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Liste des sujets

Première année médecine

MaYL
MaYL
Niveau 2
08 janvier 2006 à 14:48:32

Hello tout le monde. Après avoir passé deux années de médecine (première année redoublée comme beaucoup de monde) j´ai décidé de coucher mon expérience par écrit.
Je vous demanderais juste d´être un peu indulgent c´est mon premier essai sérieux et il n´y a pas l´option "italique" sur ce forum, qui constitue pourtant un élément fondamental in my opinion dans le réçit.
En espérant que ça vous plaiera (ou plutôt que ça ne vous décevra pas trop) voici le premier chapitre :

_______________________________________________

Le premier jour de fac. La prérentrée, pour les nouveaux, ceux qui sortent du lycée, pour les plus vieux qui ont décidés de changer de voie, pour les redoublants qui ont décidés de détendre l’atmosphère. Défi difficile à relever en perspective.
La solitude, le manque de marques. Déjà venu visiter plusieurs fois, mais pas pareil. Différent. Plus froid, plus terne, plus étranger. Pas accueillant. Trop propre, aussi. Stérile.
Venu longtemps à l’avance. Plein de rumeurs sur les amphis. Manque de place, cours à prendre debout, jungle, loi du plus fort. Une heure à l’avance. Ne suis pas le seul, plusieurs autres sont là. Une dizaine peut-être. Pas de têtes connues. Ont l’air seuls aussi, mais pas envie de faire des amis. Pas maintenant.
Les minutes passent. Le tableau d’affichage pris d’assaut, emploi du temps à recopier – vite avant qu’il soit arraché. Des groupes se forment. Chanceux locaux, habitant à Revair depuis longtemps. Se connaissent. Connais personne, moi. A moins que.
Une demi-heure encore à attendre. Dos contre le mur, voûté. Regard alternant entre les lourdes portes fermées de l’amphithéâtre et celles transparentes, coulissantes de l’entrée du bâtiment. Alors, une forme, une démarche, une allure, une silhouette familière. Qui hésite, qui s’approche de moi, qui sourit. Décollement du mur. Sourire. Bises. Satisfaction, soulagement.
« Enfin une tête connue, si tu savais comme ça me fait plaisir ! »

Les militaires arrivent . Des drôles de types. Airs déconfis, uniformes, casquettes, chaussures… le cortège bleu marine – blanc à épaulettes va directement monter la garde devant les portes. Veulent entrer les premiers, et le montrent. Pas de problème, on est pas pressés. On regarde leurs uniformes pour se distraire.
Moins vingt. Les portes s’ouvrent, les lumières de l’amphi s’allument. Pas impressionnant, j’ai déjà visité. Mais quand même. L. et moi montons quelques rangs et nous asseyons. Juste derrière les militaires, que nous a allions bientôt nommer les Képis. Même s’ils ne portent pas de képis.

L’amphi est neuf. Une table par rang, des chaises repliables comme au cinéma – mais celles-ci, en bois. Il se remplit peu à peu d’étudiants, le sol est piétiné par des chaussures des bottes des baskets des talons. Derrière, en haut, deux autres portes aussi lourdes que celles que l’on vient de franchir. Certains frappent pour entrer par là. Mais pas possible (il faut entrer par les portes du bas, leur dit l’appariteur). Devant, l’estrade, la paillasse, le très grand bureau en bois clair tout neuf surélevé, avec un micro noir fièrement dressé, en évidence. Un autre appariteur règle des questions techniques.
Le flot d’étudiant se tarit. Pas bien nombreux, finalement. Normal, prérentrée. Calme relatif. Chuchotements, bruits de fond. Moins dix.
- Alors ça va Philippe ? Tu es à Revair depuis combien de temps ?
- Depuis une quinzaine de jour (Ah bon ? yeux surpris, interrogateurs). Je voulais m’habituer un peu à la ville. Et toi ?
- Je suis arrivée il y a deux jours à peine, j’ai juste eu le temps de voir la Fac.
- C’est chouette qu’on soit ensemble. C’est un sacré coup de chance.
Il y a plusieurs facultés de médecine à Revair, et il est rare que plusieurs personnes venant de la province se retrouvent ensemble, elles sont souvent éparpillées dans les différentes facs.
- C’est vrai, me répond L. (son sourire diminue un peu). D’ailleurs à ce propos, tu n’a pas vu G. ?
- (surprise) G. ? Il devait pas partir à science-po ?
- Non, finalement, il a choisi médecine. Et je crois qu’il est aussi dans notre fac, j’en suis presque sûre.
- Un peu de silence, s’il vous plaît !
Plusieurs hommes et femmes sont arrivés et se tiennent debout assis sur des chaises accoudés au grand bureau, sur l’estrade. Devaient être une dizaine. Ma montre. Neuf heures cinq minutes. Ca commence. Le plus vieux tient le micro dans sa main. Cheveux gris, costume gris, chemise blanche, cravate rouge foncée, lunettes carrées dorées, taille moyenne. Ton grave.
- Tout d’abord, bienvenus à la faculté grise de Revair. Je m’appelle D., et je suis le doyen.

xbq_
xbq_
Niveau 9
08 janvier 2006 à 18:19:05

Yep je sais c´était pas à moi de répondre mais en fait, rien à foutre.
Bienvenue ici, déjà. Espère que tu vas te plaire et t´intégrer (:-)).

Pour le texte, j´aime bien, en fait. Le style que tu emploies est pas facile et il en résulte quelques trucs un peu gauche, mais dans l´ensemble tu t´en tires bien. Aussi une ou deux répétitions ("têtes connues", mais si les deux occurrences sont éloignées, l´expression est trop reconnaissable pour qu´on ne bute pas dessus.)
Donc voilà^^

Et pour le fond, bah, j´attends de voir où tu vas en venir, pour l´instant c´est trop maigre pour savoir. Par contre l´esquisse de scénique est pas mal.

Défauts, en plus de ce que je t´avais déjà dit :

- C´est un peu bizarre d´employer un faux nom pour ton personnage, et des initiales pour les autres personnes. Encore si t´avais mis ton nom je comprendrais mais là, pourquoi pas mettre des pseudos pour les autres aussi ?

- Tu pouvais pas trouver un titre de topic encore plus repoussant que ça, pour le fun ?^ ^

- Mais c´est quoi ce pseudo ? xD

MaYL
MaYL
Niveau 2
09 janvier 2006 à 19:56:25

Je change l´un des "têtes connues" par "visage familier". J´avais pas remarqué.
En ce qui concerne les noms, vu que je ne vais pas me contenter de ces deux personnages ça risque de devenir problématique de tous leur attribuer une seule lettre. Je vais donc suivre ton conseil et utiliser des noms compelts (sauf pour notre cher doyen, étant donné que je n´ai retenu son nom que bien, bien plus tard).

Pour un titre de topic plus repoussant j´ai bien pensé à "fanfic HP7" mais j´ai pas osé ^^

Et pour mon pseudonyme, ce serait pas l´hôpital qui se fout de la charité par hasard, là ? xD

Bon, en attendant voici le chapitre 2 (il faudra aussi que je trouve des titres à mon histoire et mes chapitres, ça pourrait être utile).

Bonne lecture.
________________________________________________

La rentrée, la vraie rentrée, celle avec tout le monde, celle avec des professeurs qui font cours, celle qui marque le vrai départ des études supérieures.

Sept heures moins le quart. J’ai envie de prendre l’air. De toute façon, il n’y a pas de métro aujourd’hui. La fraîcheur du matin me réveille. Sourire aux lèvres, tête haute, conquérant. Une main dans la poche, sac à dos négligemment porté sur le coté. Le sac innocent des premiers jours, vide de tout document, sinon un agenda bon marché et des bloc-notes vierges.
Je vais avoir mon premier cours de médecine. Cours de Médecine. Ces mots, dénués de sens, sont une véritable caresse à ma fierté. Enfin mon rêve va se réaliser. Enfin on passe aux choses sérieuses. Je m’imagine déjà devant une diapositive compliquée, réfléchissant, puis comprenant triomphalement, inscrivant sur ma copie chaque mot prononcé par le professeur, même les détails les plus infimes, ceux qui ne seront retenus que par quelques-uns.

Je me rappelle à cet instant que je ne sais absolument pas prendre des notes. Dans la foulée plusieurs questions que je croyais clarifiées ressurgissent… Dictaphone ?

Je remonte la rue, franchis le rond-point près de chez moi, puis traverse une route.
Je vois à peine le bâtiment au loin. Pourtant, je sais déjà que ce sera différent d’il y a trois jours.

Ils convergent vers la petite cour devant l’entrée. Ils viennent du parking, du métro, des logements étudiants en face... Ils sont bien plus nombreux qu’à la prérentrée. Mes futurs colocataires pour une année. Ceux que tout le monde m’a décrits comme de véritables vampires cherchant par tous les moyens à mettre hors-jeu leur voisin de table. So stupid.

Je me fraie un chemin parmi cette masse humaine qui discute fume observe attend stresse. A l’intérieur, le hall de la fac s’est rempli si vite que l’escalier menant à l’amphithéâtre est déjà inaccessible. Je trouve un endroit, excusez-moi pardon, je me case, j’attends. Laura me rejoint à coups de coudes – et pas nécessairement des siens – quelques minutes après.

Sept heures et demie. Quand les portes de l’arène s’ouvrent enfin, la marée étudiante s’anime. Le violent torrent n’a plus rien à voir avec le flot paisible de la dernière fois. La lutte des places a déjà commencé. Après un rapide choix stratégique je parviens péniblement à arracher deux places pas trop excentrées – adieu les chaises en face du tableau.

Au moment où je pose mon postérieur j’aperçois une tête aux longs cheveux blonds heurter avec force le coin d’une porte. « Ca doit faire mal ». Mais je n’ai guère le loisir de plaindre plus longtemps la pauvre fille, peinant à réserver la place de Laura qui avait espéré retrouver nos anciennes, derrière les képis.

Une fois bien installé, sac coincé entre mes jambes, je jette un coup d’œil panoramique et m’imprègne de la disposition de l’amphi, qui restera la même toute l’année. Les képis ont les meilleurs rangs et sont tous regroupés au centre. Les redoublants – que l’on connaîtra plus tard sous le nom de « carrés » - se situent majoritairement derrière eux, ou au fond. Les primants - les « bizuths » - occupent quant à eux les places restées vacantes après que les deux autres catégories ont foncé choisir les leurs, et sont par conséquent disséminés devant et sur les cotés.

Distinguer bizuths et carrés ne s’avère pas très difficile, même si évidemment plus que pour les képis et leurs uniformes. Déjà des cris d’intimidations, d’animaux, des sifflements, des insultes accompagnent quelques boulettes et autres avions en papier…
C’est vraiment un endroit pour les études ici ?
Qu’est ce que c’est que ce délire ?
C’est un vrai cirque.
J’étais prévenu.

Huit heures moins le quart. Il ne reste aucune place et les retardataires – plutôt, les moins en avance – doivent monter dans un autre amphithéâtre où les cours seront transmis grâce à un système audiovisuel. Ceux qui ont le privilège d’être ici sont désemparés, amusés, horrifiés… Personne en tout cas ne reste indifférent.

Le fond sonore est à présent marqué et organisé, les chansons paillardes et les boutades s’enchaînant à un rythme effréné. « Et une fois, deux fois, trois fois… sept fois ! » et de nouveau une chanson, des claquements dans les mains, des chocs sur les tables, des cris bestiaux. Cette ambiance s’accompagne d’un espace aérien très chargé de boulettes et avions en papier. Il pleut du papier, littéralement. Le premier rang est clairement le plus touché. Parfois un vaillant leader donne des ordres brefs et respectés. « Préparation ! » - bruits de journaux froissés – « Opération tempête de boulettes sur les bizuths ! » - et tous lesdits bizuths peuvent recevoir les dernières nouvelles des journaux gratuits distribués dans les métros et autres stations de bus. Parfois l’ordre varie – « Opération onze Septembre ! » pour un lancer coordonné d’avions. Puis les chansons – allez képi tu nous délaisses… - , les sifflements, les moqueries – allô, maman ? Viens m’chercher ! -, les intimidations – tremble bizuth ! - et les foyers de boulettes ressurgissent. Les carrés, on le comprend de suite, maîtrisent à la perfection leur environnement.

Amphithéâtre de médecine et cirque, même combat ? Je ne peux m’empêcher de sourire et de rire devant le coté burlesque de la situation, tout en recevant une boulette dans la figure. Et quand les carrés ne sont pas la source de ma soudaine jovialité, les têtes choquées de ceux qui n’ont pas encore vraiment quitté le lycée prennent le relais.

C’est ça la grande terreur que l’on nous a décrite ?

Je jette un regard à Laura Elle paraît être la seule à garder son calme, ne trahissant aucune émotion, sinon un fugace sourire en coin de temps en temps. Elle observe, comme moi, comme tous les bizuths, mais semble plutôt satisfaite de constater d’elle-même quelque chose qu’elle avait entendu. C’est sûr, elle a été préparée. Jusqu’au moment où... Jusqu’au moment où, dans le brouhaha d’une énième chanson paillarde, on arrive à distinguer « … allez carré, montre-nous tes fesses… ». La chanson est amusante. Mais non. Ils ne vont pas le faire. Ils ne le font pas. C’est du bluff. Ils le font. Les cons ! Deux grands redoublants montent sur leurs tables. Acclamations de leurs frères d’armes. Font le V de la victoire. Se retournent. Dirigent leurs mains vers leur entre-jambes. Leur pantalon se baisse. Puis, leur caleçon.

Cette fois, même sur le visage de Laura perce un large sourire amusé.

xbq_
xbq_
Niveau 9
10 janvier 2006 à 19:14:37

En attendant tu te prends un beau vent, en tout cas :-)

MaYL
MaYL
Niveau 2
10 janvier 2006 à 19:27:05

Un peu ^^
http://www.teteamodeler.com/boiteaoutils/image/images2/moulin7.gif

vague1
vague1
Niveau 7
10 janvier 2006 à 19:56:42

C´est bien amusant, tu continues l´histoire ? ^^

ptit-hobbit
ptit-hobbit
Niveau 10
10 janvier 2006 à 20:05:36

Forcément ça me rapelle la fac, donc je déteste. Comme je suis en pleine période d´exam, je déteste d´autant plus.
Puis en fait non. C´est bien écrit, j´attends de voir la suite quand même au niveau de l´histoire, mais en fait j´aime bien. Par contre bonne décision de pas appeler tout le monde par une lettre, ça ferait fouilli à la longue.
Et dernière chose, mais je ferais sûrement mieux de me taire : t´es sûr qu´il y a un "h" à la fin de bizut? :o))

vague1
vague1
Niveau 7
10 janvier 2006 à 20:06:57

pas de h à bizutage :non2:

ptit-hobbit
ptit-hobbit
Niveau 10
10 janvier 2006 à 20:11:20

Ca me rassure, parce que là c´est deux ans d´illusions etudiantes qui partaient en fumée^^

vague1
vague1
Niveau 7
10 janvier 2006 à 20:16:46

La suiiite :snif2:
Enfin, il est peut être occupé l´auteur :o))

J´ai faim de suite ^^

MaYL
MaYL
Niveau 2
10 janvier 2006 à 20:18:49

Le terme désignant une première année dans une école prépa ou une "grande école" (cf. Dictionnaire) peut s´écrire indifféremment Bizut ou Bizuth.

En revanche, Bizutage et le verbe Bizuter n´ont effectivement pas de "h". :)

Merci pour les comment´s et oui je vais continuer bien sûr, mais je reprendrais après mes partiels ^^

xbq_
xbq_
Niveau 9
11 janvier 2006 à 18:00:30

"MaYL Posté le 09 janvier 2006 à 19:56:25

Ces mots, dénués de sens, sont une véritable caresse à ma fierté."

C´est moche !

Qu´est-ce que tu penses de "flattent délicieusement mon égo" ? :-)

vague1
vague1
Niveau 7
21 janvier 2006 à 14:12:30

Il revient quand l´auteur :snif2: ?

xbq_
xbq_
Niveau 9
21 janvier 2006 à 14:32:57

Après ses partiels.

C´est pas le genre de personne à s´éloigner trop de son ordi sans nécessité :-)
Par contre là il a noobé pour la continuité de son histoire, je te l´accorde.

vague1
vague1
Niveau 7
21 janvier 2006 à 14:37:15

Je veux la suiiite :snif2:

MaYL
MaYL
Niveau 2
21 janvier 2006 à 23:46:08

Je viens de finir mes partiels. Je reprendrais donc la suite que je posterais dès demain ou après demain. ;)

MaYL
MaYL
Niveau 2
30 janvier 2006 à 21:51:29
  • Vaillant, il se mit à genoux et souleva péniblement l´épaisse couche de poussière qui commençait à cacher le soleil sur son topic. Heureusement, son déterrage de Topic version Deluxe lui permit d´en venir à bout*

Bon, désolé pour le petit retard, j´ai eu (j´ai)quelques problèmes de santé qui n´avaient pas pris rendez-vous...

Ceci dit j´ai quand même écrit quelques chose. Ce n´est pas fini et je suis pas vraiment satisfait du résultat, mais cela constituera l´exosquelette de la première partie de mon troisième chapitre.

Bonne lecture (j´espère) :)

***

En école primaire, le maître a toute autorité. Sa parole est d´or et respectée comme telle. Au collège et au lycée, le professeur perd quelque peu ce pouvoir et doit souvent hausser la voix, voire parfois taper du poings sur la table pour affirmer ostensiblement sa supériorité et faire silence dans la salle.

En toute circonstance néanmoins sa marque de présence, active ou passive, est synonyme d´un retour au calme dont l´efficacité dépend directement de son charisme.

Aussi m´attendais-je à un comportement comparable en première année de médecine.
C´est pourtant le phénomène inverse qui se produit sous mes yeux.

Une simple rumeur ( « le prof. arrive ! ») déclenche irrémédiablement un regain d´énergie au centre de l´amphi. Les tambourinades, les sifflements et les râles animaux résonnent presque quand le nom de l´enseignant est prononcé dans les rangs, tandis qu´il devient progressivement la cible des chansons et des boutades, laissant un répit aux bizuths et aux képis. Plus que jamais, les carrés ressemblent à des bêtes sauvages guettant leur proie. Et notre curiosité, notre excitation est attisée, exacerbée par leur faim.

Huit heures cinq minutes. Le premier rang est inondé de papier, les jets de boulettes se sont calmés, malgré quelques-unes courageusement renvoyées à leurs expéditeurs. Le spectacle visuel s´efface pour laisser pleine place au spectacle sonore : les décibels explosent d´un coup. Je tourne immédiatement la tête vers l´entrée principale de l´amphi. Il y a du mouvement, la plupart des gens qui étaient restés à et endroit sortent ou se rasseyent... Et, surtout, un individu particulier entre.

Il est petit, et à moitié chauve. Il porte un costume gris, des chaussures brillantes, des lunettes noires et rondes. Un porte-documents fermement maintenu sous son bras, il traverse rapidement et avec assurance l´espace le séparant de l´estrade, en regardant les rangs chahuteurs avec un visage ne trahissant pas d´expression.

Son arrivée a un véritable effet dopant sur les carrés. La proie est arrivée. C´est une véritable crise d´hystérie qui s´empare alors de la meute : un énième record de décibels est atteint. Dans les yeux et le sourire de Laura je décèle une esquisse de question : « Combien seront en état de parler après cette journée ? ».

***

Je sais, c´est pas bien épais :(

Deuxième édition sans le bug des apostrophes.

ptit-hobbit
ptit-hobbit
Niveau 10
31 janvier 2006 à 18:37:17

Certes c´est pas très épais, et pour raconter pas grand hose finalement^^
Mais bon, ça reste tres bien écrit, j´attends toujours la suite, et euh... j´ai rien d´autre à dire.
Ah si, ta fac est plus marrante que la mienne. Beuh.

MaYL
MaYL
Niveau 2
08 février 2006 à 22:23:15

Voilà la suite du troisième chapitre. Promis je vais m´attacher à trouver des titres maintenant.

Bonne lecture (j´espère) :

***

La pluie blanche rejaillit sur un sol tremblant et des rangs vibrant. Les écharpes et les vestes, calées entre sa chaise et le rang derrière soi, en arrivent à tomber et parfois glissent même sur la pente noire du sol « Ah, c´est à moi, merci ».

Dans cette ambiance, le professeur ne quitte pas la foule estudiantine des yeux. Des yeux sévères et jaugeurs. En fixant sans ciller l´amas hurlant des carabins, il se dévêtit lentement de son long manteau et pose soigneusement ses affaires sur un coin du bureau. Il prend appui dessus et patiente quelques instants, immobile, avant de commencer à parler dans le micro.

Stylos levés, bloc-notes et feuilles vierges sous le coude, autour de moi les autres bizuths sont des reflets fidèles de ma propre attitude. Mais nous n´entendons évidemment rien de ce que peut essayer de nous dire notre instructeur. Malgré le micro et les amplificateurs, il ne parvient pas à s´imposer. Le système audio ne parvient pas à lui donner l´avantage dans la lutte inégale entre sa voix et celles des chœurs de l´amphi A1.

En peu de temps cependant le bruit diminue, à moins que je ne m’habitue. Les visages des carrés soudainement silencieux sont ceux de chats affamés jouant avec leur souris. A cet instant l´enseignant ressemble quant à lui plutôt à un bouledogue hypertendu. Ce dernier commence évidemment une série de réprimandes que j´aurais cru (espéré ?) plus incisives (« Vous êtes des étudiants en médecine », « Conduisez-vous en adultes ») suivies d´affirmations qui finissent hélas de le ridiculiser en ne convainquant personne sinon des naïfs pathologiques (« Ca fait des années que j´enseigne dans cette faculté et c´est la première fois que je vois ça »). Ces paroles, associées à la tranquillité des carrés qui savourent le fruit de leur labeur, ont le mérite de l´apaiser et c´est avec un masque d´étonnement qu´il prononce ses dernières phrases.

Il se retourne pour chercher quelque chose dans son porte-documents, et sa rotation entraîne une recrudescence des boutades et des cris. Alors la menace tombe.
- Je vous préviens, quoi qu´il arrive, je considérerais ce cours comme validé et il fera parti du choix des sujets pour le concours !

Cette dernière injonction est conclue par ses adversaires imitant avec brio le sifflement du
serpent (« Ssssssss »). J´allais apprendre plus tard, par déduction, qu´il s´agissait d´une coutume carabine pointant chaque mot ayant rapport avec la « sssssssssélection » de la première année, et par extension du concours opérant cette sélection.

Fier du vague silence obtenu, le professeur fait apparaître sur un écran de vidéo projection sa première diapositive de présentation, sur laquelle figure le titre du cours, un plan général, son nom, l´hôpital et le service dans lequel il travaille. Aussitôt des centaines de têtes se baissent sur leur papier. Ma main glisse sur la surface lisse et froide du bloc-notes, écrivant en gros caractères le titre et en plus petits caractères le plan. Le stylo bille glisse impeccablement et laisse de fins traits bleus sans tâches. Je me félicite d´abandonner le stylo plume plus lent. Je relève le nez. La diapositive a changé. Je me penche de plus belle en prêtant moins d´attention à l´élégance de l´écriture pour me concentrer sur la vitesse. Je copie sur Laura quelques mots manquants, en m´excusant machinalement. Idiot, elle ne t´écoutes pas, rivée tour à tour sur l´écran et sa feuille, concentrée.

Le cours est donné par saccades, alternance de l´exposé sur le thème du diagnostic et des diversions imaginatives des carabins. Parmi elles, la reprise (« ise ») systématique (« ique ») des dernières (« ières ») syllabes (« abes ») du professeur (« eur ! »). Je note aussi l´utilisation de crayons pour produire un bourdonnement sourd en toquant les tables, très dérangeant pour l´orateur.

Les bruits simples ne sont pas les seules attractions, et certains leaders osent des traits d’humour. Qu´une diapositive présentant une centaine de lignes d´un article en anglais et l´un d´eux criera inévitablement « Par coeur, bizuth ! ». Ce qui est déjà un peu plus vicieux quand on a entendu son entourage répéter que "la médecine, c´est du par-coeur".

***

J´ai la désagréable sensation que cette partie peut être améliorée mais je ne parviens pas à trouver comment. C´est peut-être dû à l´heure. C´est très embêtant.

Copier-Coller pour la version sans bugs.

MaYL
MaYL
Niveau 2
08 février 2006 à 22:29:02

Bon il reste deux bugs qui ont sournoisement échappés à ma vigilance. J´espère qu´ils ne seront pas trop gênant ^^

" des chœurs de l´amphi A1." = des choeurs
"moins que je ne m’habitue" = que je ne m´habitue

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