Hello tout le
!
Je poste une petite nouvelle que je viens d´écrire, donnez moi vos avis! Merci!
C’est fini. C’est bel et bien fini. C’est arrivé si vite que je n’ai rien compris. Je ne m’en suis d’ailleurs toujours pas remis. Dans ma grande chambre blanche, allongé sur mon lit, les bras en croix, je respire lentement en me répétant mentalement que ça y est.
Quand j’en discute avec les gens, avec des amis, des proches, je ne comprends pas leur réaction. Par exemple, au bar du coin, avec Thierry :
« -Non mais tu te rends compte ? » je lui demandais
« -Bien sûr, je sais, c’est terrible… Mais que veux-tu ?
-En si peu de temps, il avait transformé la maison ! Tu te souviens quand tu étais venu chez nous ?
-Oui… C’est vrai, il avait été charmant. Mais ce sont des choses qui arrivent.
-Non, je refuse de l’oublier aussi facilement ! Pas lui. »
Thierry me paraissait d’une froideur extrême. Ses gestes d’énervement qu’il montrait aux autres une fois que j’avais quitté le « Fanny’s » me révoltaient. Comment pouvait-il rester si impassible devant cette nouvelle ?
Je tentais de trouver de la compassion ailleurs, chez ma tante Léonie. Mais sa réaction était semblable à celle de mon ami.
« -Mon pauvre Alphonse… C’est dur pour tout le monde, mais tu t’en remettras.
-Mais, enfin, il était devenu un véritable ami. Une relation s’était tissée entre nous.
-Je sais bien. Avec moi aussi il y avait quelque chose…
-C’est vrai ? Tu veux dire que…
-Non,non, rien à voir avec ce qu’il vivait avec ta sœur, ne t’inquiète pas. Elle ne me l’aurait de toute façon jamais pardonné. Mais tout de même…
-Il était si attachant. Jamais plus on ne…
-Bien sûr que si. Tu connais ta sœur. Avec elle, c’est « Un de perdu, dix de retrouvés ». Elle ne mettra pas longtemps avant de se laisser attendrir à nouveau.
-On verra. J’ai besoin de faire le deuil pour le moment. »
Même si je ne pouvais me résoudre à le penser, Léonie avait raison. Cette disparition ne devait pas nous empêcher de vivre. Même s’il était important aux yeux de tous, même si nous lui avions réservé une chambre dans notre foyer (bien qu’il passait ses nuits dans celle de ma sœur Elyzabeth) et même s’il était par conséquent devenu membre à part entière de la famille, nous ne devions rien laisser transparaître.
Mais malgré toute notre volonté, nous ne pouvions y arriver. Elyzabeth était bien évidemment la plus atteinte. Même si elle n’avait pas été sa première maîtresse, elle avait manifestement pris une place extrêmement importante dans sa vie, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il s’installa finalement chez nous.
J’étais moi aussi totalement chamboulé par son absence. D’une manière incompréhensible, je ne parvenais à m’en remettre. Les jours passaient, sans que son souvenir me quitte. Voir Elyzabeth, le regard noyé de larmes, son visage déchiré par la douleur, ne faisait que me plonger plus profondément dans ma tristesse. Il avait une présence rassurante auprès de nous, notamment de ma sœur. J’avais senti, dès son arrivée à la maison, qu’elle se sentait désormais rassurée,comme si plus rien ne pouvait lui arriver. Et même si c’était bien évidemment faux, cela m’amusait et renforçait la complicité qui nous unissait. Ses habitudes me manquaient et cela troublait mon quotidien. Ne plus le voir s’étirer le matin, déjà réveillé, alors que nous prenions notre petit déjeuner me déprimait.
Comme tous les mâles qui se respectent, il avait pour habitude de laisser traîner ses poils, notamment dans la salle de bains. Et même si nous n’aurons désormais plus à le lui faire remarquer, je ne suis pas pour autant content.
Je me souviens que tous les soirs, ma sœur et lui s’installaient dans le canapé du salon. Il se tenait dans ses bras, jouait parfois avec ses mèches de cheveux, et elle riait. Au fil de la soirée, ils étaient tous les deux de plus en plus proches. Puis, quand la fatigue commençait à gagner chacun de nous, je la voyais lui caresser doucement la queue, signe qu’il était temps pour eux de monter.
Je ne pensais pas ça possible, mais Félix avait véritablement marqué mon existence. Au revoir mon minou.