Voilà une nouvelle assez particulière, mélangeant politique et amour. Enjoy (ou pas!):
Diono
Je branchai l’enceinte à ma guitare électrique. De multiples fils parsemaient le chemin jusqu’aux multiprises les plus proches. Dans la cour du collège, tout le monde nous regardait bizarrement, comme si on était des monstres gluants et verdâtres. Je regardai derrière moi : Le piano était installé, la batterie également, la deuxième guitare électrique et la basse étaient branchés. Le micro était installé et branché sur les enceintes.
_ Un, deux. Un, deux. » énonçai-je dans le micro.
Une journée avant, j’avais quelque peu déréglé l’horloge du collège d’une demi-heure en faisant croire que j’avais mal au ventre. Ca marche toujours avec ses cons de profs.
Des élèves s’arrêtèrent devant nous. Je jouai un coup de ma guitare. Le son est parfait. Le piano joua une mélodie. Parfait également. La batterie, la seconde guitare et la basse jouèrent. Les enceintes rendent bien. Que c’est bon d’entendre ces instruments. Je ne serai jamais habitué.
Une fille s’arrêta devant la scène. C’était elle, Patricia. Enfin je connaissais son prénom, depuis tellement longtemps j’en rêvé. Il faut que je touche son cœur...À la fin. C’était sûrement idiot de ma part, mais je devais le faire.
_ Bien, salut à tous. » énonçai-je dans le micro.
Tout le monde s’arrêta de parler et nous regarda.
_ Je suis sur que vous vous demandiez pourquoi il y a tous ces instruments. La raison est simple. Après l’élection de Le pen comme président de la république, nous allons essayer de vous faire comprendre, à travers des chansons, qu’il ne faut pas tomber dans le racisme pur. Essayer de résister contre la dictature de ce raciste. On est jeune, il ne faut pas inculquer le racisme à nos prochains enfants et à nos petits-enfants. Que ce pays reste ce qu’il a toujours été : Un pays libre de droit, où toutes les nationalités sont acceptés, où tous les hommes et femmes de couleur de peau différentes soient libres. Nous voulons seulement ce qu’était la France avant l’élection de ce dictateur...Une démocratie. »
Les élèves applaudirent poliment.
Ils s’arrêtèrent en entendant la guitare électrique de Maxime, l’un des meilleurs guitaristes que je connaisse. Il avait mon âge, 14 ans, mais était doté d’un formidable talent. J’avais un trac terrible. Déjà, dans une salle de vingt personnes, je n’arrive pas à chanter tellement j’ai peur, alors devant mille jeunes dans un collège... La batterie commença à jouer...Je ne pouvais plus reculer. Les instruments jouaient l’air de « Fils de France », de Damien Saez. Enfin, je poussai la première note du chant :
"J´ai vu, les larmes aux yeux, et les nouvelles ce matin
20% pour l´horreur, 20% pour la peur.
Ivre d´inconscience, tous Fils de France.
Au pays des lumières, amnésie suicidaire.
Non non Non Non.
Nous sommes, nous sommes
La Nation des Droits de l´Homme.
Nous sommes, nous sommes
La Nation de la Tolérance.
Nous sommes, nous sommes
La Nation des Lumières.
Nous sommes, nous sommes
à l´heure de la Résistance.
Pour les rêves qu´on a fait, et pour ceux qu´on fera.
Pour le poing qu´on a levé, pour celui qu´on lèvera.
Pour un idéal, pour une utopie.
Allons marchons ensemble enfants de la Patrie.
Fils de France !
ça, pour baisser la tête, Ah oui, ça t´aime bien les minutes de silence
Fils de France !
C´était à peine hier, et déjà tu brandis le drapeau de l´ignorance
Fils de France !
Nous n´oublierons jamais que nous sommes et seront les fils de la Résistance.
Fils de France !
Au royaume des aveugles tu sais bien ce qu´on dit les borgnes sont les rois.
Y a ces ombres derrière nous, y a ces idées vendues,
y a ces drapeaux qui flottent et des hymnes dessus,
et puis y a toi mon frère, Oui toi qui n´y croit plus
et puis y a nos prières et nos causes perdues.
Honte a notre pays, honte à notre Patrie,
Honte à nous la jeunesse, honte à la tyrannie,
Honte à notre pays, revoilà l´ennemi,
Allons marchons ensemble enfants de la Patrie.
Nous sommes, nous sommes
La Nation des Droits de l´Homme.
Nous sommes, nous sommes
La Nation de la Tolérance.
Nous sommes, nous sommes
La Nation des Lumières.
Nous sommes, nous sommes
à l´heure de la Résistance.
Nous sommes, nous sommes
La Nation des Droits de l´Homme.
Nous sommes, nous sommes
La Nation de la Différence.
Nous sommes, nous sommes
La Nation des Lumières.
Nous sommes, nous sommes
à l´heure de la Résistance"
Je répétai le refrain encore une fois, un doigt d’honneur levé vers le ciel, en criant à la fin : « Le pen, salopard !! »
La guitare tint la note de fin, et se tut. La « foule » applaudit, applaudit encore. Je souris en voyant Patricia applaudir de toutes ces forces, le sourire aux lèvres. Je me retournai vers mes amis musiciens. Eux aussi avaient le sourire.
_ Maintenant, » déclarai-je dans le micro « Une autre chanson, un peu plus rock, qui nous touche beaucoup plus, nous, les jeunes. »
Jimmy commença à jouer de son instrument favori, la batterie. Maxime, le guitariste, et Valentin, le bassiste, commencèrent à jouer.
Je jouai de ma guitare la mélodie douce de « Jeune et con », écrite par Damien Saez, et chanta les paroles d’une voix calme :
"Encore un jour se lève sur la planète France
Et je sors doucement de mes rêves je rentre dans la danse
Comme toujours il est huit heures du soir j´ai dormi tout le jour
Je me suis encore couché trop tard je me suis rendu sourd encore"
Je commençai à faire monter la puissance de ma voix grave et à jouer de plus en plus fort de ma guitare :
"Encore une soirée où la jeunesse France
Encore elle va bien s´amuser puisque ici rien a de sens
Alors elle va danser faire semblant d´être heureux
Pour aller gentiment se coucher mais demain rien n´ira mieux
Puisqu´on est jeune et con
Puisqu´ils sont vieux et fous
Puisque des hommes crèvent sous les ponts
Mais ce monde s´en fout
Puisqu´on est que des pions
Content d´être à genoux
Puisque je sais qu´un jour nous gagnerons a devenir fous
Encore un jour se lève sur la planète France
Mais j´ai depuis longtemps perdu mes rêves je connais trop la danse
Comme toujours il est huit heure du soir j´ai dormi tout le jour
Mais je sais qu´on est quelques milliards a chercher l´amour encore
Encore une soirée ou la jeunesse France
Encore elle va bien s´amuser dans cet état d´urgence
Alors elle va danser faire semblant d´exister
Qui sait si l´on ferme les yeux on vivra vieux
Puisqu´on est jeune et con
Puisqu´ils sont vieux et fous
Puisque des hommes crèvent sous les ponts
Mais ce monde s´en fout
Puisqu´on est que des pions
Content d´être à genoux
Puisque je sais qu´un jour nous nous aimerons
Comme des fous
Encore un jour se lève sur la planète France
Et j´ai depuis longtemps perdu mes rêves je connais trop la danse
Comme toujours il est huit heures du soir j´ai dormi tout le jour
Mais je sais qu´on est quelques milliards à chercher l´amour"
La batterie commençait à jouer de moins en moins fort, les deux guitares et la basse également. Je chantai la dernière phrase de la chanson en un murmure, puis ma voix s’éteignit. Les élèves présents applaudirent, plus enthousiaste qu’avant.
_ A quoi sert le piano ? » demanda Patricia d’une voix enthousiaste.
Tout le monde arrêta d’applaudir et regarda Patricia avec étonnement et me regarda. Je la regardai sereinement.
_ Et bien, » dis-je dans le micro, un peu essoufflé « On va vous en chanter une dernière. Celle là sera très différente des autres car c’est une chanson d’amour, dédiée à une personne en particulier. Et le piano sera utilisé. »
Je fis un signe à Simon, le meilleur pianiste que je connaissais, et celui-ci commença à jouer. Je posai ma guitare sur le sol, et prit le micro, en dépit du support. Enfin arriva le moment où je commençai à chanter les belles paroles de « Love of my life », de "Queen" :
"Love of my life you´ve hurt me
You´ve broken my heart and now you leave me
Love of my life can´t you see
Bring it back bring it back
Don´t take it away from me
Because you don´t know
What it means to me
Love of my life don´t leave me
You´ve taken my love you now desert me
Love of my life can´t you see
Bring it back bring it back
Don´t take it away from me
Because you don´t know
What it means to me
You will remember
When this is blown over
And everything´s all by the way
When I grow older
I will be there at your side to remind you
How I still love you I still love you"
La guitare de Maxime et la basse de Valentin jouèrent une mélodie magnifique, d’une beauté à en faire pleurer un croquemitaine. Je sentais que personne ne respirait, personne n’osait bouger, personne ne voulait briser ce silence. Je retirai le micro de son support, parti en direction de la « foule », plus précisément vers Patricia. Mon cœur battait à fond, comme si mes entrailles allaient explosés. Enfin, j’ai cru que ma marche avait duré une éternité, je me trouvai devant elle. Je chantai d’une voix tremblante mais assurée et pleine de sentiments :
"Back hurry back
Please bring it back home to me
Because you don´t know
What it means to me
Love of my life
Love of my life
Yeah"
Je tenais sa main. Le piano continua à jouer la mélodie au moment où j’embrassai Patricia. Elle avait les lèvres douces, elle embrassait divinement. Mon cœur ne battait plus à cause du trac, mais à cause de l’amour que je portais pour Patricia.
_ Je m’appelle François. » dis-je à Patricia d’une voix douce.
Le piano s’arrêta. Je retournai sur la scène et d’un seul coup, La foule nous acclamés.
Moi, Simon, Maxime, Jimmy, et Valentin, étaient applaudis comme des princes, comme des stars. Nous nous plaçâmes devant la scène et nous nous agenouillâmes devant la foule. On avait le sourire aux lèvres. Enfin, on n’était reconnu pour ce qu’on faisait. On se releva et on cria :
_ Merci à vous ! Et maintenant, appelez nous Diono ! »