CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Liste des sujets

[Nouvelle] Amour sans faille

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
10 janvier 2006 à 19:16:17

Voilà une nouvelle que j´ai écrit hier, d´abord pour écrire, ensuite et accessoirement pour le cours de français. Et j´aimerais bien avoir votre avis (si, si...). Place au texte, et bonne lecture (j´espère ^^).

J’ai gueulé. Fait normal. Mais en pleine boum chez moi, ç’a surpris les potes. En même temps, ils s’amusaient, eux. Et ils n’avaient pas encore remarqué que, tout seul dans un coin, je faisais une gueule d’enterrement. Ca aussi, c’est un fait normal. Ca doit être pour ça qu’ils ne m’ont pas prêté attention. Tout de même, sachant que j’avais organisé la boum l’avant-veille, que je les avais invités cette même avant-veille, tout ça avec une bonne humeur apparente et, vu la tête de mes profs, apparemment contagieuse… Enfin, bref, ils n’avaient pas remarqué. Eux, ils dansaient au centre de la pièce, ils riaient et puis… et puis j’ai gueulé. Je sais pas pourquoi, en fait. J’aurais dû les laisser ; je les avais invité, maintenant je les laissais, c’était logique. Mais non. Fallait que ça sorte. Je les ai tous foutus à la porte, tandis qu’eux ne me comprenaient toujours pas. Avec leurs yeux aussi écarquillés, j’aurais pu me marrer en temps normal. Là, ça ne se prêtait pas. Ils se sont barrés, dépités, en se concertant pour finir par conclure que j’étais fou. Peut-être, je sais pas. Mais qu’est-ce que ça m’a fait du bien, de gueuler un bon coup ! Depuis le matin, je me retenais. Moi d’exploser, mes larmes de couler. Moi, je me suis manifesté en présence des autres ; elles, je ne les ai laissées arriver qu’une fois qu’ils étaient partis. Et là, maintenant… elles ne se tarissent pas. Les spots de la boum clignotent toujours. La musique continue de jouer.
Mais la fête est finie. Depuis longtemps. Avant même qu’elle ne commence, elle était déjà terminée, pour moi. J’aurais dû en inviter plus, et crier plus fort. Je suis certain que je me sentirais encore mieux. Enfin, encore… Peut-on seulement dire que je vais mieux ? J’en doute. Quoique j’arrive à parler… Et j’arrive à pleurer. Mais faire plus serait au-delà de mes forces. Je retire les prises des spots, je tais U2, j’éteins la lampe. Et direction la cuisine. Je fouille la pharmacie, tombe sur un bâton d’aspirines, un autre de somnifères. Un cachet de chaque. Ca fera pas de mal, en tout cas ça ne m’anéantira pas plus que je ne le suis à l’instant. Dans cinq minutes, je suis dans mon lit, pour sept heures au moins.

J’ouvre les yeux, légèrement assommé. Je cligne, quelques fois, et finalement tout me revient. J’aurais volontiers oublié. Pourquoi ça s’est passé ? Vu les évènements qui me pèsent, je ne pense même pas à regarder ma montre. On est lundi pourtant, je dois aller au collège. Bon, rapide coup d’œil sur le cadran…
Et merde, j’ai dormi dix heures, depuis minuit. Ca, ça va pas m’aider. Plus jamais de boum un dimanche soir. Je m’habille en vitesse – enfin, aussi vite que je peux, c’est lent –, je saisis mon cartable, sors et cours en direction du bâtiment. Tiens, j’y pense, j’ai deux heures d’études le matin… Tant mieux, mais faut que je me dépêche d’arriver, l’heure suivante est pour bientôt. Et puis, à mi-parcours, je m’arrête. Pourquoi je serais obligé d’y aller, putain ! Je peux pas. Pas la force… Pas après ce qui s’est passé hier matin. Je fais trois pas en arrière et finalement, à la vue du directeur qui arrive à grands pas sur le collège, bien qu’il ne m’ait pas encore remarqué, et face à la perspective de devoir m’expliquer, j’y retourne. Je sais même pas comment j’arrive à imaginer que je devrais m’expliquer. Mes pensées me dépassent ; je suis dégoûté, anéanti… et j’arrive encore à penser à l’école. Mais pourquoi c’est arrivé ! J’avance plus vite, pour être sûr de distancer le directeur et qu’il ne voie pas les larmes perler sur mes paupières. Elles glissent le long de mes joues, tombent sur le sol… Et j’ai l’impression de les entendre éclater, en un bruit énorme, écrasant. Ca résonne à mes oreilles. Puis ma vision se brouille totalement, je ne retiens plus les pleurs. Ma tête bourdonne, elle devient immensément lourde, mon cerveau est un poids. Pourquoi le cœur ne dirige-t-il pas seul ?
Je n’ai pas remarqué, mais je suis déjà devant l’enceinte scolaire. Un bruit de moteur, derrière-moi. Je me retourne, et foudroie du regard le conducteur de la Peugeot 206, un GSM à la main. Il ne m’a pas vu. Il est passé en coup de vent, sûrement bien plus vite que la limite. Peut-être que c’était lui le con, hier matin ?
Je regarde deux secondes la large porte d’entrée, le regard encore flou. Puis je rentre. De façon automatique, je sors mon journal de classe prouvant que je peux arriver à cette heure-ci devant le surveillant. Juste à temps, la sonnerie de fin de récréation retentit. J’avance dans le rang, sans remarquer que la plupart me jettent un regard empoisonné. La rumeur de la boum semble s’être répandue. Je n’en ai que faire. Pourtant, mon meilleur ami, qui a bien compris que je ne suis pas dans mon état habituel, me pose une main sur l’épaule.
— Eh, tu peux m’expliquer ?
Il n’a pas lu le journal. Ou peut-être que même dans ce journal, ce n’était pas mentionné.
— Morte…
C’est le seul mot qui sort, et encore, ma voix bute sur la deuxième syllabe. Ca lui suffit, il se tait. Il ne la connaissait pas, mais je lui en avais parlé. Il ne cherche même pas à comprendre comment. Je l’aime bien, celui-là.

Durant toute la journée, je me suis tu. Et pourtant, on me connaît pour répondre aux questions du camp professoral, d’habitude. Mais au moins, ils m’ont laissé tranquille. Les élèves aussi d’ailleurs. Pour l’instant, je rentre chez moi. Cette journée d’école, finalement, m’aura achevé. J’ai pas arrêté de ruminer sa mort. Ils l’ont bien emmenée en ambulance, mais j’avais compris que je ne te reverrais plus – mince, maintenant je lui parle même sans le vouloir. Ils n’ont juste pas souhaité confirmer son décès devant tous les passants. J’ouvre la porte, je lâche mon cartable, et me laisse tomber sur une chaise. Marre de cette vie ! Je vais l’arrêter moi-même. Ca ira plus vite.
Overdose d’ecstasy ? Non. Je connais personne qui pourrait m’en filer assez. Je sais ! Je vais me couper les veines avec un cutter ! J’en trouve un dans une petite armoire, je l’ouvre. Et je l’approche de mon poignet… le lâche. Je manque de courage. Je peux pas me tuer ainsi. Me jeter sous un train lorsqu’il passe ? Encore pire. Puis j’ai un éclair de génie, et je vais dans la pharmacie. Je m’empare du tube de somnifères. Presque plein. Ca devrait suffire. C’est bien, mes parents sont partis en vacance, ils ne vont pas pousser de cris hystériques pour que je ne fasse pas ce que je m’apprête à accomplir. Je m’allonge sur le divan et tout passe au fond de ma gorge. J’avale. Le téléphone sonne, déjà le son est tamisé. J’essaye, mais je ne peux pas le saisir. Alors, j’entends la voix sur le répondeur, ce seront les derniers mots de ma vie :
— Monsieur Jean Fortior, qui étiez avec mademoiselle Océane Vandoor lors de l’accident, dimanche, nous vous annonçons…
Je n’entendrai jamais la suite. De toute façon, c’est pour m’annoncer ce que je sais déjà : elle est morte. Je ferme les yeux dans un dernier soupir, je la rejoins. Mon âme s’envole.

La voix dans le combiné continue pourtant : « … avec joie qu’elle s’en sortira ! Il lui faudra seulement plusieurs semaines pour récupérer. Merci de vous manifester le plus rapidement possible à l’hôpital, elle a besoin d’entendre la voix d’une personne qui lui est chère, bien qu’elle soit encore faible et sous assistance respiratoire. »
Un long bip suit le message. Puis le silence se fait dans la maison. Pendant sur le côté du fauteuil, le bras du dénommé Jean Fortior esquisse un mouvement balancier. Une dernière fois.

Lazy
Lazy
Niveau 4
10 janvier 2006 à 20:34:03

Snif, qu´est ce que c´est triste ! :snif:
C´est beau, bien écrit et bien décrit. Je suis sur que tu aurais pu faire mieux avec les pensées du personnage, mais c´est déjà très touchant.
Vraiment bien !

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
11 janvier 2006 à 16:42:04

Merci Lazy. :)

Bon, alors soit le titre de la nouvelle est tellement mal choisi qu´il fait fuir tout le monde, soit on poste pas de commentaires, même après avoir lu. Dans ce cas n´hésitez pas à vous manifester, hein. :o))

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
14 janvier 2006 à 17:35:02

Si quelqu´un passe par-là, et qu´il lit ce message, peut-il me répondre :

"Ca fera pas de mal, en tout cas ça ne m’anéantira pas plus que je ne le suis à l’instant."

~~> Faut-il le second "ne" dans la phrase, ou est-ce qu´il n´a rien à faire là ? Parce que j´ai de gros doutes... ("que je [ne] le suis à l´instant")

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
14 janvier 2006 à 21:24:45

Je vais lire ça mais avant je réponds à ta question.
Il faut les deux "ne" et encore plus fort, il en faut un dans la première partie de la phrase : "ça ne fera pas de mal", ou alors c´est fait exprès.

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
14 janvier 2006 à 21:25:47

La première omition est bel et bien volontaire, comme tous les "ne" oubliés dans ce texte. :-)))

Dame_Mistie
Dame_Mistie
Niveau 10
14 janvier 2006 à 21:33:42

omission*

...
Je n´ai rien à dire sur ce texte.
J´ai beaucoup aimé.
Soit je deviens trop sensible soit tu as réussi à me toucher, à la fin j´avais les larmes aux yeux et la gorge serrée.

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
14 janvier 2006 à 21:35:53

Et au passage, voici la dernière version du texte. XD Il n´y a pas beaucoup d´ajouts, encore moins de changements, donc pour ceux qui ont déjà lu ça ne vaut pas la peine d´être relu. (Vraiment, je pense qu´il doit y avoir tout juste un-deux ajouts, et un changement, le tout étant mineur. :o)) )
Mais pour les autres, autant lire la plus pauffinée. XD

---------------------------

[Amour sans faille]

J’ai gueulé. Fait normal. Mais en pleine boum chez moi, ç’a surpris les potes. En même temps, ils s’amusaient, eux. Et ils n’avaient pas encore remarqué que, tout seul dans un coin, je faisais une gueule d’enterrement. Ca aussi, c’est un fait normal. Ca doit être pour ça qu’ils ne m’ont pas prêté attention. Tout de même, sachant que j’avais organisé la boum l’avant-veille, que je les avais invités cette même avant-veille, tout ça avec une bonne humeur apparente et, vu la tête de mes profs, apparemment contagieuse… Enfin, bref, ils n’avaient pas remarqué. Eux, ils dansaient au centre de la pièce, ils riaient et puis… et puis j’ai gueulé. Je sais pas pourquoi, en fait. J’aurais dû les laisser ; je les avais invité, maintenant je les laissais, c’était logique. Mais non. Fallait que ça sorte. Je les ai tous foutus à la porte, tandis qu’eux ne me comprenaient toujours pas. Je les ai regardés, un par un, les poings serrés. « Allez tous vous faire foutre ! » lançait mon regard noir. Avec leurs yeux aussi écarquillés, j’aurais pu me marrer en temps normal. Là, ça ne se prêtait pas. Ils se sont barrés, dépités, en se concertant pour finir par conclure que j’étais fou. Peut-être, je sais pas. Mais qu’est-ce que ça m’a fait du bien, de gueuler un bon coup ! Depuis le matin, je me retenais. Moi d’exploser, mes larmes de couler. Moi, je me suis manifesté en présence des autres ; elles, je ne les ai laissées arriver qu’une fois qu’ils étaient partis. Et là, maintenant… elles ne se tarissent pas. Les spots de la boum clignotent toujours. La musique continue de jouer.
Mais la fête est finie. Depuis longtemps. Avant même qu’elle ne commence. J’aurais dû en inviter plus, et crier plus fort. Je suis certain que je me sentirais encore mieux. Enfin, encore… Peut-on seulement dire que je vais mieux ? J’en doute. Quoique j’arrive à parler… Et j’arrive à pleurer. Mais faire plus serait au-delà de mes forces. Je retire les prises des spots, je tais U2, j’éteins la lampe. Et direction la cuisine. Je fouille la pharmacie, tombe sur un bâton d’aspirines, un autre de somnifères. Un cachet de chaque. Ca fera pas de mal, en tout cas ça ne m’anéantira pas plus que je ne le suis à l’instant. Dans cinq minutes, je suis dans mon lit, pour sept heures au moins.

J’ouvre les yeux, légèrement assommé. Je cligne, quelques fois, et finalement tout me revient. J’aurais volontiers oublié. Pourquoi ça s’est passé ? Vu les évènements qui me pèsent, je ne pense même pas à regarder ma montre. On est lundi pourtant, je dois aller au collège. Bon, rapide coup d’œil sur le cadran…
Et merde, j’ai dormi dix heures, depuis minuit. Ca, ça va pas m’aider. Plus jamais de boum un dimanche soir. Je m’habille en vitesse – enfin, aussi vite que je peux, c’est lent –, je saisis mon cartable, sors et cours en direction du bâtiment. Tiens, j’y pense, j’ai deux heures d’études le matin… Tant mieux, mais faut que je me dépêche d’arriver, l’heure suivante est pour bientôt. Et puis, à mi-parcours, je m’arrête. Pourquoi je serais obligé d’y aller, putain ! Je peux pas. Pas la force… Pas après ce qui s’est passé hier matin. Je fais trois pas en arrière et finalement, à la vue du directeur qui arrive à grands pas sur le collège, bien qu’il ne m’ait pas encore remarqué, et face à la perspective de devoir m’expliquer, j’y retourne. Je sais même pas comment j’arrive à imaginer que je devrais m’expliquer. Mes pensées me dépassent ; je suis dégoûté, anéanti… et j’arrive encore à penser à l’école. Mais pourquoi c’est arrivé ! J’avance plus vite, pour être sûr de distancer le directeur et qu’il ne voie pas les larmes perler sur mes paupières. Elles glissent le long de mes joues, tombent sur le sol… Et j’ai l’impression de les entendre éclater, en un bruit énorme, écrasant. Ca résonne à mes oreilles. Puis ma vision se brouille totalement, je ne retiens plus les pleurs. Ma tête bourdonne, elle devient immensément lourde, mon cerveau est un poids. Pourquoi le cœur ne dirige-t-il pas seul ?
Je n’ai pas remarqué, mais je suis déjà devant l’enceinte scolaire. Un bruit de moteur, derrière-moi. Je me retourne, et foudroie du regard le conducteur de la Peugeot 206, un GSM à la main. Il ne m’a pas vu. Il est passé en coup de vent, sûrement bien plus vite que la limite. Peut-être que c’était lui, le con, hier matin ?
Je regarde deux secondes la large porte d’entrée, le regard encore flou. Puis je rentre. De façon automatique, je sors mon journal de classe prouvant que je peux arriver à cette heure-ci devant le surveillant. Juste à temps, la sonnerie de fin de récréation retentit. J’avance dans le rang, sans remarquer que la plupart me jettent un regard empoisonné. La rumeur de la boum semble s’être répandue. Je n’en ai que faire. Pourtant, mon meilleur ami, qui a bien compris que je ne suis pas dans mon état habituel, me pose une main sur l’épaule.
— Eh, tu peux m’expliquer ?
Il n’a pas lu le journal. Ou peut-être que même dans ce journal, ce n’était pas mentionné.
— Morte…
C’est le seul mot qui sort, et encore, ma voix bute sur la deuxième syllabe. Ca lui suffit, il se tait. Il ne la connaissait pas, mais je lui en avais parlé. Il ne cherche même pas à comprendre comment. Je l’aime bien, celui-là.

Durant toute la journée, je me suis tu. Et pourtant, on me connaît pour répondre aux questions du camp professoral, d’habitude. Mais au moins, ils m’ont laissé tranquille. Les élèves aussi d’ailleurs. Pour l’instant, je rentre chez moi. Cette journée d’école, finalement, m’aura achevé. J’ai pas arrêté de ruminer sa mort. Ils l’ont bien emmenée en ambulance, mais j’avais compris que je ne te reverrais plus – mince, maintenant je lui parle même sans le vouloir. Ils n’ont juste pas souhaité confirmer son décès devant tous les passants. Je l’ai vu sur leurs visages décomposés, lorsqu’ils ont ramassé le corps. Enfin, je parviens devant ma maison. J’ouvre la porte, je lâche mon cartable, et me laisse tomber sur une chaise. Marre de cette putain de vie ! Je vais l’arrêter moi-même. Ca ira plus vite.
Overdose d’ecstasy ? Non. Je connais personne qui pourrait m’en filer assez… Je sais ! Je vais me couper les veines avec un cutter ! J’en trouve un dans une petite armoire, je l’ouvre. Et je l’approche de mon poignet… le lâche. Je manque de courage. Je peux pas me tuer ainsi. Me jeter sous un train lorsqu’il passe ? Encore pire. Puis j’ai un éclair de génie, et je vais dans la pharmacie. Je m’empare du tube de somnifères. Presque plein. Ca devrait suffire. C’est bien, mes parents sont partis en vacance, ils ne vont pas pousser de cris hystériques pour que je ne fasse pas ce que je m’apprête à accomplir. Je m’allonge sur le divan et tout passe au fond de ma gorge. J’avale. Le téléphone sonne, déjà le son est tamisé. J’essaye, mais je ne peux pas le saisir. Alors, j’entends une voix que je trouve glaciale sur le répondeur, ce seront les derniers mots de ma vie :
— Monsieur Jean Fortior, qui étiez avec mademoiselle Océane Vandoor lors de l’accident, dimanche, nous vous annonçons…
Je n’entendrai jamais la suite. De toute façon, c’est pour m’annoncer ce que je sais déjà : elle est morte. Je ferme les yeux dans un dernier soupir, je la rejoins. Mon âme s’envole.

La voix dans le combiné – loin d’être froide, mais très énergique contrairement à ce qu’il pensait – continue pourtant : « … avec joie qu’elle s’en sortira ! Il lui faudra seulement plusieurs semaines pour récupérer. Merci de vous manifester le plus rapidement possible à l’hôpital, elle a besoin d’entendre la voix d’une personne qui lui est chère, bien qu’elle soit encore faible et sous assistance respiratoire. »
Un long bip suit le message. Puis le silence se fait dans la maison. Pendant sur le côté du fauteuil, le bras du dénommé Jean Fortior esquisse un mouvement balancier. Une dernière fois.

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
14 janvier 2006 à 21:40:07

Merci du compliment. Je pensais pas avoir réussi à être aussi persuasif que ça, par contre. Tant mieux si l´effet donné est celui-là, c´est au-delà de mes espérances...

Bourreau_Kwama
Bourreau_Kwama
Niveau 10
14 janvier 2006 à 21:45:02

C´est beau. Triste aussi. Ça fait quelque chose en lisant ça. Je sais pas quoi... Merci. :-)

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
27 janvier 2006 à 21:22:47

Up...

SophyErzengel
SophyErzengel
Niveau 10
28 janvier 2006 à 12:47:44

C´est plutôt pas mal, mais je pense que ça peut être approfondi. Tu traites la mélancolie, mais avec superflue à mon goût, ne faisant que passer dessus. Tu aurais pu aller plus loin à ce niveau je pense et permettre au lecteur de s´intégrer encore plus dans la peau du narrateur. Tout s´enchaine trop vite également.
Mais bon, ça reste un niveau convenable quand même :-)

Ereold
Ereold
Niveau 5
03 juillet 2008 à 23:51:40

Deux ans et six mois après mais... J'avais envie de remonter ça. (Je suis Alir.)

Zangetsu05
Zangetsu05
Niveau 10
04 juillet 2008 à 00:02:24

Lu.
Très forte inspiration de Roméo et Juliette^^ J'aime beaucoup, c'est efficace et triste, et puis tu retranscris bien l'état d'esprit du narrateur.
Prometteur :ok:

biere_brune
biere_brune
Niveau 10
06 juillet 2008 à 18:20:09

Très joli, bien écrit, une fin superbe. Ca m'a réellement touché, merci pour ce texte :ok:

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
08 juillet 2008 à 00:16:37

Lu.
Très touché sur la fin.Et... c'est tout. Bonne continuation.

Anonymous59
Anonymous59
Niveau 62
08 juillet 2008 à 22:09:58

Tu as réussi à me toucher. C'est très rare.

Jedi-Wars
Jedi-Wars
Niveau 10
12 juillet 2008 à 13:30:01

Rien à dire, à part te confirmer ce que les autres ont dékà dit : c'est fort, touchant et remarquablement bien écrit :ok:
Continue comme ça :-d

Gobougreg
Gobougreg
Niveau 10
30 septembre 2009 à 20:53:03

J'ai lu Roméo et Juliette donc je m'attendais à ce dénouement. Dommage que je m'attendais à cette fin. :snif:

Sous forums
  • Modélisation 3D
  • Montage vidéo
  • Arts Graphiques
  • Ecriture
  • Modélisme
La vidéo du moment