C´est une rédaction que j´ai faite hier pour mon frère qui devait écrire une histoire pour son collège. Le texte est court et il n´a pas de suite.
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- Le plat sauveur -
J’étais à présent dans la gare de Strasbourg. L’architecture était du style du XIX° siècle avec d’élégantes structures métalliques qui se mêlaient harmonieusement aux imposants murs de pierres apparentes. Une foule grouillante de monde s’afféraient en tous sens et s’apprêtaient à partir dans des directions variées. Il y avait les prévoyants qui attendaient patiemment leur train et les pressés qui se précipitaient dans le vaste hall, manquant de me bousculer à plusieurs reprises.
Buire était partie à un congrès de restaurateur en Lorraine et il m’avait donc laissé sa carte d’abonnement. Le problème était que j’ignorais totalement quelle direction choisir : le large panneau suspendu dans le hall indiquait des destinations lointaines et rêveuses. Après quelques minutes d’hésitation, j’optais pour un train en direction de la Bavière. Cette région d’Allemagne m’avait toujours fasciné, en particulier les châteaux de la forêt noire.
Une fois à quai, je grimpais rapidement dans le long train qui ronronnait bruyamment tel un monstre endormi. Je calais ma valise sous mes pieds et m’assit dans un confortable fauteuil en bout de voiture. Je fus étonné de voir que le train repartit seulement quelques minutes plus tard, sans doute Strasbourg n’était qu’un arrêt.
Un contrôleur vint vérifier les tickets des passagers et il ne se donna même pas la peine de me regarder quand il inspecta la carte de mon ami Buire. A l’extérieur, un grondement sourd m’avertit qu’un orage se préparait. Fatigué, j’appuyais ma tête pour m’endormir.
Et tandis que le train sortait de la gare à pleine vitesse, le sommeil m’emporta en même temps que la pluie et le vent entraient en scène, accompagnant les éclairs qui zébraient violement un ciel d’encre.
Je ne vis pas le temps passer car je dormais d’un sommeil sans rêve. Je fus tirer de mes songes par une voix nasillarde qui ma parlait :
« - Buire ! Buire Aravenstein ! Réveillez vous monseigneur. »
J’ouvris lentement les yeux et je vis avec stupeur qu’un petit homme, à la calvitie bien prononcée, et aux traits creusés, me regardait fixement.
« Qui êtes-vous ? » demandais-je instinctivement.
Le petit homme sauta du fauteuil voisin et m’intima de le suivre sans dire un mot. En d’autres circonstances je n’aurais rien fait mais un rapide coup d’œil m’informa que j’étais seul dans le train et qu’une lumière d’un éclat adamantin, inondait le wagon. Je le suivis donc à l’extérieur du train et ce que je vis que me subjugua.
Rien dans mes rêves les plus fous, ou dans les cauchemars les plus infernaux, je n’avais vu ce qui s’offrait à mes yeux à ce moment. Un vaste paysage nacré s’étendait à perte de vue. La luxuriante végétation qui parsemait des étranges plaines avait une couleur qui tendait vers l’azur. J’étais certain d’être en pleins jours car deux astres diurnes planaient dans les cieux. Néanmoins, les étoiles brillaient telles des diamants accrochés à un tapis de velours noir.
« Où sommes-nous ? » demandais-je au petit homme, avide de réponses.
Le petit homme, un nain plutôt, refusa de me fournir une réponse et siffla avec ses doigts. Un curieux engin, un carrosse tracté par des chevaux ailés, surgit de nulle part et vint léviter devant nous.
Je montais à l’intérieur sans demander et la diligence s’envola dans les airs. Alors que je regardais au dehors le paysage défiler à une vitesse affolante, le petit homme consentit enfin à m’adresser la parole.
« - Ceci est le royaume de Draenus, au-delà du 10° empire et de l’océan de Vorgoth. Je me nomme Tirion, je suis le gnome messager de sa majesté la reine Edora.
- C’est impossible, répondis-je. Tout cela n’existe pas !
- Notre monde est bien différent du votre Buire.
- Mais je ne suis pas Buire … Je suis Octave, son ami. »
Le gnome se tourna vers moi, un rictus d’effroi déformait son visage rubicond.
« J’espère que la reine saura quoi faire … sinon le royaume sombrera dans le chaos. »
Le voyage ne dura pas longtemps. On s’approcha d’un gigantesque palais. D’immenses colonnades couraient le long de grandes ailes, et des statues magnifiquement bien taillées arboraient sur les fenêtres et les portes de l´auguste édifice.
Le carrosse stationna devant l’entrée du palais et des gens se pressaient en masse pour m’accueillir. Je me demandais bien pourquoi tant de personnes m’acclamaient ainsi. Tirion m’emmena dans la salle du trône, entièrement décoré à l’or fin et aux marbres rouges. Une femme élégante et somptueusement vêtue, était assise sur un trône ouvragé à l’ivoire et au platine.
« - Bien le bonjour Buire. Je t’attendais …
- J’ai déjà dis que je ne suis pas Buire ! Je suis Octave : son ami, rétorquais-je. »
La reine fronça les sourcils de manière imperceptible, puis elle reprit.
« - Buire est un grand cuisinier et nous avons besoin de lui. Toutefois, vous saurez peut-être nous aider.
- Les Zergs, des trolls malveillants, sont sur le point d’attaquer mon royaume. Je sais que cela peut paraître anormale mais la seule arme qui puisse les atteindre est la Choucroute, qui leur est mortelle. Nous avons en réservé tous les ingrédients nécessaires pour en produire des quantités considérables. Pourtant, la recette nous manque et c’est pour cela que nous aurions voulu avoir les connaissances de Buire Aravenstein. »
Tout cela était complètement surnaturel, me disais-je. Des trolls … et de la choucroute … mais où étais-je tombé ? En bon alsacien que j’étais, je connaissais parfaitement bien la recette de la choucroute. J’en informa aussitôt la reine qui paru remplie de joie à l’idée d’avoir enfin les précieuses recettes.
Les sujets du palais s’empressèrent d’aller dans les cuisines du château afin de préparer des tonnes de choucroutes. L’avenir du royaume semblait désormais sauf, grâce à une chose aussi simple que la choucroute. Touts les draenusiens me congratulèrent et la reine me décerna une médaille pour me félicité de leur avoir donner la recette.
Tirion me raccompagna au train qui était toujours là, immobile. Je repris place dans mon fauteuil, et une force invisible et impalpable me replongea dans un sommeil profond. Un tourbillon d’images et de sensation emplirent mon esprit et je me réveillai en sursaut, trempé de suheure.
Le train était arrivé à destination à la gare de Düsseldorf, en Bavière. Mon regard se porta immédiatement à l’extérieur pour voir si j’étais toujours dans ce monde fantastique, mystique. Je me remémorai l’épisode dans le royaume de Draenus et j’en conclus que j’avais fait un rêve durant le trajet. Je me levai, et par mégarde je fis tomber un plat de choucroute qu’un serveur avait posé là, sans doute à l’heure du déjeuner. Ce plat fit vaciller mon idée de rêve dans ma tête et je cherchai la médaille de la reine.
Un enfant passa alors devant moi avec ledit objet, sa mère le suivait et dit alors :
« Pierre ! Rapporte ça au magasin ! »
Je compris alors que c’était mon imagination qui m’avait joué un tour durant mon sommeil. La choucroute devant moi, le médaille de l’enfant, mais tout semblait si réel. Etais-ce vraiment mon imagination ou avais-je réellement vécu cette curieuse aventure ?
Je fus sorti de mes réflexions par un contrôleur qui siffla à l’extérieur sur le quai pour signifier que le train allait repartir. Je pris sans tarder ma valise et sortit du train pour me diriger vers la sortie où attendaient des taxis. Je me dis alors que mon séjour en Allemagne s’annonçait des plus étranges.