Ma chérie,
Je dois dire que je suis impatient à l’idée de te voir. Bientôt cinq longues années que je suis enfermé dans cette prison miteuse où la moisissure n’aura définitivement rien épargné. Je me languis vraiment à l’idée de te caresser, de sentir son souffle chaud sur mon visage balafré. Je me plais à t’imaginer belle et effrontée. Sauvage comme le vent qui souffle à travers les bois et qui fait plier les arbres sous sa fureur. Je t’idolâtre réellement, mes camarades de cellule doivent sans cesse subir mes récits sur ta splendeur. J’espère que tu te montreras vraiment à la mesure de mes attentes, je te désire depuis si longtemps. Que m’offriras-tu au moment de ma sortie ? Fais-moi rêver. Un voyage sur les plus belles îles du monde, à l’eau si turquoise qu’on croirait le reflet d’un saphir encore pur. Ou bien comptes-tu m’entraîner avec toi dans les jungles amazoniennes ? Je te préviens d’avance, les reptiles m’horrifient, je m’évanouis à la seule vue d’un lézard !
Quoiqu’il en soit, la seule allusion faite à toi me met dans un état second ! On ne cesse de me bassiner sur tes vertus ! Il paraîtrait même que tu aurais le pouvoir de redonner le goût de vivre à un homme ! Je suis vraiment épris de toi, avant même de t’avoir frôler. Fais-tu cet effet à tous les hommes que tu vas embrasser dès leur sortie ? En tout cas, c’est grâce à toi que j’ai tenu durant toutes ces années. L’idée, la vision de pouvoir partir avec toi comme alliée, comme amante…
Liberté, tu es vraiment tout pour moi.