Bonjour bonjour, je vous propose ici un petit texte, où je tente de représenter le sentiment la nostalgie d´une chose que l´on n´a jamais eu... Bonne lecture, et n´hésitez pas à me donner votre avis
Elys.
Elys se réveille enfin. Elys ouvre les yeux. Elys se regarde dans le miroir. Elys se vêt d’une robe bleue, avec une ceinture sertie de joyaux. Elys a 22 ans. Elle regarde autour d’elle. Une chambre d’enfant. Si elle était tombée dans un profond coma, la pièce n’aurait été différente. Chaque meuble, chaque objet était à la même place. Alors une vague mélancolie s’empare d’elle. Elle sort de sa chambre, arrivant, après un labyrinthe de couloirs, dans la pièce principale, gigantesque salle. Elle regarde la statue de sa mère, et fond en larme. Jamais son visage ne sera aussi parfait. Ses yeux aperçoivent les traits de marbre de son père, et la source des larmes se tarit. Il y avait une fierté dans ces yeux noirs qui vous faisait redresser la tête.
Elle regarde l’immense salle, comme si elle la voyait pour la première fois, et voit tous ces visages, tous ces corps de marbre, de grès et de plâtre. Seuls les yeux de son père sont teintés d’or, et les cheveux de sa mère ont de reflets d’argent. Les autres statues sont noires. Les autres statues sont des reflets d’un temps passé. Des serviteurs portant des plateaux, des chevaliers en armure, des soldats armés de piques, voire même quelques saltimbanques itinérants que l’on emmène vers leurs appartements composent le paysage qui s’offre devant elle. Tous immobiles, on les dirait pourtant capables de se réveiller, comme si la pierre allait laisser place à la chair. Elle se promène parmi eux, dans cette sombre pièce, aux fenêtres cachées. Elle virevolte entre les statues, telle une sauterelle sur un tas de cailloux. Elys danse tant qu’elle en oublie qu’elle est seule, Elys danse tant qu’elle perd son orientation, Elys danse tant qu’elle en oublie qui elle est. Elys arrive près d’une grande porte, aux sombres inscriptions. Elys ouvre la porte, et le soleil inonde de ses rayons les moindres recoins de la salle.
Les statues restent fixes, mais Elys regarde au dehors, voyant la beauté du monde, et sa grandeur. La verdoyante forêt, les champs jaunes de blé mur, le limpide ruisseau passant si près du château. Si près du château, et pourtant si loin, à quelques centaines de mètres. Elys regarde les vestiges d’un temps passé, depuis sa forteresse où le temps ne s’écoule pas. Elle regarde au loin les abords d’une ville, où de noires fumées s’élèvent dans le ciel. Elys a depuis longtemps refusé ce monde, mais ne peut s’empêcher d’envier les mortels qui y vivent.