Mercredi 26 octobre, 15 h 05 : je me réveillai. En effet, après les deux heures de sport intensives de mon professeur tyrannique, suivies de deux nouvelles heures de l’option squash, toutes aussi éprouvantes, j’étais rentré chez moi. J’avais à peine touché au repas de ma grand-mère, et m’étais littéralement affalé sur mon lit, les yeux déjà fermés.
Je me réveillai, donc, après un sommeil revigorant, sortis de mon lit, m’étirai nonchalamment, et m’habillai en quatrième vitesse. « Ma mère n’est pas encore revenue », conclus-je après avoir vu la place vide dans l’allée du garage. Je traversai le salon, me dirigeai vers la cuisine, étant affamé depuis mon réveil. Je passai à côté du téléphone et vis que quelqu’un avait laissé un message. J’enclenchai la lecture et entendis une voix masculine mais jeune qui me disait :
« Salut Matt, c’est Martin, viens vite à la bibliothèque, il y a du nouveau… »
Un seul petit problème se posait : je ne connaissais aucun Martin, mais un Martin me connaissait, et, de plus je n’avais aucune idée de ce qui avait pu évoluer comme il l’insinuait. N’ayant rien d’autre à faire de mon après-midi, je décidai de me rendre à la bibliothèque pour rencontrer ce « Martin ». Avant cela, la faim me tenaillant toujours, je mangeai quelques barres chocolatées. Ensuite, ma veste sur le dos, je fermai la porte. Puis, je traversai la petite ville à pied, passant devant les établissements vieillots des différents commerçants qui s’activaient pour vendre leur marchandise. Après cinq minutes de marche tranquille, remplie d’interrogations quant au message que j’avais reçu, je m’arrêtai devant la façade de la bibliothèque, elle aussi marquée par l’ancienneté.
Je rentrai, saluai les bibliothécaires, assises sur leurs tabourets, remplissant foules de paperasses. Persuadé qu’elles ne me répondraient pas, celles-ci étant toutes plus aigries les unes que les autres, je continuai mon chemin. Mais bizarrement, ce jour-là, toutes vinrent me saluer et m’emmenèrent dans la réserve, pièce où seuls les membres de la direction pouvaient pénétrer. En entrant, m’attendant à apercevoir de multiples ouvrages, entassés les uns sur les autres sur des étagères poussiéreuses, je mis quelques secondes à réaliser ce qui était devant moi : une pièce parfaitement ordonnée, munie de multiples ordinateurs s’étalait sous mes yeux ébahis. Autour de cette pièce principale, trois salles étaient éclairées d’un faible halo bleuté. Il y avait aussi un long corridor qui menait à plusieurs autres salles. Une dizaine de personnes paraissait travailler, à une dizaine de mètres de moi, alors que trois autres se trouvaient autour d’une table de forme ovale, entourée de six chaises. Ils discutaient. Le premier d’entre eux semblait avoir la trentaine passée, et les deux autres, un garçon et une fille, avaient, semblait-il le même âge que moi.
Tous trois m’accueillirent chaleureusement. Je mis tout de suite les choses au clair :
« Excusez-moi de vous couper dans votre élan, mais je ne vous connais absolument pas, donc si quelqu’un pouvait m’expliquer ce qui se passe, cela m’arrangerait, lançai-je d’une seule traite avec une pointe de terreur dans la voix. »