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Alridian: Les frères ennemis

scarfy777
scarfy777
Niveau 3
20 janvier 2006 à 18:58:10

une fic que je suis en train d´écrire.
dites moi ce que vous en pensé!

enjoy!

Ils arrivèrent avant le soleil.
On pouvait deviner, dissimulés sous l’obscurité mourante, leurs reflets sur la longue route qui serpentait au milieu des champs. Une fumée, due à la poussière laissée sur le chemin, trahissait également leur présence, à fur et à mesure qu’ils avançaient. S’ils avaient attendu le milieu de la journée pour traverser ces lieux, leur présence aurait été forcément remarquée, car il était inhabituel que des gens d’arme passent ainsi par les prés et les champs de la campagne. En effet, en lieu et place des coups de sabots terribles, on entendait souvent le pâle chant des oiseaux distraits dans les premières lueurs, ou le bruit du vent remontant d’un long périple.
Mais on restait dans un matin brumeux, et personne n’était encore là pour pouvoir les apercevoir, les rares paysans du village voisin, profitant des derniers moments de leur sommeil avant une rude journée. Il n’était pas aisé de commencer l’ouvrage dès les premières lueurs de l’aube, où les visions sont bien trop souvent mensongères, et le labeur rendu par là assez inefficace. En outre, le secteur n’était pas étroitement surveillé par un quelconque seigneur des environs, puisque ces paysans se considéraient indépendants en droits, et assumaient donc de l’être en devoirs. La présence de dix cavaliers environ se rapprochant à grande vitesse n’était donc certes pas dans les mœurs de la région.
Car ils se rapprochaient du village, qui semblait en vérité être leur but premier. Un homme qui menait la colonne, s’éloigna un temps des autres, comme pour vérifier leur destination, et visiblement rassuré, il enjoignit ceux qui le suivaient à accélérer le rythme. Ils comptaient profiter de la nuit encore entière pour entrer dans le hameau sans être aperçus. Ils avaient pour cela quitté l’enveloppe d’ombre qui les recouvrait tantôt, et l’on pouvait distinguer à moins de quelques mètres leur équipement. Néanmoins, une telle observation se révélait sans aucune utilité, puisqu’il s’agissait de mélanges abusifs, basés sur des armures d’origine diverse, et en grande partie rouillées, aux symboles variant selon les hommes, aux armes toutes différentes, dont pas une n’était née dans la même forge, et enfin pas un seul étendard ne flottant à l’horizon. Des épées, des haches, des arcs, même quelques arquebuses, mais de drapeau ou d’étendard, rien.
Et les gens dormaient paisiblement encore, sans se douter de la menace qui planait sur eux, de plus en plus oppressante à mesure que les chevaux et surtout leurs maîtres étaient de plus en plus près. Seuls quelques enfants s’étaient réunis dans une vieille bâtisse, située à proximité, bien calée sous une sorte de coulée rocheuse. Ils jouaient à un rituel étrange, et un feu les éclairait, tandis que le silence et l’inquiétude que montraient leur visage prouvaient que leur visite nocturne n’avait guère été approuvée. Ils entendirent au bout de quelques minutes les chevaux, alors que ceux-ci passaient sur cette coulée, sans remarquer la bicoque sans valeur, et sans âge, située en deçà, et que les vibrations des pas de leurs montures faisaient tanguer.
« Qu’est ce qui se passe ? »
Le jeune garçon, probablement sept ans à peine, était apeuré. Des larmes n’étaient pas loin de couler sur ses yeux, mais il resta calme, surtout pour impressionner ses camarades.
« J’en sais rien, moi. P’tetre bien que l’Comte du pat’lin voisin veut foutre sa chasse nocturne jusqu’ici. »
-J’pens’ pas. Z’auraient pas été autant.
Ils étaient quatre en tout. Atati, la fille de la panetière, Sigmand, son frère, mais surtout les deux qui venaient d’échanger leurs inquiètudes, Nysarin, communément surnommé Nys par ses amis, et le jeune garçon, Harl. C’étaient les deux derniers qui avaient eu les premiers l’idée de profiter de l’abandon de la vieille demeure, et qui avaient programmé les premières rencontres nocturnes, où ils jouaient, causaient, et riaient.
Ils ne surent que bien plus tard que ce fut cette idée qui leur sauva la vie ce soir-là.
En effet, alors même qu’ils partageaient leur perplexité vis à vis des bruits qui venaient du dehors, les soldats, parvenus au centre de la place, commencèrent leur sinistre besogne. Ils se séparèrent dans le silence, pas même un murmure ne fut échangé. Chacun entra dans la maison qui lui avait été au préalable attribuée, puis, après quelques pas, toujours silencieux, égorgeait consciencieusement tous les occupants. Les rares qui tentèrent de résister subirent les flèches des archers attendant au dehors, tout comme les fuyards.

Mais l’opération avait été parfaitement agencée, et aucun événement ne vînt perturber son déroulement.

« C’bizarre quand même. Sont pas partis du village. Faudrait ptet s’inquièter, intervînt Atati, on peut pas savoir c’qui s’passe. »
-Oui, mais s’il y a du grabuge, on est en sûreté.
-Peut-être pas autant que vous le pensiez.
Un homme venait d’apparaître dans l’encablure de la porte. Son casque était massif, il ne laissait transparaître que ses yeux. Son armure était banalisée, et ses couleurs avaient été effacées par le temps, et aussi par la volonté de son porteur.
« Laissez nous ! Qui êtes vous ? bredouilla Harl, proche des sanglots.
-Moi ? Pas grand chose, je le crains. Mais vous vous n’êtes plus rien du tout.
Il se mit en tête de les poursuivre. Les enfants furent prompts à la réaction. Ils se précipitèrent vers un mur, et entrèrent dans un passage secret, dont ils avaient eu connaissance au cours de leurs visites, passant à travers le petit mont sur lequel le défunt village était situé, et ramenant vers des champs plus éloignés.
L’homme partit immédiatement à leur poursuite. La course s’engagea. Au bout de quelques minutes, un cri retentit.
« Aidez moi, je suis tombée ! »
Atati avait trébuché sur un caillou bêtement. Accélérant le pas, ses trois amis ne l’entendirent même pas, et elle disparut dans la pénombre. Nys en tête, ils continuèrent à courir, et arrivèrent enfin à la sortie du tunnel, à partir de laquelle il réussirent à se réfugier dans une cachette, qui servait auparavant de protection contre la colère de leurs parents.
Qu’ils ne verraient plus.

Et alors, ils se rendirent compte qu’ils n’étaient plus que trois.

scarfy777
scarfy777
Niveau 3
21 janvier 2006 à 14:11:48

:up:

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