :
- Lloyd. George Lloyd.
Sans se donner la peine de vérifier, le réceptionniste - dont le prénom était Ross selon le badge qu’il portait - déclama d’une voix sans joie :
- George Lloyd, patient numéro 678-BH. Le directeur a interdit toute visite le concernant.
James, habitué à cette situation, sortit son passe. Une petite plaque cuivrée avec son matricule et son nom, légèrement usée par le temps. Ross grimaça et saisit le combiné du téléphone. Il pressa sur une touche et patienta quelques secondes.
- Monsieur le directeur, dit-il d’une voix robotique. Il y a ici un inspecteur de police qui désire voir le patient numéro 678-BH.
Il s’écoula une minute sans que rien ne se passât et Ross raccrocha.
- Le docteur Williams va vous venir vous voir. Veuillez patientez je vous prie.
Les paroles étaient gluantes, incarnation d’un ennui résigné. James entra dans une salle d’attente mais il n’eut pas le temps de s’assoire. Le docteur Williams l’alpagua.
Le docteur Williams était un de ses vieux médecins quinquagénaires, amoureux du travail bien fait et du règlement suivi à la lettre. Il avait un embonpoint bien prononcé et une barbe opulente qui cachait assez mal un double menton proéminent. Il tendit sa main vers James et dit :
- Bonjour inspecteur.
- Bonjour mais que … déjà ?!
- Mon bureau est très proche de la réception. Venez, suivez moi nous allons voir Mr Lloyd.
Tandis qu’il entrait avec le docteur dans un ascenseur, James se demanda à quel point pouvait être ennuyant ce métier pour que Williams retennât le numéro des patients et pour qu’il soit disponible si facilement. Ils arrivèrent à un étage et débouchèrent sur un long couloir, froid et sordide.
- Je me demandais bien quand vous viendriez le reprendre, dit le docteur en saluant un infirmier.
- Pardon ?
- Oui, ce n’est pas un malade. Il est tout à fait normal sur le plan psychique et je suppose que vous venez l’arrêter pour exhibition, fuite ou je ne sais quoi …
- Et bien, je suis surtout ici pour …
Williams s’arrêta et fit face à James qui sursauta devant sa réaction violente. Le docteur n’avait alors plus son air endormi et repu comme à la réception. Il semblait fatigué, énervait, presque effrayé.
- Je me fiche de savoir ce que vous êtes venu faire ! Soit vous m’en débarrassez, soit je le mets à la porte.
- Il vous a causé des problèmes ? demanda James en repoussant le docteur.
- Aucun, mais je ne veux plus le voir. Il ... Il …
- Il quoi !
Le docteur s’assit sur une chaise et regarda James.
- Il est intelligent, beaucoup trop intelligent. Il sait tout, il peut tout savoir. Tiens, l’autre jour il m’a dit que j’étais allergique au nitrobéthamol de potassium. C’est un composant rare de certain médicament, et il avait raison ! J’ai cinquante-cinq ans, je suis un médecin et je ne m’en suis jamais rendu compte. Pour qu’il le sache il aurait fallu faire des analyses ou … mais il n’y a pas que cela !
- Une minute, rétorqua James pour stopper Williams dans sa démence. Il vous a parlé ?
- Oui, il a englouti tous les livres de notre bibliothèque en seulement quelques jours. Et comme il n’était pas mentalement déficient nous l’avons laissé avoir accès aux ordinateurs de la salle informatique. Vous n’avez pas idée de la vitesse à laquelle il peut ingurgiter toutes ces choses.
James recula et se frotta le front. Le mystère venait de s’épaissir une nouvelle fois. A présent, une seule chose comptait : rencontrer George Lloyd.
- Je veux le voir tout de suite.
- Prenez le second couloir et ce sera la première porte à droite. Allez-y tout seul, je ne peux pas le revoir, c’est au-dessus de mes forces.
James laissa Williams en train de se morfondre et après quelques pas il finit pas trouver la pièce où était George. C’était un bureau, avec une décoration des années 70 avec des papiers peints qui avaient mal vieillis. Assis sur une chaise, l’homme semblait concentré dans la lecture d’un livre visiblement très épais. James entra et referma la porte derrière lui.
- Ce fut douloureux ? s’enquit George immédiatement.
- Quoi donc ? demanda James déconcerté.
- La fracture de votre poignet évidement, vous étiez jeune quand cela vous ait arrivé. Je suppose que vous avez dû souffrir.
Subitement, tout revint dans la mémoire de James. Alors qu’il avait sept ans, il avait grimpé à un arbre dans le jardin de ses parents et s’était brisé le poignet après une mauvaise chute. James n’arrivait pas à le croire, sa femme l’ignorait et lui-même l’avait occulté jusqu’à maintenant. Il se demanda comment un homme apparu dans un vieil entrepôt pouvait savoir ce qui lui était arrivé il y a des années, et ce dans un autre état.
- Comment savez-vous ? Vous êtes télépathe ? Et d’abord comment avez-vous faits pour apprendre notre langue si facilement ?
George referma le livre doucement et pivota sur son fauteuil pour faire face à James. Il avait l’air en meilleure forme et ses cheveux étaient coiffés en arrière.
- C’est en écoutant la manière dont vous avez refermé la porte, dit-il calmement. Vous avez tournée la poignet d’une certaine manière que votre poignet a légèrement craqué ce qui prouve qu’il a été fracturé. Comme vous n’avez pas émis de soupir ni arrêté votre mouvement cela signifie que la fracture est ancienne car vous n’y faites plus attention. Non, je ne suis pas télépathe. Et enfin j’ai appris votre langue en lisant vos livres et écoutant la télévision, et je dois reconnaître qu’elle est assez complexe.
James s’assit dans un fauteuil juste à côté de George et il comprit alors pourquoi le docteur Williams paraissait aussi embarrassé. James voulut dire quelque chose mais les mots avaient du mal à sortir de sa bouche. Trop de questions se bousculaient dans sa tête et il ne savait pas par quoi commençait.
- D’où venait-vous ?
George fit exactement la même chose que dans l’ambulance et pointa son index vers le haut. James ne savait pas comment interpréter cela et préféra ne rien imaginer pour le moment.
- Qui êtes-vous réellement ? interrogea-t-il. J’entends pas là, quel métier exercez-vous, quand et où êtes vous né, quelle est votre adresse, quels sont vos passions ? Je vous demande tout cela car, bien que vous prétendez vous appelez George Lloyd, vous ne figurez dans aucune base de données, au vu de la loi vous n’existez pas alors je me demande bien qui vous pouvez bien être.
George se leva et regarda par la fenêtre en croisant ses bras dans son dos.
- Ce n’est pas mon nom exact mais je l’accepte. Sinon, nous dirons que je viens d’un pays très lointain et que c’est la raison pour laquelle vous ne trouvez rien à mon propos. Je suis ici par ce qu’on m’y contraint, mais je ne vous divulguerez rien de plus. Je sais que vous êtes quelqu’un de curieux, je sais que vous adorez par-dessous tout découvrir la vérité, c’est pourquoi d’ailleurs vous êtes policier, mais me concernant vous ne saurez rien.
James n’était pas décontenancé, bien au contraire. George le fascinait, il n’y avait rien de maladif. James menait une vie heureuse mais monotone et à présent il y avait quelque chose de nouveau, de tous les crimes, de tous les délits, et de tous ce qu’il avait vu, George était unique, et c’est ça qui l’enchantait.
- Vous avez un endroit où loger ?
- Je vous répète que je ne vous dirai rien.
- Ah non, vous l’avez mal compris, s’exclama George. Comme vous allez sortir de l’hôpital, il va falloir que vous trouviez un endroit ou vous loger.
George parut soudain moins sûr de lui. Apparemment il pouvait savoir énormément de chose mais il était là présenté à un problème qu’il n’avait pas prévu et ne dit rien.
- Si vous veniez chez moi ?
George parut surpris, mais pas autant que James qui n’en revenait pas d’avoir proposé une telle chose. Que dirait sa femme ? Et le commissaire ? Après tout il s’en fichait. La seule chose qui comptait pour lui était d’en apprendre davantage, comme s’il était animé d’une curiosité malsaine et inquisitrice. Et qu’elle n’était pas la meilleure façon d’en savoir plus sur cette personne que de l’avoir chez soi ? James réorganisa ses idées et tendit sa main vers George.
- C’est d’accord ?
George esquissa un sourire et lui serra la main en guise d’acceptation. Puis James serra à son tour sans savoir que désormais, sa vie allait considérable changer.
Que de monde !
Ah non, vous l’avez mal compris, s’exclama George. Comme vous allez sortir de l’hôpital, il va falloir que vous trouviez un endroit ou vous loger.
Ce serait pas Hartigan qui parle ici?^^
Je commente ça plus tard, je passais en coup de vent.
Dois-je continuer s´il n´y a personne ou j´abandonne ?
Continue cela ne fait pas de mal je m´efforcerai de laisser un commentaire, c´est que le temps manque parfois...
Enfin Bonne Chance !
C´est excellent, réellement excellent.
Bien, lu avec deux mois de retard mais avec l´espoir que l´auteur saura voir ce message. Ce texte mérite vraiment une attention particulière. Et le style est manié avec brio.
Je ne m´attarderai pas plus longtemps et souhaiterai voir bientôt une suite.
Je te remercie d´avoir uppé ce texte yohan, car j´ai le même sentiment que toi. J´ai commencé à lire, même si je n´ai qu´un mince espoir a ce que l´auteur revienne... ![]()
son dernier passage remonte en effet au 14 mai dernier...
et j´ai vérifié il n´a fait que ce texte, aucun autre topic à son pseudo ici ![]()
Vous plairez-t-il d´avoir le chapitre suivant ?
Je sais que je n´ai rien posté car personne n´avait lu mais comme j´ai récolté quelques commentaires je me pose la question.
OUAAAAAAAAAAAAIS ![]()
Ce sera avec un grand plaisir que je le lirai, msieur ![]()