13 Décembre 2002
« -Bordel Raph’, encore une passe manquée… Tu veux pas le jouer le match contre St Sulpice ou quoi ?!
-Bien sur que si, monsieur...
-Ben alors fais un effort ! Ca fait 1 heure que tu fais des erreurs... »
Raphael Coti, mon défenseur central, était en train de fournir un pitoyable entraînement... On se demande même si son remplaçant – qui n’avait pas joué un seul match dans la saison – ne ferait pas meilleure figure en ce moment... A croire que Raph’ a des problèmes en c’moment.
« Bon les gars on s’arrête là pour aujourd’hui... il est 18h30 vous pouvez y aller »
Un semblant de soulagement général animait le groupe en cette fin d’entraînement, tel des gosses lors d’une sonnerie signifiant la fin des cours. Il est vrai que cette semaine aura été épuisante pour nous. J’avais en effet décidé de mobiliser tous les joueurs pour venir à 2 et non plus un entraînement par jour, ce qui les avait manifestement épuisé... Mais bon. Demain, repos, et après-demain, le match face au leader de notre division, la 4e départementale de Bourgogne. Espérons que l’équipe aura récupéré, d’ici là.
14 Décembre 2002
13 heures.
Juste après m’être levé, puis avoir mangé mon 14ème chocolat du calendrier (et oui, c’est une sorte de tradition, dans ma famille), je me préparais « vite fait bien fait » pour recevoir un ami qui devait passer dans l’heure, très bon ami, même. Ex footballeur professionnel qui plus est ! Il avait joué à Utrecht quelques temps, s’étant même imposé en tant que pilier de leur attaque, si vous voulez son nom, c’est Didier Martel, au cas où vous connaîtriez.
Enfin bref, ce très bon ami donc, devait passer pour m’expliquer deux trois choses sur l’adversaire du lendemain, qui m’obsédait véritablement décidément. C’est un peu mon coach adjoint en ce moment. Etant donné que mon adjoint officiel commence à me gonfler sérieusement, j’ai décidé de faire appel à lui dans la discrétion... Tiens, le voilà !
16 heures.
Didier venait de partir, il m’avait finalement pas appris grand-chose, ou ce qu’il m’avait dit, je le savais... Enfin bon, ça a au moins le mérite de confirmer mes impressions : St Sulpice était la plus grosse équipe, niveau talent et tactique, de notre poule de 14. Mais ça ne m’avance pas trop...
Mon excitation pour ce match était justifiée. En cas de victoire, nous recollons directement à eux.
1/ Mt St Sulpice C 41P
2/ Fc Moneteau B 39P (+1J)
3/ Migennes D 38P
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14/ Serein HV C 10P
21 heures.
Etant on ne peut plus fatigué, je m’affale sur le canapé et commence a m’endormir, mais la sonnerie de mon portable me réveilla de mon demi-sommeil. C’était Léo, mon adjoint officiel, qui me prévenait que le président de Bayonne serait là demain lors du match face à Sulpice.
« -Quelle équipe de Bayonne ? La D ?
Un silence s’installa un instant de 2 ou 3 secondes...
-La A Jeff !
-La A ? Tu me fais une blague là ? L’équipe qui joue en National ?
-Oui... faudrait quand même assurer, au cas où ils s’intéresseraient à un de nos joueurs, ça serait une occasion pour eux de percer dans une carrière de professionnel ! »
Sans répondre je raccrochai... Après 30 secondes de conversation, il était déjà reparti dans ses délires... Bayonne s’intéresser à Migennes D. Pff... Vous comprenez maintenant pourquoi il m’énerve en ce moment. Je m´endormis rapidement, cinq ou dix minutes plus tard.
Binjour à toi.
Je trouve que ton texte est assez bon, en tout cas on s´y plaît à le lire si on est amateur de foot(j´sais pas si c´est bien français).Je n´ai pas remarqué de fautes, il faudrait allonger un peu ton texte. Il faut d´avantage de descriptions, et de... Comment dire?...
D´informations.
Il faudrait donner l´endroit où se passe ton histoire, enfin...
Pas mal de trucs dans ce genre!
Voilà, sinon j´veux bien avoir la suite!
P.S: Si tu aimes les trucs un peu fantastiques, va voir ma fic stp.
J´aime bien l´effet simple que provoque la forme du journal intime.
C´est assez confus encore, j´ai hate de voir les matchs surtout. Bonne initiative de commencer avec une petite équipe, ça change des affrontements entre supervedettes.
Cependant, c´est loin d´être de la grande littérature, dialogue à revoir, phrase mal tournée, vocabulaire pas très recherché. Mais bon, ça me convient quand même.
Sinon, une autre fic sur le football faite par l´ami Loveisgreat et que je te conseille de lire: https://www.jeuxvideo.com/forums/1-10653-139442-1-0-1-0-0.htm
15 Décembre 2002
Au réveil.
Nous y voilà! Enfin dimanche. Il était environ 8h du matin, j’avais rendez-vous avec l’équipe à 13h au siège du club, deux heures avant la rencontre. Ce n’est pas obligatoire à ce niveau, mais je préfère que mes joueurs prennent bien connaissances des conditions d’aujourd’hui.
C’était Julie, ma femme, qui m’avait réveillé. Elle avait même déjà préparé le petit déjeuner et était aller chercher le journal du coin, ce qui m’étonna au plus haut point. Au passage sur le journal paraissait un bel article de 15 lignes sur Migennes D – St Sulpice C.
J’étais de très bonne humeur ce matin… vu qu’en ce moment, ça va pas fort avec elle, ce geste m’a fait plaisir. On n’en est pas encore au divorce, mais on y fonce tout droit. D’ailleurs hier, elle était je ne sais où, comme d’habitude. Je n’avais même plus prêté attention à son absence. Je me doutais bien qu’elle voyait quelqu’un d’autre, je suis pas non plus stupide… mais j’avais pas le temps ni la force de lutter contre ça. Si elle veut changer d’air, je la comprends, mais bon ça me fait chier. Je laisse les choses se régler elles-mêmes…
Midi et demi.
Telefoot fini, après avoir regardé la nouvelle victoire de Lyon, à Nantes, prenant ainsi une bonne option sur leur troisième titre, je me préparais un petit casse croûte pour tenir la route pendant le match. Pas le temps de bouffer là. J’ouvris la porte du garage, puis celle de ma voiture, et me dirigeai au Stade Léon Masson, à quelques kilomètres de la maison.
Treize heures.
« Salut Eric !
Eric, surnommé Ricardinho par le restant du groupe, était le premier venu. Dans les cinq minutes qui suivirent, toute l’équipe arriva au fur et à mesure. Bref ma demande était respectée, tous à l’heure !
C’est alors qu’un homme habillé chic, assez corpulent, se dirigea vers nous.
« -Bonjour. Monsieur ?
-Jeff Muzy, enchanté, qui êtes-vous ?
-Je m’appelle Manuel Mérin, je suis le président de l’Aviron Bayonnais.
-Ah, c’est vous… Vous êtes venu vous intéresser à un de nos joueurs en particulier ?
-Et bien il est vrai que vous avez deux ou trois talents que j’aimerais bien voir à l’œuvre.
-Je vois, nous pourrions en discuter plus tard ? J’ai un match important là, excusez-moi. »
Mmh, j’ai été un peu froid. Mais c’est vrai que c’est pas le moment opportun pour parler de négociations là…
Quinze heures.
« Pchiiiiiitt » !
Bon ça y est, c’est parti. Ce sont mes joueurs qui ont donné le coup d’envoi, et ils ont déjà perdu le ballon…
Je viens de remarquer juste à l’instant, le nombre de spectateurs de ce match. Il devait y avoir environ de 100 à 150 spectateurs, ce qui était énorme pour le niveau auquel nous jouons. On a pas intérêt à les décevoir !
Après environ 5 minutes, je commence à discuter avec Léo, mon adjoint. Mais il me parle encore de son président là…
« Ecoute, Leo, je crois vraiment que y’a un problème entre toi et… »
C’est alors que j’entends des cris de joie à côté de moi.
« BIEN JOUE ERIC ! SUPERBE !! »
Après une enquête minutieuse de quelques secondes, je parviens à comprendre que ce cher « Ricardinho » avait encore frappé, sur coup franc ! Nous menons donc 1-0 après 6 minutes de jeu !
Cela dit, je m’en veux un peu d’avoir raté le but apparemment magnifique, d’autant plus que là, pas de Telefoot le lendemain ou de Jour de Foot le soir même pour revoir les meilleurs moments du match. Encore un mauvais coup de mon adjoint, ça ! ^^
Je m’efforçais donc maintenant de suivre parfaitement le match, chaque passe, chaque action. Mais évidemment, c’est là que le match devint ennuyeux, violent même. Notre défenseur central Coti récolta un jaune après un tacle assez dangereux sur le buteur adverse. Et si vous voulez mon avis, cela méritait un rouge…
Aucune action qui méritait d’être signalée, de la 6ème à la 45ème minute… Ce match ressemblait plus à une bataille qu’à du football. Rappelons que le but est venu d’un coup franc, et donc, d’une faute !
Dans les vestiaires, je ne leur dis rien de particulier, seulement d’essayer de calmer le jeu, et de revenir avec un peu moins d’envie. C’était peut-être risqué pour le résultat final, mais ce que je voulais surtout pas c’est qu’un joueur se fasse expulser ou blesser. D’ailleurs, en raison de son carton jaune, je décide de remplacer le jeune Coti par son remplaçant, une grande première.
La deuxième mi-temps commença donc sans mon meilleur défenseur central. C’est un pari risqué, mais j’ai des inquiétudes pour lui en ce moment, il faut dire qu’il est assez bizarre, en ce moment.
Cette seconde période débuta de suite par un football plus fluide. Malheureusement c’est Sulpice qui prend le jeu à leur compte. Mais grâce à notre buteur Julien Dutil, nous faisons le break par contre. 0-2 donc après une cinquantaine de minutes. Malgré ce but, je vois bien qu’on a du mal, je remplace donc le tout jeune buteur Dutil par notre milieu défensif imposant, Patrick Basquet. Son entrée modifia complètement la partie. On contrôle maintenant le jeu, les tentatives d’attaques de Mont St Sulpice sont inoffensives, et nous gérons tranquillement jusqu’à la fin du match. 2-0 donc ! Mon pari était réussi : battre le leader et recoller à eux. Il reste seulement 2 matches… 2 victoires seront impératives.
Dans les vestiaires, le fameux président, celui dont me parle sans cesse mon adjoint, entre pour me parler. Heureusement pour lui que nous avions gagné, sinon je lui aurais bien collé mon poing dans la gueule
Tu connais mon opinion sur ta fiction. J´aime beaucoup, et la qualité de celle ci s´améliore d´épisode en épisode, ce qui me permet de dire à tous ceux qui passent ici de continuer à lire, car ils ne le regretteront pas ![]()
J´aime de plus en plus.
Comme il a été dit, cette story s´améliore de chapitres en chapitres. J´ai hâte de savoir ce que veut le président.
Bonne continuation.
« -Monsieur, vous êtes occupé ? J’ai à vous parler, c’est important…
-Bon si c’est vraiment important, allez-y. »
J’abandonne donc mes joueurs dans les vestiaires pour parler quelques minutes avec cet étrange personnage. A noter son pin’s « Fier d’être lensois ». Il est pas président de Bayonne, lui ? Pas très fidèle.
« -Bon, désolé pour tout à l’heure…
-C’est pas grave je comprends, votre match était très important.
-En effet…
-Enfin bref, vous avez gagné, c’est bien ça l’essentiel !
-Où voulez-vous en venir ?
-A vrai dire, votre adjoint, Leo Girard, que je connais, m’a parlé de vous. Il m’a dit que vous étiez un très bon meneur d’équipe, j’ai voulu en avoir le cœur net, c’est pour ça que j’étais ici aujourd’hui.
- …Et que puis-je faire pour vous ?
-J’ai une proposition à vous faire, mais pas ici. Venez plutôt demain matin à 10 heures à Bayonne, je vous attendrais à l’entrée du Cinéma Gaumont, près du siège du club.
-A Bayonne ?! Demain ? Mais je peux pas moi ! J’ai entraînement avec mon groupe, et puis Bayonne c’est quand même à 500 bons kilomètres !
-C’est demain ou jamais, Jeff ;) »
Je suis dans de beaux draps moi ! Et qu’est ce que je vais dire à mon entourage ici ? Que je pars pour Bayonne pour rencontrer un quasi-inconnu ?! ?
22h00.
« -Ma chérie, viens ici. J’ai à te parler.
-Qu’est-ce qui se passe encore ?
-Hum.. Non, rien. Laisse tomber.
-Allez, dis-moi.
-Non, rien. J’avais juste un problème ce matin avec la voiture, les gyrophares étaient restés allumés et j’ai eu du mal à les éteindre. Je me demandais si tu l’avais pas pris avec Laura…
-Ah, c’était hier, j’ai dû oublier de les éteindre, désolé mon ange… »
Mon ange. Ca faisait longtemps que j’avais pas entendu ça… Malheureusement, ça ne servait plus à rien, maintenant.
Lundi 16 Décembre
04h00.
Le bip de mon portable me réveilla. Ouf, Julie avait rien entendu… Pour la première fois depuis plusieurs mois, on dormait dans le même lit. Ca me faisait mal de faire ça…
Je m’empressai de quitter la chambre, une feuille de papier et un stylo à la main. Je m’installai sur le bureau, et…
« Ma chérie, je suis vraiment désolé, mais je pars. Ca me déchire le cœur de faire ça, mais j’ai vraiment pas le choix, j’ai une occasion unique dans ma vie de réussir. N’oublie pas que moi, je t’aime, et que même si ce n’est plus le cas pour toi, je t’aimerais toujours. Tu verras, un jour, je réussirais ce que j’ai toujours voulu.
Ton ‘ange’… »
Voici la première lettre. 1 minute 30 d’écriture m’aura coûté une dizaine de larmes et quelques sanglots. Heureusement, le bureau était à vingt bons mètres de la chambre.
Allez, la deuxième, maintenant… Allons-y.
« Monsieur Hérard, mon cher président. J’ai le regret de vous dire que j’ai une occasion immense à saisir pour réussir dans ma vie. Vous aurez peut-être le sentiment que je vous abandonne, mais je tiens à ce que vous sachiez que je n’ai pas vraiment le choix. Si un jour, je réussis dans le foot, ce sera en grande partie grâce à vous. J’ai cette ville et ce club dans mon cœur. Je ne préfère pas vous dire où je vais, ni ce que je vais faire, parce que je ne le sais même pas moi-même…
En espérant que vous remportiez le titre… et surtout bonne santé et continuation à ce club magnifique.
Jeff. »
Là, de l’émotion certes, mais aucune larme.
J’entendis des bruits venant de la chambre, je me dépêchai de me recoucher. Julie s’était réveillée. Je lui disais que j’avais été boire...
Dix minutes plus tard, elle était retombée dans son sommeil le plus profond. Je regarda ma montre : 04h36. Allez… je dois y aller. Je t’aime.
Je quittai la chambre, avec rien à la main. Tout ce que j’avais sur moi était mes habits, mes chaussures, mon portefeuille et mon portable. Besoin de rien d’autre…
Doucement je descendis les escaliers qui menaient l’appartement au garage, je pénétrai dans ma vieille Renault 206, garée juste à côté de la Coupé de mon cœur, je tournai les clefs, la voiture démarra : Direction Bayonne.
Je t’aime…
Ah ok
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Je vois que la Raphoumania se propage jusque ici ![]()