Récit mélangeant de la science fiction et de l´historique.
Chapitre 1 : La prison d´Alrhaz
Un vent froid venant des régions septentrionales de l’Irgizhistan balayait la plaine d’Arez. Au-dessus, le ciel était sans étoiles, telle une menace sibylline et mystérieuse au milieu de ce silence entrecoupé de petits bruits d’animaux. Les cimes des arbres bougeaient nonchalamment dans un bruissement monotone mêlé de cris d’oiseaux perçants et aigus.
Soudain, un roulement de moteur coupa court à la langoureuse tranquillité de la nature.
A bord de camions, sur un chemin mélangé de terres et d’asphaltes, d’innombrables prisonniers faisaient route vers leur destin. A l’intérieur, ils étaient entassés à la manière du bétail ; les uns sur les autres, s’étouffant réciproquement dans un interminable trajet qui faisait pas moins de 300 km Seuls les plus robustes survivaient aux maladies et à la mort. Le reste arrivait soit sans vie, soit moribond.
Le regard amorphe, ils contemplaient le paysage insolite de la région lorsque, au détour d’un virage, le pénitencier apparut.
Les visages se figèrent, soucieux de l’avenir. Leur pensée devenait fataliste.
Au moment ou ils furent transférés dans leur cellule, la nuit touchait à sa fin.
Dès l’aurore, le plus dure allait pouvoir commencer pour ces misérables.
Dans la cellule 0307, un homme du nom de Michel Arsthof excluant l’égoïsme se mit à faire les présentations avec son collègue Wladimir Atarov. Elle fut sommaire. Dès le début, une profonde sympathie mutuelle se noua entre eux, bien qu’ils se soient ignorés pendant toute la durée du voyage. Tous deux venaient de la capitale du pays, Bijisk, ville de 300 000 habitants aux abords de la frontière russe.
C’était une ville noire en somme, aux multiples friches industrielles, victime du kolkhoze du siècle dernier. Une ville qui n’avait pas su se renouveler et qui restera sans réactions, sans programmes, avec ses ruines, perdue à jamais. Une bien belle misère dans ce pays de 1400 000 habitants où le taux de chômage atteint des tristes records.
Outre le fait d’être pauvre, cet état était une dictature à la répression implacable. Et les deux interlocuteurs avaient été enfermé pour la même raison. La raison d’avoir clamé haut et fort leur profond désaccord envers un pouvoir aux dirigeants corrompus et malhonnêtes.
Et pis un bref instant, ils eurent la même pensée.
Ils se rappelèrent l’ambiance durant le trajet foncièrement malsaine ; des regards effarés, voir épris de folie et un homme, oui, un homme calme et silencieux, d’une sérénité olympienne. C’était presque incroyable. Il était au fond du camion, bras croisés, songeant, méditant, on ne savait quoi.
Aucun signe et sentiment sur son visage étaient perceptibles, mis à part une tranquillité déconcertante.
Il était vêtu d’habits noirs et luisants et portait au cou, un signe bizarre, sûrement des initiales.
D’un coup Michel déclara :
___ Dès le levé du soleil, nous pourrons faire plus ample connaissance avec ce personnage.
___ C’est vrai, mais on va faire les présentations avec le chef de la prison et tout cela s’annonce de mauvaise augure.
___ Nous verrons bien !
Sur ce, ils se turent et se couchèrent sur leur matelas décrépit.
Ils vivaient dans une pièce exiguë et répugnante où d’innombrables insectes, mouches, araignées pullulaient en maître. Les murs suintaient d’humidité formant du moisi sur plusieurs parties. La nuit, un froid intense envahissait les quartiers cellulaires semant le mort aux prisonniers les plus faibles. Les lumières des couloirs formaient un clair-obscur sépulcral qui n’étaient pas sans rappeler les camps sibériens nommés « goulag ».
Nombre de prisonniers on eut leurs grands-parents enfermés dans ces monstruosités. Et toutes ces petites choses, futiles qu’elles soient pour ces vigoureux prisonniers, exacerbaient leur colère, leur haine envers le gouvernement. Néanmoins, la direction du complexe ne s’inquiétait pas outre mesure.
Pourquoi faire attention à eux qui, depuis la création de la prison, n’avaient jamais osé se révolter ?
En outre, le pénitencier était dirigé d’une main de fer par l’irascible et impétueux Tratovsky. Un vrai bourreau qui n’hésitait pas à tuer toutes personnes qui lui déplaisaient.
Bref, les nouveaux prisonniers ainsi que les anciens allaient faire face à ce monstre dans moins d’une heure maintenant.
Le chapitre 1 n´est pas terminé mais cela aurait fait trop long!
Suite prochainement!
Qu´en pensez vous?