Oui donc après un vautrage textuel, résurrection de ce topic internationalement méconnu. Euh... Donc il est pas mal nul mais vu que j’l’aime un petit peu bien (Non j’assume pas en fait, donc non, j’le hais) et que sur ce forum y’a pleins de lecteurs objectifs, j’voulais savoir votre avis.
Donc j’me répète, c’est pas une nouvelle, c’est juste une image destinée à incarner un état d’esprit, un espèce de flash, et désolée parce que je m’exprime très mal mais je pense que vous avez pigé l’idée.
Comme des milliers d´épingles aveugles mais si brutales qui s´agglutinent autour de nous, à vouloir nous épancher les précipices, comme s´ils étaient pas déjà assez larges comme ça. On s´en fout, on perce comme du bodybuilding, on défonce comme leur baiseur automatique, on déchire comme un hurlement, on crache comme les lèvres des bouches d´égout, on trace comme le graphite, on essaye de briller comme un Bodhisattva de Cayon Cosmos mais on éblouit autant qu´un cageot, mais on trébuche sur nos faux pas, sur nos doutes, sur nos écorchures en forme de désinvolture, sur ces antidotes qui oublient de soigner nos cratères.
Et puis j´me fendille la tronche contre un pestiféré du torse, et il fait comme s´il s´intéressait à ma pauvre carcasse que j´arrive même plus à pousser droit.
- C´est quoi ton nom?
- Ça dépend des jours.
- Et là c´est quoi?
- Que dalle, chez nous on titre pas les déchets.
En langage colporteur, ça veut dire connard, ou va te faire foutre, ça dépend de l´accord. Dans la rue des perdus, on est tous bilingues. Le problème, c´est que nos langues elles sont toutes crevées à force de tourner dans le vide, alors on a l´air malin. Mais l´autre betterave, il doit pas être bilingue, pasqu´il commence à me pister.
Sin et moi, on entre dans les vestiges de ce hall de gare, ou cette merveille d´architecture défoncée, ça dépend de... de l´étendu du Lac Véronica. Et l´autre mouche à merde pustulée me suit toujours, me colle à la semelle comme du dégueuli de limace. La nuit est en train de s´éclater sur nous, y´a des milliers de postillons qui scintillent dans le ciel orphelin, et l´autre abruti veut pas me lâcher l´abat-jour. Y´a un p´tit fantôme de scarabée qui grimpe sur mes capillaires de tissus, ces haillons cousus avec des filaments de filtre à clope, mes fringues en fait, y´a le froid qui me sectionne les orteils, et ce panda, ce balaie à chiottes, ce lèche-tibias, ce ménopausé du téton n´a pas l´obligeance de me laisser courir sur les anneaux de la Voie Lactée avec mes godasses en peau de rêves. Sin, lui, il remarque rien. Il est aussi observateur qu´une cataracte. En fait, il est branché qu´avec moi et les neufs ongles en colère. Le reste, il est pas sur les bonnes ondes. Et moi, vu que je vis de traviole, j´ai la connerie intergalactique de capter aussi bien qu´une chaîne-if. Sin, il allume un truc avec une allumette. C´est pas du tabac, ni même du destroye-brain sorti de la poche d´un dealeur, deal, dealt, dealt, traiter de, non non non, c´est un mélange de sa composition. Ses plantes, il les cueille dans son monde, donc je sais pas trop où c´est. Mais ses trucs, ils te maravent pas la tête, genre c´est pas des trucs maravesques.
On s´assit sur les rails, et l´autre vaporisant à cul est toujours là. j´décide de m´en battre le traversin et je commence à grignoter un Pringels qui traînait entre trois granulats, et j´suis toute contente pasque y´a un paquet tout pleins qui flotte dans une flaque de pluie mauve pas loin.
- Mais t´es cinglée, tu vas te bousiller l´intestin!
Ce bungle soirée commence à me gonfler, alors je mâche mes pringles par poignée et ça fait un bordel épouvantable à faire blêmir une carie.
- C´est dangereux...
Là y´a un rot atrocement gras qui vient me raper la gorge, et je crois que cette déflagration vient d´assassiner ses croyances sur le raffinement de la gente féminine.
- Hum... ma mère elle me racontait des choses terribles à ce sujet, sur ce genre de consommation et sur les méfaits de la restauration moderne, notamment dans...
- Hey le débiteur, ça t´arrive jamais de la mettre en stand-by?
- Euh... désolé, je ne parle pas anglais.
Génocide de Pringles dans mon buccale torturé. Sin tire sur son mélange de sa composition, et je commence à envier les autistes partiels. Et je désire plus que d´habitude l´Absolute Terror. Et je porte un Pringles à ma bouche, et cette petite gouttelette croustillante s´appuie sur mes lèvres, et je sens le paprika se déposer à l´intérieur, et cet imbécile concentré me retient le bras, et le Pringles se taille. moi, j´ai de la patience jusqu´à ce que j´en ai plus, et genre ça arrive très vite. Alors je laisse retomber mon bras, doucement, et un soupire en forme de coup de poing dans la gueule à tous les emmerdeurs qui viennent pourrir mes soirées s´échappe de mon petit poumon plein de haine.
- Ecoute le haut-parleur insipide. j´ai qu´une vie pour exister, et là je le fais déjà qu´à moitié, et là j´fais de mon mieux mais je le fais mal, parce que mon mieux il est pas glorieux tu vois. j´me fous de toutes les maladies qui vont détruire mon avenir, j´me fous de risquer de buter contre l´haleine pourrissante de la mort, j´me fous des fourgons qui frôlent ma face décomposée quand je m´endors sur le quais des gares. moi je veux pas vivre en prévention, j´veux pas respirer à quatre patte pour par risquer de me prendre une poulie dans la gueule, j´veux pas être par procuration. j´veux vivre n´importe comment, mais vivre vraiment, à l´intensité explosive. j´me fous de la vieillesse et des médicaments, j´me fous des infections qui guettent mon estomac, j´me fous du nocif et par dessous toute cette moisissure, j´me fous de ta mère comme de mon père ALORS ARRETE D´AGRESSER MES PRINGLES!