Tous les meubles de la petite pièce tremblaient. Impossible de dormir. Le professeur Heirich tira le cordon de sa lampe de chevet qui s’éclaira aussitôt. C’était probablement l’excitation du voyage. Il réfléchit un instant assis sur son oreiller. En général, dans ce cas-là, la lecture de la bible l’apaisait. Il ouvrit le tiroir de sa table de nuit en sortit la Bible ne laissant au fond de ce tiroir qu’une vieille plume au bout noir d’encre et un trousseau de clé flambant neuf. Il se rallongea, appuya le coussin contre le mur et son dos contre le coussin. Il ouvrit sa Bible et prit une page au hasard… La Genèse, Chapitre onze… Il entama une lecture silencieuse :
« Les hommes trouvèrent une large vallée et s’y installèrent…
pour bâtir une ville dont le sommet touche le ciel !
Mais le seigneur, fâché de leur arrogance, abattit sa colère sur eux. »
« Une belle parabole sur l’orgueil des hommes et leur impuissance devant la nature qui se déchaîne… », se dit le professeur pensif.
Il fut soudain pris d’un sombre pressentiment. Il se leva lentement, enfila son habituel chapeau haut de forme et sa gabardine noire par-dessus son pyjama à rayures, et quitta sa cabine. Il sortit prendre l’air sur le pont du plus long paquebot que les humains eurent jamais osé construire pour se changer les idées.
Pendant ce temps, le Titanic tenait son cap vers les mers arctiques…
Ce texte est une adaptation d’une courte bande dessinée que j’ai tiré du journal Spirou… Le scénario initial vient d’un auteur que je ne connaissais pas avant: Alcante. C’est à lui que reviennent tous les mérites…
Enfin, si vous trouvez qu’il y en a… (Je ne suis pas croyant, mais j’ai trouvé le rapprochement subtil.)