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[Nouvelle] Mourir ou ne pas mourir...

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
11 janvier 2006 à 20:04:11

Une petite nouvelle... Bonne lecture. I hope. ^^

Suis-je mort ? Peut-être. Je ne sens plus rien. Je sais juste que j’ai embouti l’arrière d’un camion. Quand ? Aucune idée. Tout est brouillé. J’essaye d’ouvrir les yeux… sans succès. Bon, un autre moyen. Je parle. Je le tente, plutôt, parce que rien ne sort ; Et puis j’entends une voix. Une jeune femme ; belle sûrement. Mon épouse ? Tiens, c’est vrai, je suis marié. Non, ce n’est pas sa voix. Aller, un dernier essai… et mes paupières s’écartent enfin ! Je ne suis pas mort. Pourtant, on dirait un ange, avec sa chevelure dorée qui tombe en cascade sur ses épaules. Ca me plairait bien, mais non, c’est une infirmière, elle me le dit. Donc, on m’a emmené à l’hôpital Saint-Jean. Je ne sais pas si la nouvelle me plait. Tant pis, je dois m’y faire, je ne mourrai pas encore aujourd’hui. Elle m’introduit trois gélules dans la bouche et avec un léger sourire m’annonce qu’elle est heureuse que je me réveille enfin. Mon chauffeur a eu plus de chance, il a déjà repris l’activité de la vie depuis deux jours. Et je suis là depuis trois. Tiens, c’est vrai, en tant qu’homme politique on est aux petits soins avec moi, et j’ai droit à un chauffeur. Un chauffeur suicidaire, par contre, c’est moins intéressant. Maintenant qu’elle m’en parle, c’est lui qui a appuyé sur le champignon pour foncer sur le deux tonnes devant. Il aurait mieux fait d’aller plus vite. Nous serions morts. Bon, aller, on me tuera autrement. Dans pas longtemps si possible. Je ne suis pas croyant, mais j’émets ce souhait à l’encontre de Dieu. Rappelez-moi à vous !
Ah ? Elle est partie. Et je n’arrive toujours pas à parler, encore moins à bouger. Donc je ne peux pas demander qu’on m’euthanasie. Puisque je suis le plus grand politique du pays – comprenez une île perdue sur le Pacifique – ils devraient m’administrer la piqûre sans rechigner. Dommage. Cherchons une autre solution. Et à ce moment-là, alors que je suis encore perdu dans mes pensées, la porte grince. Ne pouvant tourner la tête, je regarde le miroir devant mon lit, qui me permet de voir à l’entrée de la chambre. Mon chauffeur ! Cet imbécile qui n’a pas avancé assez vite ! Tiens, il garde une main derrière son dos. Un cadeau ? Quelle attention aussi touchante qu’inutile. Dois-je rappeler que je ne peux pas me servir de mes deux membres antérieurs ? Ah, non, ce n’est pas un cadeau. Enfin, si, en quelques sortes. Mais celui-là n’est pas inutile. Et n’a rien de touchant. Dans sa main gantée brille un poignard ! Génial, il va me tuer, et moi je vais en finir avec cette vie !
— Vous, là-bas, arrêtez !
Zut. Un médecin qui vient gâcher ses plans. Pas de chance. Mon assassin se retourne, sans montrer son visage pour ne pas qu’on puisse le poursuivre, et s’enfuit à toutes jambes. Bon, décidément le destin ne semble pas souhaiter que je meure aujourd’hui. Il faudra m’en contenter. Espérons seulement qu’il vienne accomplir sa tâche plus tard dans la journée, c’est bête de rater si près du but. Ca doit être frustrant. Pas que pour lui, malheureusement. Et moi, je sais que si je m’en sors je n’aurai pas le courage de m’éliminer moi-même.
— Vous n’avez rien ? s’informe le docteur, qui vient d’entrer.
J’aimerais bien lui répondre. « Si ! Cet imbécile, non content d’avoir raté son accident meurtrier, n’a pas non plus été capable de m’achever, même condamné à l’immobilité ! Je suis entouré d’incapables. » Seulement, je ne peux pas parler. Et puis de toute façon, ç’aurait été idiot de dire ça. J’aurais révélé de qui il s’agissait, on l’aurait retrouvé, et donc il n’aurait pas pu remettre cette partie de jeu si excitant à un autre jour. L’autre doit avoir pensé que j’ai répondu par l’affirmative à sa question, parce qu’il est reparti en trombe, poursuivant ma seule carte de sortie de ce monde, et par conséquent la seule entrée gratuite pour un aller simple dans l’au-delà. C’est dingue, quand même. On paye tout dans la vie, même notre naissance n’est pas totalement donnée. Seule la mort, temps qu’il ne s’agit pas d’un suicide, et temps que l’assassin ne vous tue pas avec un de vos biens, est gratuite.
On s’ennuie, quand même, dans un lit d’hôpital, réveillé mais immobile. Alors je décide de rechercher toutes les manières qu’on pourrait mettre en œuvre pour m’assassiner. Ici. L’arme blanche plongée dans le cœur, même si ce n’est pas très original, reste efficace. On pourrait m’administrer un poison, aussi. Mais ce n’est pas simple. Bon, il y a l’euthanasie, mais temps que je suis muet ça va être difficile. M’assommer. Puis taper encore jusqu’à ce que le crâne explose. C’est marrant, ça. Mais là, je commence à être à cours d’idées. Comment pourrait-on me tuer… ? Non, je n’ai plus d’imagination. Enfin, si, une petite dernière pour la route, mais tellement classique que ça me ferait du mal de mourir ainsi : qu’une petite balle de plomb vienne se loger entre mes côtes, juste entre les ventricules. Quoique si c’est parfaitement symétrique, ça peut ne pas être une mort si nulle que ça. Et puis tant qu’à faire, si on me déchiquette aussi les autres organes, ça me va aussi. On ne pourrait plus les utiliser pour des dons ! Ah que c’est bon d’être égoïste de temps en temps, même en pensant à la mort. C’est bizarre, avant j’appréhendais la mort. J’ai même engueulé mon chauffeur lorsque j’ai vu qu’il accélérait, j’ai cru qu’il avait bu. Maintenant, après avoir été si près, j’ai vraiment envie de la côtoyer d’encore plus près. « Dites, y a quelqu’un de libre dans ce bâtiment pour m’exterminer ? » Non, je n’ai toujours pas la force de parler. Que c’est énervant !
Allons bon, et cette porte mal huilée qui crisse encore sous la poussée qu’on exerce par derrière. Alors, qui est-ce ? Ma femme. A la bonne heure ! Bon, et elle aussi a une main derrière le dos. Un flingue ! Un flingue ! Un… Mince, elle elle a un vrai cadeau, assez touchant et inutile. Pas trop peu, en tout cas : une espèce de peluche – un nounours, dirais-je – dont le crâne est bandé. Elle m’aime. Dommage. Elle ne me tuera pas, elle non plus. Et elle commence à me poser des tas de questions : « Comment te sens-tu ? », « Tu vas t’en sortir ? », « Que disent les médecins ? », « Et l’opération, elle s’est bien passée ? ». Du calme, du calme ! Alors, je t’explique en vitesse : je suis muet. Pas encore sourd, mais ça m’arrangerait, puisqu’elle continue. Ah ! elle semble se rendre compte que je ne peux pas lui répondre ! A moins que ce ne soit son imagination qui se tarisse ? Quoiqu’il en soit, tant mieux. Bon, apparemment c’était la deuxième solution. Elle n’est pas spécialement intelligente ; elle vient de repartir en claquant la porte et en lançant distinctement :
— C’est cela, boude et ne me parle plus !
Et maintenant, je fais quoi ? Finalement je ne veux pas devenir sourd, au moins quand elle me parlait je ne m’ennuyais pas totalement. Allez, une sieste. Avec un peu de chance, à mon réveil je serai au paradis, après que Georges, mon chauffeur, ait mené à bien son objectif. Je referme les paupières. Dix minutes après, je ne dors toujours pas. Vingt minutes. Une demi-heure. Trois quarts d’heure…

Ma tête bourdonne, mon cerveau semble embrumé. Me serais-je par hasard endormi, finalement ? Apparemment, oui. Je rouvre les yeux, et face à moi je vois un médecin, un masque sur le visage. A côté trois infirmières. Je leur souris. Eux me jettent un regard horrifié. Je relève la tête – Ô joie, j’y arrive ! – et je remarque que je suis sur une table d’opération. Bon, d’accord. Et pourquoi je ne sens rien, alors qu’on me triture le corps ? Petit à petit, la douleur me parvient. Ah, d’accord, il faut le temps que le corps se réveille. Attention, je vais crier. Enfin, si mes lèvres veulent bien se décoller. Elles ne veulent pas, je me crispe. Je vois une infirmière, la blonde, qui accourt avec un appareil en main…

Je cligne quelques fois des yeux. Bon, Dieu ne m’aime pas, je pense l’avoir compris. Il doit haïr tous les hommes politiques. On magouille, on traite des affaires pas nettes et dont on ne parle pas au peuple… Bon, ce n’est pas brillant, mais avouez que vous le saviez. Non ? Désolé, vous devez avoir un choc. Non ? Dommage. Donnez cette feuille à votre grand-père – vous savez, celui qui a des problèmes de cœur – avec un peu de chance il aura une crise cardiaque en l’apprenant et il rejoindra les cieux. Non ? Vous ne voulez pas. Tant pis, j’aurai essayé. Il ne sait pas ce qu’il manque. Ah, il est déjà mort, celui qui avait des problèmes cardiaques ? Tiens, même ici je rate tout ce que j’entreprends. C’est pas joyeux.
Ah, oui, je peux relever la tête, j’y pense. C’est toujours ça. Et les bras ? Miracle ! Et les jambes ? Génial ! La bouche ?
— Magnifique, souris-je.
Et les oreilles ? Ah, non, c’était mon chauffeur qui parvenait à les faire bouger, pas moi. J’avais même oublié ça. Bon, c’est pas tout ça, mais et l’euthanasie, si je la demandais ? Je regarde rapidement autour de moi, et remarque un bouton carré, brillant d’une lueur orangée. Ce fameux bouton qui me permet d’appeler les infirmières à moi. J’appuie. Une minute plus tard, la blonde – la même qu’à l’opération – arrive. Entre temps, j’ai déjà oublié que je voulais une euthanasie. Ou peut-être que comme elle mène la danse des questions, j’oublie de demander cela.
— Ah ! Vous êtes enfin réveillé ! me dit-elle en un large sourire.
— Je dormais depuis quand ?
— Hier, on vous a opéré, vous vous souvenez ?
Non, je ne me souviens pas, mais ça m’a quand même fait rigolé. Evidemment, je m’en souviens ! Mais non, je me retiens de lui balancer ça.
— Oui, et ?
— Après-demain, vous devriez être apte à repartir. Demain si votre état s’améliore encore plus rapidement que prévu.
D’accord. Georges, s’il te plaît, viens aujourd’hui. Avec la chance que j’ai, je suis certain que ça va s’améliorer d’ici demain. En repartant, la jeune femme dépose une télécommande sur la tablette. Je m’en saisis immédiatement, et j’allume la télé.

Nous sommes demain. Mon chauffeur n’est pas venu. Le médecin vient de m’annoncer que dans une heure je suis sur pieds, chez moi. D’accord. Je veux bien le croire. Ma femme m’adresse un discret signe de la main pour me signifier sa présence, dans l’encadrement de la porte. Je me redresse, tente de tenir debout. Au début, c’est difficile. Dix minutes plus tard, nous sommes à l’accueil. Et nous nous en allons. D’accord, donc je ne suis pas mort. Enervant. Vraiment.
Alors que j’ouvre la portière, un coup de feu retentit. Une balle se fiche entre mes omoplates. Ah ! Enfin ! Dieu se décide à me donner un petit coup de pouce ! Puis je m’écroule.

Un tunnel. Blanc. A perte de vue. Directement, je pense au coma. Dieu, je te hais. Je m’assieds, peut-être que je finirai par revivre. Autour de moi résonnent toutes sortes de voix – entre autres j’entends celles de ma femme, du médecin, de l’infirmière blonde. Puis je suis tiré de ce cauchemar. J’essaye d’ouvrir les yeux. C’est plus simple que l’autre fois. Les trois visages m’observent. Ils sont heureux. Moi je trouve que Dieu est vraiment un salaud. Cette fois, il me faudra plusieurs jours pour récupérer. On m’annonce aussi qu’on a mis la main sur Georges, qu’il est derrière les barreaux, et que donc je n’ai plus de souci à me faire. Je vais les étrangler. Ma femme, le médecin, l’infirmière blonde, mon chauffeur, le ou les policiers qui l’ont arrêté… Je vais raser cet hôpital. La prison aussi. Petite vengeance sur toi, Ô Grand Dieu.

J’ai fait raser l’hôpital. La prison, le président m’en a empêché. Il a réussi. D’habitude c’est moi qui le manipule. Pour la première démolition, d’ailleurs, j’y suis parvenu. Je n’ai pas étranglé ceux que je voulais, par contre. Et là, je suis dans mon lit. J’essaye de m’endormir, mais je ne trouve pas le sommeil. Tout d’un coup, j’ai l’impression d’entendre une voix. Céleste, le timbre. Majestueux. Qui inspire le respect. Dieu, quoi. Bref, la description type du Créateur Méprisable. Bon, j’écoute quand même. Qu’est-ce qu’il a à me dire ? Qu’il s’excuse de ne pas m’avoir pris ? Que le service des accueils était tellement surchargé que mon souhait n’a pu être exaucé ?
— Ecoute, petit humain, j’ai voulu t’aider, j’ai écouté tes vœux, j’ai fait en sorte que ton assassin puisse se procurer une arme, qu’il puisse te tirer dessus… Maintenant, une fois dans le tunnel, tu n’as pas avancé. Donc tu n’es pas arrivé jusqu’à moi. La prochaine fois, penses-y. Mais la prochaine fois ce sera la mort de vieillesse, j’ai décidé d’arrêter de tenter de t’aider.

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 12 janvier 2006 à 21:21:36

J´ai bién aimé, l´histoire est prenante, se laisse lire :-)

Ya toujours un peu d´humour donc ca me plait bien :-)

Bah sinon, le texte est bien ( je me répète ) et si tu faisune suite je suis laaa :-)

Lazy
Lazy
Niveau 4
12 janvier 2006 à 21:28:19

Bon texte, mais je n´arrive pas à comprendre pourquoi le personnage principal veut mourir après son accident. Bon faut dire, je suis dans de mauvaises conditions (mauvaise journée de cours ^^), mais je trouve le texte bon et bien écrit.
Continue ! :ok:

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
13 janvier 2006 à 21:22:25

Merci. :)

Lazy ~~> A vrai dire, il n´y a pas vraiment à comprendre le pourquoi. :-p Je suis pas sûr de savoir moi-même. :o))

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
10 février 2006 à 20:47:07

Up... :)

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
10 février 2006 à 21:00:33

je suis dan sle même cas que lazy...

très bon tout de même...

par contre, j´ai l´impression que tu veux faire une chute marrante, mais -sans vouloir te vexer- c´est pas très réussi :)

il faudrait que tu l´amènes un peu mieux, je pense :)

voilà, sinon, pas mal :)

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
10 février 2006 à 21:05:07

Oui, j´avais déjà remarqué que la chute n´était pas aussi réussie qu´espéré. :o)) Merci d´avoir lu. :)

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
10 février 2006 à 21:27:44

de rien, c´était un plaisir :o))
merci d´avoir écrit :)

myssmelmel
myssmelmel
Niveau 10
10 février 2006 à 21:50:01

bien aimé :)

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
10 février 2006 à 22:54:17

Un texte agréable. Quelques lourdeurs dès fois, mais elles sont ausis présentes que les fautes, donc pas trop de problèmes.
Un humour assez agréable, mais qui aurait pu être beaucoup plus sombre, je trouve que cela aurait pu être nettement amélioré avec un peu plus de profondeur.
Sinon, "Nous sommes demain.", j´ai adoré cette expression. Bref, plaisant, plaisant tout ça :-)

LeConseiller
LeConseiller
Niveau 10
11 février 2006 à 14:46:45

Excellent ! Comme je te l´ai déjà dit sur MSN, c´est un de tes meilleurs textes. L´expression est distinguée, la lecture aisée, et l´intrigue intriguante :p)

J´adore aussi le "Nous sommes demain". :)

Mais bon, comme beaucoup te l´ont dit, la fin est désastreuse :p) A retravailler, et les texte sera perfect ;- )

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